L’autre-là

quoi de mieux
pour te souvenir
de moi à jamais ?
te prendre ce que tu avais
de plus précieux et ce,
quand tu semblais
prête à reverdir
sous d’autres cieux
sous les yeux
plus clébards
et les bras musclés
de l’autre-là,
pauvre chat
lové sur les éclats
de notre débâcle

 

qu’est ce que tu veux ?
qu’est ce que tu vaux ?
où est ce que tu vas ?
avec qui tu vis ?
l’as-tu vu ?
l’autre-là
pauvre rat
paissant sur les chiures
de notre rupture

 

tu veux partir ?
tu vas en pâtir
je ne vais pas m’aplatir
je t’ai pris ta jeunesse
et toutes les promesses
de fertilité
qui vont avec
j’ai froissé ta féminité
contre des parures et des chèques
comme savent le faire
les hommes pleins de graisse
et tu me quittes pour un mec
qui n’a, dans sa gibecière
que ton amour et sa misère ?
tu es folle, ma fille
mais puisqu’il t’attire
j’accepte le mauvais rôle
auquel tu m’assignes
ta bêtise m’hallucine
j’en trouverais bien une
plus jeune et plasticine
pour qui, jamais fortune
n’importune
j’ai abusé de tes beaux ans
avec le meilleur de toi,
j’ai pris du bon temps
les flétrissures, vergetures
les rides, je les lui laisse
bien volontiers
à l’autre-là,
rémora
des jolis cocons
des roses fanées
pour vos noces de coton

 

qu’est ce que tu veux ?
qu’est ce que tu vaux ?
où est ce que tu vas ?
avec qui tu vis ?
l’as-tu vu ?
l’autre-là
pauvre rat
paissant sur les chiures
de notre rupture

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