Afrique-Antilles : et si on se parlait ?

Je sais, je sais ! Il n’y a pas de souci entre les différentes communautés noires en France. Africains, antillais, main dans la main.

Bullshit ! La réalité est plus complexe et les regards entre nous ne sont pas toujours très fraternels.

Au-delà des problèmes intra-communautaires que nous rencontrons (peau noire/peau claire, tribu/tribu; pays/pays; religion/religion…), nous avons des antécédents (esclavage) qui ont permis de véhiculer des stéréotypes assez malsains et de limiter les échanges entre nos deux continents. Les couples antillais/africains sont aussi rares que les couples mixtes. De nombreuses explications circulent, de nombreuses idées reçues et j’avoue que ce n’est pas demain la veille que l’entente sera parfaite.

Aujourd’hui, les relations sont au mieux cordiales mais chaque camp a des présupposés assez solidement agrichés dans son esprit et cela condamne, à terme notre développement.

 

A cet ami rare qui me demandait quel est mon vœu pour cette nouvelle année, je lui réponds enfin : qu’antillais et africains s’accordent et oublient toutes ces idées qui ont été très judicieusement colportées pour éviter qu’ils ne s’entendent.

 

Le premier métissage à faire, si métissage, c’est bien celui de ces deux peuples noirs. Je suis un blédard, je n’ai jamais été qu’un blédard et je le demeurerai. J’avoue avoir participé (j’ai perdu le peu de respect que j’avais encore pour eux quand ils ont voté à 80% pour la dépendance à la France en 2010, au référendum provoqué par Sarkozy) à ce climat lancinant de rejet mutuel et de perpétuation de rumeurs dégueulasses . Il y a probablement du vrai dans tout ce qui se raconte, dans un sens comme dans l’autre; mais nous ne pouvons pas demander aux autres de nous respecter si nous ne le faisons pas nous-mêmes entre nous.

 

Pour faire une communauté solide, nous allons devoir nous rassembler, nous unir. Et quel moyen de brassage plus efficace que le mariage ? Il va falloir s’y mettre.

Voici quelques stars américaines qui ont pris les devants et qui se sont affranchies des considérations ethniques qui nous divisent.

 

Nia Long (actrice américaine) & Ime Udoka (Coach de basket San Antonio Spurs d’origine nigériane)

Kerry Washington (actrice américaine) &  Nnamdi Asomugha (Joueur de baseball d’origine nigériane)

Nicole Ari Parker (actrice américaine) & Boris Kodjoe (acteur d’origine ghanéenne)

Leila Lopes (Miss Univers 2011 d’origine angolaise) & Osi Umenyoira (Joueur de baseball d’origine nigériane)

Naiyana Garth (Maquilleuse)  & Idris Elba (Acteur britannique d’origine ghanéenne)

 

 

Bon, on va être franc : il faut avoir une tête bien faite, bien pleine et/ou les poches assez bien remplies. En France, c’est comme si une célèbre actrice antillaise (?) avec un bon QI (??) sortait avec un célèbre footballeur africain doté d’un bon QI, lui aussi (???)… Chaud !

ça doit bien se trouver sur Paris, non ?

 

Bref, si les antillais et les blédards (ou de branches, selon l’actu, à vous de choisir) du quotidien dépassent leurs réticences réciproques astucieusement bien instillées, la communauté noire de France pourra réellement exister, et ses élites noires, plus crédibles car légitimes et soutenues par la base (nous devons supprimer ces interMERDEiaires couchés que sont le CRAN et SOS Racisme), pourront émerger et la faire prospérer.

 

Il n’est toujours pas interdit de rêver; alors rêvons. En attendant, haro sur les belles merdes !

 

 

Osons le bon sens !

YDM

5 Comments on "Afrique-Antilles : et si on se parlait ?"

  1. Des racines communes, plus de 400 ans d’histoires différentes mais si similaires dans le rôle de dominés. La communauté Noire de France que l’on soit d’origine antillaise ou africaine subit la même discrimination, le même regard et est confrontée aux mêmes problématiques. Les ponts sont plus nombreux qu’on ne le pense entre les deux communautés et elles partagent dans le région/pays d’origine la même tare qui s’appelle aliénation. Les Africains, aliénés par une colonisation sanglante et destructrice se laissent piller et sous-développer par des intérêts occidentaux selon les mêmes schémas qu’avant les indépendances. Aux Antilles, brandissant le spectre de la pauvreté d’Haïti et continuant à aliéner le peuple grâce à la caf, à l’accès au crédit pour les chômeurs et autres tares à la française, la puissance coloniale française continue procède à un génocide par substitution. Un groupe de gens s’est constitué, conscient et décolonisé et je pense qu’il reflète une tendance naissante. Africains d’Afrique, des Antilles, d’Amérique, du Pacifique et conscients de nos racines et points communs, nous essayons de faire comme toutes les autres communautés : nous structurer, nous organiser pour le rayonnement de notre communauté. Bien à vous.

