Le tutorat, vu par Alain Baudrit

Dans notre quête de connaissances, nous avons réussi à entrer en contact avec des professeurs en sciences de l’éducation. Ces derniers nous ont permis d’évaluer notre modèle et de trouver des sources d’informations sur le tutorat et les études menées à ce sujet. Ces expériences sont le fait de chercheurs anglo-saxons majoritairement.

Nous les partagerons avec vous dans les prochains articles et dans les améliorations que nous porterons à ClaireYvesAndré.

En France, il existe très peu de chercheurs spécialisés dans le tutorat.

Le tutorat est une relation formative entre un apprenant, le tuteur, et une personne (ou un petit groupe de personnes) en apprentissage. Il se distingue de l’enseignement classique impliquant professeurs et élèves par une formation individualisée et flexible. Le tuteur n’a pas forcément toutes les connaissances que doit maîtriser l’apprenant au terme de sa formation car son rôle n’est pas d’apporter des éléments de réponses aux problèmes posés mais de guider l’apprentissage.

Nous avons néanmoins réussi à soumettre notre modèle à la connaissance d’Alain Baudrit, professeur des universités, responsable scientifique du groupe de recherche DEPF (Dynamiques de l’Éducation, de la Formation et de la Professionnalisation) à l’Université Victor Segalen – Bordeaux 2 et spécialiste français du tutorat et du mentorat.

Cet échange a été assez productif en terme d’enseignements pour ClaireYvesAndré et nous rassure dans notre choix de développement et de travail orienté vers des duos et des trios d’élèves.

Nous nous sommes plongés avec beaucoup d’intérêt dans l’un des ouvrages d’Alain Baudrit que nous recommandons vivement à tous ceux qui s’intéressent à la pédagogie et à l’éducation.

Avec l’aimable autorisation d’Alain Baudrit, nous avons inscrit le livre lu dans  »la chaîne de lecture », afin de diffuser la connaissance du tutorat au plus grand nombre, notamment aux enseignants.

Selon ses recherches, il existe indéniablement un plus tutoral. Vous y apprendrez les différents types de tuteur et leurs impacts sur un public en difficulté scolaire:  »tuteur professionnel, para professionnel, et volontaire, et même tuteur-élève ». Il met en avant les nombreuses études menées principalement aux USA et leurs résultats sur la lecture, la compréhension de texte et les mathématiques. Son importante bibliographie montre d’ailleurs l’intérêt suscité notamment par le tutorat auprès des chercheurs internationaux.

Vous y apprendrez par exemple que l’usage de la méthode tutorale a été préconisée aux USA dès les années 60, dans le cadre des politiques d’éducation compensatoire destinées aux élèves issus de milieux sociaux défavorisés.

Il pose des questions simples et apporte des réponses claires en s’appuyant sur ces études, leurs résultats et sa propre expérience.

Quel est l’intérêt du tutorat s’il s’agit d’une simple réplique de l’action menée par un professionnel de l’éducation?  S’il n’introduit pas un plus dans le processus d’enseignement/apprentissage ?

Chaque profil de tuteur peut avoir sa place dans le processus éducatif et intervenir dans la relation d’aide. L’usage de tuteurs professionnels dans le système finlandais par exemple illustre très bien ses enseignements. Ces tuteurs, qui sont des enseignants, secondent efficacement en classe, dans des modules de seul à seul ou en petits groupes les enseignants attitrés et ont des résultats probants dans la lecture et surtout la compréhension de texte. Ces tuteurs plus aguerris, mieux formés et expérimentés, tirent pleinement profit de leurs qualités d’enseignant.

En seul à seul avec les novices, à l’intérieur de petits groupes, les tuteurs sont plus à même de diagnostiquer leurs besoins, comprendre leurs difficultés, les conseiller, les aider, etc. Dans cette perspective, les tuteurs ne se substituent pas aux maîtres, ils les complètent ou les secondent dans leur mission éducative (Alain Baudrit, 1999, p.149)

Par conséquent, les uns peuvent préparer le terrain pour les autres.

De même, il n’est pas impensable de voir les intervenants se répartir les activités de lecture au sein d’un dispositif tutoral. Les uns prêts à assurer  la lecture accompagnée (où tuteurs et tutorés lisent simultanément), les autres la lecture réitérée assistée (où les tutorés lisent à plusieurs reprises des textes connus sous le contrôle des tuteurs), d’autres encore la lecture répétitive (les tutorés se livrent à la relecture de listes de mots  où des termes nouveaux sont progressivement introduits). Des organisations de ce type semblent parfaitement réalisables avec des tuteurs adultes qui, de concert avec les enseignants des écoles, peuvent exercer des rôles variables ou avoir une place bien déterminée dans le dispositif éducatif.

Beaucoup de notions sont explicitées, classées et cela permet au lecteur d’avoir une vision plus claire du tutorat et de ses bienfaits.

Nous laisserons le dernier mot à l’auteur :

Bref, cette modalité pédagogique se prête à une multitude de variantes et le plus grand mal qui pourrait être fait au tutorat serait de le standardiser (Baudrit, 1999, p.65)

 

 

Le tutorat : une solution pour les élèves à risque ?

 »Coll. Pratiques pédagogiques »,  »Ed. de boeck », 2010

24,50 €

YDM

Be the first to comment on "Le tutorat, vu par Alain Baudrit"

Leave a comment