Le soutien scolaire en France: l'étrange mendicité sociale organisée pour les cols blancs

Des mendiants, de simples mendiants; des parasites vivant grassement des privilèges octroyés par leurs représentants : l’État.

Le soutien scolaire en France est une bizarrerie; c’est un secteur qui vit uniquement parce que l’Etat a mis en place une subvention indirecte pour le soutenir depuis près d’une décennie. 50% d’exonérations fiscales sur chaque heure de cours effectué. La société agréée (label accordé à toute entreprise de services à la personne) facture 30€ pour une heure de mathématiques au parent; le parent les paie et reçoit 15€ d’exonération sur ses impôts.

C’est la première aberration du système, créée dans le but de juguler le soutien scolaire illégal (travail au noir des étudiants principalement et des profs) qui plafonnait à plus de 90% du soutien scolaire global en France (légal et illégal) et de lutter contre l’échec scolaire. Aujourd’hui, les experts estiment que le marché s’élève à 1 milliard d’euros.

 

 

Qu’est-ce qui a changé depuis le Plan Borloo instauré en 2005 ?

Rien !

 

 

Le soutien scolaire illégal représente au moins 85% du marché global et l’échec scolaire est encore plus important, encore plus patent.

 

 

Qui a profité de cette abattement fiscal ?
– les entrepreneurs agréés. Logique ! L’intermédiaire est le seul bénéficiaire de cette tartufferie légale.
– les familles privilégiées. Logique ! Pour profiter de l’aide de l’État pour éduquer ses enfants en dehors du cadre scolaire, il faut avancer 30€ pour chaque heure de cours donnée par l’intermédiaire. Le salaire médian en France étant de 1500€ et la crise économique s’intensifiant, est-il envisageable qu’une famille modeste, que les classes populaires en bénéficient ?
Évidemment, non ! Les familles de banlieues, mais aussi les paysans et autres français vivant en province dans des villes éloignées ou des villages abandonnés (les agriculteurs) sont de facto exclus du système et sont obligés de se retourner vers le troisième gagnant de l’assistanat fiscal :

 
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– le soutien scolaire illégal, le travail au noir. Les parents, conscients de la médiocrité du système scolaire et désireux de protéger au mieux leurs enfants des affres de cette médiocrité (rappel ; professeurs recrutés à 4/20 au concours), sont contraints d’avoir recours au travail au noir, à l’exploitation pure et simple du lumpen prolétariat du soutien scolaire en France : les étudiants.

 

 

Qui sont les dindons de la farce ?

– L’État. Aucun objectif atteint (échec scolaire massif et soutien scolaire illégal bien installé). En plus, en accordant des exonérations fiscales à un public qui n’en avait réellement pas besoin (les riches, les privilégiés), il opère un gaspillage fiscal et perd 50% de ses revenus. Selon les données officielles, le soutien scolaire légal compte parmi ses clients, 35% de classes supérieures; 60% de classes moyennes et 5% des classes populaires.
La duperie réside sur le thème « classe moyenne » : un artisan et un cadre supérieure d’une banque ou d’une compagnie d’assurances sont-ils réellement de la même couche sociale ? Classe moyenne est un terme générique qui masque assez bien les différences sociales entre ces personnes. En réalité, j’ai l’intuition que les classes moyennes inférieures se tournent davantage vers le travail au noir que vers le légal. La grande majorité des personnes qui profitent de ce parasitisme social sont les privilégiés, l’élite et ses affidés Et elles ont toutes les bonnes raisons de le faire. (les journalistes par exemple, ont-ils intérêt à scier l’arbre sur lequel ils sont assis ? Vous comprenez donc facilement pourquoi ils détournent le regard de cette ignominie (c’est tellement énorme. Les parents modestes se sacrifient pour payer plein-pot le soutien scolaire de leurs enfants et l’État s’applique à prendre en charge la moitié de la facture des riches… Donde està la famosa izquierda ? A la gay-pride para defender el mariage pour touzes !)). Si l’Etat est assez débile pour leur offrir cette petite gâterie fiscale; soit ! Mais l’Etat, c’est aussi les pauvres. Donc, les impôts des pauvres financent les études privées des riches (le non-encaissement des abattements augmente la pression fiscale, les ultra-riches se tirent, restent les gens, vous). Il faut savoir que ces personnes aisées auraient de toute façon payer plein-pot pour sauver leurs enfants du naufrage. Et ce, quelque fut le tarif horaire !

