Kimto Vasquez – L'océan : textuellement satisfaisant

Kimto Vasquez

Est l’un des anciens membres de Less du neuf, groupe de rap des Hauts-de-Seine.  

 

 

 

 

 

PRINCIPES DE NOTATION DES TEXTES DE RAP

 

kimto_vasquez-locean

Évaluation textuelle de cet album – L’Océan – est de  soit  11.84/20 (118.47/10)    


Il peut donc être qualifié d’album textuellement satisfaisant

 

 

 

Qu’ai-je pensé de cet album ?

L’album démarre sur des chapeaux de roue et au fil des chansons, notamment à partir de la chanson en portugais, il s’étiole progressivement. Point de sang, plutôt de la réflexion. C’est toujours plus compliqué d’écrire sur des sentiments positifs sans verser dans la niaiserie et la médiocrité. Il s’en tire plutôt bien. C’est un rap très conscient (Rap à papa : il en faut pour tous) et Matins Ordinaires est une pépite qui mériterait d’être plus connue. Il pense profond, écrit propre, son flow est audible et son album cohérent.

J’ai découvert aussi que dans le cadre de Less du neuf, ils ont aidé Mc Jean Gab’1 dans l’écriture de son fameux album. C’est terrible car les rappeurs se revendiquent d’écrire eux-mêmes leurs textes et c’est un argument très important dans l’appréciation de leur qualité d’artiste. Combien d’autres MC sont sous perfusion ? Sujet tabou mais ô combien révélateur de la décrépitude du rap français …

Bien évidemment, je mets à disposition mon exemplaire.

 

 

 

 



L’Océan Paroles et textes

 

 

 

 

 

1. Force du rap fragile

Comme un sentiment maintenant de repartir de zéro
Le méconnu, le nouveau
Penché sur mes feuilles blanches
Goûtant au bégaiement du stylo [2.25]

« vois si la patience prend, où t’emmènera le moment » [1]
Paradoxalement, le sentiment d’en avoir gros
Sentiment du nombril à la gloire  de mon égo… Inutile
Mais ainsi soit-il, puissent-ils ressentir le style

Et toutes la force d’un putain de rap fragile [2.25]
Les sentiments qui m’animent , plein de gratitude
Pour ceux de mon palpitant qui ne se cachent pas devant l’attitude [2]
Braves libres et ouverts qui me nourrissent d’arguments contraires et d’un bon miroir

Ces sentiments  que je porte là me font croire [1.5]
Que chaque chapitre laisse des traces
Que l’intuition m’aide à faire face [1.75]
Non, tout n’est pas dérisoire et cruel

Oui j’aime cette chienne de vie, on se la rend belle à notre échelle [2]
Des sentiments maintenant urgents
Plus que jamais il est question de temps [1.5]
Ce recueil, cette libération

Singe la fin d’un deuil, haine et frustration
Atteignant le seuil d’autodestruction [2.5]
Sentiments mauvais, à ceux que j’ai détestés
Le recul me permet de très sincèrement remercier [2]

Ni bouc émissaire ni volonté de m’excuser
Juste les yeux de mon cœur, mon radar
Voir les synchronicités [-1]
As-tu le sentiment que tout s’accélère ?

Qu’il n’y  plus le temps d’une vie entière [2]
Frère, j’ai l’humeur instable
Le temps cavale inexorable [2]
Le doute est-il traître ou bien maître ? [1]

Est-il au moins fréquentable ? [1]
Je ressens l’amour des furieux
J’entends le silence
Des esprits curieux [2]

Au moral sombre
Mon attachement à la Dissidence [2]
Avec le sentiment qu’il n’existe plus l’ombre d’une coïncidence [1]

Chapitre fini, merci [1]
Les pages se tournent, les pages se collectionnent
Et je n’en veux à personne [1.75]
Le cœur dicte parfois des choix que la raison sanctionne

Que l’ardoise tranchante sectionne [1.5]
Entre résistance et résilience, urgence
Avant qu’ils m’inventent un ministère du vent et du silence [1]
Un peu de bruits, de la bonne vieille pollution sonore

Un peu de bruit pour réveiller un tas de vivants morts [1.5]
J’y ai mis ma soul, mon blues, mon fado, mon rock’n’roll
Pour sortir ce putain de rap du formol [2]
Fixer les instants, les abandonner aux épreuves du temps

Est-ce fierté ? Est-ce bon sentiment ? [1]
Est-ce Dieu ? Est-ce diable ?
De vouloir chanter l’inoxydable ? [2]

