Un carioca sur l'asphalte

Derrière chacun de mes mots, le monde
Rien ne m’y retient, à part mes vieux démons
Mon stylo secrète des bidons d’acide avec brio
Objectif : toucher ton duodénum

Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué
Je fais suer les fentes et les forçats de la fonte
Je ne joue pas au foot, je barcelone
De Pazou en forme, C’est Magson au Parthénon

C’est énorme, comme Chimène, Je viens du sud
Avec le chibre levé, pour une chimère
Je voulais faire des études
Percer des hymens, des call-girls et une fille bien

Je visais l’absolu
Un jacuzzi pour mon chien
Des hommes pleins de jalousie
Un Sarkozy pour mes biens

J’étais venu pour le millénaire
Une décennie pour être millionnaire
Une autre pour la légion d’honneur
Je suis descendu de mes rêves en RER

J’ai regardé la France d’en bas
Elle avait ses menstrues
Vu l’état de la toundra sous le tanga
Je lui ai passé mon marcel pour qu’elle s’essuie

Je ne suis pas qu’une brute
Avec un gros marteau-pilon qui pilonne
Moi aussi, j’ai des limites quand je culbute
J’abhorre les tampons devant l’embut

Je ne fais pas le difficile, crois-moi
Des thons, j’en ai fait des putes
Je m’en excuse
Mais je m’en ferai encore des tonnes

Mes pulsions évanouies
Sur ses jambes écartées
En rangeant mon instru
J’ai déchiré le BAT

J’étais venu en rut
Mon programme ; taper l’incruste
Choper une courge, l’épater
Stocker une bourge, m’éclater

Quand j’ai vu des négros sur le carreau
Des négros sous les barreaux
Des négros sous des garrots
A l’arrivée du bus, j’ai dérapé sur un poivrot qui farrote

On aurait dit Hemingway diminué
Une décharge dans mon fantasme
A paname, les rêves cauchemardent
De l’abri-bus jusqu’au terminus

Toujours le même marasme
Dans ce joli décor, j’ai dégammé
Imagines Rosa parks avec un Uzi sous le bras
J’ai dégainé la moleskine

Rempli de maux d’esprit
Mes remords, l’envie de mordre
La morgue me réanime
En toute modestie, j’estime

Mériter autre chose que cette vie de merde
M’endormir avec une bombe sur le torse
Et non un rouleau de pq sous le drap
C’est le supplice de Paname

Rue Balzac, c’est Belzec
On passe facilement
De Ballack à Bellek
On s’habitue à nos mélodrames

Du sel dans mon tapioca
J’en voulais dans ma vie
Jouir, sourire à l’envi
Comme un carioca sur l’asphalte

Je suis né bon
J’ai grandi vite en Afrique
Comme une brute, je finirai truand
Car l’Occident m’attend au tournant

Ma part d’ombre
Tapie sur Internet comme un tchétchène mort
Déchaîne des vagues et des cris de raison
Je ne suis pas venu jusqu’ici en hors-bord

On m’a dit qu’il y’avait beaucoup d’argent et peu de soucis
Assez d’écolos pour dégoûter un tyrannosaure à jeun
Fallait juste entrer, checker les accusés et les riverains
Et ne pas faire d’esclandre quand on partage l‘attiéké

J’ai débarqué à Roissy, ma gaule en écharpe
Bonjour Monsieur … Papiers ? Par ici !
J’ai compris de suite que je n’étais le pied, mais l’écharde
Un prince à Ndamukong, un singe à Paris

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