Quelle est l’origine du terme "Rock’n’roll" ?

Le terme « Rock’n’roll » a été probablement utilisé pour la première fois pour des publicités et des buts générationnels par un disc jockey Alan Freed (1922-65). Dans les années 50, Freed a découvert le nombre croissant de jeunes adolescents blancs qui écoutaient et demandaient du rhythm & Blues qu’il jouait  dans son émission de nuit Moondog Show à Cleveland – Il a donc commencé à appeler ces chansons « Rock’n’roll ». Freed a aussi promu des tournées de concerts  avec des artistes noirs, jouant à un public jeune, racialement mélangé, et il leur vendait comme des « Revues Rock’n’roll ».

 

9780199758364_p0_v1_s260x420

 

Le terme « Rock’n’roll » lui-même dérive de plusieurs références de « rockin » et « rollin » (parfois séparément, parfois accolés) qui pouvaient être trouvés dans les chansons de rhythm & blues, et dans les chansons destinées au public noir datant au moins des années 20. Parmi les enregistrements les plus significatifs qui auraient pu être connus par Freed et son audience, il y avait le hit rhythm & blues des années 40 « Good Rockin’ Tonight » (enregistré par de nombreux artistes après être devenu un tube pour son auteur, Roy Brown) et le gros tube de 1951 par les Dominoes, « Sixty Mutes Man » (qui contient les paroles « I rock’em, roll’em, all night long, I’m a sixty-minute man »). « Rock » et « roll » sont clairement associés dans cette chanson et d’autres avec des connotations sexuelles, mais ces connotations ont disparu au fur et à mesure que le « Rock’n’roll » a cru pour se référer simplement à un type de musique.

Pourquoi Freed a-t-il eu besoin de trouver un nouveau terme pour cette musique ? Il y avait deux raisons majeures. Premièrement, dans un but immédiat, il voulait probablement s’accaparer le marché de ce nouveau genre. S’il utilisait le terme « Rock’n’roll » pour signifier  les chansons rhythm & blues jouées dans son émission, pui – par définition – il serait le seul deejay « Rock’n’roll ». Comme nous le verrons plus tard, Freed a très malicieusement amélioré sa condition comme gardien culturel pour de meilleurs jobs comme deejay, promoteur de concerts et auteur de chansons.

D’une manière générale, le terme était clairement fait pour esquiver les préjudices raciaux de son époque. Suite à la décision de la cour suprême de 1954, dans le procès Brown v. Board of Education, qui déclarait la ségrégation scolaire inconstitutionnelle, les américains faisaient face à une nouvelle époque d’intégration raciale, particulièrement parmi les populations en âge d’être scolarisées. Dans le cadre de ce changement – et du mouvement des droits civiques qui en a résulté – l’idée de jeunes blancs s’amourachant sur de la musique d’afro-américains, était perçu par de nombreux parents comme néfaste intrinsèquement. Le terme « Rock’n’roll » – en sonnant presque -mais-pas vraiment- exactement comme du « rhythm & blues ». Pour les parents potentiellement racistes, cela envoyait un message erroné de réassurance, présentant le « Rock’n’roll » comme quelque chose significativement différente  de la musique populaire afro-américaine. Aux ados, par contraste, le terme se réfère au répertoire spécifique des chansons rhythm & blues qu’Alan Freed avait choisies de jouer dans son show pour son audience. En d’autres termes, le message envoyé aux ados sur le « Rock’n’roll » était que Freed les prenait au sérieux comme consommateurs.

Bref, Alan Freed – et d’autres promoteurs de bonne heure du Rock’n’roll – essayaient de gagner sur tous les fronts, particulièrement quand il s’agissait des problèmes raciaux très controversés. Quand cela les arrangeait, ils faisaient des efforts  pour exploiter les connexions avec la musique noire. Mais dans les situations contraires, ils essayaient de dissocier le genre de la culture afro-américaine. En plus d’être clairement contradictoire, c’était aussi une position qui était difficile à tenir d’un point de vue pratique, et ils n’étaient pas très en réussite en la tenant. Comme résultat, les décisions locales prises pendant cette période montraient une photo du rock’n’roll complexe et  parfois confuse de sa relation avec la culture afro-américaine. A la fin, cela serait la généralisation la plus significative produite; les contradictions et ambiguïtés du positionnement social du rock’n’roll dans les années 50 reflètent les problèmes similaires de la société américaine en général.

Le nouveau public de Freed était dominé par ceux nés pendant la fameuse génération baby boom, suivant la deuxième guerre mondiale. C’était un public plus jeune qui n’avait jamais constitué une cible marketing pour l’industrie musicale, et c’était un large public qui partageait des caractères importants d’une identité de groupe culturel. Ces gamins grandissaient pendant les années 50, une période de relative stabilité économique et de prospérité, mais aussi une période marquée par une prise de conscience du retour au « normal » défini d’une certaine façon conservatrice, socialement et politiquement, suite à l’important traumatisme de la guerre. Pour l’industrie du divertissement, c’était la première génération à grandir avec la télévision comme une part de sa culture; ce nouveau média de masse a prouvé son influence majeure et offert un autre outil pour la distribution instantanée et nationale de la musique.

 

Source

 

 

Rock : music, culture, and business

Par Joseph G. Schloss, Larry Starr, Christopher Waterman

Oxford university press

 

 

Be the first to comment on "Quelle est l’origine du terme "Rock’n’roll" ?"

Leave a comment