Est-ce changer ? Est-ce se renier ?
Est-ce pire de se perdre à chercher ? [0]
Vouloir dire juste… et pas juste dire.
Effleurer la vérité de mon humanité [0]

 

 

 

Source : Banlieue-Immigrée

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    40.5/58 pts  soit    10.47/15

–  Profondeur                          2.25/4 pts
–  Punchlines/Styles             1.5/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total  15.47/25  soit   12.37/20

 

 

 

 

 

 
2. Matins ordinaires

Son réveil sonne à 6h20
C’est peut-être son pétard du soir
Peut-être fumé un peu tard [1.5]
Il est pas bien [1.75]

Il traine ses charentaises jusqu’à la cuisine
Fais couler un café en croquant sa vitamine [1.75]
Il baille, se fait craquer les cervicales
Vise le paquet de madeleines, pas même une petite dalle [2]

Il se dit que ça fait un bail qu’il va à ce taf à reculons
En se grattant la raie du cul  par dessus le caleçon [1.5]
Il grimace devant la glace le teint un rien vert
Il se savonne la face, crache quelques claires [1.75]

Brosse les vieilles chicots qu’il n’a plus
Joue à souris… souris plus… souris plus [1]
Il pense au trou de la sécu dans sa bouche
Hallucine un instant sur son rictus de gars louche [2]

A pas loin de 40 ans
Il ironise, relativise, dédramatise [1]
En chantant le slogan [1]
« Bosser pour manger oui mais pour manger, faut des dents » Nan ? [1]

Lampadaires illuminent encore
Sa banlieue dortoir qui dort [1.5]
Il démarre son utilitaire
Roule toujours pépère [1.5]

Saint Christophe à la bonne heure
Évite le trop plein de caisse le stress et le camion des éboueurs [2]
A la radio les infos, les faits divers
Un brin maso, il écoute Jean-jacques et la France en colère [1.5]

Paris éteint ses lumières, l’aurore est magique
Lui, met son clignotant et sort du périphérique [1.5]

Routine, matins ordinaires
D’un manutentionnaire, homme à tout faire [1.5]
Sherpa au sol ou sur le toit
Dépanneur, livreur, magasinier

« Enculé de patron, la crise a bon dos… »
Râle-t-il seul dans son dépôt [1.5]
Prime divisée par deux, coût de la vie annuel ? Des cacahuètes
Et sa gamelle reste bien au raz ds pâquerettes [2]

« A peine ne douzaine de salariés et ça pue les P-DG… Enfoiré…
Il se verrait répondre au boss quand il lui dit « salut ça va »
« Qu’est-ce ça peut te foutre?
La vie va mais le salaire, lui, il bouge pas » [1.5]

Il ne dit rien, il ronge son frein, il en dirait trop
Préfère bouffer fièrement sa soupe aux glaviots [1.5]
Pour le coût de la vie, il pratique le coût du coût du temps
La déprime au rendement, bosse de plus en plus lentement [1.5]

Il y a 2 ans le dos, l’année dernière c’était l’épaule
Maintenant c’est le poignet… aïe
« Bon, allez… arrêt de travail ? » [1.5]
Les muscles chauffent mais les nerfs mais les nerfs et sa rage se tassent
Sous le poids des sacs de mortiers qu’il déplace [2]

– Routine, matins ordinaires
– D’un manutentionnaire, homme à tout faire
– Sherpa au sol ou sur le toit
– Dépanneur, livreur, magasinier

Il n’est que fou à temps partiel, il débauche à midi
Il vomit villes, voitures et crédits [1.5]
Poète rural dans ces temps de jeux
Dans une banlieue bourgeoise où il se plaît à être gueux [2]

Le magasinier emmagasine
Plus que ce que le client voit en vitrine [1.5]
Funambule de l’esprit, il dit la vraie vie est nourriture
Qu’elle remplit le demi caddie et les poésies qu’il mature [1.5]

Artisanat d’une anti star qui se lève tôt
En tant qu’artiste prolo, il dit le cerveau bobo est le plus gros ghetto [2]
Il pense souvent à ses potos, ses chers collègues
Qui n’ont pas le temps pour la compète du plus gros zgueg [2]

C’est pour les cordistes pros des travaux acrobatiques
Les magasiniers caristes experts en Fenwick [1.75]
Les vitreux sur nacelles, les sherpas qui maçonnent
Les livreurs détestés, harcelés du klaxonne [2]
Les gens simples du matin qui voient la Babylone sans fond de teint

 

 

 

Source : Banlieue-Immigrée

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    51/68 pts  soit    11.25/15

