L'université française vérolée par le plagiat

Nous nous permettons de relayer le travail de Jean-Noël Darde, maître de conférences à l’Université Paris 8 qui tient un blog, archéologie du copier-coller, où il met en évidences des plagiats de chercheurs et autres doctorants.

Devant la passivité des autorités universitaires, qui détournent savamment le regard et adoube par leur lâcheté crasse, l’épanouissement de cette vilénie dans la recherche. A tous les étages de l’institution, on copie-colle en toute tranquillité; recteurs, enseignants-chercheurs, thésards, étudiants. Le cancer, généralisé, n’est pas encore déclaré : le patient a encore l’air en forme, le déni lui va si bien.

Voici un lien vers le dernier article de Jean-Noël Darde : L’Inspection générale et le plagiat à l’université : affaires à suivre Et bien évidemment, je vous conseille la lecture de Le plagiat dans la recherche scientifique, ouvrage collectif où de nombreux enseignants dont Jean-Noël Darde, analyse, explique et dénonce le plagiat dans cet univers scientifique.

Jusqu’où la gangrène du vol d’idées et de la contrefaçon va-t-elle pervertir l’université ?

 

 

 

L’Inspection générale et le plagiat à l’université : affaires à suivre

par Jean-Noël DARDE – Université Paris 8 – jndarde@gmail.com

Un rapport de l’inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGEANR) rendu public en juin 2012 – « La fraude aux examens dans l’enseignement supérieur » – tente de traiter du problème du plagiat des étudiants. C’est un premier pas à saluer.

Mais le plagiat à l’université est un problème global qui concerne aussi bien les enseignants-chercheurs que les étudiants. On ne parviendra pas à proposer des recommandations efficaces à mettre en œuvre contre « le plagiat des étudiants » si on ignore les cas les plus emblématiques de plagiat universitaire dans lesquels sont impliqués des enseignants-chercheurs :Comment, malgré les alertes, la « commission déontologie » de l’université Paris 8 a-telle pu valider une thèse, plagiaire à près de 100%, avec l’appui de son conseil scientifique, son conseil d’administration et les directions de ses quatre écoles doctorales ?Comment des enseignants-chercheurs, spécialistes de la déontologie et de l’éthique, ont-ils pu pendant des années, pour servir leurs intérêts propres, impunément piétiner déontologie et éthique en organisant la protection de l’auteur de deux thèses plagiaires soutenues à Lille 2 et à Angers ?Pourquoi les instances universitaires (instances ministérielles, CNU, CPU, CNESER) ont-elles ignoré ces affaires, pourtant objets d’alertes répétées et commentées dans la presse ? par ex. dans [Libération, Mediapart (le 30 09 2010, le 10 10 2011 et le 29 11 2011), Le Monde (Contre-enquête nov. 2010 et article du 2 mai 2012) ou sur les ondes, RFI (Le plagiat dans les universités, 13 mai 2011) et France culture (émission Rue des écoles du 16 mai 2012)].

Le règlement et l’analyse de ces affaires emblématiques sont des préalables si l’on souhaite comprendre la véritable nature des problèmes liés au plagiat universitaire et être en mesure de proposer des recommandations efficaces pour le contrer. . L’information des plagiés, la protection des plagiés et des donneurs d’alerte, le traitement des cas de plagiats par des instances indépendantes à l’abri des conflits d’intérêts, la responsabilisation des universités au nom desquelles sont validées et diffusées publiquement des thèses et documents plagiaires… ce sont quelques-unes des pistes que nous proposons pour compléter les recommandations faites en conclusion du rapport de l’IGEANR

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RÉSUMÉ

INTRODUCTION

I AU SOMMET, UNE GRANDE TOLÉRANCE AU PLAGIAT

II L’OUBLI DU PLAGIÉ

II 1 – Université Lille 2 : tolérance zéro ou cynisme 100% ?

III ACTION PUBLIQUE ET ACTION DISCIPLINAIRE

III 1 – Plagiat et contrefaçon

III 2 – Université Lille 2 : refus de l’action disciplinaire contre le plagiaire et son directeur de thèse, pressions pour empêcher la victime plagiée de déclencher une action publique

III 3 – Valérie Pécresse, ministre : refus de l’action disciplinaire au prétexte que c’est au plagié que revient l’initiative d’une action judiciaire

III 4 – Le bureau de la 71e section du CNU : l’action judiciaire en cours prétexte au refus de prise en compte des implications de membres du CNU dans des affaires de plagiat

III 5 – Le ni-ni de Pascal Binczak, président de Paris 8

III 6 – Université Picardie Jules-Verne (Amiens) : action disciplinaire à géométrie variable

III 7 – Section disciplinaire de l’université d’Angers : comment se moquer de l’action publique et des décisions judiciaires

III 8 – Section disciplinaire de Lyon 3 : comment se moquer d’une décision du Conseil d’état

III 9 – Plagiaires, universités, bibliothèques universitaires, l’ANRT (éditeur et diffuseur) : à qui la responsabilité de la contrefaçon ?

IV – LES DOUZE RECOMMANDATIONS DE L’INSPECTION GÉNÉRALE

IV 1 – Un retard sur l’Europe

IV 2 – Université cherche déontologues de « haut niveau » désespérément

IV 3 – Redonner du sens aux mots « déontologie » et « éthique »

IV 4 – Le plagiat à six mots

IV 5 – À nouveau, les logiciels anti-plagiat…

IV 6 – Trois recommandations de bon sens

IV 7 – Des sections disciplinaires parfois indisciplinées ou aux ordres

IV 8 – Le CNESER et sa saisie

V FAIRE ASSUMER AUX UNIVERSITÉS LEURS RESPONSABILITÉS

V 1 – Observations A, B, C, D, E, F

VI – DE NOUVELLES RECOMMANDATIONS ?

Propositions de 1 à 9

NOTES de 1 à 14

Lire la suite sur Archéologie du « copier-coller »

 

 

Osez le bon sens !

YDM

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