Quelle était l'attitude des Africains eux-mêmes envers le commerce des esclaves? de Svétlana Abramova

Afrique: Quatre siècles de traite des Noirs

Quelle était l’attitude des Africains eux-mêmes envers le commerce des esclaves?

L’attitude des Africains en la matière est un thème encore très peu étudié mais que l’on a déjà falsifié à maintes reprises. Les négriers et les racistes l’ont falsifié à l’époque et, de nos jours, cela a été le tour des historiens bourgeois d’orientation coloniale et néo-coloniale. C’est un thème complexe, et il nous semble que les africanistes ne disposent pas encore de matériaux suffisants pour procéder à son étude définitive.
Comme beaucoup d’autres régions du globe, l’Afrique a connu l’esclavage et la traite des Noirs avant la venue des Européens, nous l’avons déjà précisé dans cet ouvrage. C’est pourquoi, lorsque, au début, les Européens commencèrent à acheter des esclaves, entrant en relations commerciales avec les Africains, cela fut considéré comme un arrangement commercial ordinaire.
Cependant, dès le début, les rencontres entre Européens et Africains furent rarement amicales. Des matelots armés se jetaient sur les Africains venant en confiance ou avec crainte à la rencontre de ces hommes blancs qu’ils n’avaient jamais vus, ils tuaient ceux qui résistaient et emmenaient les autres, ligotés, sur leur vaisseau.

Malgré une évidente supériorité en armement, les colonisateurs ne purent briser les Africains, leur inspirer une crainte permanente. Le « télégraphe local », c’est-à-dire les signaux de fumée ou les tam-tam, annonçait peut-être l’apparition des terribles étrangers, mais le fait est qu’ils se heurtèrent de plus en plus souvent non à une résistance, parce qu’une résistance ouverte aux Portugais équipés d’armes à feu était impossible, mais à une hostilité permanente et quotidienne, quand la moindre possibilité était mise à profit pour les attaquer. Les attaques soudaines, les flèches empoisonnées accueillaient de plus en plus fréquemment les Européens.
Gonçalo de Cintra, un des premiers capitaines portugais ayant mis le pied sur le sol d’Afrique occidentale, fut tué aux abords de l’île d’Arguin.
En 1455, Luigi di Cadamosto et Antonio Uso di Mare, qui avaient atteint la Gambie pour la première fois, décidèrent de remonter le fleuve. Cependant, les Africains attaquèrent leurs navires avec une telle furie que les matelots refusèrent de poursuivre leur route et insistèrent pour qu’on rebrousse chemin.

Dans les conditions de la réalité africaine des XVe-XVIIe siècles, il ne pouvait se produire de grandes révoltes, bien organisées, contre les Européens. Dans les régions où ces derniers pénétraient et qui devinrent par la suite l’aire d’extension du commerce des esclaves, il n’existait presque pas de grandes formations étatiques. La politique des colonisateurs tendait à semer la discorde entre les chefs des différentes tribus. Les Européens avaient derrière eux les pays les plus avancés de leur temps, avec leur matériel et leur expérience militaire. Au début, l’Afrique ne pouvait opposer aux armes à feu européennes que des arcs et des flèches, de petits détachements de guerriers de tribus isolées.
Cherchant à se fixer sur la côte, les colonisateurs, devant la résistance opiniâtre des Africains, construisaient en hâte des fortifications pour se préserver des attaques des habitants de la région.

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1 Comment on "Quelle était l'attitude des Africains eux-mêmes envers le commerce des esclaves? de Svétlana Abramova"

  1. Bonjour
    J annonce la couleur, moi ,on ne va pas me raconter d histoires, ni me balancer de la poudre aux yeux.J affirme avec force , mes ancêtres ont été capturés et vendus aux négriers Européens. Tout le monde le sait en Afrique ,tradition orale oblige ,car on aimait tant à me le rappeler au Cameroun en 1970 ou au senegal en 1980, d une façon méprisante .Après les Européocentristes qui essayent de se disculper ou minimiser voila maintenant les afro centristes qui font de même, il faut aussi cesser ces manipulations sur le net ,les gens ne sont plus dupes, même si c est dur à accepter. On n ira pas loin.Je suis né en Afrique, magnifique et grandiose continent,le centre et la cote ouest je connais. Donc, IL aurait fallu une bonne centaine de milliers d Européens disséminés de la cote ouest jusqu au centre, pour se lancer eux mêmes dans la capture et ce n était pas le cas .
    Ce sont des guerriers spécialisés dans la traque issus de royaumes et tribus collaborationnistes qui capturaient sans vergogne d autres noirs, et pas seulement en temps de guerres, mais pour la richesse uniquement .Ils savaient pertinemment au cours du temps,que les les personnes prises ne reviendraient pas, donc rien à FOUTRE.
    Pour résumer, comme dans toutes les sociétés humaines , il y a ceux qui résistent , ceux qui fuient,ceux qui sont passifs, mais un paquet de collabos en Afrique , plus qu aucune autre région du monde.
    Pourquoi les peuples du Maghreb n ont pas été soumis,les chinois, ni même les « intouchables  » d INDE.
    Des études faites au Cameroun, de la part d afro americains en quête de leurs origine, ont montré aussi la responsabilité Africaine dans la traite, loin de la vision binaire « noirs » et « blancs ».La réalité est plus complexe.
    Pour finir, la question de responsabilité de l Afrique dans la traite ressurgit en force, car les afro caribéens, afro americains se sont rendus comptes que les collabos existent encore en Afrique, de l ouest au centre, ils vendent non plus les hommes mais les terres, les façades maritimes,les mines etc.. au détriment des populations locales, ils ont n en rien à foutre comme avant.Et on a vite fait le rapprochement avec ce qui s est passé autrefois
    En conclusion, tout le monde doit assumer le passé.

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