Grand Corps Malade – Funambule : textuellement satisfaisant

Grand Corps Malade

Fabien Marsaud, connu sous le nom de scène de Grand Corps Malade, est un auteur et slameur français né le 31 juillet 1977 au Blanc-Mesnil en Seine-Saint-Denis. Il a mis en lumière le style musical du slam et popularisé le genre en France.

 

Source : Wikipedia

 

 

 

PRINCIPES DE NOTATION DES TEXTES DE RAP

 

la-pochette-du-nouvel-album-de-grand-corps

Évaluation textuelle de cet album – Funambule – est de  soit   11.60/20 (150.85/13) 


Il peut donc être qualifié d’album textuellement satisfaisant

 

 

 

Qu’ai-je pensé de cet album ?

Je ne sais toujours pas.

Funambule

 

 

 

 

 

1. Au théatre

Acte 1, scène 1, unité de temps, unité de lieu;
La pièce durera toute ta vie, l’histoire se déroule sous tes yeux. [2]
Le rideau vient de s’ouvrir, toi tu soulèves les paupières.
Tes parents gèrent la mise en scène, ta pièce démarre et ils sont fiers; [1.75]

Ils te souhaitent pas une tragédie, ils préfèrent que l’histoire soit drôle.
C’est le théâtre de ta vie, c’est toi qui tient le premier rôle, [1.5]
Tu regardes autour de toi les projecteurs, les premiers rangs,
Les gens qui te donnent la réplique et puis les autres, les figurants. [1.5]

Tes parents ont écrit le début, mais tu vas vite réaliser
Que pour la suite, c’est entendu, tu vas devoir improviser,  [0]
Et puis trouver les bons dialogues, dans ce premier acte, tu es bavard,
Ce ne sera pas une pièce d’auteur, mais du théâtre de boulevard. [1.5]

Alors ton histoire défile sous la rumeur des spectateurs,
Ton personnage perd l’innocence, t’essaies de rester à la hauteur, [1.5]
Face aux premières piques de l’intrigue, face aux premiers mauvais accords,
Derrière les apparences bien lisses, tu découvres l’enfer du décor. [1.5]

Au théâtre on joue ta vie, j’ai vu ton nom sur l’affiche
Le scénar’ est en friche, modifie-le, tu t’en fiches [1.75]
Pour jouer les plus belles scènes et à l’heure de saluer le public,
Que tu aies le privilège d’avoir deux ou trois bonnes critiques [1.75]

L’histoire peut être riche, faut pas que tu traînes, faut pas que tu triches [1]
Pour t’offrir de l’ivresse, du vertige, de l’émotion,
Et qu’à la fin les gens se lèvent pour ta dernière ovation. [1.5]

Alors de cour à jardin, maintenant tu fais les cent pas,
Tu côtoies les bons comédiens, et puis y a ceux que tu sens pas. [1]
On fleurte avec le vaudeville avec toutes ces portes qui claquent,
Tu vois moins tes parents, ingratitude du deuxième acte.

Tu l’as compris sur les planches, c’est la cour de création,
Dans toutes les situations, tu vas faire preuve d’adaptation, [2]
Dans un monde où le prévisible perd souvent le contrôle,
Le bon comédien est celui qui sait jouer tous les rôles [1.5]

Et c’est là qu’intervient celle qui donne du sens à ta pièce,
Sous les feux de la rampe, ta prétendante met tes attentes en liesse, [1.75]
Tout prend de l’importance, c’est ce que ton homologue indique
Fini le théâtre de boulevard, tu tiens ta tragédie antique. [1.75]

Si tout va bien, l’amour donnera de nouveaux petits acteurs,
Qui à leur tour, joueront leur pièce devant la foule des spectateurs. [2]
Tu mettras en scène leurs débuts, t’as compris les règles du pacte,
Avant de retrouver l’énergie de t’atteler à ton troisième acte. [2]

Du public, on voit tes doutes, on voit tes gouttes, on voit la sueur,
Tes déboires, tes trous de mémoire, tes espoirs et tes lueurs [1.5]
le second rôle apprécie, c’est respectable et vibrant,
Les spectateurs vibrent aussi, c’est du théâtre vivant. [2]

