Réaction à la tribune de Vincent Maraval sur le cinéma français

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Allociné – Tribune de Vincent Maraval sur les salaires des acteurs

 

 

Réaction

La dernière polémique sur le cinéma français, temple de la paresse et de salaires invraisemblables, souligne un phénomène global qui touche toutes les strates créatives de ce pays.

A bas l’écriture !

En effet, à bas l’écriture ! A bas la feuille blanche, soyons actuels, l’écran tout blanc avec le curseur qui clignote et qui vous invite sans cesse à la noircir d’histoires, d’idées, de concepts.

Le cinéma français depuis très longtemps est à chier et il ne faut pas être un devin pour le constater. Des films, il y’en a pléthores qui sortent tous les mercredis et disparaissent le jeudi d’après. Maraval, comme il s’appelle a déjà tout dit, comme il me souvient d’un autre producteur de télévision, je crois, Malaussena, qui s’en était pris déjà à la télé et ses fameux animateurs-stars. L’époque !

Pour ceux qui découvrent la lune, atterrissez !

Simplement, un constat se pose à tous : l’écriture est au centre de ce dépérissement général de la création. Le monde de l’édition survit, on se demande encore comment, tellement les livres sont si peu lus, les auteurs promus comparables à ces acteurs  »bankables »; médiocres, mais trop grassement payés. L’époque !

Dans ce monde de la création par excellence, la poésie n’est plus qu’un lointain souvenir, une sorte de survivance d’un autre temps, à bien des égards, comme la vision de l’Afrique dans le monde. Le travail de la pensée, le style, la belle phrase, la belle formule, l’idée, tout a disparu depuis belle lurette et chaque année, l’on a droit à 700 nouveaux livres dans les bancs, une dizaine d’assistés « bestsellers » ou « bankables », c’est la même, à vous de choisir, du système qui publient des torchons sanctifiés par les préposés à la sanctification, les médias, jamais avares de génuflexions et de compliments aux puissants. Chaque année en France, l’on découvre un nouveau Céline, un futur Truffaut, et un Brel. Ou plutôt, une brêle. Car le monde de la musique n’est pas en reste dans ce marathon vers la médiocrité, et sait très bien comment faire fi du verbe pour promouvoir la gerbe. L’époque !

Toutes ces industries dites culturelles, sont toutes vérolées par ce système d’aides, de financements étatiques (héritage soviétique ?) corrupteur, corrompu, paresseux, lâche, clanique, abrutissant, démultiplicateur de chiasses. Et tous s’étonnent que leurs salles soient vides, leurs spectacles vides, leurs librairies vides.

L’assistanat n’a jamais permis l’éclosion de talents. L’assistanat dans le monde de la création favorise la consanguinité, le clonage, l’abâtardissement général de la société, la nullité. Vous en avez les symptômes.

Et de cela, découle tous les autres maux qui sautent aux yeux de tout le monde. Les scénarios des films français sont pitoyables d’indigence, les chansons de la variété française sont des monuments de platitudes et de médiocrité, les livres, volumineux, remplis d’écrits, mais vides d’esprit.

L’écriture a bel et bien disparu de la création en France et il serait temps pour ces gens qui ne vivent que grâce à cette idée de la pertinence, du talent, de l’excellence, de se remettre en cause en arrêtant de courir derrière la raison de leur déchéance, des aides au délabrement de la culture.

Que la sélection se fasse sur les idées, sur l’originalité, la prise de risques et non,  »papa-maman-le réseau-la pleurniche ». Élever le niveau passera par une réhabilitation de la dure écriture, de la cruelle feuille blanche qui ne tolère aucune encre, que celle des plumes qui la respectent et la traitent avec des égards; du travail, des ratures, des ratures, du travail. Et alors seulement, elle vous respectera. Et les aides, si aide il doit avoir, se justifieront auprès de tous et notamment des français, qui financent ces lubies de privilégies, qu’on appelle injustement métiers : acteurs, chanteurs, écrivains. Faire l’amour à une feuille se mérite. Depuis trop longtemps, vous n’avez cessé de la baiser. Aujourd’hui, vos œuvres sont des putes. Ne vous étonnez donc pas que personne ne veuille les épouser, que personne ne veuille s’y reconnaître, que personne n’en soit fière; qu’elles soient si nombreuses, si faibles, si délabrées, si déglinguées, si décriées. Si nulles. L’époque !

Osez le bon sens !

YDM

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