Hubert-Félix Thiéfaine – Suppléments de mensonge : textuellement bon

Hubert-Félix Thiéfaine

Hubert-Félix Thiéfaine, dit aussi HFT, est un auteur-compositeur-interprète français né à Dole (Jura) le 21 juillet 1948.

Parmi une famille de six enfants (il a écrit une chanson pour ses parents, intitulée When Maurice meets Alice, dans l’album Scandale mélancolique), il passe sa scolarité dans plusieurs établissements publics et privés de Besançon, et au pensionnat jésuite Notre-Dame de Mont Roland de Dole (Jura), où il a comme condisciple les futurs chanteurs Laroche Valmont et Cookie Dingler. Après des études de droit et de psychologie, il va à Paris tenter sa chance dans les cabarets rive gauche en 1971, notamment au club des poètes de Jean-Pierre Rosnay, au Pétrin et à la Maison pour tous de la rue Mouffetard. Il a déclaré savoir depuis l’âge de 10 ans qu’il voulait être chanteur.

Bien que peu présent dans les grands médias, Hubert-Félix Thiéfaine connaît un succès relativement important depuis le début de sa carrière : ses albums sont pratiquement tous consacrés disques d’or et ses concerts font régulièrement le plein, grâce à la fidélité et l’attachement de son public. Il reçoit d’ailleurs le Grand prix de la chanson française de la SACEM le 14 novembre 2011, alors que Suppléments de mensonge obtient à l’automne 2011 un disque de platine (pour deux cent cinquante mille ventes). Cet album est récompensé aux Victoires de la musique 2012 dans la catégorie Album de chansons. Il obtient également la Victoire du meilleur interprète masculin de l’année 2012

Source : wikipedia

 

Comment fonctionne l’évaluation textuelle ?

 

Suppléments De Mensonge

 

Évaluation textuelle de cet album est de 13.48/20 (202.32/15).
Il peut donc être qualifié d’album textuellement bon   –   à découvrir

Qu’ai-je pensé de cet album ?

Il faut tourner 7 fois sa langue avant de s’exprimer. A l’avenir, j’espère pouvoir m’en souvenir. Dans un précédent article, j’avais pourri Hubert-Félix Thiéfaine, grand vainqueur des victoires de la Musique, que j’avais automatiquement rangé dans la gangue dans laquelle la chanson française s’enlise. Je m’étais trompé. Et pas qu’un peu.

Cet album est une grande réussite textuelle. Riche, profond, exemplaire. ça fait du bien de découvrir une belle œuvre. Vous en avez largement pour votre argent.

Nous l’avons bien évidemment acheté et comme d’habitude, nous le mettons à disposition à celui qui en fera la demande.
Suppléments De Mensonge

 

1. La ruelle des morts
Avec nos bidons en fer blanc
On descendait chercher le lait
A la ferme au soleil couchant [2]
Dans l’odeur des soirs de juillet [-1]
On avait l’âge des confitures,
Des billes et des îles au trésor
Et on allait cueillir les mûres [2]
En bas, dans la ruelle des morts [2]

On nous disait que Barberousse
Avait ici sa garnison
Et que dans ce coin de cambrousse [2]
Il avait vaincu des dragons [2]
On avait l’âge de nos fêlures
Et on était conquistadors
On déterrait casques et fémurs [2]

Dans la ruelle des morts [1]

On arrosait toutes nos victoires
A grands coups de verres de kéfir
Ivres de joie et sans l’savoir [2]
On reprenait Mers el-Kebir [2]
Puis c’étaient nos chars en Dinky
Contre les tigres et doryphores [1]
Qui libéraient la French County [2]

Que ne demeurent les printemps
A l’heure des sorties de l’école
Quand les filles nous jouent leurs seize ans [2]

Pour une « bouive » ??? de Royale Menthol [2]
Je n’sais plus si c’était Françoise
Martine, Claudine ou Marie-Laure [1]
Qui nous f’saient goûter leurs framboises [2]

Que ne demeurent les automnes
Quand sonne l’heure de nos folies
J’ai comme un bourdon qui résonne [2]
Au clocher de ma nostalgie [2]
Les enfants cueillent des immortelles,
Des chrysanthèmes, des boutons d’or [1]
Les deuils se ramassent à la pelle [2]

