Précis du capitalisme français

Comprendre pour mieux entreprendre

Le niveau est bas. Vraiment bas. Alors, je ne pourrais pas faire pire. Je ferai certainement rire pas mal de monde. Puis, le bon sens les ramènera à la raison. Comme d’habitude. Effet kiss cool garanti !

Avec ClaireYvesAndré, on a coché faux dans toutes les cases et on a vu juste, on a eu raison. On, c’est Charles, Florian et moi, 3 impossibilités réunis au sein d’un projet dont j’ai la prétention d’affirmer dès à présent, qu’il sera un marqueur important dans l’économie de la transmission en France.

J’ai eu l’idée de créer une rubrique Entreprise : afin de sensibiliser les futures personnes actives que vous serez sur la réalité la plus crasse de ce milieu économique. J’y ai songé précisément quand, avec mes amis, nous avons envisagé d’aller passer des vacances aux US, d’en profiter pour créer un me too de ClaireYvesAndré et de pondre un article dithyrambique sur internet, afin de faire jaillir le suivisme naturel de nos chères élites économiques.

En arriver à cela pour intéresser toute cette sphère à un projet aussi énorme que le nôtre a agi sur moi comme un réactif.

Nous ne sommes pas fous; nous sommes en avance. Nous avons essuyé de nombreux refus d’investisseurs, le silence moqueur des institutions et le je-m’en-foutisme de leurs organes de communication, j’ai nommé les journalistes.

Ils ont vu le talent débarquer, au lieu de faire aboyer les chiens, ils les ont affamés.


ClaireYvesAndré, la belle histoire

Ne vous en déplaise, messieurs, nous avons la plus belle idée de France depuis 1789. Si j’avais débarqué avec un truc à la con genre créer un site communautaire de rencontres pour amateurs de teckels, une application débile de plus pour iPhone et un bon expert en powerpoint, qui sait ? Ils m’auraient présenté à leurs filles.

Ils attendent encore la killer app, les fesses scotchées sur le Château d’Ax ! Ils n’ont pas encore senti qu’on changeait d’ère; l’optimisation des coûts et le partage seront les deux axes de développement des industries futures, pas l’écologie, nous y reviendrons.

Avec mes gars, nous avons lancé avec le partage scolaire, des cours particuliers à domicile pour duos et trios d’élèves. Je vous la fais courte, du soutien scolaire pour tous. Enfin pour tous ceux qui vivent dans les zones urbaines, particulièrement en banlieues, là où le besoin est le plus criard. Pas très sexy sur les bourrelets actuels de la France entreprenante mais une alternative crédible pour permettre à tout parent ayant un budget de moins de 100€ par mois de proposer un suivi scolaire à domicile à son enfant.

Des voisins s’associent pour offrir des cours de français, anglais ou mathématiques à leurs gamins. Ils divisent le coût du tuteur scolaire et donc l’heure de cours revient à 10€ pour chaque parent engagé dans un trio par exemple.

Comment les réunir ? Par simple géolocalisation.

Comment les rassurer ? Par un recrutement sans doute automatisé mais fiable et surtout clair : nos tuteurs sont exclusivement des étudiants.

Comment payer ? Par forfait partagé, chaque parent paie sa quote-part en début de mois et ainsi participe à acheter un forfait d’heures de cours mensuels.

Comment se rencontrer ? Sur une plateforme internet, www. claireyvesandre.com, le cours se passe au domicile de l’un des voisins. Je vous la fais encore plus courte.

Selon les chiffres officiels, 8 élèves sur 10 qui prennent des cours à domicile en France le font au noir. Plus de raison valable d’avoir recours à l’exploitation des étudiants.

Avec cette plate-forme, les parents se rencontrent, associent leurs enfants par proximité géographique, trouvent un étudiant tuteur pour leur donner des cours et gèrent leurs calendriers de travail. Vous suivez ?

Ils n’ont jamais suivi, eux ! Sans doute trop compliqués pour leur esprit très cartésien. Ils préfèrent Second life ou Twitter.

Personne ne sait comment on gagne le moindre kopeck avec ces superficialités mais c’est tellement hype !! Tellement dans l’air du temps ! Tellement l’époque.

