Arnaud Régnier-Loilier*

Lorsque les parents sont séparés, une partie des enfants ne voit plus que rarement leur père, et certains même plus du tout. Combien sont-ils ? Analysant l’enquête de l’Ined et l’Insee Étude des relations familiales et intergénérationnelles, Arnaud Régnier-Loilier étudie la fréquence de la rupture du lien entre un père et son enfant et les circonstances dans lesquelles elle a lieu.

Le risque pour un enfant de connaître la séparation de ses parents s’est accru avec la fragilisation des unions. La loi du 4 mars 2002 pose comme principe l’exercice commun de l’autorité parentale entre père et mère en cas de séparation : elle s’applique dans 98 % des divorces et 93 % des séparations de parents non mariés 1. L’exercice du droit de visite et d’hébergement ne peut être refusé au parent qui n’a pas la garde de l’enfant (sauf motifs graves) mais la loi n’impose pas de principe relatif à la résidence des enfants, qui est majoritairement fixée chez la mère (dans 7 cas sur 10). Bien qu’en augmentation ces dernières années, la résidence alternée reste rare et la résidence du père l’exception.
En cas de séparation, l’exercice de la paternité est mis à l’épreuve par l’absence de vie quotidienne avec l’enfant. Le développement de la monoparentalité a conduit à s’intéresser à ses conséquences sur les enfants à l’adolescence ou une fois adultes. Bon nombre d’études se sont attachées à démontrer l’effet positif sur le développement social, cognitif et émotif de l’enfant du maintien de l’engagement du père après la séparation. L’absence de rencontre entre un père séparé et son enfant reste cependant fréquente comme le montre l’enquête Étude des relations familiales et intergénérationnelles (encadré).

Près d’un enfant de parents séparés sur cinq ne voit jamais son père

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Information reçue via LaurentMucchielli.org