Source : parolesmania 
Évaluation YDM,

–  Rimes    33/36 pts
–  Punchlines              0/2 pts
– Profondeur              0.5/1 pt
–  Mélodie                   0.75/1 pt
–  Flow                        0.75/1 pt
Sous-total  35/41  soit   17.07/20
2. Fièvre résurrectionnelle

 

Sous un brouillard d’acier
dans les banlieues d’Izmir, de Suse ou Santa-fé [0]
6 milliards de pantins au bout de la lumière
qui se mettent à rêver d’un nouvel univers [2]
mais toi tu restes ailleurs dans un buzz immortel
à fabriquer des leurres en fleurs artificielles [2]
pour les mendiants qui prient les dieux & les chimères
les trafiquants d’espoir aux sorties des vestiaires [2]
je t’aime & je t’attends à l’ombre de mes rêves
je t’aime & je t’attends & le soleil se lève [2]
& le soleil

Dans un rideau de feu
dans les banlieues d’Auckland, de Cuzco ou Montreux [2]
6 milliards de fantômes qui cherchent la sortie
avec des sonotones & des cannes assorties [2]
mais toi tu viens d’ailleurs, d’une étrange spirale
d’un maelström unique dans la brèche spatiale [2]
avec autour du cou des cordes de piano
& au poignet des clous pour taper le mambo [2]

Dans son plasma féerique
dans les banlieues d’Hanoï, de Sfax ou de Munich [2]
6 milliards de lépreux qui cherchent leur pitance
dans les rues de l’amour en suivant la cadence [2]
mais toi tu cherches ailleurs les spasmes élémentaires
qui traduisent nos pensées comme on traduit Homère [2]
& tu m’apprends les vers d’Anna Akhmatova
pendant que je te joue Cage à l’harmonica [2]

Ivre de ses vieux ors
dans les balieux d’Angkor, d’Oz ou d’Oulan Bator [2]
6 milliards de paumés levant la tête au ciel
pour y chercher l’erreur dans un vol d’hirondelles [2]
mais toi tu planes ailleurs sur des nuages flous
dans de faux arcs-en-ciel vibrant de sables mous [2]
tu chantes des arias d’espoir universel
pour faire que le soleil se lève sur nos e-mails [2]

là-bas sur l’horizon
venant d’Hélipolis en jouant Hypérion [2]
6 milliards de groupies qui l’attendent hystériques
dans le stade au jour j en brouillant la musique [2]
mais toi tu squattes ailleurs dans un désert de pluie
en attendant les heures plus fraîches de la nuit [2]
& tu me fais danser là-haut sur ta colline
dans ton souffle éthéré de douceurs féminines [2]
Source : parolesmania
Évaluation YDM,

–  Rimes    40/43 pts
–  Punchlines              0.25/2 pts
–  Profondeur              0.75/1 pt
–  Mélodie                   0.75/1 pt
–  Flow                        0.75/1 pt

Sous-total  42.5/48  soit   17.70/20
3. Trois poèmes pour Annabel Lee

 

La lune s’attarde au-dessus des collines
& je sens les lueurs des étoiles sous ta peau
fleurs de jacaranda & parfum d’aubépine [2]
dans cet or de la nuit tes cheveux coulent à flots
les groseilles boréales & les airelles fauves
au velours de tes lèvres humides & licencieuses
me laissent dans la bouche un goût de folie mauve [2]
un arôme estival aux couleurs silencieuses [2]

Annabel lee
pas un seul cheveu blanc
n’a poussé sur mes rêves
Annabel lee [1]
au roman des amants [2]
je feuillette tes lèvres [1.75]

Vapeurs de canneberge oubliées dans la bruine
& sur les pétroglyphes de tes bleus sanctuaires
l’esprit de la mangrove suit l’ombre de tes djinns [2]
& dézeste les grumes aux subtils estuaires [2]
ne laisse pas la peur entrouvrir le passage
obscur & vénéneux dans l’argent de tes yeux
mais donne à la lumière tes pensées les plus sages [2]
pour un instant de calme, de plaisir délicieux [2]

j’ai dans mes récepteurs
le parfum de ta voix

je te connais par cœur [2]
sur le bout de mes doigts [2]