–  Profondeur                          3.5/4 pts
–  Punchlines/Styles             2/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0.25/0.5 pt

Sous-total  18.25/25  soit   14.6/20

 

 

 

 

 

 

 

3. Tonton du café de commerce (recueil hérétique)

Allons neveu anesthésié du divertissement
Tonton vient du meilleur des Investissements [2]
Une cervelle !
Clair, net, la dégénérescence qui guette

Va falloir changer de disquette [2]
La mienne a mangé le virus un soir de déprime
J’ai creusé si profond pour m’évader du paradigme [2]
Et depuis, mon p’tit, depuis
Je crois plus ou moins l’contraire de tout ce qu’y est dit [2]

« Tonton, ça fait longtemps ! Tonton, parles-moi du pays. » [1]
Ton tonton vient de Meudon, repère devenu racine
Vieux rappeur des rues de Louis Ferdinand Céline [1.5]
Bagatelles pour un massacre, qui dit mieux ?

Hauts de Seine, même les morts sont dangereux [1.5]
Neveu, tonton s’est réveillé tard et c’est maintenant ou jamais
Juste histoire de crever debout, digne et sans regrets [-1]
Il n’est jamais trop tard pour celui qui a senti

Que le divers pour régner profite à un seul ennemi [2]
Tonton n’est pas content, ses neveux sont des gauchistes
Ils ne voient pas qu’ils sont déjà capitalistes
Et cons et tristes comme une campagne antiraciste [3]

Conçue et financé par des sionistes
Tonton n’est pas content mon neveu mais il résiste
La maison fait pas trop dans le « moi, je » matérialiste [3]
Y en a qui rêve neveu, de Miami, des Bahamas
Y en a qui rêve de Jérusalem libre et de Caracas [2]

« Tonton, le suffrage universel… j’veux dire…. »
Ton arc républicain n’a plus ni flèches ni cordes
Certifié Fouquets, fête de la Concorde [2]
Encore plus de nome, encore plus de désordre

Un fait divers, une loi, vrai qu’un cabot pourrait mordre [2]
Ta théorie du moins pire ? Fumisterie
Même les théories de complot jactent moins de conneries [2]
Mon neveu, c’est feu Monsieur Georges Frêche qu’avait raison

Les campagnes électorales c’est fait pour faire voter les cons [2]
Mon neveu, en 2002 j’ai eu si peur du retour du führer
Putain d’Alzheimer ! J’ai voté pour l’bruit et l’odeur [1.75]
Tonton s’est trahi

Ecoeuré, ex réfugié politique par dépit, dans l’écologie [1.5]
Je te le dis bonhomme, en somme, aux vues de la Politique aujourd’hui
Jean Marie est juste un patriote, un honnête homme, bah oui [1.75]
Et on parlera des phoques, des dindes et des ours
Quand on aura plus à craindre les banksters et les bourses ! [2]

« Tonton, la démocratie, notre modèle laïque, le monde nous l’envie. Nan ? »
Neveu tu te crois athée, mieux que croyant tu es crédule
Même chez tes parents les bisounours font des émules [2]
Tu m’expliqueras le danger des mollahs et des curetons

Quand tu sauras me dire ce que glandent vraiment les francs maçons [1.5]
Neveu, tu te crois athée, désolé tu es croyant
Ma secte est millénaire, la tienne a 110 ans [1.5]
Tu me parleras de démocratie, de liberté d’expression

Quand je verrais à la télé le professeur Faurisson [1.5]
Tonton n’est pas content mon neveu, il est lucide
De nos jours neveu, être curieux c’est du suicide [2]
Dieu ne m’a pas fait ambitieux, pas un cerveau liquide

Je sens le grand tournant, j’vois du vent combler du vide [2]
Quand il y aura une sentence digne du pouvoir qu’ils exercent
Tonton niera l’bon sens du café du commerce [2]
Et… j’croirai leurs histoires du 11 septembre
A la prochaine canicule à Dunkerque au mois de décembre [2]

 

 

 

Source : Banlieue-Immigrée

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    50.5/60 pts  soit     12.62/15

–  Profondeur                          3.75/4 pts
–  Punchlines/Styles             2.25/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0.25/0.5 pt

Sous-total  20.12/25  soit   16.09/20

 

 

 

 

 

 

4. Brave

Le temps donne raison au brave
La raison donne au brave du temps
Le brave est moins patient qu’avant
Mais il a le cœur comme l’Océan…. [2.5]

