IAM – Arts Martiens : textuellement bon

IAM

 

IAM est un groupe de rap français, originaire de Marseille, créé en 1989 et composé d’Akhenaton (Philippe Fragione), Shurik’n (Geoffroy Mussard), Kheops (Éric Mazel), Imhotep (Pascal Perez), Kephren (François Mendy). Le groupe a marqué les débuts du rap des années 1990 en France.

 

Source : wikipedia

 

PRINCIPES DE NOTATION DES TEXTES DE RAP

 

  Iam arts martiens groupe

 

Évaluation textuelle de cet album – Arts Martiens – est de  soit   12.71/20 (228.79/18) 

 

Il peut donc être qualifié d’album textuellement bon

 

 

Qu’ai-je pensé de cet album ?

 

Rien à dire : le boulot est propre, sans accroc, sans bavure.  Ils restent égaux à eux-mêmes. L’on ne sait toujours pas à quoi sert Kephren et l’on aurait pu s’attendre à ce qu’il prenne plus de place avec le départ de Freeman… Il est toujours égal à lui-même: transparent. Plus sérieusement, c’est une belle pièce.


 

 

Arts Martiens

 

 

1. Spartiate Spirit

Nous sommes des hommes libres, debout
Et nos faits d’armes resteront dans les mémoires, sur nous [2]
Même le temps s’effrite
Spartiate Spirit [2]

Tu vois c’ team sur la grille de départ, c’est nous
Fiers passionnés, prêts à tout sauf plier les genoux. [2]
Six mecs anodins, vaillants paladins
Six tueurs furtifs à l’esprit vif comme Aladin. [2]

Unir nos compétences c’était croiser nos destins
De cette alliance naquit une arme dont les mots sont les plus craints. [2]
Entre mortels djihads et sanglantes ritournelles
Nous verrons survoler le globe le rasant de leurs ailes [2]

Nés d’une cité réputée pour ne pas fermer sa gueule
Marseillais, Ouais c’est vrai beaucoup trop d’orgueil [1.5]
Volontaires, décidés, prêts à dessiner nos destinées
Et fuir le sort de ces troupes décimées [2]

Et le temps a filé, nous pris dans ses filets [0]
Ballotés entre nos drames persos et cris de nouveaux-nés
Entre furieux assauts et repos du guerrier
En plein cœur d’une bataille, un jour l’un d’nous s’est écroulé [-1]

Qu’il en soit ainsi, rien n’est éternel
La félonie guette au détour de chaque ruelle [2]
Toujours en alerte, les 5 sens en éveil
Trop de blessures fallait bien qu’un jour la bête se réveille [2]

Sous le feu du soleil ou les pluies torrentielles
Soumis à lui mais notre quête elle n’attend rien du ciel
Nos convictions nous poussent, la technique fait le reste
Je n’sais pourquoi le bruit du fracas des phrases nous appelle  [3]

C’est notre Bushido entre sourires et larmes
Servir la vie ultime jusqu’à ce que la mort nous désarme [2]
A repousser sans cesse la charge de haineux déchainés
Tu nous trouveras toujours là droits au bout de ce défilé [-1]

Spartiate Spirit !

Toujours ouais

Toujours là hein

Spartiate Spirit ha

Toujours là, toujours là tu le sais [-1]

Dans ses jours les plus tragiques
On n’a jamais perdu la foi cédant à la panique [2]
On préserve l’éthique, ça s’entend dans les titres
Pas un instant ne fut bafoué le sens du mot équipe

Nos mains forgeaient nos armes
Dans le bain de nos âmes [1.75]
C’est un savant dosage pour pas couper du Prozac
Et quand on rentre seuls on fait face à l’espace
Il faut savoir qu’on partira tous sans laisser de traces [2]

Du moins physiquement, et que devant la mort
Le vieux se fout pas mal de nos 50 disques d’or [2]
Il te dira le vent, il soufflera le chant
Les p’tits rats militants terrorisant les éléphants [2] –

C’est vrai l’histoire est belle parce qu’on écrit ensemble
Pour quelques décibels on mit parfois nos lèvres en sang
Entends c’est ça ouais ensemble
Parce que c’est ce qui restera les jours où on sera tous en cendre [2.25]

On a forcé les portes, affronté les tempêtes
Un vécu dur qui tournerait tes idoles en tapettes [2]
On essaie mettre casque noir sur la moto
Fallait pas se frotter avec Benkei et Minamoto [2]

Laisse nous kiffer nos heures tout seuls dans notre coin
On fait du rap pourquoi dire qu’on en veut à ton pain ? [2]
Avec du cash ou du sable dans nos fouilles
On apparait toujours avec l’aimable autorisation d’nos couilles [2] –

Et quand viendront les comptes et qu’on sera tombés
Tu pourras dire « Putain le rap mais qu’est ce qu’ils l’ont aimé » [-1]
En attendant ce jour qu’ils goutent à nos lames effilées
Tu nous trouveras toujours là droits au bout d’ce défilé [2]

Dans cet étroit corridor leur nombre ne comptera plus
Et vague après vague leurs assaut se briseront sur nos boucliers

 

 

Source : Parolesmania

 

 

Evaluation YDM,
–  Rimes    42.5/64 pts soit    13.28/20

–  Profondeur                             1/4 pts
–  Punchlines/Styles             1.25/3 pts
–  Langage                                    0.75/1 pts
–  Flow                                             0.5/1 pt
–  Mélodie                                     0.5/0.5 pt
–  Inventivité                             0/0.5 pt

Sous-total  17.28/30  soit   11.52/20

 
2.  Les Raisons De La Colère

Si tu pouvais voir ce qui brûle dans mon thorax
Ma vie j’la dois au rap, j’la dois à l’orage [1.5]
J’ai pas eu l’parcours de pt’its cons dans la hype, non
Adolescent j’étais pas le king de la night, non [1.75]

J’avais mon groupe c’était l’Criminosical
On trainait près des bars à pute à deux pas du Pussycat [1.75]
J’ai embrassé la nuit sur ses lèvres
Et la rue m’a pris par la main
Elle a fait d’moi un putain d’bon élève [1.75]

Debout jusqu’à la fin
J’ai pris les blocs qui m’entouraient
Au fil de l’épée avec mes mains comme Saladin [3]
Pourquoi confier mes s’crets [-1]

Dans le boulot tête claire
Mon imagination j’laisse faire [2]
J’écris mes BO des cages à lapins
Au jour le jour mes traits s’allongent sur la feuille
Non j’pense toujours pas à demain [2]

J’suis c’que l’rap a créé d’plus solide
Tu t’pêtes le dos sur deux pignons d’olives [1.75]
Y’a pas d’amour ici, cette guerre à plein régime
Régie par les lois du bitume qu’importe les origines [1.75]

J’ai du rater un truc : « Peace, Love et Having fun »
Sont devenus « Bitch Drogue et Heavy Gun » [2]
Rares sont ceux qui ont des roses à offrir
Bienvenue à la table garnie au fish et aux frites [1.5]

Où le sens de la vie s’est égaré dans la brume
Où les p’tits ne savent pas poser un nom sur un légume [2]
Au coeur du pire ennui j’ai posé ma balise
Élaboré mon plan attendant que Dieu me l’avalise [2]

Depuis dans c’pré où les vassaux me tolèrent
J’écris un peu tous les jours les raisons de ma colère [2]

Quand on se tue à la tâche, pour rien dans la récolte
Normal que les vents portent la révolte [2]
Que la terre où l’on marche est labourée par des molaires
Comprenez vous au moins les raisons de la colère ? [1]

J’ai toujours le feu depuis l’jour où j’ai croisé sa route
J’ai appris à voir dans le noir et occis tous les doutes [2]
On a voulu m’parquer mais j’ai flairé le piège à loup
Et la passion m’a enlevé et élevé comme une louve [1.5]

Grain d’sel dans l’océan j’ai pas voulu m’dissoudre
J’ai remonté l’courant jusqu’à ce qu’une autre porte s’ouvre
Il m’fallait un ailleurs là bas ça sentait trop le souffre [2]
Par manque d’envie combien des nôtres croupissent dans les douves [1.75]

Laisse moi traîner ma plume sur cette route immaculée
Semer les graines les plus dures les mots les plus ciselés [-1]
Sans but, isolé, déçu, l’abandon les recrute [1]
Et le vide les attend pour les faire rissoler
J’suis désolé [0]

C’est pas ma faute si les esprits les plus durs
Commencent à vaciller sous l’poids de leur bracelets
Du coup le monde s’arrête là au coin de la rue [1.5]
Tellement sûrs d’échouer qu’au final ils n’essaient même plus du tout

Et ça tombe dans l’facile, ça grossit les statistiques
Ça fait des choix douteux aux moments les plus fatidiques [2]
Aucun exemple à l’horizon la place est désertique
Il en faut peu aux affamés pour brûler leurs principes [1.75]

A force d’entendre qu’on était bons à rien
Beaucoup ont fini par le croire
Quoi ? Pourquoi je sers les dents ?
Mais qu’est ce que tu veux que je fasse d’autre ?

