Le dernier tabou de banlieue : la prostitution

La crise s’accentue, et ce qui était de l’ordre de l’anecdotique, devient évident, important. La crise tue. Soumet les hommes, agenouille les femmes. Et en banlieue, les effets se font plus ressentir.

La prostitution des filles de banlieue est un phénomène de plus en plus marquant et s’explique notamment par la situation dans laquelle nous sommes. Nombre de sites de rencontres sont devenus des places de marché où ces filles vendent leurs charmes pour quelques euros. Les étudiantes sont sans doute plus représentées dans ces prostituées occasionnelles. Cela pose un réel problème de société de savoir que des filles pour continuer de faire des études sont obligées de monnayer leur intimité pour manger, se vêtir, sortir. Et avec cette crise, l’on peut être sûr que la situation n’ira qu’en s’empirant.

 

Comment font les mères qui souhaitent à tout prix garder leur boulot actuellement ? Quand on sait que trouver une place pour une personne immigrée ou issue de l’immigration est chose compliquée, vous imaginez bien les pressions qu’elle peut subir sans pouvoir réagir, sous peine de perdre leur gagne-pain. Il faut bien nourrir sa famille, payer les traites de la maison et assurer un avenir pour ses enfants. Combien de nos mères subissent le harcèlement sexuel au boulot ? Combien de nos sœurs sont contraintes de coucher pour bosser ? Combien d’étudiantes sont tenues par un stage, un job alimentaire ? Il n’existe pas de données pour mesurer la prostitution directe et la prostitution contrainte dans la société mais nous savons tous ce qui en est. Combien de fois avons-nous entendu que la sœur d’untel allait sur Paris se faire de l’argent et trouvait ses clients via Internet ?

Constatez par vous-mêmes le nombre de couples improbables que l’on rencontre dans la rue; nos sœurs au bras de types franchement voilà quoi, et dites-moi qu’il ne se passe rien, que c’est de l’amour. Personne n’est dupe; il faut se débrouiller, s’en sortir, quitte à s’avilir un petit peu. Tant que le quartier n’est pas au courant, que la jeune fille protège les siens en allant se vendre ailleurs.

Aujourd’hui, certains frères, pères ont peur de demander à leurs sœurs comment elles font pour vivre, sortir tous les week-ends, participer aux frais de la maison. Est-ce que c’est son job au McDo qui lui assure ce train de vie ? Comment fait-elle pour combiner études et finances alors que toute la famille rame ? Que lui dire quand elle subvient parfois à tous les besoins de la famille ? Les garçons vendent du shit et les filles se vendent aux clients des garçons. 40% de chômage en banlieue, c’est le stupre et la prostitution qui font vivre de nombreuses familles. Le réseau étant le meilleur moyen de percer, il ne fait aucun doute pour moi que les recrutements-canapés et promotions-canapés ont drastiquement accrus.

 

L’on nous sort toujours ce constat, comme quoi, les femmes en banlieues s’intégreraient mieux que les hommes ? Soit ! Quelle est la part de ces promotions dans cette intégration ? Personne ne se demande pourquoi les garçons, formés dans les mêmes universités, ayant la même trajectoire, n’aient pas les mêmes résultats ? Ils seraient plus violents, plus racailles. Exactement comme les musulmans racailles; oxymorique ! Comment peut-on investir autant dans les études et être à la fois un voyou?

Désormais, ces femmes en situation précaire, difficile sont la proie d’employeurs très intégrationnistes. N’est-ce pas ? Les stats devraient l’accréditer.

 

Le doute s’incruste dans les familles, mais personne n’a envie de savoir. Personne ne veut voir la réalité. Alors, on détourne le regard, on accepte sa contribution et on fait semblant de croire qu’elle l’a eue de son quart-temps chez Flunch. Et c’est compréhensible. Elle travaille énormément. Elle a un petit ami fortuné qui l’aide. Elle a eu une promotion. Elle travaille aussi dans le monde de la nuit pour arrondir ses fins de mois...

 

Qui a envie de se dire que sa sœur est une pute ?

 

 

Osez le bon sens !

YDM

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