Nous n’avons pas innové avec des slides, des belles vestes et des mots. Je savais qu’ils demanderaient des gages car sur le papier, l’idée est séduisante comme on me l’a si souvent répété.

Nous avons développé le site, testé auprès des étudiants, des parents, des élèves notre modèle de partage, ajusté nos formules, fait des erreurs, modifié, corrigé nos positions, pendant plus d’un an, nous avons battu le pavé de Saint-Denis, La Courneuve, Aubervilliers, Stains et je vous en passe.

Choix peu judicieux me direz-vous ! Choix du cœur et esprit de défi. A titre personnel, si j’étais flic, je préférerais l’être au Val-Fourré plutôt qu’à Stockholm, question d’adrénaline !


Le besoin est là. Il suffirait d’optimiser la plate-forme et de faire venir les gens pour que l’évidence éclate au visage du monde entier. La France tiendrait enfin son Facebook. ClaireYvesAndré. Pour une fois… Elle donnerait le la. J’y ai cru. Ils vont tous se précipiter vers nous et apporter leurs biffetons, leurs sourires et leurs filles pour que nous accélérions notre lancement et notre avance technique.

Plus tard, ils chanteraient mon nom jusqu’aux grottes de Torah Borah. C’était beaucoup trop beau. Je sais, je sais, … Je m’attendais à ce qu’ils crient au génie: cela ne m’aurait pas beaucoup perturbé, il y’a bien longtemps que je l’ai fait.

Que nous ayons fait quelques erreurs, évidemment !

Que nous nous soyons trompés sur des chiffres, très bien.

Que nous n’ayons pas une vision très objective après avoir travaillé autant sur ce projet, je veux bien l’accepter.

Que nous n’ayons pas assez d’expérience pour maîtriser tout cela, ok !

Qu’ils aient des insuffisances, je veux bien !

Que nous ne finissions pas milliardaires mais millionnaires, ce n’est pas si grave.

Mais qu’ils hurlent tous au silence, non.


La technique de l’édredon

Je refuse de croire que notre idée ne mérite que mépris. Je veux bien être considéré comme un débile auprès de la France entière mais j’aimerais que l’on m’explique en quoi notre modèle n’est pas viable et ne mérite même pas qu’on s’y attarde. Je refuse d’accepter ce silence, ces refus infondés, ce mépris.

Que les investisseurs français soient frileux et moutonniers, fonctionnaires refoulés, investissant dans les valeurs sûres comme ils disent, why not ! Qu’ils ne trouvent pas d’intérêt à notre vision, ça me va. Ils font ce qu’ils veulent de leurs rentes, c’est normal. ça se saurait si Google avait été créé à la Défense ou à Neuilly !

Que des représentants d’intérêt des étudiants ne trouvent rien à déclarer sur notre concept dépasse l’entendement. C’est soit de la stupidité, soit de la stupidité. Enfin,… Je suis tombé sur des associations d’étudiants qui m’ont dit avec cette assurance qu’ont tous ceux qui prennent toujours leur départ à la ligne d’arrivée :

Nous sommes très occupés mais nous allons regarder… On vous tient au courant

Pauvre c******, je t’offre un statut ! Ils pensaient que je venais financer leurs prochaines beuveries pour une mention de mon logo sur une affiche p****** que personne ne lirait jamais.

Enfermés dans leurs belles rebellitudes, si attendues, à crier aux droits des étudiants et à aller souper comme tout le reste à la cantine de l’immobilisme. Quand je pense que j’ai failli être comme eux.

Si c’est ça l’avenir de la France, la bêtise peut remettre son pyjama.

Que des journalistes, représentants d’associations, intellectuels qui font commerce de la banlieue se taisent et ne réagissent pas à notre concept, ça ne me va pas non plus. Je veux bien être le perdreau de l’année, j’assume. Je passerais pour un illuminé mais je saurais. Un illuminé qui sait, c’est bien. ça fait un mouton de plus, un mouton encore plus docile.