Je veux pas me faire avaler
Y’a une goutte d’avenir à glaner
Laisse moi foncer droit dessus au lieu de rester assis à râler [3]
Trop de barrières, moi je veux les voir les vertes vallées

Si je fatigue c’est le courage qui va me chaler, aller [0]
Maintenant j’ai plus le temps, les aiguilles tournent vite
Et je veux pas finir par me dire que la vie c’était mieux avant [1.75]
J’suis personne aucun être sur terre ne me fera taire
Sur ma feuille j’étale toutes les raisons de ma colère [1]

 

 

Source : Rapgenius

 

 

Evaluation YDM,

–  Rimes    47/70 pts soit     13.42/20

–  Profondeur                               3/4 pts
–  Punchlines/Styles               2/3 pts
–  Langage                                       0.75/1 pts
–  Flow                                               0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0.5/0.5 pt
–  Inventivité                               0/0.5 pt

Sous-total  20.03/30  soit   13.35/20

 

 

 

 

3. Tous les saints de la terre

Profondément croyants, un peu païens
Et superstitieux on devient, quand on n’est pas bien [2]
On s’en remet à des signes, qui pour nous comptent beaucoup
Les poulets ont la lame au cou, comme au vaudou [2]
Rond de cuir au genou, bleus, cocards
On a poussé dans la république de la Boca
CV, terrasse de café, clope, Moka [2]
Les aigris nous pointent dans leur focale [1.5]
Mais on remonte la pente en procession
Et on marche ensemble peu importe la couleur et la confession [2]
En masse, poing levé comme credo
Chante le ghetto comme la foule à Soweto [2]

Vas-y joue cette mélodie plus forte que leurs messes basses
Ça les agace, à chaque fois que le cortège passe [2]
Trop de choix de mélange et cette populasse en liesse
Ça Jure avec « La France aux Français » et tout le reste [1.5]
Les vieilles habitudes ont la dent dure mais
Faudra bien qu’un jour ils s’y fassent, on mise sur la durée, [0]
Leur vision du monde, une impasse, un cul de sac, une voie sans issue,
Un sombre futur, entends nos sons et regarde nous marcher dessus [2]
L’état d’esprit prime, pas l’obédience, on va droit à l’essence
Seul le temps s’occupe des apparences [2]
C’est pas du bruit, ce qui vient au loin, c’est du sourire et de la tolérance
Et y a qu’à suivre la cadence [2]

Vas-y, joue, nos mots colorent les murs
Et les façades pourries, du quotidien des mères
Et, Vas-y, souffle si la route est dure [1]
C’est ca, joue cette mélodie pour tous les saints de la terre [2]
Allez, pousse, nos mots colorent les murs

Allez

On a confiance qu’en l’instinct
On a notre part de démon, on braquait les clandestins [2]
En se faisant passer pour des flics on taxait leurs 3 sous
Joue plus fort, j’expie mon dégoût [2]
Pardon, les fleurs de la rue ne sont que des chardons
Les pieds sur les charbons on matte le harpon [2]
Pointé sur nos adresses
C’est facile après de nous coller le rôle du méchant dans la presse [2]
Respecte nous et nos fanfares
On viendra toquer aux portes s’il faut, afin de tempérer leur emphase [1.75]
Exprimer dans les coins de rue la joie de vivre
Et ne plus revoir ceux qui brûlaient des tas de livres [2]

Ressens tous ces différents sons qui s’emmêlent et vois les notes
Une farandole dont l’âme a vu le jour au fond des blocks
Peu importe qui on prie et quels sont les saints qu’on invoque [2]
Vois nos visages multicolores et la cohorte [1.75]
Entends-la s’étirer dans toutes les rues de toutes les villes
Et chasser le gris, enchainer l’ennui et la monotonie [1.75]
Ce son, c’est le cœur et l’esprit une ode à la vie
Et ce big band s’avance comme pris dans une transe [1]
Une mélodie bâtie sous le dôme céleste, elle jette un air de folie
Invitation à l’harmonie, une street symphonie [3]
Et la clameur monte, sortie de la jungle
Regarde-nous danser à travers le monde [1.25]

 

 

Source : Rapgenius

 

 

Evaluation YDM,

–  Rimes    47.5/54 pts  soit     17.59/20

–  Profondeur                               2/4 pts
–  Punchlines/Styles                1.5/3 pts
–  Langage                                       0.75/1 pts
–  Flow                                               0.75/1 pt
–  Mélodie                                       0.5/0.5 pt
–  Inventivité                               0/0.5 pt

Sous-total  23.09/30  soit   15.39/20

 

 

 

4.   La Part Du Démon

»jVoulais être comme eux, draguer les minches
Craquer les francs devant, mais l’vent, mes potes braquaient les riches » [1.75]
»Sans sentiments…..méfiant à paranoïaque »

La part du démon
C’est tout ce qu’il reste, tu le sais, ouais
Un parcours ouvert aux forceps depuis « Concept »
Nos vinyls classiques font briller ton set [2]

Non, Attends, c’est pas ça le début,
Comment ça commence ? Ah ouais,
On était des petits ordinaires, des gosses tranquilles
On nous a vendu la fiche d’une vie rose en kit [1.5]

On a vu les élus et leur clique tremper dans les mics-macs
Et des jeunes manger 1 an pour un fric frac [2]
Les plats de la maison chassés par des big mac
Et des frangines se vendre pour un it bag [2]

Le prisme de la vie déforme et enlaidit le décor
Les épaules abîmées à force d’enfoncer les portes [1.75]
La rue, les bad lieutenants, méthodes musclées
On aurait préféré ne pas être des suspects [0]

On connaît les causes, rien dans l’assiette
Alors on tue le temps au mur avec un spliff et la 16 [1.75]
Les gens ont peur, enfermés dans les maisons
Ils connaissent notre colère mais ignorent ses raisons [2]

L’ascenseur est scellé, en bas c’est la mêlée
Pas le choix on bifurque et passe par l’escalier, ouais [-1]
Quartiers en péril, bâtis au pied de l’Etna
L’envoi des troupes ne peut être qu’un autre Vietnam [1.75]

Ils coupent les aides, ça vend de la zeb
Conservent les rêves où poussent les dreads [1.75]
Leurs mots s’abattent comme les plaies d’Egypte
En ces lieux où l’espoir s’appelle FDJ [1.5]
La vie est comme un gâteau, servi sur le béton
Ne reste que pour nous, la part du démon [2]

»C’est vrai qu’on était pas méchants, mais que maintenant » [1]
»Le fou rire vient comme le cafard….tu captes ça? »
»On croit plus en rien on sort juste la face »
»Eux la colombe, ils l’ont shootée direct au décollage » [2]

»Qui me donne la force de briser mes entraves ? »
»Ma famille, mes amis ils le savent » [2]

Des rêves plein le baluchon on débarque, au départ
Persuadés d’être alignés, égaux sur la ligne de départ [1]
Et puis tu grandis et tu captes, le jeu est trop faussé
Ils partent en Ferrari, tu veux faire quoi dans une Deuch cabossée [0]

Ca festoie à l’étage, en bas on se bat pour les miettes
A chacun sa fourchette et en plus ils veulent pas couper le cake
L’incertain sur la tête, on prend des risques au max
2 -3 bulles d’air, histoire de ne pas finir étouffés sous les taxes [2]

A boire la tasse trop souvent, peur de nager
Aucune bouée d’argent, aucun compte à l’étranger, habilement cachés [0]
Pendant qu’ils se marrent, nous on déchante et on rentre le ventre
Marre de rajouter des crans pendant qu’eux s’en mette plein la panse [1.25]

A trop se crever le cul pour nada l’envers devient l’endroit
Et on finit par croire qu’au final c’est le taf qui ne paye pas [2]
Alors ça pète quand ça fissure sous la toiture

Et la cure guette, chaque jour nous conduit à une fin de mois dure [2]
Invités à la fête c’est nous qui faisons le service
Et comme les cordonniers c’est nous qui sommes les plus mal servis [1.5]
La vie est comme un gâteau, posée là sur le béton

 

 

Source : Rapenius

 

 

Evaluation YDM,

–  Rimes    35.75/58 pts  soit     12.32/20

–  Profondeur                                2.75/4 pts
–  Punchlines/Styles                2.25/3 pts
–  Langage                                       0.5/1 pts
–  Flow                                               0.75/1 pt
–  Mélodie                                       0.5/0.5 pt
–  Inventivité                               0.5/0.5 pt

Sous-total  19.57/30  soit   13.05/20

 

 

 

5. Benkei Et Minamoto

Benkei et Minamoto
Sabre à 2 lames
Affûté, mon œil dans le dos [2]
Vois au-delà [1.75]

De l’instant figé sur la photo
Si paisible le récit que celui qui dénie ne peut saisir
C’est : Benkei et Minamoto [1]

L’histoire, que je vais conter maintenant, s’est déroulée
En ces temps où les champs étaient secs, les moissons amères
Quand on portait haut l’étendard qu’on croulait [0]
Sous la masse ignorante, et qu’on a fui au delà de la mer [2]