A quelques exceptions près, toutes les pièces se ressemblent un peu,
Ça tourne autour de sentiments, tu sens, tu mens, tu vis, tu veux, [1.5]
Y a que le décor et les costumes qui sont amenés à changer,
Ça dépend des moyens de la prod’, on a pas tous les mêmes budgets. [-1]

Moi j’ai grandi au cœur d’un beau théâtre occidental,
Loin des troupes du tiers-monde et des acteurs qui ont la dalle, [1.75]
J’aime le théâtre de ces pays où la scène est à même le ciel,
Où les intrigues se resserrent souvent autour des valeurs essentielles. [1.5]

Y a les grandes scènes de comédies et les bouts de drames contagieux, [1]
Et puis y a tous ces imprévus, ces fous rires, ces dérapages,
Moi je n’aime ce théâtre que quand l’intrigue sort de la page. [2]
Sois patient, reste en coulisse quand résonnent les coups de tonnerre,

Et quand la scène est compliquée, appuie-toi sur tes partenaires. [1.5]
Ils te seront indispensables pour atteindre tes objectifs,
N’oublie jamais cet adjectif: le théâtre est un art collectif. [2]
A toi d’observer dans l’ombre quand on t’attend dans la lumière;

A toi de prendre le devant de la scène quand le scénario te prévoit derrière [1.5]
Écorches un peu ce qui est écrit, la vie aura un autre parfum
Ta pièce aura une plus belle fin, écoute une dernière fois ce refrain: [1.5]

 

 

Source : paroles.net

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    45/62 pts  soit    10.88/15

–  Profondeur                          3/4 pts
–  Punchlines/Styles             0.5/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.25/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0.25/0.5 pt

Sous-total  15.63/25  soit   12.50/20

 

 

 

 

 

2. J’ai Mis Des Mots

J’ai mis des mots sur un cahier
J’ai mis des mots que j’ai triés
J’espérais bien me faire griller [-1]
J’ai mis des mots que j’ai criés [2]

J’ai mis des mots dans vos oreilles
Ou des émotions c’est pareil [1.5]
Dans vos théâtres et vos enceintes
J’ai mis des mots comme une empreinte [2]

J’ai mis des mots un peu partout
Redistribués au coup par coup [2]
Je sais même plus où je les ai mis
J’ai mis des mots j’ai pas gémi [2]

J’ai mis des mots mais jamais trop
Dans un métro dans un micro [1.5]
J’ai mis des mots j’ai eu les crocs
Des mots nouveaux des mots rétros [2]

J’ai mis des mots pour compenser
J’ai pas le destin qu’on pensait [2]
Mais en passant sur le passé
On peut tracer sans effacer [2]

J’ai mis des mots j’ai pas médit
J’ai mis des do j’émets des mi [2]
Des mots entiers pas des demi
J’ai mis des mots de Saint-Denis [2]

J’ai mis des mots que j’ai couvés
J’ai tenté de les faire groover [2]
Sans entrave et rien à prouver
Sans en baver tout à trouver [2]

Les mots vont vite faut qu’on s’accroche
J’ai pris le tempo à la croche [2]
C’est pas pour me remplir les poches
Car tous ces mots c’est pour mes proches [2]

Et quand la musique accompagne
Les mots pétillent comme du champagne [2]
Et le meilleur ne le nie pas
C’est sur un air d’harmonica [2]

J’ai mis des mots est-ce que t’y crois
La première fois en 2003 [2]
J’ai oublié les médisants
J’ai mis des mots c’est mes 10 ans [2]

J’ai mis des mots j’ai des raisons
Coupable de combinaisons [2]
Et je crée sans comparaison
Des horizons à chaque saison [2]

Dans plein de pays j’ai mis des mots
Berlin Québec ou Bamako [1.5]
J’ai même trouvé des mots en route
J’ai mis des mots jusqu’à Beyrouth [1.75]

J’ai mis des mots dans tous les sens
À l’envers à l’effervescence [2]
Des mots sympas ou en colère
Des mots bien droits ou en galère [1.5]

J’ai mis des mots c’est dérisoire
Parfois tranchants c’est des rasoirs [1.5]
Mais bien placés c’est opportun
J’ai mis des mots c’est important

J’ai trouvé de l’inspiration
Pour inspirer mes directions [2]
Pour continuer sans crispation
Je reprends ma respiration… [2]

