Le chat

Il était le plus beau joyau
De toutes mes randonnées
Et presqu’aussitôt
Je l’ai voulu abandonné

Par une mère ingrate comme diable
Ou un homme qui se crut charitable
Dans une autre vie
Quand il vivait encore à crédit

Il était seul sur la berge
On aurait dit la solitude
Seul comme une verge
Face à son inaptitude

A le mater, ce n’était pas la joie
Bien au contraire, on aurait dit
Qu’il venait de traverser le Serengeti
Et pourtant, il se tenait droit

Il avait ce regard, ces égards
Que l’on peut apercevoir
Chez tout félin, aérien
Sublimement hautain

Impérial
Une couronne oubliée sur les bords du canal
Majestueux comme sceptre
Malheureux comme moi

Plus qu’un chat, tu seras
Un compagnon de route
Une lueur dans les doutes
Qui m’assaillent et me broient

Quand un humain me parle
Me farcissant comme une harle
Pire, une poire sur un buste
Juste bonne à déguster leurs idées frustes

Alors, j’ai ralenti le pas
Et avec beaucoup de sang-froid
Je t’ai pris sous le bras
Sous la passerelle, nous nous apprivoisons

Et nous unissons nos jolis toisons
De nos déserts ont rigolé la vie
Une solitude pleine d’accalmie
Vivre est le plus chiant des poisons

Des rencontres comme la nôtre
Atténuent nos corrosions
Nos univers rêches et glauques
Ont permis cette belle éclosion

Aujourd’hui, tu es un bonheur de plaisantin
Une boule de noirceur qui s’égaie
Dans la froideur de ma demeure
Cette innocence, qui troublerait

Le parisien le plus adamantin
Ensoleille mes cauchemars
Pour un chat noir
C’est le comble de porter l’espoir

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