Un beau jour de printemps, je déambulais seul
En train de rêvasser avec la voix des maîtres dans mes oreilles
Moi aussi je maîtrise l’art de noircir les feuilles [1.75]
Il m’a dit on m’appelle Saito Musashibo Benkei

Et si tu veux on ira batailler côte à côte
Toute façon que peut-on perdre ? Advienne que pourra
Si la fin est heureuse on posera l’empreinte sur l’époque [1.75]
On restera à jamais les plus grands des samouraïs

Depuis ce jour, nos 2 lames inséparables
Ont tailladé les gorges trempées dans le mensonge
Personne ne tient ces cous en laisse, on est isolé c’est pas grave [1.5]
La fin de leur règne je l’ai vu arriver en songe [2]

Parce qu’ils se roulent comme des porcs dans des manières ignobles
Ils n’écoutent plus leurs cœurs, ils écoutent des cartes
Ils se disent aigles et chantent comme des rossignols [1.75]
Loin de tout ça dans notre clan on préfère les carpes [1.75]

Jour après jour, nos techniques de sabotage
Ont fait leurs preuves, mais en face il en arrive beaucoup
S’il faut retenir les colères de l’orage [2]
Mon frère le fera dans l’honneur je partirai par Seppuku [2]

Promenant sans répit nos ombres dans le paysage
Déjouant les pièges et les complots, on a dû évoluer
A terrain découvert souvent délivrant le message [2]
Que le vent et le temps eux-mêmes n’ont pas su altérer [1]

Partis sur la terre de nos maîtres, affiner nos techniques
Au milieu des bambous de pierre, la voie s’est révélée
Elle nous a enseignés comment avoir un style unique [2]
A le polir sans cesse car rien n’est jamais parfait [-1]

Défendant notre honneur contre perfidie et traitrise
Dos à dos ruisselants de sang dans la boue enlisés
Si la survie dépend de notre degré de maîtrise [2]
Qu’Achinam garde nos ennemis où sur le sol leurs têtes pourraient rouler [-1]

Le corps et l’esprit forgés par le feu de mille batailles
Et sans feindre, on a porté la flamme à chacun de nos pas
Chacun de nous, gardien de l’autre sans faille [2]
Et loyal, le sens de nos Haïkku possède la puissance d’un Najinata [2]

Depuis ce jour où mutuellement on a testé nos rimes
J’ai croisé le fer avec mon frère dans tout le royaume
Repoussant maintes fois les assauts de jeunes rônins avides [1.75]
Le sabre au poing, on a fait rougir toutes les scènes d’Europe [1.25]

Et si la chance vient à tourner quelque part sur la route
Aussi sur qu’on m’appelle Benkeï, ça ne nous arrêtera pas
Et quand leurs flèches voleront sur moi, je demeurerai debout [1.5]
Et nous partirons, lui dans l’honneur et moi la clameur des combats [2]

 

 

Source :  Rapgenius

 

 

Evaluation YDM,

–  Rimes    34.75/55 pts  soit     12.63/20

–  Profondeur                                2.25/4 pts
–  Punchlines/Styles                2/3 pts
–  Langage                                       0.75/1 pts
–  Flow                                               0.75/1 pt
–  Mélodie                                       0.5/0.5 pt
–  Inventivité                               0.5/0.5 pt

Sous-total  19.38/30  soit   12.92/20

 

 

 

6.  4.2.1

Dois-je rester ou partir ?
Dois-je lui dire ou mentir ? [2]
Dois-je me taire ou parler ?
Dois-je rengainer ou tirer ? [-1]

Suis-je un tueur endurci ou bien un enfant de cœur ?
A chaque croisement ça recommence et pas le moindre indicateur [2]
Tant de voies à choisir, ça fout les jetons rien qu’à l’idée
D’un échec cuisant au total comme seule finalité
Chacun décide de ce qu’il est, un choix sans filet [3]

Mais si le trapèze, hélas casse, là, il ne faudra pas se défiler
Alors, dois-je opter pour la sueur ou bien la facilité ? [-1]
Dois-je brûler mes valeurs ou bien les enchaîner à mes pieds ?
Dois-je lutter ou m’enfuir ? Dois-je haïr ou aimer ?
Suis-je de ceux qui grognent ou suis-je de ceux qu’on entend pleurer ?

Trop de choix pour une vie, trop d’options à valider
Tous ces chemins qui s’ouvrent à moi, personne pour m’assister
Je ne peux pas passer mon temps à blâmer la fatalité [2.75]
Y a plus qu’à faire un choix, jeter les dés et assumer [-1.5]

4-2-1, les dès roulent
Basculent vers la gloire ou la déroute [1.5]
4-2-1, le résumé
De nos courses, tourne, on doit viser le [-1]

Soit t’es un King, soit tu dérouilles [1]

De ces courses effrénées dures à présumer [1]

Nous sommes tous gagnants, du grand loto de la vie
Un sur un milliard, c’est dingue, voilà ce qu’on m’a dit [2]
Une infinité de chemins s’ouvrent à nous
A chaque instant, et on choisit avec nos feelings et nos tabous [2]

Combien de fois sous des cieux épaissis
J’ai rembobiné le film et tout refait avec des si ? [2]
Ah, avec des si on redessine le passé, c’est impossible
On le sait, alors on se console avec des signes [1.75]

C’est pratique, on s’attribue les lauriers si on gagne
Lorsqu’on échoue, Dieu est désigné comme coupable
Mais des gamins meurent de faim ou d’un rhume
Je peux t’assurer que l’homme, et l’homme seul est bien le responsable[2.5]

Nos parcours n’ont rien de mathématique
Suffit de mater ma vie, l’œuvre et sa thématique [2]
Dans les temps où Damoclès menaçait avec son épée
Mes oncles de leurs doigts épais jetaient ces dés sur les quais [0]

 

 

Source : Rapgenius

 

 

Evaluation YDM,

–  Rimes    21/38 pts  soit     11.05/20

–  Profondeur                                2.5/4 pts
–  Punchlines/Styles                1.75/3 pts
–  Langage                                       0.75/1 pts
–  Flow                                               0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0.5/0.5 pt
–  Inventivité                               0.25/0.5 pt

Sous-total  14.80/30  soit   9.86/20

 

 

 

 

7. Marvel

Il est temps pour toi de voir l’univers,
Il y a plus de 6 milliards d’hommes sur notre planète, génétiquement,
nous sommes pratiquement [2]
Tous identiques, pourtant, il arrive parfois qu’une mutation se produise,
Ces personnes là ne sont pas ordinaires, [2]

Fils d’une machine à rythme, puis, d’une mine à Banger
Je suis à l’art de la rime, un stylo bille Avenger [2]
Vise un tas d’inutiles, brise, leurs grattes maudites
Les DJ qui miment des mixes, tellement naze : c’est comique [1.75]

Menace l’industrie, ce récit, piétine les strass
Force cosmique, pur style, qui vient de l’espace [2]
Réussite, surprise, fils, qui défie les stats
Rapide comme les petits bolides qui rempilent en Espagne [1.5]

Original distributeur de galactiques gifles
Appelle-moi l’abattoir, laisse aucun espoir à tes beefs [2]
Assis sur la cime d’un building, quadrille la ville
Exorcise ton baladeur des merdasses qui l’habitent [1.25]

Mythiques, mystiques, pile, tous ces Kings de la zone
Ces types qui nous haïssent et disent reloader la donne [2]
Ecrivent au HB, lyrics et les beats de l’album
J’arrive, fais mon job, ma team passe la gomme [2]

Attaque avec basses massives comme Sly et Robbie
Ils ont des doutes sur leur propre nature comme David Bowie [2]
La pop tremble sur ces bases quand on chie la copie
Nous les vilains, les plus super de la catégorie [2]

Forgé dans l’enfer des tripes, rue d’un quartier pourri
Snatche l’underground au velvet, tarte à Lou Reed [2]
Terrestre extra quand je rappe c’est comme ça qu’on m’appelle
Chez Def Jam certes, mais en licence à vie chez Marvel

Les mutants ne sont pas de simples personnages de fiction, ils sont parmi nous et ils existent. Vraiment, c’est irréel. [3]
Par essence, leur technique fait d’eux des supers humains

Mes yeux embrassent la ville où je m’apprête à plonger
Traquer l’insipide en des lieux où traînent ceux que le temps a rongé [2]
Mes proses sont des griffes, le colossal gifle dès que l’encre gicle [1]
Plus froid que le givre, moi je viens désosser

Vif comme une pensée je pose comme j’éventre
Féline est ma danse, mortelles sont les pages, je brise leur champ d’énergie
Style intergalactique, fait swinguer l’apathique
Tout comme Thanos, moi, je viens piétiner des nano MC [2.5]

L’odorat me guide, mon instinct me parle et ma fureur me pousse
Leur variété coule, tous croulent sous le poids de mes coups
Moi je ne suis pas Kirikou, leurs guerres je les mènerai toutes [1.25]
Et jusqu’au bout faudra qu’ils tracent pour garder leur cou [2]