Tous ces mots ça fait des rencontres
Je m’en rends compte je suis pas contre [2]
J’ai mis des mots à l’infini
J’ai pas failli c’est pas fini [2]

J’ai mis des mots j’émeus des gens
J’émets des vœux jamais urgents [1.5]
J’ai mis de moi j’ai mis de vous
Des émois de nos rendez-vous [1]

 

 

Source : paroles-musique

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    58.75/68 pts  soit    12.95/15

–  Profondeur                          1.5/4 pts
–  Punchlines/Styles             0.5/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total  16.20/25  soit   12.96/20

 

 

 

 

 

 

 

3. Le Manège

Allez viens mon bonhomme, dehors il fait beau
Je t’emmène au manège, y’a pas meilleur cadeau [1.5]
Qu’est-ce que tu vas choisir, le cheval, l’éléphant
L’avion ou l’hélico qui monte et qui descend [2]

T’as toujours le même air, plutôt fier et sérieux
Quand tu donnes toi-même le ticket au monsieur [1.5]
Et le manège démarre, en avant la musique
C’est tout con, ça tourne en rond et pourtant c’est magique  [2]

Quand tu passes devant moi, tu me fais un sourire
Ou un signe de la main, alors moi je transpire [1.5]
Car déjà tu t’éloignes et puis tu disparais
Tu me manques pendant 10 secondes, c’est normal à ce qui paraît [2]

Je te vois t’amuser, je t’observe comme un fou
Toi t’es dans l’hélico, tu t’envoles, tu t’en fous [1.5]
De toute cette eau qui coule sans arrêt sous les ponts
Du temps qui passe trop vite comme disent les vieux cons [2]

Allez tourne manège, tourne la tête et les secondes…
Tourne dans le sens des aiguilles du monde [1.5]

Autour de nous il y a tous ces gens ordinaires
La joie et la douceur d’un décor populaire [1.5]
Je regarde l’héritage de notre banlieue rouge
Qui vit ses dernières heures car même la banlieue bouge [2]

Mon petit café là-bas a fermé y’a 2 ans
Mon 1er rancard avec ta mère, c’était juste devant [2]
Je vois la vie changer du haut de mon balcon
Ouais c’était mieux avant comme disent les vieux cons [1]

Allez viens mon bonhomme, dehors il fait froid
Je te regarde passer pour la huit millième fois [2]
Je suis devant ce manège depuis des années
T’as pris 20 centimètres, le soleil a tourné [-1]

Les semaines s’accélèrent et tes mots sont plus clairs
Chaque mois vient chasser l’autre et on pense au petit frère [1.75]
On met une graine en terre et un arbre devient grand
Les saisons se succèdent, mes cheveux deviennent blancs [2]

Allez viens mon bonhomme, dehors il est tard
Avec toi le temps pousse, le temps passe et repart [2]
Depuis que t’es là, tu cours plus vite que mes habitudes
Je n’entends que toi, tu parles plus fort que mes solitudes  [2]

On rentre à la maison, la télé nous attend
Je te prendrai sur mes genoux tant que t’auras pas 20 ans [1]
On va regarder Babar dans notre petit cocon
Tu grandis bien trop vite, j’suis déjà un vieux con [1]

 

 

Source : paroles-musique

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    32.75/42 pts  soit     11.69/15

–  Profondeur                          1.5/4 pts
–  Punchlines/Styles             1.25/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.25/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total  15.44/25  soit   12.35/20

 

 

 

 

 

 

4. Te manquer

On s’est évité une rupture déchirante et violente
Pas besoin de se haïr pour passer à la page suivante [2]
Les belles histoires font des souvenirs et on a les nôtres
Mais aujourd’hui faut se le dire, on est défait l’un pour l’autre [2]

L’amour est partie, on ne fait pas semblant
Tout n’est que nostalgie, je t’aime en noir et blanc [2]
Plus besoin d’entendre ta voix
Je dis pas ça pour provoquer

Mais pourtant au fond de moi je veux juste te manquer [-1]
Quand les plaisirs se glacent et effacent les encore
Quand tous nos face à face deviennent des torts à torts [2]
Faut savoir arrêter, je te souhaite même du bonheur