RedistributionPauvresVersRichesEt en étant cynique, l’État pourrait fermer les yeux : on a jamais vu un étudiant évadé fiscal à Monaco. Par conséquent, les revenus générés par le soutien scolaire illégal sont des revenus qui irriguent immédiatement l’économie locale (financement de la vie étudiante, achat d’ordinateurs, loyer, alimentation, vie culturelle,…). Le seul vrai problème du travail au noir dans les services à la personne est la non-protection sociale des employés, des étudiants.

 

D’ailleurs, il est une information que l’on ne vous communiquera jamais : qui sont les employés du soutien scolaire ? Qui sont ceux qui donnent les cours de soutien scolaire ?
Ce secteur a eu la merveilleuse idée d’appeler ces intervenants des professeurs, laissant croire au parent peu vigilant et anxieux de l’avenir de ses enfants, qu’il s’agit de « vrais » professeurs. Aucune donnée n’existe, et pour cause : savoir que ce sont les étudiants qui sont très très majoritairement (estimation personnelle 90%) les employés de ces structures, auraient forcément éveillé la curiosité des pantins qui ont généré cette connerie. Un étudiant étudie. Cela n’aurait aucun sens de faire des exonérations pour soutenir un secteur moribond sachant que sa population active est constituée de personnes en phase de transition (les études sont une période transitoire avant l’entrée dans la vie professionnelle). Si l’on demeure dans cette logique stupide, il faudrait exonérer de 50% des charges sociales de MacDonald’s pour favoriser et maintenir l’emploi.

Or, les intermédiaires ont beau jeu d’effrayer le politique soumis en lui disant qu’il causera la perte de milliers, voire de millions d’emplois s’il touchait à leur steak. Ces millions fantasmés d’employés sont en réalité des ÉTUDIANTS. Et comme nous le savons tous, un étudiant, ça étudie. Protéger les emplois : pourquoi pas ! Mais les emplois de qui ?

Les professeurs et leurs syndicats ont toléré l’usage du mot « professeur » à leurs concurrents (organismes de soutien scolaire) à dessein. De nombreux professeurs « arrondissent leurs fins de mois » en donnant des cours particuliers. Déontologiquement, ces individus devraient se poser des questions. La situation s’est tellement détériorée que cela n’heurte plus aucune sensibilité. Des professeurs du secteur public, des fonctionnaires, qui sont autorisés implicitement à travailler pour le privé. Résultat, on assiste à des profs qui refusent de faire du soutien scolaire au sein des établissements pour aller vendre leurs savoirs aux officines privées. Le délire est tel que dans les prépas, il y a des profs qui donnent des cours particuliers à leurs propres élèves et à des tarifs exorbitants. Double éthique évidente. Les entrepreneurs-mendiants du soutien scolaire, des demi-fonctionnaires, des assistés qui s’ignorent en fait (50% de leur chiffre d’affaires est généré par l’État) se servent de leur titre et de leur matières grise pour combattre les conséquences de leur incompétence. Au fond, le fonctionnariat s’épaule, l’hypocrisie perdure, et tous les parasites sont gras et contents.

 

 

– Les étudiants. C’est dans leurs bataillons essentiellement que les intermédiaires recrutent. Et ces derniers, acculés aussi par la crise économique et les revenus limités de leurs parents sont obligés de travailler pour joindre les deux bouts. Dans le soutien scolaire illégal, ils sont clairement exploités (pas de sécurité sociale, pas d’assurances, aucun contrat).

 

 

– Les premiers concernés : les élèves en décrochage scolaire ou échec scolaire. Le prétexte de tout ce système était de les sortir de leurs mouises. En réalité, les élèves qui usent du soutien scolaire légal sont des élèves qui performent, des classes supérieures. Ce sont ceux qui souhaitent aller dans des écoles d’ingénieurs, de commerce, les prépas qui usent du légal en grande majorité. Les difficultés sociales se cumulant, on retrouve les élèves en échec scolaire très largement dans les classes sociales populaires. Pensé pour eux, il s’est retourné contre eux et favorise les favorisés (bonnes écoles, bons profs, bon milieu socio-professionnel, bonne connaissance des circuits scolaires, bon réseau). C’est couru d’avance : la reproduction sociale est entérinée et ceux qui prennent leur départ à la ligne d’arrivée n’ont même plus besoin d’attendre le coup de feu pour traverser la ligne.