Serval adamantium, technologie ¼ homme ¾ animal
Bestial est le ton de ma rime
Sanglant sur les ondes, je lâche grave de rafales soniques
Un vrai mutant au MIC, une exception génétique [2]

Regard impassible, droit sur la cime des buildings
Je plonge dans le tas et Dieu épargnera les plus dignes [1.5]
Aguerri au combat, mon vers à mille soleils de puissance
Tous s’agitent en bas et las tous embrassent l’indécence [2]

Marvel herotrip, extra dur est ma team
Assassin et scribe, extra pures sont mes lignes [1.5]
Ma rage booste mes sens, extra bruts sont mes mots
Au fond de la nuit, dis leur, ce qui brille dans le noir c’est pas mes yeux, c’est mes crocs [2]

Les mutants sont dotés de capacités, de rimes et de flow largement supérieurs à celles de tous les autres êtres humains.
Préparez-vous à les rencontrer

Marvel, ce n’est pas humain, je suis Galactus, je viens pour dévorer ton Planète Rap
On vient de la planète rouge, Hérotrip, rap ultraviolet pour une vie sombre
Un soleil noir, je crée une sombre énergie
Sidéral, Knock Out, intergalactique
C’est la puissance pure à son paroxysme [1.5]

 

 

Source : Rapgenius

 

 

Evaluation YDM,

–  Rimes    44.75/63 pts  soit     14.20/20

–  Profondeur                              0.5/4 pts
–  Punchlines/Styles              2.25/3 pts
–  Langage                                      0.5/1 pts
–  Flow                                              0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0.5/0.5 pt
–  Inventivité                               0/0.5 pt

Sous-total  18.45/30  soit   12.30/20

 

 

 

 

8. Misère

Marseille, centre ville, Années 80
Le dédale des rues du vieux quartier
Là étaient nos terrains de jeux
On y a laissé nos plus beaux fous rires
Puis, sont venues les obligations
Les contraintes à travers le miroir du quotidien
Je n’ai pas oublié quand je retournais le fond de mes poches
D’où je viens, ce que je suis devenu
Quand à mon avenir, qui sait,
Pour l’instant je continue à te fuir

Je voudrais que t’arrêtes d’harceler les miens,
D’étaler ta puissance, elle produit des fruits que l’humain ne digère pas très bien [2]
Et puis tu t’invites à nos tables avec tant d’insolence
Tant d’arrogance dans le sourire te moquant de nos pitances [2]

Même sous le soleil on ne fait que vivre sous ton ombre
Perdus dans tes méandres on s’essouffle et nos visions se déforment [1.5]
Misère, on t’a croisée tellement de fois
Au fond du regard de proies prêtes à tout pour sortir de tes bras [2]

Sinistre don, changer les anges en loups
Tu resserres ton étreinte et les plus sages deviennent les plus fous [2]
Tu sais qu’on est fragiles, ce fait tu l’utilises et nous pousses à la faute
Dis combien pleurent sous ton régime ?

Seule esquive toucher l’autre rive, par peur du rien, frôler le pire
Sous la tempête nos principes chavirent [2]
Et on avance en zig zag pour éviter tes balles
Et on sait bien que t’es du genre à tirer plusieurs salves [1.75]

Misère, tu nous fais craindre l’avenir
Il s’annonce pas très rose, on va se battre pour le faire fleurir
Je ne serai pas le dernier, je t’ai combattue et j’ai préféré faire du bruit
Que voir mon âme se dévêtir [3]

Garde tes caresses et tes tours de manège
Tu as du vice, ouais, mais la foi est bien plus fin stratège [2]
Une dévoreuse de monde, voilà en fait ce que tu es
Et chacun prie que tu ne viennes pas bouffer de son côté [-1]

J’entends ta sérénade,
Misère,
Je connais le refrain, honnêtement je ne l’aime pas
Accepte ce message, prends le comme une lettre d’un affranchi
Qui n’est plus esclave, et cesse tes jérémiades, [2]

Tu pries pour qu’on revienne à genoux vers toi
Et c’est vrai, ce serait grave, pas pour le statut
Mais les valeurs qu’on doit renier
Pour échapper à l’emprise de tes bras [3]

Debout dans les jardins du train train
On survit à la mousson, le sac de haine bien plein [2]
Misère, nous voir glisser, ta mission
Larmes dans la moisson, évacuées dans la boisson [2]

On jouait sur des terre-pleins, sans calcul
La dure loi de l’apparence a opéré la bascule [2]
Être quelqu’un, voilà qui sonne, en l’état je suis qu’un homme
Et non, mon nom est personne [1.75]

Misère, t’as voulu perdre mes pas
Et me mener en ces lieux là où Dieu ne permet pas [1]
Tu marquais trop de temps d’arrêt
A la place de mon stylo, t’as voulu glisser un foutu cran d’arrêt [0]

Cambute et vendetta, sacré destin
Embrouilles à 2 heures du mat avec des clandestins [2]
La peur de nous s’est emparée
Après ta visite, facile on a visé l’illicite
Ici les diplômes paraissent illisibles
Les raisins de la colère accouchent du pire des millésimes [2.5]

Avec le crew aux allées Gambetta, on marchait à 20,
Narguait les bleus qui défilaient et se mettaient en pétard
Misère, t’aimerais tant me revoir [2]
Que je sois esclave du temps qui passe

Et puisses me croire à jamais à ta merci
Ma nuque offerte, me rappelle que le succès et la gloire sont réversibles [1.75]
Mental issue des faubourgs de Naples
Où la vie tire de vraies balles, « grintoso », très tenace [1.5]
Quand je veux mettre les miens sur l’autre rive
Toi tu veux que sous les ponts je vive [2]

 

 

Source : Rapgenius

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    42.75/71 pts  soit     12.04/20

–  Profondeur                                3.25/4 pts
–  Punchlines/Styles                2/3 pts
–  Langage                                       0.75/1 pts
–  Flow                                               0.75/1 pt
–  Mélodie                                       0.5/0.5 pt
–  Inventivité                               0.5/0.5 pt

Sous-total  19.79/30  soit   13.19/20

 

 

 

 

9. L’amour qu’on me donne

Je pourrais grogner, serrer les poings en jouant les bonhommes
Hurler aux 4 vents comme pour terrasser les fantômes [2]
Ne pas craindre le noir, ni même l’orage qui raisonne
Jouer les cœurs de pierre, genre j’ai besoin de personne [2]

Je pourrais, faire comme si sûr moi, rien n’avait de prise
Aucun remord, ni sentiment, du marbre froid et lisse [2]
Posséder des voitures, des tas de villas, même des royaumes
Mais que serais-je, pauvre homme, sans tout l’amour qu’on me donne ? [1.75]

Je pourrais entasser les montagnes jusqu’à atteindre la lune
Amasser des thunes jusqu’à dépenser par habitude  [1.75]
Je pourrais prendre la clé des champs à chaque fois que ça me chante
Aller capturer des tornades ou même dresser des ouragans
Je pourrais vaincre les plus forts, dépasser les plus grands
Sans faire le moindre effort, faire s’arrêter le temps [3]

Je pourrais bien plus encore, même porter une couronne
Mais que serais-je vraiment sans tout l’amour qu’on me donne ? [1]

Si j’avance avec plein de peurs
Non, la vie n’est pas qu’un bain de pleurs
Je plie, mais voilà que je résiste, pour que tu me vises d’une autre flèche en plein cœur [3]
Il n’y a rien de pire que d’être seul
Le sort est une balle à tête creuse
Des fois, faut savoir l’éviter, aisé, quand on est touché, par mille flèches en plein cœur.

Mais que serais-je sans l’amour qu’on me donne ?
Peut-être bad rappeur, un voyou des consonnes
Ah, ou alors un gars qui consomme [1.75]
Tue la vie par les 2 bouts parce que les autres complotent
Dans mon dos, je boirais les océans
Hausser au-delà des monts, voler au-dessus des méandres [1.5]

De grandes villes illuminées, culminerais
Fulminerais, finirais par éliminer [-1]
Ceux qui nous font de l’ombre, effaceraient toute leur aura
Si sombre, que j’ôterais toutes ces couleurs au rap [2]

Je serais cette lettre nouvelle qui brise le moral
Comme la crise globale, triste oracle [1.75]
De mes échecs je chargerais les sacs de mes frères
Prendrais le spectre pour être le king de mes paires [2]
Ouais je pourrais porter cette couronne

 

 

Source :  Rapgenius

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes   24.5/37 pts  soit     13.24/20

–  Profondeur                                1.25/4 pts
–  Punchlines/Styles                1/3 pts
–  Langage                                       0.5/1 pts
–  Flow                                               0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                               0/0.5 pt

Sous-total  16.74/30  soit   11.16/20

 

 

 

 

10. Habitude

Aucun visage ne me regarde
Et sur les quelques pièces que je glane
A la sortie des magasins, après l’office
Le côté face aussi me donne le profil

Le soleil tombe avec les degrés
Depuis ce matin je marche,
mais là mes pieds sont las,
il faudrait que je pense à me poser [-1]

