La petite métèque

 

 

 

 

 

 

 

La petite métèque
Callipyge comme une turlurette
Elle avait la pastèque entre deux chaises
Comme la plupart des métis
Son trou de balle en ligne de mire
Elle exhalait le vice
Un appel strident aux galipettes
Sa beauté était le cauchemar de tous les pénis
Sa réserve en parenthèses
Devant tous ces hommes pleins de désir

Ils voulaient l’enculer à sec
Lui faire payer leur dur chemin de croix
Depuis le temps qu’ils couraient derrière son menhir
Le chibre à l’étroit
Leur envie inassouvie avait muté en haine
Leur dignité, au loin comme un mauvais souvenir
Ils rêvaient d’y aller sans ménagement
De la limer tellement
Que son cul aurait des acouphènes

Ils n’avaient plus rien à perdre
S’abaisser à s’avilir n’était plus un choix
Mais la seule façon de continuer d’y croire
D’entretenir l’espoir
Elle finirait bien par céder à leurs avances
Elle finirait par payer son outrecuidance
Ils se vengeraient de cette traque infernale
De cette demi-négresse aux parades nuptiales
Interminables

S’arrêter était inimaginable
Ils avaient été si loin
Elle avait osé leur dire non
Ils l’auraient, la petite métèque
A tout prix, malgré leurs perpétuels échecs
Ils persévéreraient jusqu’à ce qu’elle accepte
De devenir ce qu’elle aurait dû être
Un objet de plaisirs pour maîtres
Un objet de désirs pour nègres

Mais la métèque, maligne
Avait toujours pris soin
D’être autre chose qu’un hangar à pines
Elle acheta sa liberté
En embrassant une fille goulûment
Cinq ans après avoir promener sa puberté
Devant tous ces charbons ardents

Elle se fit gouine
Au grand désarroi de ses autocollants
Et c’est la tête dans la main
Une plaie béante dans leur orgueil
Que ses nombreux prétendants
Firent le deuil
De se voir un jour dans les reins
De cet être moulé pour le bonheur des glands

D’aucuns ne renoncèrent pas
A leur rêve, jusqu’à ce qu’elle fane
Et n’eut plus rien à offrir aux femmes
Que ses idées acariâtres et fadas
Elle devint une féministe rance
Aussi défraîchie qu’ils étaient aigris
Et ces hommes, enfin délivrés de leur concupiscence
Lui rendirent gracieusement son accalmie

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