Alors, j’attends toujours les contre-arguments. Pourquoi le partage scolaire est-il débile ? Pourquoi vous n’en parlez pas ? Faut-il payer pour être entendu ?

Je voulais savoir pourquoi nous étions si invisibles alors que nous gesticulions autant ?

Ce silence qui a tué tant de vocations et nourrit tant de pharmaciens et de croque-morts. Ils ne répondent jamais aux messages. Certainement, qu’ils foutent mes mails à la poubelle. J’accepte, c’est une idée de m****, c’est un site de m****, … Tout ce que vous voulez. Mais dites-le moi ! Messieurs les connaisseurs, les visionnaires, les savants. A moins que vous n’ayez rien vu venir, comme d’habitude…

Je ne demandais pas un article. J’attendais une réponse, juste un p***** de message. C’est votre métier d’être à l’avant-garde, non? Peu importe. Juste un message. C’est de la m****. Rien. Silence.

J’ai finalement compris. Les processions de compliments, de génuflexions et de propositions indécentes, dans tes rêves!

J’ai compris. Étant naturellement perméable au doute mais jamais au bon sens, j’ai relevé les bizarreries, les lâchetés, les bassesses, l’époque dans sa vulgarité la plus ordinaire et décidé de partager mon sentiment d’injustice sur la création en France.

Ils attendaient Zuckerberg, Henri-John ou Gonzagues au pire, ils ont eu Djeugoué: ils ne s’en sont toujours pas remis, les pauvres.

Naïvement, on a cru qu’ils nous massacreraient. Qu’ils démonteraient tout, qu’ils nous riraient au nez. Qu’ils nous ridiculiseraient. Ils ne se sont même pas gênés. Ils ont fait pire. Ils n’ont rien dit.

Je ne parlerai pas de complot car je sais ce que la lâcheté des hommes est capable de produire. Ce « ils » englobent tous ces gens engoncés dans leurs certitudes, leurs habitudes, leurs conforts, leurs incompétences, leurs suffisances, tout ce système pernicieux qui se nourrit des mêmes, des mêmes et encore des mêmes.

Et pour tous ces hypocrites qui ne comprennent jamais rien à rien; le truc avec internet, c’est qu’il faut être grand très vite sinon on est mort. ça me tue de savoir que nous n’atteindrons jamais le sommet à cause de tous ces crétins.

Charles, Flo, n’en doutez pas ! Nous avions raison. Nous avons raison et nous aurons raison. Dans quelques mois, un porte-manteau débarquera avec notre idée, les millions en bandoulière et ils prendront tous leur position fétiche. On lui tressera des couronnes de millions pour sa créativité. Hommage détourné, les gars. Hommage détourné.

Et là, certains mus par le remords qui apaise toujours la conscience des lâches, se souviendront qu’il y’avait des jeunes gars de banlieue, qui avaient eu l’idée bien avant. Mais bon, c’était des pieds nickelésPas très abouti, leur truc… Comme pour tous les pionniers en général.

Et ils chialeront un bon coup rue Solférino, un verre de chianti bio de préférence en main, quand ils apprendront qu’on a fini chefs-équipiers chez Quick.

Ils ont failli être, c’est si dommage… Quand est-ce qu’ils auront un peu de chances, ces gens-là ?


Les entreparleurs

Comme dirait Booba, nous étions trop en avance pour vous demander l’heure. On a fait ce qu’on a pu. Nous l’avons fait alors qu’ils patientaient dans le lobby de Zuck.

Je le dis et je l’assume, notre idée est génialissime ! Comme toutes les grandes idées, elle est simple et évidente. Ils ont tellement érigé d‘entreparleurs en carton-pâte que personne n’a intérêt à nous dire qu’on a raison. A juste titre d’ailleurs, cela aurait pu me pousser à céder ma fortune à des ONG.

Entreprendre aujourd’hui, c’est parler (j’imagine qu’hier, c’était moins prononcé). Nous assistons à une génération de personnes qui se disent entrepreneurs et brillent par leur présence médiatique. Je les ai gentiment nommés les entreparleurs, canonisés par les médias économiques qui en ont fait des icônes, icônes de peu de calibre ayant surtout briller par leur faculté à photocopier, ou à profiter des largesses des bourses et du réseau.