Que je me trouve un porche ou un coin tranquille, bien abrité
A l’écart des regards, la tolérance est souvent mal imitée [0]
Parfois j’aimerais être invisible tout comme ces fantômes
Ne pas voir ces yeux, qui ne me regardent pas comme on regarde un homme [2]

« Bonjour madame, n’ayez pas peur, non, je ne suis pas dangereux
Je vous tiens la porte c’est tout, c’est pas à votre sac que j’en veux » [2]
C’est qu’un « bonjour », ça ne vous coutera pas 1 €
Allez fouillez votre cœur, y a encore peut-être quelques mercis
Je vous jure c’est pas de ma faute si tout le pays par en vrille [1.5]
Je suis là par manque de chance, la vie a ses sombres héros [2]

Comme une ombre au tableau, je croise des routes sans jamais laisser de trace
S’il vous plait, voyez moi, une fois avant que le vieux ne m’efface [2]
Je sais c’est dur car vous me percevez comme un peut-être
Alors c’est presque par instinct que vous tournez la tête [1.5]

C’est vrai je dors là, où vos chiens ont leurs chiottes
Je gêne les amoureux qui sur les bancs, le soir se bécotent [2]
Et si le vent parfois me force à squatter vos entrées
N’oubliez pas, même les vaincus ont droit au respect [0]

Et si le dédain était armé, je serais mort 1000 fois
Comme ceux qu’on trouve le matin gelés et morts de froid [2]
Mais là c’est pire ma présence ne choque même plus
Le temps défile et doucement je deviens une simple habitude [1.5]

On ne me voit plus, je suis transparent, une habitude
Les regards glissent, sur mes affaires entassées sur ce trottoir vide
C’est tout ce qui me reste, mon testament
On ne me voit plus, je suis une silhouette
Une ombre sans utilité
Comme disent hommes et femmes pleins de futilités [2]
Je ne suis qu’une habitude, ou aucun pas ne s’arrête [2]

On vit l’hiver gelés par la honte
Le froid et l’été, l’indifférence des passants nous fait de l’ombre [1.5]
Sur un trottoir, un banc on dérange, chacun sa croix
Une pièce, de l’eau courante, un trésor qu’on ne trouve pas [2]

Le soir on marche en petit groupe, livrés à nous-mêmes
Rien qui nous retient ici, ni maison, ni repères
Nos souvenirs, nos joies dans des sacs poubelles [1.5]
On brave le quotidien et voit nos espoirs à la baisse

On fuit la loi et l’ordre qui nous chassent parce qu’on n’a plus de sous
Ils ont saisi ma dignité avec mes biens un jour [1.5]
Depuis je vous regarde, faire semblant de ne pas me voir et ça me marque
Plus que le temps à tuer sur le goudron une tache dans ce parc [2]

Vos non dits qui en disent long me rattrapent
Et parmi nous beaucoup se résignent face au mépris, ils signent [1]
Pour une idylle avec une bouteille vide
On ne juge pas, on a tous une histoire, je ne vous le souhaite pas

Je pourrais être vous, vous pourriez être moi [1]
Alors je rêve devant les vitrines, tant pis si c’est pour de faux
Je sais que la rue ne fait pas de cadeau [2]
J’essaie d’être fort même dans le caniveau

Je ne suis qu’une statue de chair parmi vous
Et à la fin j’aurais jouer mon rôle jusqu’au bout [2]
Mais les spectateurs m’ont fait défaut [2]

 

 

Source : Rapgenius

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes   34.5/60 pts  soit    11.5 /20

–  Profondeur                              3/4 pts
–  Punchlines/Styles               1.5/3 pts
–  Langage                                      0.75/1 pts
–  Flow                                               0.75/1 pt
–  Mélodie                                       0/0.5 pt
–  Inventivité                               0/0.5 pt

Sous-total  17.5/30  soit   11.66/20

 

 

 

11- Mon encre si amère

Tu le sais…
Je porte le monde sur mon dos comme Atlas
L’expérience du terrain qu’on mate là
Comme attelage [2.5]

Qu’on passe ma vie au tamis
Quand la haine prend le cœur des amis,
ça part en bad vibe [2.5]
Ceux avec qui, on a partagé les choses s’aigrissent

Les appétits s’aiguisent, et y a pas de place
Les agneaux se laissent pousser les griffes
Mais seule la gamberge vite te hisse [2.5]
hors du panier de crabes [1.25]

Dans la nasse on dit, il est trop gentil
Ou bien il joue un jeu, c’est un gros bandit [2]
Laisse-moi être clair, je suis qu’un type lambda
Et tu le sais, alors s’il te plait arrête un peu de mentir

Au quotidien, je n’ai pas besoin d’escorte
Ni pour balader, ni pour parader [1]
Ni pour que mon rap soit jugé à sa force, je m’en tiens à la forme
Façonné par l’armada de mon alphabet

En embrassant le hip hop on se croyait meilleurs que les autres
J’ai vite vu qu’on ne valait pas mieux
On prend les courbes à 200 avec du soleil dans les yeux
Et presque fiers de dire qu’on ne vit pas vieux [3]

Amour pour le clinquant, ça veut le chelem à 20 ans
Le tout avec une arme pour braquer les caisses à Printemps [2]
Au lieu de valoriser les filles avec un gros QI
On fait la part belle à des poufs avec un gros cul, oui [2]

Eh, c’est triste mais c’est comme ça
Et rien ne me console de ce constat [2]
Prendre les armes mes convictions l’interdisent
Alors je me résous à dominer mes vertiges [1.5]

J’en veux au monde entier
Mon encre est si amère
Qu’une goutte pourrait rendre aigre la mer [2]
Enfanté dans l’amour mes sentiments sont confus
On reste coincé au milieu des cactus [2]

Je suis de ceux qui pensent, pas de ceux qui subissent
A la pointe de ma plume laisse-moi cultiver l’art de l’esquive
Je n’enfilerai pas leurs uniformes trop petits, trop serrés, trop de vices [2]
Mon cœur lui a dû fuir pour ne pas se serrer

J’habite un monde qui pervertit tout ce qu’il touche et shoote tout ce qui bouge
Et roule sur tout ce qu’il peut le gêner [2]
Tellement tordu qu’il change les nourrissons en tueurs nés
On finit par tous croire qu’y croire encore c’est dépassé [-1]

Regarde-les, certains que le but c’est en haut
Quitte à marcher sur quelques têtes et crocheter 2 ou 3 rivaux [2]
Qu’ils me jugent comme ils veulent, moi j’ai pas la même conscience
La mienne me harcèle chaque fois que je m’élance dans le mauvais sens [2]

Mes principes sont ma base, un char d’assaut
Une armée, sous mon crâne rasé, bronzé, mon cerveau s’embrase
Etre libre et le rester, la cause que j’ai embrassé depuis l’oncle Tom
Moi je ne rentre plus dans aucune de leur case [2]

Ça donne un tas de leçons  [2]
mais ça ne donne pas l’exemple
On sait tous que les petits poissons c’est les gros qui les mangent [1.75]
Et y a aucune raison que ça change, dans le banal on nage
Les pigeons deviennent cannibales et se transmettent la rage [2]

Les plus faibles périssent sans se défendre ou comprendre,
C’est le sacrifice du sens sur l’autel de la finance
Il y a plus de canons qui se pointent, que de mains qui se tendent
Qu’est-ce qu’ils ont tous ? A quel moment on renait de nos cendres ? [3]

Je sens que l’espoir me quitte, j’ai tant de blessures à l’âme
Ma colère gronde au fond et ma raison dépose les armes [1.75]
Ne reste que ma haine, quand Amour et Paix se perdent
Mais on ne peut pas récolter d’or en semant de la merde [2]

 

 

Source : Rapgenius

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes   47.75/66 pts  soit    14.46/20

–  Profondeur                                2.25/4 pts
–  Punchlines/Styles                2.25/3 pts
–  Langage                                       0.5/1 pts
–  Flow                                               0.75/1 pt
–  Mélodie                                       0/0.5 pt
–  Inventivité                               0/0.5 pt

Sous-total  20.21/30  soit   13.47/20

 

 

 

 

12- Debout les braves

Ecoute, s’élever des rouges plaines, le chant de ces guerriers du son
Ecoute, écoute le vent, les arbres,
Ecoute le béton et les bancs
Ecoute et tu entendras peut-être, alors,
Le chant de ces fiers combattants. [2]

On était peu mais coriaces façon Gorilla
A l’époque on parlait peu de carrière plutôt guérilla
Un groupuscule armé d’une foi indomptable
Annonçant fièrement le score, pas de dessous de table [2]

On a failli plusieurs fois finir dans le décor
Et par ignorance peut-être qu’on a dû faire de grands détours [1.75]
Mais chacun d’eux donna sa leçon à apprendre
Et c’est, ce jour là, qu’on s’est dit qu’il y a plus de temps à perdre

Et non, du coup les batailles s’enchainent sans trêve, on s’entraine grave
On rêve de vers et pas d’entrave, sorti du fond des caves, [2]
Ce son fallait qu’on l’expose enfin à la lumière
Et qu’on en mette sur toute la map

