Le suicide des enfants, « phénomène non phénoménal »

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Le suicide des enfants de 5-12 ans serait un phénomène sous-estimé par la société.

 

 

 

Réaction

Avant tout, nous n’avons pas encore lu le rapport du psy. Nous avons juste eu accès à ses conclusions livrées dans les médias.

Que dire de la situation ?

Rappeler simplement qu’une quarantaine de suicides d’enfants par an est statistiquement et scientifiquement insignifiant.

Même en ajoutant les « accidents non accidentels » comme le dit Mr Cyrulnik dans son interview publié le 29/09/2011 sur le site du Parisien, on en arrive à une centaine de suicides par an. Une centaine de cas sur des millions d’enfants.

Insignifiant. Insignifiant. Insignifiant, nous semble être le seul mot qui convienne à ce rapport.

Quand bien même Mr Cyrulnik serait neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste, ou prix Nobel de pédo-neuro-psychiatrie, aucun chercheur ne fonde ses analyses sur de tels paramètres.

 

 

 

Que voulez-vous dire par « accidents non accidentels » ?

C’est par exemple l’enfant qui se jette subitement sous les roues d’une voiture. L’entourage attribue ce geste à un moment d’inattention ou à une mauvaise évaluation du danger alors que l’enfant savait très bien ce qu’il faisait.

 

 

Comme vous, nous avons découvert ce terme oxymorique; les « accidents non accidentels » et le battage médiatique qui entoure ce fameux rapport.

Nous ne pouvons souscrire à ce « travail », rapport (commandé en février par la ministre) ou livre (essai de l’auteur*), qui n’est représentatif de rien et dont les conclusions nous laissent très dubitatifs.

Pour information, 18000 personnes sont mortes à cause des accidents domestiques en France en 1997. Les autorités n’en font pas tout un foin car, aussi cruelle que soit l’importance du nombre de décès, cela demeure marginal au vu de la population.

Les assureurs et les sociétés concernées ont amélioré leurs produits pour limiter ce type d’accidents. Mais, l’on ne fera jamais disparaître ces accidents. En économie, on parle de chômage résiduel (moins de 3% de la population active) simplement parce qu’il est impossible d’avoir un chômage nul dans un si grand ensemble qu’est un pays. Ne serait-ce que pour des personnes qui quittent un emploi pour en démarrer un autre.

Dans cette optique, les sondeurs devraient faire des sondages sur 100 personnes, les agences du médicament devraient interdire des médicaments lorsqu’un patient ou deux en meurt, les statisticiens devraient changer de professions et se mettre à la flûte.

Sacré déferlement médiatique ! Bâtir tout un raisonnement sur des données résiduelles et approximatives (100 cas par an) ! Soyons sérieux !


Pourquoi accabler ou inquiéter les parents en diffusant de telles informations anxiogènes ?

Le psychologico-passionnel qui sévit actuellement en France interpelle.

Bien sûr, la douleur des parents de suicidés mérite toute notre compréhension et sollicitude. Mais le phénomène, si phénomène il y’a, reste résiduel, donc aucune politique ne pourra y mettre un terme définitif sauf à investir des sommes extravagantes et à dresser tous les parents.

Mr Cyrulnik nous dit que les causes de suicides des enfants sont multifactorielles. Sur les 100 cas existants et inquiétants, les causes sont multiples. Alors, comment agir pour changer la donne ?

 

 

La prévention passe par des changements profonds au niveau de la naissance, de l’école, de la famille et de la culture. Pour éviter les éventuelles carences sensorielles du bébé, il faut allonger le congé maternité et paternité. Je préconise de développer les métiers de la petite enfance et les crèches. Il faut aussi améliorer le sort des enfants abandonnés, faire en sorte qu’ils ne changent pas constamment de bras. De son côté, l’école peut être une machine à stigmatiser. Je suis opposé à la notation des tout-petits et à l’orientation précoce. Une expérience a été faite dans le nord du Japon, pays qui a connu une forte vague de suicides d’enfants. Une partie des municipalités a décidé de consacrer davantage d’heures au sport et aux loisirs, l’autre a refusé. Bilan dix ans plus tard : les premières ont fortement diminué leur taux de suicide.

 


Nous résumons les recommandations du psy :

Allonger le congé maternité (et ne pas s’étonner si les employeurs préfèrent recruter des hommes)

Allonger le congé paternité (pour le bien de qui ?)

Développer les métiers de la petite enfance (cela va de soi ! Mais cela changera quoi à la décision des futurs suicidés, qui soit dit en passant, sont une centaine de cas par an ?)

Améliorer le sort des enfants abandonnés (Personne ne peut dire raisonnablement le contraire !)

Ne pas noter les tout-petits à l’école (et espérer qu’avec cette mentalité d’autruche, ils affrontent courageusement les petits hong-kongais, singapouriens, coréens et finlandais dans la compétition mondiale qui s’annonce)

Consacrer plus d’heures de sport et de loisirs aux enfants (en règle générale, les parents le savent ! Et les enfants n’attendent pas qu’on le leur dise pour s’amuser)

 

Ces drames sont évitables à condition que l’enfant soit bien entouré

 

 

Nous sommes au regret de vous le dire; ces drames ne sont pas évitables. Entourés ou pas. Aimés ou pas. Abandonnés ou pas. Les enfants ont un cerveau et sont capables de discernement. Le cas emblématique du jeune Charles-Elie, scandé dans les médias, l’atteste.

Il faut cesser de culpabiliser les parents de suicidés et d’inquiéter les autres millions de parents.

 


Le cas particulier de la pharmacie

S’il est bien un domaine où chaque cas néfaste déclaré est sujet à observations et remises en cause, c’est bien celui du médicament.

 

 

Retrait éventuel du marché, balance bénéfice / risque

La constatation d’effets indésirables peut conduire à retirer un médicament du marché, si le risque est fréquent ou grave comparé à l’effet bénéfique attendu ou à la disponibilité d’autres traitements équivalents mieux supportés.

C’est la notion de balance bénéfices/risques, qui évalue l’importance respective des avantages et inconvénients du médicament en question, et d’autres traitements éventuels.

 


100 cas de suicides par an sur des millions d’enfants en France ! C’est pénible pour les parents concernés évidemment. Cela n’en reste pas moins marginal.

Ce rapport n’a aucune crédibilité et ne repose que sur les « intuitions » ou analyses, dirons-nous, d’un psy. Par conséquent, il faut le prendre pour ce qu’il est.

On en rigolerait presque si ce n’était pas dit et relayé avec autant de sérieux et de ramdams.

 

Quand un enfant se donne la mort

Boris Cyrulnik

Ed. Odile Jacob, 2011

(prix moyen 18 euros)

 

 

 

Osez le bon sens !

YDM

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