Paul Cuffee, afro-américain, armateur et colonisateur de l’Afrique

L’histoire de la manière dont Paul Cuffee a tracé son chemin de fils de fermier à riche propriétaire de bateaux ne serait pas unique si vous considérez le fait qu’il était afro-américain. Durant sa vie, les afro-américains libres n’étaient pas autorisés à voter dans la plupart des États et l’esclavage était une pratique courante.

Le père de Cuffee, Kofi, était né en Afrique, membre de la tribu Ashanti, et fut transporté des colonies comme esclave. Son propriétaire, un Quaker, a ressenti que son statut de possesseur d’esclaves et sa réligion étaient en conflit, et donc, a libéré Kofi qui, ayant obtenu sa liberté, a travaillé pour nourrir sa famille, acquérant 116 acres de terres agricoles dans le Massachusetts que ses enfants ont hérités. La mère de Cuffee, Ruth Moses, était une indienne d’Amérique de la tribu Wampanoag.

 

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Cuffee, le constructeur de bateaux

Né le 17 janvier 1759, Paul Cuffee était l’un des dix enfants de sa fratrie. Adolescent, Cuffee a travaillé sur les baleiniers et a appris l’art de naviguer hors des ports du Massachusetts. Lancé, il a construit son propre bateau qu’il utilisait pour commercer localement avant de s’aventurer à Nantucket. Peu de temps après, il a fait assez de bénéfices pour acheter un autre bateau, et a fini par posséder toute une flotte et dans ce processus, est devenu l’un des plus riches noirs américains des USA.

Pas de taxes sans représentation

En 1780, Cuffee, comme contribuable, a déposé une pétition à l’État de Massachusetts pour le droit de vote, arguant de l’injustice de l’imposition sans la représentation des noirs. L’action a échoué mais juste trois années après, la législation est passée, accordant le droit de vote à tous les hommes libres de l’Etat.

 
Cuffee a marié une femme issue de la même tribu que sa mère, Wampanoag. Ils ont eu sept enfants. En 1797, quand ses enfants ont été refusés dans l’école locale à cause de leur couleur, Cuffee a créé une nouvelle école pour toutes les races.

 

Colonisation des afro-américains

Cuffee croyait à la colonisation pour les afro-américains, mais pas pour les mêmes raisons que les blancs supporters de ce concept. Un Quaker, Cuffee a vu dans le retour d’afro-américains libres en Afrique, une opportunité pour commercer et étendre la chrétienté. En 1810, Cuffee s’est lancé dans le projet de coloniser la Sierra Leone, négociant avec les marchands britanniques et les abolitionnistes, et formulant des plans pour aider à faire prospérer la colonie économiquement. Il a fondé la Friendly Society of Sierra Leone pour aider à l’émigration d’afro-américains libres.

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En 1812, retournant de Sierra Leone, et ne sachant pas que les USA étaient en guerre contre les britanniques, son bateau fut mis en fourrière par les douanes américaines. Incapable de reprendre son bateau, Cuffee s’est rendu à Washington pour voir le président James Madison en personne. Le président, propriétaire d’esclaves, était impressionné par Cuffee et a immédiatement ordonné qu’on lui redonne son bien.

En 1816, Cuffee débarque à Freetown, en Sierra Leone avec trente-huit colons, des enfants jusqu’à des adultes de 60 ans, ayant financés une grande partie des dépenses, lui-même. Cuffee a continué d’essayer d’aider à relocaliser les afro-américains en Afrique et, plus tard, à Haïti. Mais ce voyage en Sierra Leone était son dernier. Sa santé s’est détériorée et Cuffee meurt, âgé de 58 ans, le 9 septembre 1817. Ses derniers mots furent « Permettez-moi de m’éteindre tranquillement ».

 

 

Traduction de l’article d’History in an hour

Kat Smutz

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