Des préjugés par vagues, repoussés à coups de plumes
Comme tous ceux qui pensaient pouvoir acheter la team à coups de thunes [1.75]
Mais nous, enfants baroudeurs fils du funky drummer [1]
Pire que la grippe aviaire on n’a même pas laissé les plumes

Chez nous pas de bling bling, trop facile à viser
Ça gène les déplacements, ça gâche l’effet de surprise
Ouais, B Boy à vie, à l’évidence, c’est ce qui nous lie
Obstination et résistance c’est ce qui nous nourrit [2]

En éclaireur dès qu’un nouveau sentier se présente
On tente, on risque en bref on drague la chance
On mise nos burnes à chaque manche
Si jamais on se manque c’est le cornu qui nous les mange, cash [3]

Je te parle hip hop mais pour certain c’est de l’araméen
Ce truc qui tisse sa toile sur le monde comme l’arachnéen [2]
Je te parle d’un crew voué au combat sans fin
Et qui chaque matin part en guerre en chantant ce refrain [2]

Debout les braves, la charge a sonné
Balles pleines d’encre et stylos chargés
Un tas de feuilles blanches, dans le sac, entassées [0]
1er sur le front mais qu’est-ce que tu croyais ? [0]

Bandez les arcs, l’assaut est donné
Chaque phrase tue avant d’avoir touché

Si on demeure furtifs, en périphérie,
C’est qu’on est méticuleux sur l’essence, la masse de Thor forge mes rimes
Rendez-vous au prochain flow, fils, gare si tu nous copies [2]
Faudra changer pour épater tes copines [1.75]

Vétéran, j’ai des batailles plein le regard
Toujours vif car mon art ne souffre pas de retard [2]
Et repars à l’origine pour bien me cerner en fait
Al – korani, je fais tourner ce mic au-dessus de ma tête [2]

Ouais au cœur de la mêlée je coupe et taille avec ma Raya
Mes frères d’armes d’IAM, on a dissolu tant de temps à traverser le maillage
Ils nous ont donnés Satan en mariage [2]
Quand nous on voulait plaire à Marianne [1.75]

Sonnez le tocsin, leur salive est toxique
Sur le mic en argent, ils rêvent de répandre l’oxyde [1.75]
Transforment nos villes en cités interdites
L’histoire se répète, l’armée mongole sera le verdict [2]

Samouraï, manie la lame et la poésie
Affutée, ma plume effraie ce pays comme le Muezzin [1.75]
Le dialogue, ouais c’est là où tout réside
Ils peuvent fermer les volets, le temps court, rien n’y résiste [1.75]

Nos mots sont, son bras armé
On ne blesse que les cœurs asséchés qui refusent de s’alarmer [2]
Quand à ceux qui dans nos rangs ont troqué leur âme
Ils seront les premiers sur le fil de nos lames [2]

Rap strict, dynamite, pure guerre de tranchées

Dernier Samourai / lutte pour ses idées. [-1]

Dernier Samouraï de l’école Impériale Asiatique.

 

 

Source : Rapgenius

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes   43.25/65 pts  soit    13.30/20

–  Profondeur                              2/4 pts
–  Punchlines/Styles               1.75/3 pts
–  Langage                                      0.5/1 pts
–  Flow                                               0.75/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                               0.25/0.5 pt

Sous-total  18.80/30  soit   12.53/20

 

 

 

 

13- Après la fête

Quelle ironie !

Après la fête…
Il n’y a plus un bruit… [2]
Les chaises se vident…
La réalité revient, ouais…

Après la fête on se fait la bise, on tombe dans les bras l’un de l’autre
On passe un instant et puis on se dit au revoir
1 mois file, 1 an, ensuite, on s’appelle plus
Il faut croire que c’est ainsi doucement on se perd de vue [2]

Parfois, assis chez moi, je revois des visages
Défiler dans mes rêveries de ceux qui ont quitté ce rivage [2]
Par la force des choses ou maladie grave, par souhait
Par désir, d’autres horizons que ceux qu’on avait [0]

Pour échapper au glaive ou esquiver la balance
En allant, loin des emmerdes qui tombent en avalanche [1.75]
Fatigués de devoir encaisser tes tas de salades
Plein de gars veulent te serrer et t’emmener en balade [2]

Après le lycée, les chemins s’écartent, on évolue
Et sur nos dos le sablier jette son dévolu [2]
Torse nu sur les scooters, on se montre à tout le monde
Plein été, sentais la vie entrer dans mes poumons [1.5]

On est ces rois dans les châteaux de cartes, les illusions se brisent
Et de princes on passe à chiens de la ville [1.5]
Ils sont loin ces samedis au parfum acidulé
Mes souvenirs, décidément si durs à manipuler [2]

Après la fête tout s’estompe
Y a plus un bruit, on tourne la page
Les chaises se vident, au revoir tout le monde [1]
La réalité revient, on peine à porter la charge [1.75]

Dans le miroir les visages se redessinent, les traits se durcissent
On trouve que les aiguilles vont bien trop vite
Les potes de bringues font place aux collègues de travail
Le rien à foutre de tout devient : il faut de la maille et signer le bail [2]

La vue se voile, on perd de vue quelques proches
L’insouciance est loin et le futur vient de sonner la cloche [2]
Le temps, passe d’un coup de pinceau sur les murs
Et dans ces rues, berceau de nos enfances, témoins de toutes nos aventures [2]

Certaines blessures ont disparu, d’autres sont restées
La vie a fait le tri, les plus profondes lui ont résisté [-1]
Et on pense plus à demain qu’hier en quête du bonheur suprême
Chacun se bat pour lui certains l’espèrent du fond de leurs prières

Un beau jour il débarque, évident comme l’évidence
C’est devenu tellement rare pas question de laisser passer la chance [2]
Et, l’instant d’après on s’éveille auprès d’elle
2 secondes plus tard sans le voir venir, on se retrouve debout devant la maternelle [2]

Dans une boîte à chaussures on a rangé nos photos
Vestige de hauts faits d’armes, l’alcool, les boîtes, les filles, les potos [2]
Epoque où le passe-temps favori c’était briller en soirées
On faisait la fête, c’est tout, sans même savoir ce qu’il y a avait après, mais… [-1]

Après la fête.

 

 

Source : Rapgenius

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes   29.5/50 pts  soit    11.8/20

–  Profondeur                               2.5/4 pts
–  Punchlines/Styles                1/3 pts
–  Langage                                       0.5/1 pts
–  Flow                                               0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0/0.5 pt
–  Inventivité                              0/0.5 pt

Sous-total  16.30/30  soit   10.86/20

 

 

 

 

14- Pain au chocolat

– Bonjour Madame
– Bonjour Jean François, ça va ? [1.5]
Oui
– Je te sers quoi aujourd’hui ? [2]
– Je voudrais un pain au chocolat s’il vous plait
– Mhmm, tu ne dois pas être au courant mais c’est assez dangereux d’en manger en ce moment.
– Ah bon ?
– Je te suggère plutôt un croque monsieur ou vraiment le plus sûr, le rouleau à la saucisse pure porc

Il y en a qui se demande toujours ce qu’on fout là,
nos boubous et nos foulards
Toujours les mêmes mots qu’on entend, mais ça passe mieux ce coup là [2.75]
Banalisé le discours se durcit, et nous, on encaisse
On sent l’impact de chaque propos relaté par la presse [2]

Qui a dit que l’homme n’a pas de prédateur ?
Chez nous le manque fait des ravages, omniprésents dans le secteur [2]
Eternels recalés, on squatte le banc ou le chômage à l’année
C’est pas qu’il n’y a pas l’envie, c’est juste la foi qui a détalé [0]

Les soupçons nous ciblent souvent, sérieux c’est saoulant [1]
Les mauvais noms sur le CV et voilà le job qui s’en va
Tout dépend d’une chose qu’on n’a pas décidée
D’où on vient, qui on est, tous ces faits qu’on ne peut pas renier [-1]

Avant on était des bougnoules, négros ou basanés
Maintenant on est tous terroristes et maîtres artificiers [-1]
Et c’est reparti, les gens deviennent fous, la haine fête son retour
Les plus atteints voient des Merah partout [1.75]

Ils pensent qu’on est tous armés jusqu’aux dents
Attendant patiemment, une belle occase pour verser le sang [2]
A cause de leur soif de pouvoir des sales phrases qu’ils balancent
La peur débarque et ses fruits sont gorgés de violence [2]

S’appliquant à donner de nous une image détestable
Pourtant on sait qu’il y a des voleurs qui ne feront jamais les premières pages
Comme si le mal était gravé sur nos visages [2]
Ils nous jugent, au regard, comme des français d’origine coupable [2]

Qu’est-ce qu’on peut dire ? Qu’est-ce qu’on peut faire ?
Nos ambitions, tant de bouteilles à la mer, amer [2]
On devrait écrire quoi ?
Des couplets maladroits pour terroriser le petit Jean-François [2]