Quelques uns ont été de vrais entrepreneurs, il y’a déjà un moment. Il n’y’aurait rien à dire s’ils n’avaient pas engendré toute une génération de clones sur-diplômés qui pondent des idées de m**** à la chaîne.

Ces idées ou plus précisément, ces piètres photocopies de la Silicon Valley inondent le marché de l’investissement et biaisent les résultats. Je m’explique.

Les investisseurs comme ces entreparleurs sont issus des mêmes milieux, des mêmes écoles, des mêmes réseaux. Tout le monde comprendra qu’il soit difficile de dire non au fils d’un camarade de promotion qui accessoirement est devenu un important responsable d’une grande entreprise avec laquelle l’on fraie. Ce n’est pas la bonne façon d’entretenir son réseau.

Le petit milieu se connaît, se fréquente, au gré des mercatos incessants de dirigeants de grands groupes, on finit toujours par tomber sur quelqu’un qu’on a côtoyé. On dit les joueurs de football infidèles, on devrait parfois tempérer ce jugement au vu de la carrière de certains dirigeants et cadres.

La compétence étant désormais basée sur le je connais untel, l’exigence laisse place à d’autres critères de sélection plus discriminants; la cooptation, le népotisme, la reproduction sociale. On choisit les mêmes. Quelque part, on se choisit à chaque fois. Et comme il faut bien avoir quelque chose à vendre, on s’assure que ce jeune créateur sera au moins un bon acteur. D’où l’émergence des entreparleurs.

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On industrialise le processus. Les investisseurs demeurant finalement les vrais décisionnaires des entreprises créées, capables d’ériger une armée de seconds couteaux formés dans des grandes écoles et plus ou moins bons managers pour piloter les concepts sur lesquels ils ont kiffés.

Certains ont cru qu’en transformant des gestionnaires en entrepreneurs, ils feraient des jackpots en série. Qu’ils pourraient canaliser la création. Le système s’est donc organisé autour de pré-requis qui ont plus à voir avec le relationnel qu’avec le concept.

Faites un test très simple, prenez les 10 dernières startups à avoir levés de l’argent, relisez le CV des fondateurs (ils le mettent toujours, c’est ça leur ticket d’entrée, leur compétence. Alors, ils l’affichent sinon vous risqueriez de vraiment analyser leurs idées d’entreprise et là, …) et vous comprendrez comment le népotisme, le réseau, la collusion ont gangréné jusqu’à la création.

Des bataillons de jeunes diplômés, des cadres à recaser, des filières de création balisées. Ces gestionnaires contraints par l’époque à créer pour exister (avant, il fallait être fonctionnaire ou homme politique mais depuis leurs étoiles ont pâli), fondent sur les investisseurs avec des idées qui feraient mourir de rire n’importe quel épicier.

Générer du CA, peut-être ! Valoriser son bullshit, surtout ! Des fortunes ont tellement jailli en fin de présentation de slides que pour continuer à alimenter ce système, les idées, l’essence vient très rapidement à tarir. La photocopie d’idées venues de la Silicon Valley, gage de confiance, devient la règle. A condition d’avoir les accréditations, bien sûr !

Moi aussi, j’avais pensé en profiter. Malheureusement, nous avions tout sauf les indispensables de l’entreprise française; le bon CV, le bon père, le bon carnet.


La photocopieuse américaine

Pour citer Alain Soral, les idées ne poussent pas des arbres. Avant de s’ennuyer de leurs réussites, tous les entrepreneurs savent que l’essentiel demeure l’idée.

Le système a tellement verrouillé son accès, formalisé sa création, automatisé les procédures que l’idée dérive loin des côtes françaises depuis quelques décennies. Depuis la carte à puces, quelles sont les vraies idées de la France entreprenante ?

Des photocopies, des photocopies, de pathétiques photocopies. Les originaux se trouvent toujours à la même source, les USA. Les génies français ont fini par capter que l’avance américaine était assez constante et qu’il leur suffisait d’y aller, regarder, récupérer et recycler cela au public local, féru des States; les bobos déjà à poil en postes avancés. Et avec cela, on se fait appeler entrepreneur, que demande le pleutre ?