Il s’emporte comme un gamin sanguin
S’en veut croyant que son chemin exige la maîtrise de l’instinct [1.5]
Le brave n’est pas une victime, il assume son parcours
Le brave connait la déprime et lutte contre elle chaque jour [2]

Le brave est seul, même entouré d’une multitude
Il croit maintenant cerner quelque pourquoi de cette solitude [2]
Le brave a peur, la peur de ne pas être heureux
C’est à petit feu que le brave se tue

Plus peur de décevoir, plus peur d’être déçu [2]
Le temps donne raison au brave, cette raison donne au brave le confort
De voir d’un œil critique le monde et de pleurer sur son sort [2]
Et quand le brave s’endort il ne rêve pas de changer ce monde

Qui ne l’empêche pas de dormir malgré ce qu’il a d’injuste et d’immonde [2]
Qui ne l’empêche pas de sourire et d’aimer son existence
Le brave a sur son nombril, les raisons de sa souffrance [2]
Il veut aimer chaque jour, la haine est si facile

Habille sa colère de velours, que la force aille aux fragiles [2]
Pardonner chaque jour sans jamais oublier
Voir, guérir la cécité, entendre où il a fauté ou devenir sourd
Apprendre chaque jour, cultiver le doute

Se nourrir de détours, de mirages, d’impasses sur la route [2]
Des raccourcis  aux labyrinthes
Des aventures aux ambitions
Des brûlures de passions [1.5]

Jusqu’au froid d’une flamme éteinte [2]
Sentir chaque jour, fouler le sol sacré du souvenir
Offrir ses mémoires à une plume
Se nourrir de ce qu’elle exhume [2]

Le brave veut vivre chaque jour comme si c’était le premier
Taper l’aller retour, du plein de fraîcheur au blasé [-1]
Et rire chaque jour d’avoir creusé ses abîmes

Rire la lumière, rire ce qu’il exprime [2]
Rendre léger ce qui devenait lourd
Le brave sait qu’il peut mourir chaque jour … [1]

 

 

 

Source : Banlieue-Immigrée

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes   27.5/38 pts  soit     10.85/15

–  Profondeur                          2.5/4 pts
–  Punchlines/Styles             1/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total   15.6/25  soit   12.48/20

 

 

 

 

 

 

 

 

5. Tant que je respire

Crise de la trentaine, premier bilan
J’ai retourné ma dernière quinzaine
« Qu’est-ce que t’as fait de tout ce temps ? »
Qu’est-ce que t’attends? [2.25]

Tu sais ce que tu veux plus alors bouge toi le cul !
Tout ce temps p’tit con c’est qu’un début » [2]
Je l’ai regardé en face et de près ma réalité
J’ai pas hésité à me rapprocher d’elle pour mieux la cerner [-1]

La refouler c’est mourir
L’embrasser c’est juste vieillir [1.5]
Voilà les options quand la liberté devient la prison [1]
J’ai pris un coup de vieux mais je me sens mieux

Et si tu crois que je suis en retard, non, je suis ailleurs vieux [1.5]
Pépère je passe
J’ai donné du temps à la gestion de l’espace
Comme des archives que tu reclasses [3]

Refaire le tri cartes sur tables, sans chercher un coupable
Se soulager et reprendre la route en adulte responsable
C’est quand t’arrive à te plaire dans ta misère que tu es misérable [2.75]

Des erreurs à payer
Des blessures à guérir
Mais rien ne sert de jouer les martyrs [1.5]
Je veux tenir le sourire
Plutôt assumer que fuir tant que je respire [1.5]

Vivre l’instant présent n’est pas toujours fuir l’avenir
Rien ne sert de jouer les martyrs
Je veux tenir le sourire
Plutôt marcher que courir tant que je respire [1]

L’innocence est bien morte mais pas l’amour
C’est la première fois que j’assume le mot retour [1.5]
Quelle est ta notion du mot résultat ?
La mienne est qualitative et cela quelque soit le contrat [1.5]

J’aime les mots, ma matière première d’artisan
C’est que le savoir-faire n’est que la somme du travail et du temps ! [1]
Et la passion donne le talent et les convictions la grosse tête
Si jeunes, si plein d’allant comme des p’tits vieux rien que ça se répète [1.5]

C’est pas que je regrette toutes mes conneries de petite trompette
Tu ne perds jamais rien à être un con honnête [2]
Je remercie mon père qui n’a pas élevé de gangster
Tout l’amour que je reçois dès que mon genou touche terre [1.5]