Au loin dans la vallée la brume se mélange
aux pastels de safran de violette & d’orange [2]
& j’en vois les reflets dans ton regard voilé
par des réminiscences d’antiques cruautés [0]
ne laisse pas les mères de vinaigre envahir
tes pensées ta mémoire tes rêves & ton sourire [2]
chasse au loin ta détresse laisse entrer le printemps
le temps de la tendresse & de l’apaisement [2]

Source : parolesmania

 

Évaluation YDM,

–  Rimes    28.75/34 pts
–  Punchlines              1/2 pts
–  Profondeur              0.5/1 pt
–  Mélodie                   0.5/1 pt
–  Flow                        0.75/1 pt

Sous-total  31.5/39  soit   16.15/20
4. Garbo Xw Machine
j’ai longtemps kiffé dans la boue
sur de longs chemins chaotiques
en transmutant le je en nous [2]
dans une alchimie romantique [2]
mes actions d’amour d’évaluées
m’on laissé des larmes à crédit
& maitenant je viens m’annuler [2]
devant ton lapis lazuli [2]

prends mon pion dans ton circuit
garbo xw machine
prends mon pion dans ton circuit [1]
j’aime tant ta froideur féminine [2]
prend mon pin dans ton circuit

machine!machine!machine!

ne me dis pas que tu es anglais
ont attaqué ta forteresse
que je dois déclarer forfait
avec mon doberman en laisse [2]
je boirai le sang de ta plaie [-1]
& deviendrai le vampire nu
dans le coffre de tes jouets [0]

je te laisserais me déchirer
m’arracher la chair & les os
me greffer d’infernales idées [0]
dans le gouffre de mon cerveau [2]
tandis que mes doigts sous ta soie
chercheront la corde sensible
celle qui remonte jusqu’à ta voix [2]
en hurlant au coeur de ma cible [2]
Source : parolesmania

 

Évaluation YDM,

–  Rimes    18/29 pts
–  Punchlines              0/2 pts
–  Profondeur              0/1 pt
–  Mélodie                   0.25/1 pt
–  Flow                        0.25/1 pt

Sous-total  18.5/34  soit   10.88/20
5. Petit matin 4.10 heure d’été

 

le temps passe si lentement
& je me sens si fatigué
le silence des morts est violent [2]
quand il m’arrache à mes pensées [-1]
je rêve de ses ténèbres froides
électriques & majestueuses
où les dandys se tiennent roides [2]
loin de leurs pulsions périlleuses [2]
je rêve tellement d’avoir été
que je vais finir par tomber [-1]

dans cette foire aux âmes brisées
où le vieux drame humain se joue
la folie m’a toujours sauvé [-1]
& m’a empêché d’être fou [2]
je me regarde au fond des yeux
dans le miroir des souvenirs
si partir c’est mourir un peu [2]
j’ai passé ma vie à… partir [2]

mes yeux gris reflètent un hiver
qui paralyse les cœurs meurtris
mon regard vient de l’ère glaciaire [2]
mon esprit est une fleur flétrie [2]
je n’ai plus rien à exposer
dans la galerie des sentiments
je laisse ma place aux nouveaux-nés [-1]
sur le marché des morts-vivants [2]

je fixe un océan pervers
peuplé de pieuvres & de murènes
tandis que mon vaisseau se perd [2]
dans les brouillards d’un happy-end [1.75]
inutile de graver mon nom
sur la liste des disparus
j’ai broyé mon propre horizon [2]
& retourne à mon inconnu [2]

déjà je m’avance en bavant
dans les vapeurs d’un vague espoir
l’heure avant l’aube du jour suivant [2]
est toujours si cruellement noire [2]
dans le jardin d’Eden désert
les étoiles n’ont plus de discours
& j’hésite entre un revolver [2]
un speedball ou un whisky sour [2]

 

Source : parolesmania

 

Évaluation YDM,

–  Rimes    29.75/42 pts
–  Punchlines              0.5/2 pts
–  Profondeur              0.75/1 pt
–  Mélodie                   0.5/1 pt
–  Flow                        0.75/1 pt