On a fait nos premiers pas au cœur d’un désert violent
Où l’écervelé a raison, d’où je voulais décoller comme un cerf volant [2]
Les drapeaux claquaient dans les rafales
Mais les fils désespérément harnachés à l’asphalte [1.75]

Ils veulent des coupables, qui ont le profil
Des go-fast, des tueurs, des grossistes, gros macs
Des sangsues qui profitent du système, c’est easy
Et l’opinion ferme la Delsey [2.5]

Ah c’est beau, ces procès sans avocat,
Ni juge, ils disent à la radio : Tous des tocards [2.5]
La justice c’est main droite et 22
Les problèmes sont résolus en moins de deux [2]

C’est ce qu’on entend, de partout,
Comme si les mêmes tuaient au Darfour et braquaient les Carrefour [1.75]
Comme si les types qui à Bagdad attaquaient
Venaient dans nos rues, armés carjacker [2]

Voici les auteurs, preuve à l’appui
Une vieille boussole accompagnée d’un pauvre tapis [2]
Une recette de maître Machiavel
Recalibrée en mode Charles Martel [2]

Effet d’annonce pur style Karcher
On a un jeu de fou, on jette toutes nos cartes à terre [2]
Pendant ce temps les petites frappes prennent du volume à l’ombre
Et les diplômés des quartiers partent bosser à Londres [1.75]

 

 

Source : Rapgenius

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes   45.25/57 pts  soit    15.87/20

–  Profondeur                                3/4 pts
–  Punchlines/Styles                2/3 pts
–  Langage                                       0.75/1 pts
–  Flow                                               0.75/1 pt
–  Mélodie                                       0/0.5 pt
–  Inventivité                               0/0.5 pt

Sous-total  22.37/30  soit   14.91/20

 

 

 

 

15-  Sombres manœuvres/manœuvres sombres

Sur la photo, tu vois les 5 frangins qu’on était
15 ans dans la même classe, issus du même quartier [-1]
C’étaient mes assos de Lego et de cubes
Bien avant nos soucis de bédos et de thunes [1.75]

A 16 ans on ne voulait plus jouer au stade
On a trempé nos mains dans les armes, le charbon et les cartes [1.75]
On a géré 2 spots, on a fini à 1 000
Nos soldats ont quadrillé une partie de la ville [2]

Me voilà assis sur le siège passager
On va voir 2 gars qui veulent nous rencontrer [-1]
J’allume une clope, me tourne vers Shams
Frérot pourquoi t’as pris cette caisse dégueulasse ? [1.75]

Il répond : La discrétion c’est pas ton fort, je souris
Regarde par la fenêtre deux gazelles courir [1.75]
Sur ce, on roule un quart d’heure environ
On parle, on rit, on chambre, on crie nos plans bidons [2]

On les évoque avec des larmes plein les yeux
On s’éclate, nos visages dans les creux [2]
Des mains, vous êtes tarés, je tire un tissu de ma poche
Pourquoi on va tout droit, je croyais qu’on tournait à gauche ? [2]

J’ai cru leurs bobards, leurs promesses alléchantes
Le monde est petit, mais la famille est grande [1.75]
Ce n’est que le démon qui contemple son œuvre
Ni témoins ni preuves, sombres manœuvres [2]

La voiture rentre dans le chemin en sous bois
Et s’arrête dans une clairière, mais qu’est-ce qu’on fout là ? [2]
Shams me regarde, soudain il prend son arme
Il me dit : Tu sais ce qu’il arrive à ceux qui vendent leur âme [1.75]

On m’a soufflé que tu causais souvent aux bleus
Que tu nous tapes de belles liasses quand tu le peux [2]
Que tu manges aux râteliers des autres équipes
Ton nom revient trop dans la bouche de ma chérie [1.5]

Les autres ne disent rien, il pointe sa pétoire
Sur mon visage, et bang, il me tire dans la mâchoire [2]
Le carreau éclate, ma tête pend dehors
Il ouvre la porte et me vire d’un coup de pied dans l’épaule

Défiguré, je pisse le sang, eux partent en trombe
Crament la caisse sur un terrain vague à 2 bornes [1.75]
Désarticulé sur le ventre je sens venir la fin
Quand est arrivée cette femme qui baladait son chien [2]

Sur mon lit d’hôpital je me ressasse tout
De toutes leurs accusations aucune n’était vraie, c’est fou [2]
Comment des amis d’enfance peuvent croire des ragots
Niquer la confiance, ce style de vie nous rend paranos [2]

Je n’avais pas ça en moi, la fibre pour le crime
Je crois que tout ce bordel c’était que pour les suivre [1.5]
Je repense à mon père qui a quitté cette vie
Et qui me disait si souvent quand j’étais petit [2]

Voilà la déposition de votre ami, ou de votre ex-ami, comme vous préférez !
De toute façon, on a assez de preuves pour vous inculper d’ores et déjà
Mais je dois avouer que ça m’intéresse quand même de connaître votre version des faits… [0]

La vie nous a rassemblé dès l’école
Une équipe s’est formée, où chacun avait son rôle [2]
Très tôt on a compris que l’union faisait la force
Les flingues ont fait le reste et nous, on est devenus des boss [1.5]

Unis comme les doigts de la main, on a dicté nos lois
Impitoyables, nos affaires ont pris beaucoup de poids [2]
Pas une ombre au tableau, pas un flic à l’horizon
Jour après jour, on a grandi en même temps que le réseau

On se voyait au moins une fois par jour à la maison [2]
Comme les puissants, on faisait tout dans la discrétion
On discutait business autour d’une bouteille de bourbon
Clara et Fredo se lançaient dans une grande discussion [3]

D’ailleurs, à part lui et sa caisse on la jouait profil bas
Le fisc pouvait débarquer et ça on ne le voulait pas [2]
J’ai bien essayé de lui parler, mais il n’entendait rien
Et dehors, ça commençait à jaser

Certaines personnes sèment eux-même leurs tombes
Le couperet tombe, manœuvres sombres [1.75]

De moins en moins discret, Frédo est devenu dangereux
Il aimait les montres et les caisses et il claquait aux jeux [2]
En boîte à peu près tous les soirs, il affichait le pognon
Et dans le quartier ça commençait à poser trop de questions [2]

Parfois, quand j’arrivais chez moi, il était déjà là
Clara et lui s’entendaient bien, ça me plaisait de moins en moins
A partir de là, j’ai eu des soupçons
L’ambiance est devenue beaucoup plus tendue pendant les réunions [2]

J’ai commencé à voir les autres sans le prévenir
Je leur ai parlé des trucs bizarres qu’on entendait dire [2]
Je n’en dormais plus, je crois qu’au fond, je m’attendais au pire
Même si je n’ai jamais cru qu’un jour l’un de nous pouvait trahir [2]

Ca devenait trop chaud, il fallait prendre une décision
J’en ai parlé avec les autres, ils m’ont donné raison [2]
C’est comme ça qu’on en est arrivé à la conclusion
Qu’il allait falloir se débarrasser de ce petit con [2]

On a inventé l’histoire avec les deux gars
J’ai appelé Frédo, je lui ai parlé du rencard [2]
A bord d’une caisse volée, on est passé chez lui le soir
Et je crois que vous connaissez déjà la fin de l’histoire [2]

 

 

Source : Rapgenius

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes   69.5/89 pts  soit    15.61/20

–  Profondeur                                3/4 pts
–  Punchlines/Styles                1.5/3 pts
–  Langage                                       0.5/1 pts
–  Flow                                               0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0.5/0.5 pt
–  Inventivité                              0.5/0.5 pt

Sous-total  22.11/30  soit   14.74/20

 

 

 

 

16- Notre dame veille

Quand la nuit couvre les trottoirs millénaires de cette ville
Malaise, tu sens que la tension couvre [1]
Ere glacière mec, dur à piger
Comme la banquise elle vit des années figées [0]

Han ! Marseille la nuit p’tit
Où les cerveaux s’éveillent pour travailler les victimes [2]
Centre interlope où on a fait nos armes
Sortie de cabaret, on croise de vulgaires loques

Le feu est dans nos cœurs même si maintes fois refroidi
La peur ici est une maladie [2]
Si bien que les paluches que tu serres sont à demi-ennemies
Et les pifs sont les mêmes qu’à Miami [2]

Assis sur les terrasses, les yeux dans les étoiles
On cherche où est la foi pour ne pas mettre les voiles [2]
Ouais, pour fuir ils boivent
Une vie rude, là où naissent et meurent les braves [2]

Légendes sur les quais du port au nord de la ville
Je perpétue l’honneur et le nom de ma famille [1]
C’est ça, IAM d’où il y a rien ou si peu
De ces pâtés d’rues, bordés de snacks miteux [2]

Dire qui est qui c’est dur
La BAC et les crapules tournent à trois dans les voitures [2]
Le contrôle frôlera la bavure à chaque fois, maintenant c’est sûr
Vu c’qu’ils portent à la ceinture [2]

Marseille la nuit, les aires sous réverbères
Le sort vise les mêmes et se tue à t’faire perdre [1.75]
Bocal empoisonné avec plein de locataires
Pour s’tirer d’là, beaucoup vendent père-mère [2]