Et le privilège de jouer des mots avec conviction
Donner l’illusion qu’ils sont des actions [1.5]
Alors remballe tes constats, remballe tes beaux discours
on en me la fait pas, l’ignorance est morte mais pas l’amour [1]

Tu me connais peut être depuis un bout de temps, mieux que je te connais
Tellement perso dans les sujets que tu t’y reconnais [2]
C’est comme si on s’connaissait mais ce n’est pas vraiment le cas
Autant que toi j’ai la liberté de donner l’image que je veux de moi [2]

La musique comme la politique, ça fait pas de miracle
Tout juste un bon spectacle et c’est con
Qui pense le mieux ? Qui a raison ? Attends, c’est de la chanson ou des élections ? [2]
C’est peut-être ça, la jeunesse éternelle

Le quota institutionnel, la France rebelle [2]
Donneuse de connaissance
Le regard de l’autre a son importance [2]
Et n’en déplaise à la syntaxe, tu conviendras qu’en matière de synthèse
Le mec il est balaise et le collègue signe encore Vasquez [1.5]

 

 

 

Source : Banlieue-immigrée

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    40/57 pts  soit     10.52/15

–  Profondeur                          1.5/4 pts
–  Punchlines/Styles             1/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total  14.27/25  soit   11.42/20

 

 

 

 

 

 

6. Fica a saber

Dexia-me contar-te umas coisas
Deixa-me conar-te um pouco
Acontece que falar ajuda
E para nao ficar louco
So nao hé-de perceber quem é mouco
Se a Saudade doi
O odio roi
Tu sabes disso ?
Entao estou apresentado
Sou da França de75
Cinzendto e tramado
Sou da raça dos homens com cinto
E de que maneira apertado
Emigrante desde 86 e ex-retornado
Nao sou vitima
Nao quero compaixao, a minha raiva é legitima
As raisezs sempre à esquerda do meu peito
Colega, nada de conices, eu e os meus so queremos respelto
Hà vezes onde o meu canto de céu azul com sol torna-se gelo
O que eu pensava ser so estupidez é tebém dor de cotovelo
Bem podes cagar no sisterna
Caraçao de homem pobre ou rico, és o maior problema
Deixa-me ralhar umas coisas
Deixa-me dizer que nao é espanto
um gajo aqui nao sofre mais do que al mas susta pelo menos tanto
Garanto nao querer dar liçoes à camada de cabroes e burros de merda
Que dao cabo do mundo e precipitam a queda
A tao querer ser as putas d’América
Que trauma essa ciencia de viver n’aparencia Senhora Doutora, Senhor Engenheiro
Senhor Ministro do Tempo Perdido por Multo Dinheiro
Ao que odeia o imigrante que dà nas vistas com carro novo
Como se nao fizesse parte do povo
Diz-me Tuga queal é o mérito ?
Hoje, o invejoso vive a crédito
Cobiça e gasta o que nao tem
Amanjou ainda mais pobre para fazer o que nao lhe convém
A misériaa nao é garantia de humildade
Historia nao basta para que mude a mentalidade
Compatriota, nao julgues nunca, poe-te fino
Hà part tua, hà parte minha, outra do destino
Tanto amor, tanto tempo, tanto caminho
Tao pouca franqueza, verdade e carinho
Sabes o que é ?
Regressar e sentir desprezo
Pelo que trazes nas costas, pelo que dizes, pelo que fazes, pelo ques és ?
Zpetece-et so nunca mais là  por os pés
Mas isso nao dura, saudade é mais fonte
Acontence-me pensar isto tudo, no mes d’agosto, là no meu norte
Se nao sabias, au sei, agora sabes que nao sou estupido
nao é por andar  com saudades que nao estou lucido
Um abraçao aos que percebem o que o emigrante batalha
Os outros ide pa puta, guardai a medalha !

 

 

 

Source : Banlieue-immigrée

 

 

Evaluation YDM,

 

 

Texte en portugais

 

 

 

 

 

 

 

 

7. L’océan

Santa Maria
Beaucoup sont partis
Bienheureux sont les rêveurs
En quête d’infini [1.5]

Bravant leur peur
Ignorant le pire comme le meilleur
Simplement nou rêvant mieux ailleurs [3]
Addictes au mouvement

Nous quittions terre ferme, pères, mères, femmes et enfants [1.75]
Après une dernière prière à Santa Maria
Nous demandions à genoux
Santa Maria, bénis notre voyage [1.25]

Donne nous le courage de tenter le coup [2]
Droit devant nous l’Océan
Ce fût l’euphorie d’un début enthousiasmé
Et ce sentiment de liberté, Océan ! [1]