Sous-total  32.25/47  soit   13.72/20
6. Compartiment C Voiture 293
tu sembles si loin
si proche à la fois
dans l’ordre incertain [2]
d’un silence bourgeois [2]
voyageuse solitaire
entourée de mystère [2]

les pages que tu lis
nous cachent ton regard
te cachent-elles aussi [2]
qu’une guerre se prépare [2]

est-ce que tu fuis dans ce train
quelque amant
qui chercherait à briser ton silence
est-ce que tu fuis dans ce train [1]
quelque enfant [1]
qui volerait ton indépendance

ton compartiment
reflète sans passion
ton comportement [2]
de femme au salon [2]

le soleil couchant
joue avec l’horizon
et tes sentiments [2]
se cherchent une raison [2]

des serments
prononcés lors d’une dernière danse

 

Source : parolesmania
Évaluation YDM,

–  Rimes    20/26 pts
–  Punchlines              0/2 pts
–  Profondeur              0.25/1 pt
–  Mélodie                   0.5/1 pt
–  Flow                        0.75/1 pt

Sous-total  21.5/31  soit   13.87/20

 

7. Infinitives voiles

 

infinitives voiles qui hantaient mes doux rêves
je m’en vais ce matin recueillir votre sève [2]
dans l’ambulance tiède qui m’arrache à l’horreur
des troubles de mon double ivre et blasphémateur [2]
je m’en vais ce matin vers les bleus paradis
les couloirs lumineux ou je laisse la copie [2]
de mes fièvres insomniaques/excès de bile noire
dans le cadre inversé d’un combat sans espoir [2]

infinitives voiles qui venez me bercer
quand les infos se vrillent au fond de ma pensée [-1]

laissez-moi lâcher prise dans le vent qui se lève [1]
laissez-moi décharger mes cargos migrateurs
& m’envoler là-bas vers les premières lueurs [2]
dans le blanc des sommets des montagnes perdues
retrouver l’équation de mon ombre inconnue [2]
& le miroir intime d’une enfance bâclée
pour y graver l’espoir d’un futur désiré [-1]

je marcherais sur l’eau/je remplirai mes brèves [1]
avec d’autres comptines/avec d’autres histoires
que celles qui se racontent en bordure des comptoirs [2]
j’arracherai mon masque & ma stupide armure
mes scarifications de guerrier de l’absurde [1.75]
& je viendrai poser ma tête d’enfant sage
sur les gréements chauffés à blanc de vos rivages [2]
Source : parolesmania
Évaluation YDM,

–  Rimes    17.75/24 pts
–  Punchlines              0/2 pts
–  Profondeur              0.25/1 pt
–  Mélodie                   0.5/1 pt
–  Flow                        0.75/1 pt

Sous-total  19.25/29  soit   13.27/20

 

8. Ta vamp orchidoclaste

 

J’ai rencontré des meufs que j’ai su éviter
Mais je crois que la chance n’est pas de ton côté [-1]
Si les hommes viennent de Mars et les femmes de Pigalle
T’as trouvé la plus dingue des espèces infernales [2]
Ta vamp orchido’
Ta vamp orchidoclaste
Ta Cendrillon tarée vient d’un autre univers
Y’a des traces de trou noir sur sa chaussure de vair [2]
Elle court dans tes couloirs, elle rue dans tes converses
Elle t’entraîne en hurlant dans des voies qui s’inversent [2]

C’est une brise-burnes, une casse-burettes
Un cauchemar diurne, une trouble-fête [2]
Une tornade en croco, qui se chauffe au benzo
Aux vibrations néfastes, ta vamp orchido’ [2]

Tu n’es pas fatigué d’offrir tes vieux démons
A cette fille des sixties qui traine avec ton nom [2]
Plus vite qu’un mocassin dans la boue du bayou
Elle pompe ton énergie sur un rythme vaudou [2]

Elle te couvre les yeux d’une peau de panthère noire
Elle t’empêche de penser elle qui t’empêche de voir [2]
La vérité en face c’est la réalité
De ce que tu seras quand elle t’aura vidé [1.75]