Toutes les chèvres y sont allées pour brouter. Le nec plus ultra étant celles issues de la célèbre prairie Silicon Valley (vallée de silicone, prophétique !)

Les cerveaux français étant en panne d’inspiration pour cause de mimétisme social et intellectuel, la photocopieuse américaine a permis de continuer d’approvisionner le marché, de faire vivre de plus en plus d’investisseurs, d’intermédiaires appâtés par les délires de la bourse, de la valorisation boursière.

Je me rappelle d’une société d’investissement française basée à Paris qui a exigé d’avoir des présentations uniquement en langue anglaise. Élitisme, quand tu nous tiens !

L’économie française est devenue le centre de recyclage du tout et n’importe quoi américain. Je ne citerai pas les noms par charité chrétienne et surtout par prudence juridique; Me Sab pourrait s’asphyxier sous les dossiers.

Même en fermant les yeux, vous continueriez de les voir, elles sont omniprésentes. L’une des dernières que j’ai découverte, c’est une photocopie probablement new-yorkaise, mi-commerciale, mi-humanitariste, qui semble suivre le bon canevas avant de disparaître en silence ou d’être rachetée par un gogo ; ils ont levé 200 000 euros en 3 semaines.

De mémoire de fabricant de bullshit, on n’avait pas vu ça depuis Bernie !

J’ouvre Challenges, 100 start-ups où investir; un vulgaire me too de junior-entreprise en guise d’amuse-gueule. Valorisé 2 000 000 euros. Rions.

Le complexe américain, sacrée maladie.

Les américains aiment les hamburgers et le Coca, en France, on s’y rue. Les américains lancent Myspace, en France, on s’y croit. Les américains s’entichent dApple, en France, on s’y plie. Les américains ont Prince, en France, on a Sliimy. Les américains aiment le R’N’B, en France, on s’y complait. Les américains vont en Afghanistan, en France, on s’identifie. Les américains ont des intuitions, en France, elles sont pensées d’évangile.

Je pourrais tenir l’année entière avec de telles observations.

Nous avons eu toutes les vagues, les fadaises les plus incroyables ont accroché en France. Je me rappelle encore du battage sur Myspace, second life, du linden. Nos chers bobos en étaient gaga, ils ont tout avalé (ils ne recracheront rien, question d’orgueil).

Et pourtant, de la matière, il y’en a en France. Il suffirait juste de regarder. Ce serait par exemple bien quArchos voit ses produits annoncés en fanfare des mois à l’avance par l’ensemble des médias. Ce serait déjà un premier pas vers la guérison.


Le bullshit marketing ou le triomphe du vide

Le bullshit marketing tel que professé par Charles, c’est la faculté rédactionnelle qu’ont les entreprises du net en particulier, à nous survendre du vent.

Avec elles, 1+1=1.25, 1.90, 2.5, 3 voire 7 jamais 2.

C’est tellement rafraîchissant d’avoir à faire à un bullshiteur de talent; cela vous permet de mesurer à quel point les hommes peuvent être créatifs quand ils le souhaitent.

L’écologie est un bullshit en soi. Nous en avons encore eu la preuve avec les malheureuses victimes d‘e.coli. Les études ont montré que la plus-value gustative des aliments bio n’existe que dans la psyché des écolos. La plus-value nutritive pareillement.

Nous sommes 7 milliards. Dans 10 ans, nous serons 9 milliards. Si des crétins pensent qu’ils nourriront la planète avec des feuilles, des racines et des rendements aussi ridicules, grand bien leur fasse. Par contre, que des politiques suivent bêtement les exigences de ces ados jacassants, relève du gag. Le niveau est si bas, décidément.

Soyons sérieux, l’écologie est une idéologie mortifère, qui ne suffit qu’à contenter ceux qui ne savent plus quoi faire de leur ennui. Sorti de Saint-germain, on crève encore la dalle et si une firme nous aide à multiplier nos productions, à multiplier le pain comme un célèbre fils de charpentier, je lui en sais gré.