Qu’importe ton courroux
Qu’importe tes courants
Qu’importe ce qu’on laissait derrière nous [1.5]
Qu’importait même le présent [1.5]

Oui, c’est donc ainsi que débuta le drame
L’aveuglement du commandant et de ses lieutenants [1]
Qui abusèrent de ceux qui rament [1.5]
L’insurrection se tramait mais la révolte dormait encore
Parce que chacun voulait sa part du trésor [1.5]

J’aime mater l’Océan
L’océan bleu, l’océan
L’océan, la grande piscine
L’océan de mon regard d’enfant

J’aime fixer l’Océan
L’océan sombre, grisonnant [1]
L’océan qui fait peur
Tueur d’humains pécheurs [2]

J’aime défier l’Océan
L’Océan rouge, L’Océan
L’Océan de ta sueur
J’ai l’Océan dans mon sang [1]

Brave l’océan
Désorienté par le vent
Vent trop violent pour mes tympans traversant l’Océan… [1]

Très peu sont revenus et pas sans séquelles
Aussi bien les pirates que les mutins et les rebelles [2]
Les loyaux, les besogneux, les fidèles
les goélands, les charognards et quelques hirondelles

Santa Maria, l’océan est cruel [2.5]
Le mal d’aimer n’est rien
La terre ne manque plus à des chiens [2]
Les comptes ont tué la honte [1]

Santa Maria, l’appât du gain
Et le sentiment de fierté, envolé, il n’en reste rien [1]
Ou que du vent et l’obscurité !
Santa Maria, ma prière est pleine de foi écoutez [-1]

J’ai douté, je crois par ce que je ne sais pas et vous savez
Santa Maria, sur l’Océan désespéré [-1]
Sans grand repère, mes étoiles, mes soleils et moi, poussière
La faim, la soif, le manque de lumière [1.5]

– Santa Maria
Nous ne savons même plus ce que nous sommes partis trouver
Rendez nous la vue, la mémoire, un port où s’ancrer. [-1]

Très peu sont revenus
La plupart se sont perdus
Ni au revoir, ni adieux, au combien même, personnes n’aurait entendu [2.5]
Trop de bruit, trop de brouillard, trop épais

La chance n’était pas au rencard
C’était peut-être ce qu’on méritait
Les rats ont quitté l’embarcation en premiers [0]
Les rats sont les plus futés, les hommes n’ont fait qu’imiter

l’usure a tué notre lucidité [0]
C’est ce qui arrive aux inconscients
Qui changent de cap comme changent courants [1]
Sur l’Océan, vents et marées, tempêtes et pleines lunes

A tant défier l’horizon, je n’ai trouvé aucune fortune [1.5]
Nous naviguions Santa Maria et fièrement
Nous écrivions l’histoire, nous voulions voir de près le néant [2]
Mais le néant n’est nulle part

Si ce n’est dans le cœur des hommes, Santa Maria, mais comment ai-je pu croire  autant de bobards ? [1.5]
Les idéaux sont partout, minha Santa, partout
Ce sont des mirages
Ou l’ombre d’un nuage … [1.5]

 

 

 

Source : Banlieue-immigrée

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    39.5/78 pts  soit     7.59/15

–  Profondeur                          1/4 pts
–  Punchlines/Styles             1/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0.25/0.5 pt

Sous-total  11.09/25  soit  8.87/20

 

 

 

 

 

 

 

 

9- Comprendrai-je  un jour …

Comprendrai-je un jour quelque chose de l’amour ?
Le ressentir, l’exprimer, espérer en retour l’amour  [1]
Si ce n’était que le besoin d’un miroir
D’un rassurant reflet

De ce qu’on a des moins laid [0]
Ou de ce qu’on donne de beau à voir [1.5]
Celui qu’elle a en face est dans ses problèmes d’égo
Quand celle qu’il a en face n’aime que ses rêves et idéaux [1.5]

A peine fécondée
L’histoire est morte
Et les deux passionnés [0]
Aveuglés, la portent [2]

– Comprendrai-je un jour quelque chose de l’amour ?
– Se donner, s’abandonner, espérer en retour l’amour
Si ce n’était que le besoin de possession
D’une représentation de ce qu’on a eu, ou pas, étant petit à la maison [2]

Celui ou celle qu’on a en face être heureux,  prenant du plaisir
Comprendrai-je  un jour quelque chose de l’amour ? Souffrir, pardonner, s’enchainer pour
Attendre en vain le retour de l’amour [1]
Celle à ses côtés finira bien par déserter