Pas envie d’pleurer, j’ai juste un chagrin d’humeur [1.5]
On s’fait une double peine, l’amour était en sursis
Et la sentence est ferme, j’ai pris un an avec soucis [1.5]
Il nous fallait un terme, l’avenir ensemble était bloqué

Mais au fond de moi quand même, je veux juste te manquer [-1]
C’est… C’est un drôle de sentiment, je suis pas sûr que ce soit bien
Mais je veux être… Un peu plus qu’un souvenir dans ton futur quotidien [1.5]
En fait, j’aimerai te pincer le cœur à chaque fois que tu me revois à tes côtés,

Je veux juste te manquer

La seule chose…
Je veux juste te manquer, juste te manquer… [-1]

 

 

Source : paroles.net

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes   9.5/23 pts  soit     6.19/15

–  Profondeur                          2/4 pts
–  Punchlines/Styles             0.25/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total   9.69/25  soit   7.75/20

 

 

 

 

 

 

5. Funambule

A chaque époque on se cherche un peu et on s’demande si on s’connaît
On est nous même on fait ce qu’on peut on changera pas c’est c’qu’on s’promet. [2]
Entre bitume et tapis rouge j’ai slalomé de par et par
J’cotoie la déch’ et l’opulence j’apprend à faire le grand écart. [2]

La vie propose tellement de thème parfois je fonce parfois je freine,
J’vois les deux côtés du système pourtant j’me sent pas skyzophrène [1.5]
J’essais de pas trop faire d’erreur et dans mes choix je me sens libre
Je prend c’truc du fond du coeur tout est une question d’équilibre. [1.5]

C’est pour ce besoin d’équilibre que j’ai dû prendre un peu de risques,
Après un mauvais coup du sort ma vie partais pour être triste. [1.75]
Écarté des terrain de sport comme un sursaut j’ai compensé,
J’avais besoin d’un autre support dans l’écriture j’me suis lancé [0]

C’est pour ce besoin d’équilibre qu’il me fallait de l’aventure,
Toute mon histoire se refermé fallait trouver une ouverture [1.5]
J’ai touché l’accélérateur pour retrouver des sensations
Car quand je marche à deux à l’heure il m’fallait une compensation. [2]

Je suis un funambule, j’avance loin des certitudes
Les pieds sur terre l’air dans ma bulle
L’équilibre est une attitude [2]

Je suis un funambule

Alors j’ai croisé le show-biz, j’ai vu le royaume des égos
Qui pourra faire le plus d’entrées? Qui provoquera le plus d’écho ? [2]
J’ne cracherai pas dans la soupe, là où je suis je me sens bien
Mais pour garder mon équilibre je n’oublierai pas d’où je viens [1.75]

C’est pour ce besoin d’équilibre que je garde un peu de hors-piste
Car j’aime aussi la vie d’humain quand s’interrompt la vie d’artiste [2]
Entre la lumière de la lune et celle des spots, maintenant je sais
Que j’ai ma place à l’Olympia, mais aussi dans les MJC [-1]

Je prends du recule, je prends des gants quand j’vois le strass et les paillettes
Les gentils se sentent importants, moi ils me stressent, ils sont pas nets [2]
Jn’e cracherai pas dans la soupe, j’ai rencontré des gens très bien
Mais jm’e reconnaitrai toujours plus dans ceux qui viennent là d’où je viens [1]

C’est pour ce besoin d’équilibre qu’on a joué dans des cathédrales
Et après yeux dans les yeux avec un public carcéral [2]
C’est pour ce besoin d’équilibre que tous mes sentiments se touchent
Quand je vois le public se lever, je pense à mon fils qui se couche [2]

Si j’aime la nuit c’est grâce au jour…

…bientôt la suite

 

 

Source : parolesmania

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    26/38 pts  soit     10.26/15

–  Profondeur                          1/4 pts
–  Punchlines/Styles             1/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total  13.51/25  soit   10.80/20

 

 

 

 

 

6. Les Lignes De La Main

Un certain soir d’incertitude, je suis allé voir une voyante
Prêt pour l’arnaque et l’inquiétude car la vision d’avenir est payante [2]
C’est mon cœur qui frappe quand je sonne à la porte, je me sens tout gamin
Quand elle m’ouvre, me regarde, me sourit et m’escorte pour me lire les lignes de la main [2]