  2. Cher monsieur
    Expliquez moi pourquoi,vous évoquez le strass et les paillettes des stars américaines et dont vous les érigez comme modèle à suivre,( pas besoin d aller si loin), c est paradoxal, man!
    J ajoute, si quelqu un qui vit en Afrique , me pose la question suivante » pourquoi vous n etes pas indépendant ? » je ferme ma g…., mais quelqu un qui a émigré, qui vit ,travaille ,changer de nationalité,fait des enfants en France,ne retournera plus dans son pays d origine, qu il l a f….
    Le ton que tu emploies, ne me surprends guère, internet fourmillent de personnes qui tiennent à peu prés , ce discours plein de haine et la bouche plein de fiel,( des complexés la plupart )Alors comment peut on s entendre, alors que déja entre vous c est la guerre.
    je rappelle que les Antilles ,sont deux « confettis » par rapport à l Afrique,continent dans lequel je suis né, et apparemment on prend trop de place.

    • Cher ami,

      Sur le premier point, j’ai cherché et je n’ai toujours pas trouvé d’exemples de personnes célèbres africaines et antillaises unies. Je me suis donc rabattu sur les USA. J’attends vos exemples français et je me ferai un plaisir de les relayer. Et oui, je pense que ce brassage intra-communautaire (noir) est nécessaire pour se comprendre, se parler, communiquer. De tout temps, les mariages ont été un moyen astucieux de pacification.

      Je ne me sens pas concerné par le deuxième point et j’avoue que je n’ai pas très bien saisi sa pertinence par rapport au thème évoqué. Je crois par contre à la cohérence : si vous ne vous sentez pas bien là où vous vous trouvez, changez de lieu. Si la France exploite les Antilles, qu’ils prennent leur indépendance. L’occasion était belle mais ils ne l’ont pas saisie. Qu’ils ne se plaignent donc pas. Et pour l’immigré, c’est pareil. Si tu ne te sens pas bien en France, pays où tu as volontairement immigré, quittes-la! Pour ma part, je suis un blédard, je n’ai pas changé de nationalité, je n’ai pas fait d’enfants ici et je retournerai dans mon pays. Je suis un immigré. Et il me semble qu’un immigré n’ait pas nécessairement vocation à devenir français.

      Sur le troisième point, les complexés, c’est quelque chose qui ne cessera jamais de me surprendre : tu baisses la tête, tu es un soumis et quelque part un complexé (complexe d’infériorité); tu lèves la tête, hausses le ton, tu es un complexé (complexe d’infériorité transformé en complexe de supériorité par compensation). Je suis moi. A l’évidence, je dois être un complexé doublé d’un frustré. Mais qui ne l’est pas ?

      Sur les confettis, je te rappelle aussi qu’Haïti en est un. Mais au vu de l’histoire, c’est un phare, un exemple dont nous aurions dû nous inspirer. Et c’est la raison pour laquelle malgré leur misère actuelle, ce peuple noir est le seul respectable et respecté de tous. Des exemples. Mais cela fait bien belle lurette que l’Afrique n’attend rien des Antilles. Simplement, nous pouvons continuer à nous regarder en chiens de faïence et demeurer indignes, ou nous pouvons nous tendre la main, nous réconcilier et espérer qu’il en sorte quelque chose de constructif pour notre communauté.

      Pour la vulgarité, je te rassure, je fais des efforts mais je suis naturellement vulgaire. Ce n’est pas une posture. La forme a rarement été mon truc. Le fond m’intéresse davantage. Et sans vouloir me jeter des fleurs, il y’en a beaucoup sur Banlieue Immigrée.

      Cordialement,

  3. Du respect, tu n en as jamais eu en fait, le referendum sous Sarko, n est qu un alibi.
    Les blédards comme toi je les connais, ils se perdent dans des généralités, alors que les choses sont plus complexes et rien n est figé.Pleines de choses leurs échappent et ils ont une vision utopique, un militantisme noir immature et surtout ils oublient d ou ils viennent.
    Arretez de lorgner vers les E.U., c est pire, dans les rapports entre noirs de diverses origine, il suffit d aller dans leurs blogs et témoignages en anglais , vous allez être trés déçu.
    Les Antillais sont parfois énervants, mais c est la seule communauté « noire » qui se bougent le plus le cul pour la cause noire, loin devant les originaires de cote d ivoire, Senegal, ,cameroun, Mali ,comores depuis prés de 80 ans(cesaire ) rien qu au niveau associatif.
    Sans eux ,pas de sos racisme( créé par H.Desir) ni de commémoration de l abolition de l esclavage dans l hexagone grace aux assoc. antillaises, maintenant tout le monde en parle et s en sont meme emparé du sujet ( case depart)

    • Cher ami,

      Tu as beaucoup de certitudes et de préjugés sur moi. Je te proposerais simplement de lire davantage d’articles sur BI pour te rendre compte que je suis aux antipodes de tes assertions (vision USA, généralités, utopie). Concernant les Antillais, si tu considères qu’ils se bougent le cul pour la communauté noire en France, tant mieux ! 400 ans de présence en France et ce sont les chinois qui nous vendent notre manioc ! En effet, ils ont fait beaucoup pour la cause noire. ça se voit tellement !
      Je vomis SOS Racisme. Je vomis la commémoration de l’esclavage en France. Je vomis les associations et donc, les associations antillaises. Je vomis Case départ.

      Cordialement,

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