Les OGM sont dangereux; on attend toujours les preuves de ces assertions. Toujours rien à l’horizon, j’aime toujours autant grailler au McDo, Bové est toujours au combat, il est député européen. Tout va bien. Et pendant ce temps, les américains, encore eux, prennent de l’avance. De joyeux génies français en perspective !

L’écologie, une vulgarité de riches.


La filière grandes écoles

Il existe une réunion de grandes écoles françaises. Ce serait bien d’en créer une pour toutes les autres, les petites. Ces écoles où tous les moutons sacrifiés sur l’autel de la pseudo-performance pourraient bêler en chœur et imposer leurs vues. On se rendrait vite compte qu’ils sont simplement plus nombreux, très souvent plus efficaces, et véritablement plus utiles. (paraphrasé soralien, à retrouver)

Ces grands stratèges forment des généraux, des colonels, des capitaines, des commandants et oublient les soldats, les caporaux et autres adjudants, ceux qui vont en premières lignes. C’est bien connu qu’au front, les généraux creusent les tranchées. Managers ! On en arrive à ce que je nommerais comme de l’auto-management; manager d’équipe de 1 membre ! Les chinois, les indiens, les coréens, se pètent juste les côtes de rire.

Le jour où l’on fera l’effort d’entreprendre en France, je veux dire vraiment entreprendre, sans papa, mamie, tonton, le réseau; toute la population se rendra vite compte de cette énorme bouffonnerie.

Ces filières grandes écoles qui, demain, dériveront en filières grandes maternelles, grands collèges, grands lycées, ont généré et entretenu ce mimétisme abêtissant qui caractérise si bien le capitalisme français. Les reseaupreneurs, Les héritierpreneurs, Les rentierpreneurs, et leur nouvelle cohorte de preneuses, en sont simplement les symptômes.

Combien de médailles Fields ? Combien de Google ? Combien de PDG français courtisés par les firmes étrangères ? Combien de vrais entrepreneurs en France ? Combien de phares dans la nuit ? (Nous avons plein de phares allumés le jour, il n’empêche !)


Le pivot

Je me rappelle qu’un type a sorti une fois que le plus important ce ne sont pas les idées, mais les hommes. Quelle époque ! J’imagine qu’il aurait dû le dire à Diesel:

Herr Diesel, votre idée de moteur à combustion, ce n’est pas très important. Le plus important, c’est vous: Diesel !

Ils appellent ça le pivot. Un truc que j’ai découvert quand j’ai commencé à trouver le silence très long. Car pour lever de l’argent en France, c’est tout un parcours avec son jargon et ses étapes. J’avoue, j’ai toujours eu du mal avec le verbiage (n’est-ce pas ?)

Le pivot, c’est la capacité qu’a un entrepreneur a modifié tout son business plan pour aller vers une autre idée.

Vous commencez avec des bonbons, vous vous rendez compte que vous vous êtes trompé, vous virez au chewing-gum. Résultat, on vous célèbre. Vous avez su vous adaptez ! Vous avez su faire le pivot.

Je croyais naïvement que c’était juste être un entrepreneur. Je dois être trop con pour comprendre. Ils disent que c’est le pivot.

Le jargon, les anglicismes, le bullshit marketing. Ils vous ont vendu du vent, ils le mettent en bouteille.

Je me suis fait la réflexion que nous n’étions pas seulement des pivots avec notre plate-forme de travail pour étudiants, mais carrément des rotors. Depuis le temps qu’on tourne, qu’on adapte notre modèle pour nous abaisser à la réalité la plus crue, on en a fait des révolutions.

Grand manitous de la création, idée et homme vont de pair ! Jamais l’un sans l’autre.


La règle des trois gros

Petite observation de votre serviteur. La concurrence en France est toujours un phénomène bizarre. La plupart des secteurs sont simplement soumis à la règle des 3 gros. Tous les autres sont juste des faire-valoir qui permettent d’entretenir une illusion de compétitivité.

C’est tellement confondant à observer que l’on en viendrait à se dire que c’est fait exprès…


La beauté, synonyme, qualité

L’autre symptôme très visible (et prévisible) est l’envahissement de l’espace public et professionnel par les gens beaux. La beauté est qualité, la beauté est compétence. C’est assez vrai partout, n’est-ce pas ?