Elle prend son pied en prenant mes mains, ses mains tenant mes doigts sont balaises
Elle est adroite, j’ai deux mains gauches, c’est maintenant mon malaise [2]
Elle a la main forte, elle a la main ferme, elle a la mainmise
Moi faut que je sorte, je veux revenir demain, mes deux mains sont prises [1.5]

Sa main est agile et ça m’indispose que sa main tripote
Car sa main est curieuse et sa main est fouineuse et ça m’insupporte [1.25]
Mais ça m’intéresse quand sa main se calme car sa main est belle
Oui sa main est douce et sa main est chaude et ça m’interpelle [2]

Elle prend ma main gauche pour me lire les lignes, moi j’ai un mauvais feeling
Car elle veut être précise mais je lui propose de rester dans les grandes lignes [1.25]
Ses doigts glissent sur ma peau comme une piste de curling et elle vise la ligne de cœur
C’est une ligne à haute tension, elle est en première ligne, une ligne à la hauteur [1.5]

Niveau cœur, pas besoin de savoir lire entre les lignes, elle voit que la ligne est occupée
C’est une ligne droite magnifique, longiligne, rectiligne, la ligne printemps/été [-1]

En revanche la voyante ne trouve pas ma ligne de chance, j’ai vraiment pas de pot
Elle l’avait en ligne de mire, moi j’avais envie d’en rire, elle a ripé sur un bout de peau [2]

Mais en ligne de compte, elle a retrouvé ma chance, c’est une vraie pilote de lignes
Ma ligne de chance aime bien faire des feintes, elle est maligne ma ligne [1]

C’est la dernière ligne droite, la voyante a décidé d’analyser ma ligne de vie
Elle cherche la ligne d’arrivée, mais la voyante a souligné qu’apparemment ma ligne dévie [2]
Alors ma ligne de vie rage, ma ligne de vie perd, la voyante ne la voit pas bien
Elle a un air inquiet car la ligne est coupée… alors moi j’entends plus rien [1.5]

Je lui demande si elle est sûre, elle scrute les interlignes, ce moment est inhumain
Du coup elle va s’faire une petite ligne, moi j’ai perdu mon avenir quelque part au creux de ma main [1]
Ça a mis un bout de temps mais on a retrouvé ma vie, elle avait juste sauté une ligne
Quand la séance fut finie, j’ai décidé de prendre soin de moi et de faire attention à ma ligne
Avant de quitter la voyante, on s’est serré la main, on a mélangé nos lignes
Une chose est sûre je ne reviendrai pas demain, elle s’est vraiment plantée sur toutes les lignes

Depuis ma ligne de conduite est de viser la ligne d’horizon pour voir plus loin que le bout de mes lignes
Fini de lire dans les mains, maintenant je préfère serrer le poing
Point à la ligne

 

 

Source : paroles-musique

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes   20 /35 pts  soit    8.57/15

–  Profondeur                          1.25/4 pts
–  Punchlines/Styles             2.25/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.25/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total  13.07/25  soit   10.45/20

 

 

 

 

 

7. Pause

J’aime bien la terrasse des cafés quand le soleil sourit
J’aime bien aussi la table du fond dans un petit bar pourri [2]
J’aime bien lever mon verre juste en l’honneur de l’instant
Trinquer avec des inconnus quand personne ne m’attend [1.5]

J’aime bien conduire le soir au moment où la nuit s’amorce
J’aime bien les paysages quand le soleil perd de la force [2]
L’étrange humeur maussade, le crépuscule dans le ventre
Observer les détails quand chaque minute se réinvente [1.75]

J’aime bien l’instant précis où gentiment la pluie s’arrête
Où l’éclaircie s’apprête, où on peut relever la tête [2]
Regarder devant soi et s’étonner de voir plus loin
Imaginer l’avenir… au moins jusqu’à demain matin [1.5]

J’aime bien regarder la vue, prendre un peu de hauteur
Prendre le temps, prendre du recul, prendre les choses moins à cœur [1.5]
J’aime bien faire une pause, penser à toi et sourire
Te sentir près de moi et te regarder dormir [2]

Pause

J’aime bien me souvenir, j’aime bien parler d’avant
J’aime bien la nostalgie, ça me fait me sentir vivant [1.5]
J’aime bien sentir le froid, j’aime bien ouvrir les vitres
J’aime bien le temps qui passe quand il ne passe pas trop vite [1.5]