Si elle perd sous la pluie ses clopes et sa barrette
Ta Gorgone se transforme en furie sous amphètes [2]
Et j’en deviens baba et les quarante voleurs
Sous ses yeux de sorcière et de ventilateur [2]

Toujours à critiquer, toujours à raconter
Quelques sordides horreurs sur tes ami(e)s passé(e)s
Elle t’entraîne dans un gouffre aux multiples rancœurs
Où je préfère m’enfuir en te laissant l’honneur [2]
L’honneur de lui chanter [-1.5]

Source : parolesmania

 

Évaluation YDM,

–  Rimes    21.25/31 pts
–  Punchlines              0/2 pts
–  Profondeur              0.25/1 pt
–  Mélodie                   0.25/1 pt
–  Flow                        0.5/1 pt

Sous-total  22.25/36  soit   12.36/20
9. Lobotomie Sporting Club

frelons hurlant dans nos crânes
scorpions rampant dans le crash de nos âmes
serpents visqueux englués dans les squames [2]
de nos bourbeuses mémoires d’humanoïdes insanes [2]
nous n’sommes que des branleurs
gélatineux babouins
des crapoteux glandeurs [2]
clowns et sacs à vin [2]
pignoles ! envie de tout plomber
envie de tout scratcher… de tout désintégrer [-1]
faire cramer les télés avant que de crever
de peur dans les coulisses des shows climatisés [-1]

soleil-cafard
futur glacé
matin blafard [2]
cerveaux détraqués [0]
fleurs suburbaines
crasseuses beautés
anges de la haine [2]
fin programmée [-1]

nervis casqués d’étincelles
rottweilers devant les maternelles [2]
bannières désétoilées
caméras et dentelles
dans l’œil des rats squattant les paradis virtuels [2]
lobotomie-média propaganda flippée
lobotomie-média propaganda fliquée [0]

 

Source : parolesmania

 

Évaluation YDM,

–  Rimes    13/27 pts
–  Punchlines              0.25/2 pts
–  Profondeur              0.75/1 pt
–  Mélodie                   0.5/1 pt
–  Flow                        0.75/1 pt

Sous-total  15.25/32  soit   9.53/20

 

10. Les ombres du soir

 

elle dort au milieu des serpents
sous la tonnelle près des marais
les yeux au-delà des diamants [2]
qu’elle a incrustés dans ses plaies [-1]
elle dit c’est pas St Augustin
qui joue du violon dans les bois
& Paginini encore moins [2]
ça semble étrange mais je la crois [2]
j’ai rien entendu par ici
depuis des siècles et ma mémoire
au fil des brouillards et des nuits [2]
se perd dans les ombres du soir [2]

là-bas, plus loin coule une rivière
qui nous sert de démarcation
enfin j’veux dire pendant les guerres [2]
quand on a une occupation [2]
les spectres des morts lumineux
se promènent la nuit sous les saules
et ceux qu’oublient de faire un vœux [2]
en perdent soudain leur self contrôle [2]
on les r’trouve collés à la pluie [1]

J’ai vu pas mal de filles tomber
souvent là-bas du haut du pont
et faire semblant de se noyer [0]
en chevauchant leurs illusions [2]
elle, elle me fixe tendrement
elle caresse un aspic et dit
rien vu de tel depuis longtemps [2]
oh non, rien de tel, mon ami [2]
pas vu de telles orgies ici

au souffle brumeux des vipères
elle me montre du doigt la sphaigne
où tritons, salamandres en guerre [2]
se battent au milieu des châtaignes [2]
tu sais déjà me murmure-t-elle
qu’il faut séduire pour mieux détruire
et dans un geste et des bruits d’ailes [2]
elle disparaît dans un sourire [2]
puis elle revient et me poursuit [1]

hm… elle joue avec ses serpents

mais ses visions ne durent qu’un temps
et le le temps lui–même disparaît [0]
les heures se courbent dans l’espace
et tournent autour d’un monde ancien
où les lunes s’estompent et s’effacent [2]
en glissant sur un flux sans fin [2]
d’aucuns en cherchent la sortie [1]
Source : parolesmania
Évaluation YDM,