Quand l’amoureux qu’elle a en face lui vole sa liberté [0]
Celui qu’uelle veut de moins en moins sur elle, ou le contraire
Amorrcera querelles, se terrera dans ses silences
Lui offfrira l’absence en s’inventant des diners d’affaires [1.5]

Car celles qu’il laisse derrière n’a pas ressenti
Que la passion c’est pas l’amour et qu’amour n’est pas acquis. [1.75]

L’histoire enterrée, la vue recouvrée
Mais que feront d’elles les jeunes fruits des deux égarés ? [-1]

 

 

 

Source : Banlieue-immigrée

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    11.25/26 pts  soit     6.49/15

–  Profondeur                          1.5/4 pts
–  Punchlines/Styles             1/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total  10.24/25  soit   8.19/20

 

 

 

 

 

 

 

 

10-  Ton satellite

Je voulais t’écrire des trucs pleins de lumière mais il pleut à torrent
Placer des trop partout qu’au final, ce serait trop peu mon grand [2]
Je voulais te préparer un cadeau spécial
Que tu pourrais chantonner quand la vie te ferait mal [2]

Ils te chanteront des millions de raisons à l’amour sélectif
Ne deviens pas sourd de cœur, mon fils [1.25]
Ils te chanteront très bien la rue alors je te chante la cuisine
Pour que jamais sur l’Océan tu ne manques de vitamines [1.5]

Ils te chanteront l’éphémère, je te chante l’universel
Ils te chanteront leurs ornières, leur vision superficielle [2]
Je te chante le ciel mon garçon
Reçois donc cet océan d’amour en protection [1.5]

Je t’aime plus haut que toutes les galaxies, aller retour
Il existera pour toujours quelque chose de notre amour [1.5]
La vie c’est pas nous le nombril et tout le reste en orbite
Mais tu es Soleil ta Mama la Terre et moi….

J’ai arrêté de chercher le soir aux aurores, j’avais tort
Je me suis vu comme j’étais, un vivant mort [1.5]
Si tout me semble nécessaire et que je n’alimente pas le regret
La vie est un peu ce qu’elle est … et pas mal ce que t’en fais [-1]

ça met des claques j’avoue
SI on pouvait tout savoir sur tout [1.5]
Je me suis vu comme j’étais, j’étais tenu
Je ne recevais plus, je ne vivais plus, Je tenais le coup

Et la passion devient un donjon pour le coup [1]
L’excessif de nature sait de quoi il cause
L’excès finit toujours par détruire les plus belles choses [2]
A mes excès, ennemis de ma liberté [0]

Qui aura la peau de qui ?
Jusqu’où suis-je prêt à me bouger
Sur cette simple corde sous mes pieds
Je vois clairement tout ce que j’ai à perdre et ça fait flipper [-1.5]

La Terre est ronde, ses extrêmes se rejoignent, c’est un peu le dicton
Depuis, l’essentiel de ce monde est dans tes yeux fiston [2]
Je vis pour le gosse que tu es, mon temps le plus précieux
Je m’adresse à l’homme que tu seras quand tu partiras pour mieux [1.5]

Dresse-toi face aux regards que tu affrontes
Écoute ta p’tite voix, seule ta conscience doit dicter ta honte [2]
Je t’ai offert le même monde à l’envers dont j’ai hérité
E rien à part l’amour ne pourra  le sauver [-1]

S’ils te disent que papa est fou, c’est toujours celui qui dit qui l’est
Prends ce que tu voudras de moi, de mes chansons, de mes cahiers [0]
Je t’aime plus que toutes les galaxies, aller retour
Il existera pour toujours quelque choses de notre amour [0]

La vie c’est pas nous le nombril et tout le reste en orbite
Mais tu es Soleil, ta Maman la Terre et moi…
Temps passés ici ou là-bas [1]
On se sent toujours déracinés

On se dit que quelque soit l’endroit [1]
Y a quelque chose à y laisser [-1]
Quand tu marches loin des tiens
Tes racines forment un pont

Quand Saudade le veut bien [2]
P’tit homme de l’horizon [1.5]
La route plusieurs fois faite
Et la distance parcourue

Tu verras ça se répète [1.5]
Quand y est on s’habitue [1.5]
Le temps apaise l’absence
Et le goût de la vie un jour les tue

Ainsi on supporte sa souffrance [2]
Car l’essentiel a survécu [2]
Fiston, mon amour, écoute ton vieux
Ici, là-bas, c’est ta maison, petit con de chanceux, ça t’en fait deux [1.5]