J’aime voir vivre les gens, les sereins et les stressés
Ceux qui prennent tout leur temps et ceux qui jouent les pressés [2]
J’aime appartenir à tous ces mouvements d’humeur
Être au cœur de la foule et me sentir à l’extérieur [1.5]

J’aime bien la ville la nuit, quand tu crois qu’elle est belle
Voir le monde à la merci de sa réalité parallèle [1.5]
Toute la foule des fantasmes et des rencontres pas nettes
J’aime bien les faces B, effleurer l’autre planète [2]

J’aime bien rêver d’autres vies et m’avancer vers elles
Y repenser pour comprendre ce que rêver révèle [2]

J’aime les a priori pour qu’ils soient vite dépassés
J’aime bien les convictions quand elles se sentent menacées [2]
J’aime sentir la fragilité dans certaines attitudes
J’aime bien les êtres humains qui n’ont pas trop de certitudes [2]

J’aime bien garder le silence face à ceux qui parlent fort
J’aime la nonchalance, j’aime gérer mes efforts [2]
J’aime bien écrire la nuit, au cœur de son ventre mou
J’aime bien parler tout seul mais ça, ça reste entre nous [2]

J’aime bien ces soirées qui n’ont plus envie de s’arrêter
Quelques âmes autour d’une table à bavarder et profiter [-1]
De s’enfoncer dans la nuit, sans retenue, sans excès
On oublie presque qu’on est bien, on refait le monde sans succès [-1]

J’aime bien voir le soir, le sentir entre chien et loup
Flirter avec le cafard, me sentir entre rien et tout [2]

 

 

Source : paroles-musique

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    34.25/45 pts  soit     11.41/15

–  Profondeur                          1/4 pts
–  Punchlines/Styles             0.5/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.25/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total  13.91/25  soit  11.12/20

 

 

 

 

 

8- Le Bout Du Tunnel

9 décembre 84, il tient la main de sa copine pour défier l’hiver
La nuit part pour être belle mais elle se transforme vite en triste fait divers [2]
Ils se croient seuls au monde dans les ruelles, mais à l’évidence ils ne le sont plus
2 skinheads en manque d’embrouilles et d’adrénaline viennent leur tomber dessus [1.5]

Une gifle pour éloigner la fille, les mecs le rouent de coups à deux contre un
Le visage contre le bitume glacé, voyant la mort arriver il se sent contraint [2]
De sortir son arme, car il est tout sauf un enfant de cœur
L’un des skins meurt sur le coup et l’autre hurle encore sa douleur [1.5]

Tout est allé si vite, mais pourquoi ces mecs se sont retrouvés sur son chemin
La douleur physique n’est rien quand il la compare à la peur du lendemain [2]
Il s’est rendu au matin, plaidant la légitime défense corporelle
Il est jugé en quelques mois et prend 10 ans de réclusion criminelle [1.5]

Il pense souvent à eux, il rêve tout le temps à elle
Il a beau regarder très loin, il ne voit pas le bout du tunnel [1.5]
Il découvre le cauchemar, l’humiliation, les matelas crades
Les pieds enchaînés lors des transferts et les bagarres lors des promenades [2]

Et alors qu’il subit depuis plus d’un an le système carcéral
Une terrible nouvelle vient ajouter sa voix à la triste chorale [1.5]
Il est porteur d’un étrange virus que le monde découvre craintif
1985, nouvelle sentence, il est séropositif [1.5]

Aucun traitement n’existe, plus rien à perdre, il se sent condamné à mort
Alors il va être le plus fou dans un monde où c’est la loi du plus fort [1.5]
Il tombe dans tous les pièges, là où la spirale de la violence se corse
Et puisqu’on le traite comme un chien, alors il sera le chien le plus féroce [2]

Il sort enfin au bout de 8 ans, l’avenir aussi triste que son paquetage
Les poches vides mais le sang plein de rage alors il monte sur un braquage [2]
Il se fait serrer un an plus tard, et c’est le retour à la case cauchemar
À la case où tout est sombre et où la nuit dure des semaines isolé au mitard [1.5]

Il ne pense plus à eux, il ne rêve plus à elle
Il n’ose même plus regarder devant, il est trop loin le bout du tunnel
Ou alors ce bout du tunnel, il va falloir se le construire
Il sait que s’il ne tente rien, c’est dans ces murs qu’il va mourir [1.5]