–  Rimes    38/47 pts
–  Punchlines              0/2 pts
–  Profondeur              0/1 pt
–  Mélodie                   0.5/1 pt
–  Flow                        0.5/1 pt

Sous-total  39/52  soit   15/20
11. Québec November Hotel

 

le ciel bleu sur le St Laurent
semble jaillir de l’océan [2]
et je me refais la banane
les yeux masqués sous mes Ray Ban [2]
2700 tours cap nord-est
valises à lôuest d’Halifax
Nouveau Brunswick je fais mon best [2]
pour me recentrer sur mon axe [2]

Fox Quebec November Hotel
je gèle ben raide dans mon Dornier
Fox Quebec November Hotel [1]
ok je monte à 2000 pieds [-1]

direction St Pierre et Miquelon
le slow vine face à la mousson [2]
je toffe les runs j’suis sur go
ben d’équerre dans mon lumbago [2]
faut qu’je pense à mes aiguillages
à ma benzine faut que j’abreuve
mes 700 chevaux dans les nuages [2]
avant la tempête à Terre Neuve [2]

Allo y’a quelqu’un à Saint-Pierre ?
Je suis passé en vent arrière [2]
Je me pointe en (dans l’) approche finale
Dans l’angle septentrional [2]
Alertez la Morue Joyeuse
Dites-leur que le fantôme d’Al Capone
Cherche un taxi et les chauffeuses [2]
Pour aller danse la chacone [2]

ok j’suis prêt à m’atterrer

ok je vais finir à pied [-1]
Source : lyricsdeclip

 

Évaluation YDM,

–  Rimes    23/30 pts
–  Punchlines              0/2 pts
–  Profondeur              0/1 pt
–  Mélodie                   0/1 pt
–  Flow                        0.5/1 pt

Sous-total  23.5/35  soit   13.42/20
12. Les Filles Du Sud

 

souvent je pense à toutes ces nuits
où j’ai tenté de m’engloutir
les yeux brûlés par l’insomnie [2]
le corps ivre de se détruire [2]
dans mes notes d’un souterrain
je repense à Svidrigaïlov
les amants & les assassins [2]
ont souvent manqué d’un my love [2]

mais peu importe la sourate
ce qui doit être dit est dit
si j’dois m’écrouler sous une batte [2]
c’est pas la faute à je n’sais qui [2]
les seules qui pourront dire leur nom
sur l’interphone des solitudes
sont celles qui m’auront fait leur don [2]
du regard noir des filles du sud [2]

elles ont la tristesse silencieuse
derrière la beauté d’un sourire
& puis se perdent en amoureuses [2]
devant l’idiot qui les fait rire [2]
& soudain elles changent de décor
elles deviennent l’ombre de leur lit
& je lis les lignes de leurs corps [2]
en en épousant les replis [2]

plus tard la méditerranée
viendra troubler nos attitudes
le vent laisse d’étranges traînées [-1]
sur les quais de nos certitudes [2]
mais la belle innamorata
est une femme au corps allongé
entre le doute & son karma [2]
entre ses formes & sa pensée [-1]

Source : parolesmania
Évaluation YDM,

–  Rimes    26/32 pts
–  Punchlines              0/2 pts
–  Profondeur              0/1 pt
–  Mélodie                   0.5/1 pt
–  Flow                        0.5/1 pt

Sous-total  27/37  soit   14.59/20
13. L’amour est une névrose

 

Sur la courbe de gausse
Des transferts suburbains
L’ennui métamorphose [2]
Le fond des nuits sans fin [2]
Où les maris moroses
Retournent au quotidien
Vers ces morgues où repose [2]
Leur conjugal destin [2]

Amour-névrose
Une ampoule nue sans tain
Amour-névrose [1]
Une chute, une overdose, [2]

Blues de chiennes en chaleur
Qui retournent à la niche
A l’heure où les bonnes sœurs [2]
Font bander les caniches [2]
Parangon de vieille peur
De la mort quand ça triche
Avec l’appât d’un leurre [2]
Qu’a la gueule de Dietrich

Un sirupeux bakchich [3]