Je préfère les moches dans le cadre de l’entreprise d’aujourd’hui, ils ont vraiment ramé pour être là où ils sont, qu’ils sont forcément plus compétents, plus motivés, plus intéressants.

Quand je pense qu’on trouvait les gens beaux idiots il y’a encore peu et qu’aujourd’hui, ne pas l’être peut être rédhibitoire dans certains secteurs, notamment ceux de la communication, temples du bull.

Il y’a une telle inversion des valeurs qui se voient affreusement sur le reflet de ces éphèbes créateurs actuels. Finalement, quand on n’a rien d’intéressant à vendre, on se vend.

Si la beauté était un critère d’esprit d’initiative comme cela semble être le cas dans cette société, Antoine Riboud serait un petit joueur, un très petit joueur.


Emancipate yourself from the mental slavery

Toujours aussi visionnaire, le Bob. Nul n’est prophète chez soi, dit le proverbe. Il l’a bien été, lui !

Certains pourraient arguer à juste titre d’ailleurs, qu’un produit qui ne trouve pas de client est un mauvais produit. L’avenir nous donnera raison. Je dois néanmoins reconnaître que l’inertie mentale de certains individus confine à la stupidité. Ces parents qui ne nous ont pas suivis, barbotant gaiement dans leurs mentalités d’assistés, la pleurnicherie comme idéal de vie.

Oui, toi qui m’as reçu chez toi avec ton grand écran plasma et les larmes aux yeux car tu négociais pour des cours à 10€/h pour tous tes gosses ! L’on ne les voit jamais négocier pour quoique ce soit chez nos concurrents. Avec nous, ils deviennent subitement marchands de tapis, c’est marrant ! Je ne sais plus qui me fait le plus honte !

L’assistanat est le mode de développement favori de la banlieue. Des associations, des associations et encore des associations, pour tout. Combien de fois m’a-t-on dit sous le ton de la confidence :

Pourquoi vous prendre la tête à créer une entreprise, ça ne marchera jamais ici. Créez une association, ils vous donneront des aides.

Je n’ai rien contre les associations mais je crois qu’elles empêchent l’éclosion de vraies politiques de développement et qu’elles figent la réflexion des habitants au ventre. Je préfère encore faire faillite plutôt que de créer une association. L’État se défausse assez allègrement sur ces artifices charitables, ces organisations caritatives et dépossède les individus de leur potentiel, de leur initiative.

La première des choses à faire pour sortir la banlieue de sa misère pour tout gouvernement serait de supprimer toutes les subventions qu’elles accordent à ces organes de dormance. L’aide, si aide il doit avoir, se devrait d’être directe, de la communauté à l’individu. L’État fait vivre beaucoup d’intermédiaires inutiles, inefficaces, voraces et finalement néfastes pour l’essor des populations locales et la dignité des pères de familles.

Les associations ont fait main basse sur la banlieue et ignorer leurs impacts sur les cellules familiales et sur les finances des pouvoirs publics, c’est laisser perdurer cette situation de désespérance, de survivance, d’assistanat systématisé.

On ne développe aucun pays avec des colis, on fait juste vivre le postier.

L’initiative, et donc l’entreprise, doit être le moteur du développement. Que cela plaise ou non. Les idéologies pleurnichardes ne sortiront pas la banlieue de ses 40% de chômage des jeunes.


Le consommateur, l’éternel idiot de service

Rien à retirer.



En conclusion

Il m’a semblé utile dans une visée pédagogique, de canaliser mon ressentiment et de formaliser ce petit manuel du capitalisme français actuel afin que tous comprennent, à quel stade de débilité créative ce pays en était réduit.

Exercice d’auto-mutilation ou mégalomanie outrancière de votre humble serviteur, sans doute un peu des deux et beaucoup d’altruisme; une envie de faire comprendre aux étudiants le chemin rocailleux (racailleux aussi) qu’est l’entrepreneuriat en France.

 

Osez le bon sens !

YDM

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