Là on rentre sur les bords de la spirale
On chie sur les élèves et vendent que des mirages [1.75]
Mais c’est la Cour d’justice et pas des miracles
Et tu va passer ta vie à valser là sur le pinacle [2]

Ecoute, on a grandi avec des voyous
Cette vie j’la rêve pas, moi j’veux tailler ma route
Voyage au bout de l’enfer, au fric marié on joue [2.5]
A la roulette russe avec cinq balles dans le barillet

Marseille centre ville, dès que le soleil tombe
C’est Crypte show, l’atmosphère est vile
Les artères se vident, le cœur n’a plus d’poul
Et les porches garnis de pauvres gars qu’ont plus d’sous [2]

Notre Dame veille, la nuit s’étend
Ombres titubantes, atmosphère pesante
Remplissent les rues réputées plus clémentes [2.75]
Pris entre beau temps et blattes géantes
La ville vit, nerf à vif, à jamais virulente [2]

 

 

Source : Rapgenius

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes   34.75/45 pts  soit    15.44/20

–  Profondeur                                1.5/4 pts
–  Punchlines/Styles                1.5/3 pts
–  Langage                                       0.5/1 pts
–  Flow                                               0.75/1 pt
–  Mélodie                                       0/0.5 pt
–  Inventivité                              0/0.5 pt

Sous-total  19.69/30  soit   13.12/20

 

 

 

17- Dernier coup d’éclat

Ils sont fiers d’être les enfants de Marseille
IAM est dans la place !
Ils sont fiers de le crier sur scène [1.5]

Je partirai…comme un Samouraï! Yes , merci!

 »En ces temps très agités, (scratch) que cette victoire soit une parcelle ajoutée aux victoires éternelles de la musique contre les défaites quotidiennes de l’humanité »

La consécration pour IAM..
IAM, IAM, IAM…
Le groupe de l’année : IAM !

Un dernier coup d’éclat

Pour une fois dans ma vie, je me sens, comment dire ? Libre
Affranchi d’obligations stupides, mine [1.5]
Entre le pouce et l’index
Et si tu veux vraiment me cerner tends l’oreille et écoute un peu les textes [1.75]

Clairs, comme une nuit de pleine lune
Pour les dérouter parfois je fais rentrer la brume
Je suis complexe, la vie, la mort, attachées à ma plume [2]
Lance missile avec une rampe tanquée dans mes lacunes [2]

Parade pour la poésie qui nous a déposés
Demain c’est loin et toute la foule rappe a capella [2]
Pour mes jours à NYC où j’ai frôlé la mort
Hors catégorie IAM, on a violé la norme [1.75]

C’est pour Richard, ouais, pour mon père, ouais
Pour mon amour, tu m’as levé j’étais à terre, ouais [2]
Et cette cage qui enserre mes colères
Cahier d’un môme détruit par le système scolaire [2]

Equation qui régit tout le système solaire
Energie, trop serré les dents, j’ai perdu mes molaires [2]
Non, le coran, la bible, tous annoncent l’abîme
J’ai vu les cieux s’ouvrir au pied des pyramides [1.5]

Pour mes frères, ma main, la phalange
Impérial asiatique, Ecole du mic, ouais, honneur et talent [1.5]
Le futur est flou, quoiqu’il arrive, bosse
Le son est resté brut, allez, adios amigos [2]

On dit que les rideaux se ferment, voilà
On a des bombes dans l’arsenal
Et bien trop peu de mèches, mec
C’est que de l’amour, mec
On se fout de la fraiche, mec [2]
Je parade pour un dernier coup d’éclat [2.75]

Pour cet art brut, fils des bas-fonds, poésie de ces temps
Résistants au vent violent et martelant mes tempes
Et ce tas de phrases torturées, ces feuilles raturées
Ces basses saturées, ces caisses claires m’ont capturé [2]

Par ses bras rassuré, j’ai abattu des murs
Je me suis aventuré là où la foi ne subit pas d’usure [2]
Pour cette musique qui de ma rage se fit l’écho
C’est peut-être grâce à elle si aujourd’hui j’ai toujours pas rejoint Momo [2]

Pour mes compagnons de voyage, mes frères d’arme
Le sang-froid et la maîtrise, les seuls à rester calmes dans ce vacarme [2]
La route fut longue et le terrain souvent accidenté
Mais, cette vie a fait de nous une troupe d’élite surentrainée [0]

Embarqués malgré nous dans une course au delà de nos rêves
Humbles et sereins regarde nous, droits, le sourire aux lèvres [1.75]
Un groupe de gars à leurs baloches, bien accrochés
Soldat de Mars et j’ai l’honneur de combattre à leur côté [0]

Pour ma chair et mon sang et toute cette force qu’il m’a donnée
J’espère lui en donner autant vu tout ce futur à affronter [2]
Pour ma famille je ne pouvais pas espérer mieux
Le fils qu’ils ont fait de moi, et ça, ça se voit au plus profond de mes yeux [2]

Pour celle qui m’a donné de l’air quand j’étais en apnée
Qui m’a rappelé que de belles choses peuvent encore m’arriver [-1]
Au nom de tous ces gens, des coups d’éclat, ouais j’en ai fait
Gardiens des miens, laisse-moi parader pour le dernier [-1]

 

 

Source : Rapgenius

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes   38.5/64 pts  soit   12.03/20

–  Profondeur                             1.25/4 pts
–  Punchlines/Styles             1/3 pts
–  Langage                                    0.5/1 pts
–  Flow                                            0.75/1 pt
–  Mélodie                                     0/0.5 pt
–  Inventivité                            0/0.5 pt

Sous-total  15.53/30  soit   10.35/20

 

 

 

18- Nuit Bleue

Parfois le fardeau est si lourd, qu’on se dit qu’on n’ira pas au bout
On fait bonne figure et on rit, avec une corde au cou [2]
C’est pour ceux et celles qui ont le gris en overdose
Ne vont plus vers d’autres, les portes closes se superposent [2]

Révélateur, où sont les super potes ?
Supercherie, amitié violée, sans capote, super moche [1.75]
Parce qu’on est seul dans le trou, et qu’il n’y a pas d’issue
L’âme se dissout, et se noie dans le blues

Perdre l’amour, ou crouler sous les dettes,
Combien choisissent une fin, avec le canon posé sur leur tête, [2]
J’ai connu ça c’est égoïste et cruel,
J’ai voulu vivre malgré ces six ans dans le tunnel, [2]

Voyage au fond de mes tripes, et dans mes pensées tristes,
C’est sûr que c’est la plus lâche des fuites, [2]
De retour à la surface tout apparaît sous d’autres auspices,
Et on se dit « Mon dieu Merci j’ai renoncé au pire » [1.5]

La vie est un miracle, et vaut le coup pour qui veut
Voir de ses yeux, la beauté d’une nuit bleue [2]
Ne serait-ce que, la chance d’un autre matin
L’aurore qui a poussé la mort loin de ses mains [2]

Si tu aimes cette cette vie allez touche l’air
Si tu te bats pour du mieux, allez shoote l’air
Sous nos pieds la trotteuse ah ouais coupe l’air (Ah ouais !!)
Pointe l’univers arrimé à ce bout de Terre [2]

Assis sur le rebord, les yeux et les pieds dans le vide,
Ma vie a défilé jusqu’au moment où j’ai perdu le fil [1.5]
Enfermé dans une cage ou seule la douleur demeurait visible
J’ai fini par croire que le plongeon c’était l’issue possible [2]

J’ai chuté à n’en plus finir, aucune main à saisir
Oubliant la douceur d’une nuit la chaleur d’un sourire [2]
J’ai failli déserter le champ de bataille
Mais cette photo en noir et blanc m’a rappelé que les anges eux sont de taille [2]

Alors la flamme s’est rallumée, le soleil est revenu
Chassant les nuages et ce brouillard qui a tant brouillé ma vue [2]
Même si je n’ai rien, être aimé, c’est pas si mal
Mais ça tu peux pas le voir quand t’as le moral dix mètres au plus bas [1.75]

Alors je vais vivre maintenant, jusqu’à en perdre haleine
Chaque minute chaque seconde passée tout près de ceux que j’aime [1.75]
Les idées noires je leur tordrai le coup et la mort attendra son tour,
Je crois que je vais prolonger le séjour. [2]

 

 

Source : Rapgenius

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes   34.25/40 pts  soit   17.12/20

–  Profondeur                            2.25/4 pts
–  Punchlines/Styles             1/3 pts
–  Langage                                    0.5/1 pts
–  Flow                                             0.75/1 pt
–  Mélodie                                     0/0.5 pt
–  Inventivité                             0/0.5 pt

Sous-total  21.62/30  soit   14.41/20

 

 

 

 

Pour conclure

 

Iam arts martiens groupe

 

 

Évaluation textuelle de cet album – Arts Martiens – est de  soit   12.71/20 (228.79/18) 

 

Il peut donc être qualifié d’album textuellement bon 

 

 

 

Osez le bon sens !

 

YDM

Be the first to comment on "IAM – Arts Martiens : textuellement bon"

Leave a comment