Amour bleu du passé
Qui revient de la guerre
Pour une éternité [-1]
Qui s’amuse à l’envers [2]
Juste une jupe relevée
Sur une banquette arrière
Et un christ embourbé [-1]
Sur la croix d’un calvaire [2]

 

Source : parolesmania

 

Évaluation YDM,

–  Rimes    21/29 pts
–  Punchlines              0/2 pts
–  Profondeur              0/1 pt
–  Mélodie                   0.5/1 pt
–  Flow                        0.5/1 pt

Sous-total  22/34  soit   12.94/20
14. Modèle dégriffé

 

Je te vois dans les miroirs et je contemple en rêvant
Les joyaux de ton histoire, la folie du tes vingt ans [2]
Je te vois et je me perds à te regarder danser
Tu as tellement la manière de tout vouloir bousculer [-1]
Tu es belle à rendre fous ceux qui voudraient te piéger
Mais tu sais rendre si doux les fauves aux crinières d’acier
Et tu joues dans les ruelles où les perdants vont tricher [-1]
Au milieu des étincelles de tes flagrances enflammées [0]
Et tu vois

Et tu vois je prends le temps
Patiemment je prends le temps, le temps [1]
Oui tu vois je prends le temps

Je suis le seul confident de ton labyrinthe obscur
Et si je suis ton amant je suis aussi ton augure [2]
Je peux lire ton avenir dans ta façon de marcher
Et je sais que tes désirs font partie de mon passé [0]
Tu te blottis contre moi pour oublier tes ennuis
Et tu as tes propres lois et tu gouvernes mes nuits [2]
Mais ce temps qui m’appartient, c’est le temps de ton sourire
Le temps d’un matin qui vient m’achever et m’abrutir [2]

En fait, que sais-je de toi quand tu connais mes secrets ?%%%
Est-ce que tu te sers de moi ? Est-ce que je suis ton jouet ? [-1]
Le reflet de ta beauté dans l’ombre de ton mépris
Trouble espiègle et sans pitié, le double jeu de tes nuits [1]

Et tu vois je prends le temps, le temps de dire seulement maintenant%%%
Maintenant, vas-t-en ! [2]

 

Source : youtube

 

Évaluation YDM,

–  Rimes    10/26 pts
–  Punchlines              0/2 pts
–  Profondeur              0.25/1 pt
–  Mélodie                   0.5/1 pt
–  Flow                        0.75/1 pt

Sous-total  11.5/31  soit   7.41/20
15. Casino sexe et tendritude

 

Le silence est à la portée
de n’importe quelle fille blindée
j’ai longtemps cru que l’on pourrait [0]
s’aimer sans se contaminer [0]
j’écoute la douceur de ta peau
dans l’écrin de sa lingerie
la tendre élégance de tes mots [2]
dans le vertige de nos nuits [2]

Je sais que tu peux être cool
mais tu aimes trop le goût du jeu
je planque mes cartes sous ton full [2]
quand tu me fixes dans les yeux
quand tu me fixes dans les yeux [2]

Dans l’efflorescence abusive
de tes phéromones de pieuvre
tu m’envoûtes belle et lascive [2]
sous l’axe mortel de tes œuvres [2]
femme enfant tombée de mes rêves
sur moi ton venin est sans prise
mithridatisé sur tes lèvres [1.75]
je survis à tes mignardises [2]

Les brouillards des zones secondaires
dans les pâles vapeurs de la nuit
nous rapprochent et nous exonèrent [2]
d’une sensibilité transie [1]
le futur sort ses vieux cartons
remplis de nos rapports hybrides
demain à l’aube nous partirons [2]
herboriser l’alcaloïde [2]
Source : lyricstranslate

 

Évaluation YDM,

–  Rimes    22.75/29 pts
–  Punchlines              0/2 pts
–  Profondeur              0.5/1 pt
–  Mélodie                   0.5/1 pt
–  Flow                        0.75/1 pt

Sous-total  24.5/34  soit   14.41/20

 

Pour conclure

 

Suppléments De Mensonge

Évaluation textuelle de cet album est de 13.48/20 (202.32/15).

Il peut donc être qualifié d’album textuellement bon   –   à découvrir

 

Osez le bon sens !

YDM

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