Mais en vrai, on ne s’habitue jamais et la solitude m’explique
Que mon cœur est toujours où tu es
Que ma Saudade est chronique [1.5]
Fallait quand même que je te le dise en musique
Signé ton papa, pour l’éternité, ton satellite [1.5]

 

 

 

Source : Banlieue-immigrée

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    35.75/69 pts  soit     7.77/15

–  Profondeur                          2/4 pts
–  Punchlines/Styles             1.25/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total  12.27/25  soit   9.81/20

 

 

 

 

 

 
11- Amen

Suis-je assez humble de cœur pour y voir mes erreurs ?
Suis-je assez digne pour refuser le rôle de victime ?
Suis-je assez libre ?
Suis-je un de ceux qui détruisent ?
Suis-je assez lucide pour voir qui est mon ennemi ? [2]

Que la paix soit sur vous tous mes frères, mes sœurs
Puisse la sagesse rayer de nos viscères la moindre rancœur [1.5]
La moindre torpeur devant l’injuste asservissement
La moindre stigmatisation des p’tites gens [2]

Que la paix soit sur vous mes frères autochtones, indigènes
Vous n’êtes pas un peuple de haine [1.5]
La paix sur mes frères issus de l’immigration
Cobayes humains des jeux vicieux de l’intégration [2]

Vouloir savoir la fin, sans même connaître le début
Le doute sur ceux qui ne pigent pas pourquoi leurs Lumières n’éclairent plus [2]
Pourquoi les plus tordus nous redressent et les plus déviants dirigent
Aux plus grands menteurs le prestige [1.5]

Que la paix soit sur nous tous, esclaves modernes
Désinformés, cherchant seuls, armés d’une p’tite lanterne [2]
Dressés les uns contre les autres, nos colères sont légitimes
Et nous frôlons l’abîme… [1.5]

Je ne rêve plus, j’écoute et j’observe
Je ne gobe plus les traîtres professionnels de la verve [2]
La posture des indignés qui parlent pour moi
Les spécialistes faussaires qui compartimentent les débats [1.5]

L’instinct m’en disait long
Il a fallu que j’aille creuser dans les tréfonds [2]
Des contradictions
Quelque chose ne tournait pas rond [1.5]

Pendant que les antifas boycottent des meetings
Le grand patronat joue aux parties fines, aux parties de dumping [2]
J’ai grandi dans e devoir de mémoire, simple propagande
Où l’histoire du vainqueur n’est que mise à l’amende [2]

L’homme accepte son sort pour un brin de confort
L’homme accepte le racket par le fisc ou la mitraillette [1]
Merde aux droits de l’homme riche, souvent blanc, l’immonde
Un enfant meurt de faim toutes les cinq, six secondes [2.5]

Si je n’y peux rien
Sachez au moins ce qu j’en retiens [2]
Mes sœurs, mes frères je suis témoin
Nous sommes tous des Palestiniens [1.5]

Je ne rêve plus tant nous semblons perdus
L’homme a perdu la source et son Histoire, perdue
Plus de famille, juste un nombril tout seul, perdu
Dans la grande ville parmi les ingénus, les confus et les reclus [2]

Puisse l’improbable survenir mes frères, la Justice
Chaque jour, ce qu’il faudra de pain pour nos fils
J’ai vu le choc entre captifs, je n’ai jamais voulu être complice  [2]
Ni aveuglé par l’illusion des délices de la matrice [1.5]

Marchons nous vers l’évolution de nos consciences ?
brûlerons-nous par les lois naturelles ou bien celles de nos démences ? [2]
Est-ce la dernière  marche mes frères ?
Parviendrons-nous à voir de haut à rester frères [1]

L’empire qui nous assomme
Tombera tout comme est tombée Rome
je ne vois pas ce qu’il reste d’hommes savoir marcher comme un seul homme [2]
Advienne ce qu’il advienne, l’âme sereine

Puisse Dieu soulager nos peines [1.5]
Sue son règne vienne
Amen [1.5]

 

 

 

Source : Banlieue-immigrée

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    47.5/60 pts  soit     11.87/15

–  Profondeur                          2/4 pts
–  Punchlines/Styles             1.5/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.25/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total  16.37/25  soit  13.09/20

 

 

 

 

Pour conclure,

 

 

kimto_vasquez-locean

 

Évaluation textuelle de cet album – L’Océan – est de  soit  11.84/20 (118.47/10)    


Il peut donc être qualifié d’album textuellement satisfaisant

 

 

 

 

 

 

 

 

Osez le bon sens !

YDM

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