 

 

– Le secteur du soutien scolaire. Endormi depuis des siècles sur un modèle unique (1 apprenant, 1 apprenti, du précepteur au « professeur à domicile ») et maintenu dans sa léthargie heureuse par cet assistanat fiscal, le secteur ne fait aucune preuve d’originalité, de créativité, de dynamisme. 12000 entreprises de soutien scolaire, 11999 assistés, 11999 clones d’Acadomia, 11999 moutons. Qui dit mieux ?
D’aucuns argueront qu’ils ont créé des stages collectifs. Énième escroquerie du système. Selon les principes qui coordonnent l’agrément de ces entreprises; toute entreprise agréée ne doit proposer que des services agréés. Pour obtenir les 50% d’exonérations fiscales et la TVA allégée, les agréés ne doivent donner que des cours à domicile, pour un élève. Or, ces entreprises n’ont seulement profitent du système qui les arrose grassement, mais en plus, proposent des cours en groupes (stages collectifs, dans leurs locaux pour plusieurs élèves).

Bouffer à tous les râteliers et faire fi de la loi, telle est la règle. Normalement, toutes ces sociétés agréées qui proposent ces cours en groupes, stages collectifs, stages de vacances, auraient dû perdre leur agrément, payer une TVA à 20% et ne plus mendier les deniers publics. Soit l’on est un assisté, soit l’on est un entrepreneur. Faut choisir son camp.

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Visiblement, les politiques se chient dessus afin de ne pas se mettre à dos les parents anxieux et influents (les lobbies qui diligentent les lois, sont des relais directs ou indirects des classes sociales élevés). Ou plutôt, ce sont-ils seulement rendus compte de la supercherie ? Il y aurait de quoi en douter quand on voit dans quel état est le pays… L’aberration se double d’une escroquerie. Tous les moyens sont bons pour éduquer leurs enfants. La fin justifie les moyens. Nous en sommes là.

 

 

Maintenant que vous avez bien vomi, vous êtes sans doute prêt à  libérer Mandela.

Petite digression avant de parler de préconisations simples pour stopper cette arnaque.

 

 

Préconisations

 

 

1- Supprimer ce parasitisme social pour friqués afin de perdre une épuration du marché légal, et de favoriser le développement d’offres alternatives, variées et créatives. ça se saurait si l’assistanat facilitait l’originalité.

 

 

2- Responsabiliser les étudiants. Ceci est directement à imputer aux associations étudiantes, qui ne sont que de vulgaires marchepieds vers le fonctionnariat et la jouissance de privilèges sur le dos de la population au prétexte fallacieux de vouloir « servir son pays ». Pendant des décennies. Être une valeur ajoutée pour son pays, tel est le dessein de toute personne qui souhaite réellement se mettre aux services des autres. Les associations étudiantes forment des bataillons de mendiants, qui ne savent rien faire d’autre, que défiler pour protéger les privilèges de leurs aînés et se laisser manipuler par ces derniers. Les étudiants sont à la base du soutien scolaire en France. Il serait légitime qu’ils en soient aussi à la tête. Que ces associations organisent le marché de travail de leurs camarades et ainsi, leur assurent une pitance convenable et propre pendant leurs études (combien d’étudiantes se prostituent pour financer leurs études ?), et par la même occasion, trouvent les ressources financières nécessaires par cette activité et toutes celles générées par la force de travail des étudiants, pour développer leur autonomie. Aujourd’hui, les papys-assistés (mai 68) ont formé des papas-assistés (Assouline, Dray), qui sont entrain de refiler toutes les recettes de la mendicité à leurs bébés-assistés (Batho, Julliard). Si rien n’est fait, la médiocrité politique traversera encore une génération et nous devrons nous coltiner ces constipés du bulbe pendant des décennies.

 

 

3- Rappeler aux professeurs leurs engagements envers les enfants de la république. Qu’ils cessent de manger à tous les râteliers et se concentrent à élever le niveau de leurs collègues en arrêtant de recruter des crétins à 4/20 pour donner des cours à nos enfants. Plus compétents, l’enseignement public regagnera des couleurs et le recours au soutien scolaire s’atténuera.

 

 

4- Arrêter la mise en place future du chèque scolaire, qui n’est que l’extension de cette mendicité des riches au dépens des pauvres et des vraies classes moyennes, qui aspirent à de meilleures études pour leur progéniture. Si les riches veulent s’occupent directement de l’enseignement de leurs enfants, qu’ils en paient le prix et ne demandent pas à la communauté, aux pauvres de participer à leur volonté d’autonomie. Lorsqu’on prône à cor et à cri le libéralisme, on se comporte en libéral en toutes circonstances. Les écoles publiques existent. Si elles ne vous plaisent pas (et je les rassure, moi aussi, je les vomis), créez vos écoles; avec votre argent. Liberalismo Hasta siempre ! No pasaran los mendigos ! N’est-ce pas, hypocrites ?

 

 

Osez le bon sens !

YDM

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