[Humanité] Charles Beigbeder. Charlatan bien ordonné
 commence par lui-même

Charles Beigbeder a deux talents, au moins : il a toujours su transformer le vent en or, puis mettre les voiles avant que la supercherie n’éclate. Né de l’union d’un chasseur de têtes pour groupes du CAC 40 et d’une aristo défroquée traductrice de romans à l’eau de rose, il a dû, pour convaincre le monde de sa réussite, déployer des trésors d’imagination qu’on cherchera vainement en librairie dans les pochades de son cadet, Frédéric. Croisement entre Géo Trouvetou et Picsou, avec sa gueule de séraphin, des cravates Hermès et le brushing toujours impeccable, ce catho lisse pratiquant reçoit le pèze, le fric et le saint bénéfice sans confession.

Selon la légende qu’il arrose soigneusement à chaque occasion, au mitan des années 1990, Charles Beigbeder s’ennuie à mourir dans une banque d’affaires. Un jour, il apprend, dans les pages saumon du Figaro, l’essor des opérations de courtage boursier sur Internet aux États-Unis. En France, les agents de change ont, il le découvre alors, perdu leur monopole. Un matin, le misérable salarié se réveille « serial entrepreneur » émancipé : il monte Selftrade, une start-up qui cassera les prix des ordres de Bourse, et qui, dans ses publicités, sertira de diamants d’aussi vieux outils que la faucille et le marteau, ou fera se retourner dans leurs tombes Marx et Trotski. En 2002, Charles Beigbeder guette un autre secteur cible soumis à une ­directive européenne de libéralisation : il y a les télécoms, mais d’autres gros malins sont arrivés avant lui ; ça sera l’énergie avec Poweo, car, à Barcelone, Chirac et Jospin viennent de gober ­l’ouverture du marché à la concurrence. « Le 1er juillet 2004 pour les professionnels, le 1er juillet 2007 pour les particuliers, c’est parfait, s’exclame-t-il. Ça nous laisse le temps de créer une entreprise de commercialisation d’électricité. » Quand, en 2007, Sarkozy défiscalise l’impôt sur la fortune (ISF) investi dans les PME, Charles Beigbeder crée un fonds pour accumuler cette nouvelle manne. Il s’intéresse aussi aux agrocarburants – puisqu’on en parle dans les journaux –, et le voilà propriétaire d’anciens kolkhozes en Ukraine ! Appâté, en 2008, par les succès en grandes surfaces, il ­commercialise sous la marque ­Happytime des coffrets cadeaux avec des séjours et loisirs tout compris.

Que reste-t-il de cette saga ?

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