Rachel Mwanza ou l'Afrique que l'on aime bien dans les médias

Enfin, j’ai compris ce qu’elle faisait chez Ruquier, samedi soir dernier. Je le dis comme je le pense : je sature de ces caricatures ridicules que l’on nous sort à chaque fois pour nous parler de l’Afrique.

17 piges, fille de la rue à Kinshasa devenue actrice récompensée à Berlin. Super. C’est ça le modèle de réussite. Devenir actrice. Enfin actrice; actrice amateur. Car, à part jouer les rebelles, je me demande bien qui voudra bien l’engager demain pour autre chose.

Samedi, je zappe et je tombe sur elle qui répond à son tour à une remarque de l’animateur avec des manières… Putain, elle m’a tué de honte. J’ai zappé direct, sachant d’avance quelle serait la teneur de son propos : pleurnicheries, pleurnicheries, pleurnicheries. Nous avons l’habitude. A chaque fois qu’un nègre passe à la télé, on sait d’avance que ça ne volera pas haut. Émotions, émotivité. La télévision est notre mur des lamentations. A croire que dans notre communauté, il n’ait que souffrances, illettrisme, balbutiements et enfantillages à mettre en scène. Ils ne trouvent jamais de meilleurs profils.

Il semblerait qu’elle soit époustouflante dans son rôle de rebelle. Vaut mieux ! Et j’espère pour elle qu’elle aura l’encadrement nécessaire pour l’aider à remonter vraiment la pente, à faire quelque chose d’utile dans la vie, et qu’elle ne sera pas abandonnée une nouvelle fois par ces nouveaux amis du showbiz.

 

GT  arton661-e0be0Elle a écrit un livre de témoignages pour chouiner. Suite logique, me direz-vous. Après avoir lynché le neg’marron Dieudonné, il fallait à tout prix revenir à des stéréotypes plus fédérateurs : enfants, abandon, guerre, famine, résurrection par la caméra. Cela me fait penser à son prédécesseur : ce garçon qui avait fait la guerre en Sierra Leone et tué avant de devenir lui-aussi acteur; et lui aussi porte-larmes de l’Unesco. A part la misère, l’abandon, le mépris, il n’y a rien qui vaille la peine d’être encensé là-bas. Aux Français, il faut vendre la pleurniche quand on parle d’Afrique.

La fille est peinturlurée comme un vieux camion, parle mal, se tient mal, rigole mal, … Je comprends que la rue ne forme pas des diplomates. Mais, enfin, elle a autre chose à offrir que cette humiliante exubérance. Où est passée la pudeur, la retenue ? Il faut vendre la superficialité, la douleur, l’altruisme. L’Afrique, ce continent de grands enfants qui requiert notre commisération. Regardez Rachel Mwanza. Regardez comment nous l’avons sauvée avec le cinéma. Abandonnée, affamée, probablement violée et tuée par l’Afrique. Pauvre fille. La pitié comme lettre de créance au monde. Rachel Mwanza ou le retour de l’Afrique que l’on aime bien dans les médias.

 

 

 

Osez le bon sens !

YDM

 

1 Comment on "Rachel Mwanza ou l'Afrique que l'on aime bien dans les médias"

  1. Quand je lis cet article sans compassion , aucune, je me dis finalement qu’heureusement les blancs sont là pour aider des pauvres filles comme Rachel car si cela ne tenait qu’aux africains ou aux noirs cette fille servirait encore de proie aux vieux prédateurs sexuels de son pays. Un article réflétant un orgueil « africain » mal placé, une susceptibilité « africaine » indigne quand on sait d’où vient cette fille. Vous ne pleunicheriez pas à sa place ? Non ? Un jour elle cessera de pleurnicher mais ce ne sera pas grâce à vous, ni à moi, ni à nos dirigeants qui auraient préféré la savoir morte mais grâce à ces blancs qui selon vous nous sortent des « caricatures ridicules pour parler de l’ Afrique ». Ses tuteurs africains lui ont volé tout son salaire du premier « film » auquel elle a participé et alors aujourd’hui les blancs qui la suivent gèrent eux-mêmes son salaire pour lui permettre comme vous le « souhaitez » de faire quelque chose de sa vie. Ils ont sauvé Rachel alors moi la caricature, je l’applaudis des deux mains. Ceci dit : bravo pour votre style d’écriture. Très plaisant .

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