9 octobre 94, date anniversaire de l’abolition de la peine de mort
Il réussit son évasion et abolit lui-même son triste sort [1.5]
Quelques mois de cavale seulement avant de rejoindre les murs tout gris
Quelques mois de liberté agitée avant de repeindre les murs d’oubli [2]

Il est alors placé directement dans les quartiers de haute sécurité
À l’isolement pendant 5 ans, on lui dit que c’est tout ce qu’il a mérité [0]
Quand il se regarde dans le miroir, il a peur de ce que le reflet lui montre
C’est vrai, ça n’a jamais été un tendre, mais la prison a fait de lui un monstre [1.75]

Un malheur n’arrivant jamais seul, le sida se déclare, la maladie s’installe
Il meurt peu à peu sans assistance et dans l’indifférence la plus totale [1.5]
1995, à deux doigts de quitter la prison pour le cimetière
La trithérapie fait son apparition et lui remet doucement les pieds sur terre [1.5]

Poussé à nouveau vers la vie et essayant de voir derrière les barreaux de fer
Il se marie avec celle qu’il aime, ses sentiments réchauffent enfin l’atmosphère [1.5]
Mais son jugement toujours en attente finit un sale jour par tomber
Pour évasion et braquage, il prend 30 ans, le bout du tunnel s’est estompé [0]

Pourtant il garde en lui l’espoir, il a tellement tutoyé la mort
Il se sent invincible, c’est sûr il sait qu’un jour il retournera dehors [1.5]
En 2000 il se met à écrire, sa nouvelle arme pour survivre face au système
Il gratte jour et nuit, ce n’est plus lui désormais mais c’est son stylo qui saigne [2]

Il écrit son premier livre et tient en ligne le premier blog d’un prisonnier
Ses œuvres transpercent les portes blindées, maintenant plus personne ne peut nier [-1]
Qu’il est vivant, qu’il existe, qu’il réinvente le mot avenir
En 2008 nait sa fille, l’amour et la vie ne sont plus des souvenirs  [2]

Il a les mains sur ses stylos, fini le temps des mains en l’air
« Avant je m’évadais au pistolet, maintenant je m’évade à l’épistolaire »
Il sort en janvier 2010 avec des projets et des repères [1.75]
Après 25 ans passés dans un tunnel, Laurent a rejoint la lumière [1.5]

 

 

Source : paroles-musique

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    43/60 pts  soit     10.75/15

–  Profondeur                          2/4 pts
–  Punchlines/Styles             1/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.25/1 pt
–  Mélodie                                       0/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total    14.5/25  soit    11.6/20

 

 

 

 

 

 

9.  La Traversée

C’est moi qui tiens le p’tit troquet de ce côté-ci de la place
J’ai des clients fidèles, des piliers de bar et de terrasse [2]
Je garde un mot et un sourire pour chacun d’eux, c’est mon métier
Mais je n’ai d’yeux que pour elle, c’est la plus jolie du quartier [-1]

Assise, les jambes croisées, de grands yeux verts comme des calots
Elle aime rester dehors et siroter sa menthe à l’eau [2]
Mais c’est la fin d’après-midi et quand le soleil s’étire
Toute ma terrasse se met à l’ombre et je vois la belle partir [1.5]

C’est moi qui tiens le grand café
De l’autre coté de la place
Quand vient la fin de la journée [-1]
J’récupère les clients d’en face [1]

Car le soleil de 18 heures
Inonde mes tables et nos visages
Imaginez mon bonheur [1.5]
Quand vient la plus belle du village [2]

Oh, c’est la traversée
Oh, je la vois s’éloigner

Oh, je la vois s’approcher [-1.5]

Je reste muet les pieds cloués, les bras ballants, la mort dans l’âme
Car comme chaque jour, le soleil a réorienté ses flammes [2]
Alors la belle m’a laissé là, seul dans ma peine et ma pénombre
Je vois sa silhouette rétrécir et s’éclairer dans l’autre monde [1.75]

Je prends le soleil dans les yeux
Celui qui dessine les contours
De celle qui remplit tous mes vœux [2]
L’amour s’approche à contre-jour [2]

Puis elle s’assoie de toute sa classe
Croise ses jambes interminables
Elle est à moi sur ma terrasse [1]
Je toise au loin l’autre minable [2]

Mes yeux la suivent nerveusement, elle a repris une menthe à l’eau
Je vois le sourire arrogant du gars d’en face, le vieux salaud [2]
Tant qu’le soleil se couche à l’ouest, je serai le perdant de ce jeu
À moins qu’un jour j’ose le geste, au grand café mettre le feu [2]

Ombre contre soleil, cette traversée dure depuis la Rome antique
Les belles femmes aiment la lumière…
N’y voyez pas de symbolique [1.5]

 

 

Source : paroles-musique

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    22.75/38 pts  soit     8.98/15

–  Profondeur                          2.25/4 pts
–  Punchlines/Styles             1.75/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.75/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total    14.48/25  soit    11.58/20

 

 

 

 

 

 

10-  Les 5 Sens

Les 5 sens en éveil à l’approche de la Belle
Les capteurs s’émerveillent, répondant à l’appel [2]
En un battement de cils, ils oscillent dociles
Vulnérables et puissants, équilibre fragile [1.5]

Ça commence par la vue, rien n’est fait au hasard
Comme elle ôte ses vêtements, il l’habille du regard [1.5]
Il la parcourt doucement, il n’a d’yeux que pour elle
Elle le tient, et il y tient comme à leur prunelle [1.5]

Elle n’a pas froid aux yeux, lui son œil est rincé
Comme il navigue à vue, il voudrait l’embrasser [-1]
Elle s’approche fébrile pour amorcer le jeu
Son visage et son corps, il en a plein les yeux [2]

Elle est tout près de lui, imposant son aura
Comme un réflexe bestial se réveille l’odorat [2]
Les pupilles se dilatent, les paupières sont fermées
Maintenant s’il la voit, c’est bien à vue de nez [0]

Il respire son parfum et l’odeur de sa peau
Son arôme est si fin, c’est un nouveau cadeau [2]
Et puisqu’il a du flair, elle va lui en donner
Il adore qu’elle le mène, par le bout du nez [-1]

Leurs bouchent se rejoignent, le baiser le plus doux
Ses lèvres et puis sa langue, il aime déjà leurs goûts
Comme elle goûte à son charme, ils iront jusqu’au bout [1.5]
C’est une femme de classe et c’est un homme de goût [1]

On dépasse la tendresse, maintenant le temps presse
Les pulsions apparaissent au départ des caresses [1.75]
Car le sens qui prend place est celui du toucher
Ils étaient bien debout, ils seront mieux couchés [0]

Il l’effleure de ses doigts, de ses mains, de sa bouche
Il sent bien que sa manière de la toucher la touche [2]
Comme c’est un touche-à-tout, bien sûr il n’oublie rien
Elle n’est pas sainte-nitouche, alors elle lui rend bien [1.5]

Pour être consentant, il est bon qu’on s’entende
Cette écoute est mutuelle et les muscles se tendent [2]
Oui le dernier des 5 sens est celui de l’ouïe
Il est proche de la transe quand elle susurre un oui [2]

Pas que les murs qu’ont des oreilles, les voisins vont comprendre
Quand le jour se fait attendre, l’amour se fait entendre [2]
Car de bouche à oreilles, j’entends dire aujourd’hui
Que l’éveil des 5 sens a de beaux jours devant lui [1.5]

 

 

Source : paroles-musique

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    25.75/40 pts  soit     9.56/15

–  Profondeur                          1/4 pts
–  Punchlines/Styles             1/3 pts
–  Langage                         0.5/1 pts
–  Flow                                             0.25/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total  12.56/25  soit   10.05/20

 

 

 

 

 

 

11- Course Contre La Honte

Eh Tonton, est-ce que t’as regardé dehors ?
Sur l’avenir de nos enfants il pleut de plus en plus fort [1.5]
Quand je pense à eux pourtant, j’aimerais chanter un autre thème
Mais je suis plus trop serein, je fais pas confiance au système [1.5]

Ce système fait des enfants mais il les laisse sur le chemin
Et il oublie que s’il existe, c’est pour gérer des êtres humains [1.5]
On avance tous tête baissée sans se soucier du plan final
Ce système entasse des gosses et il les regarde crever la dalle [1.5]

Tonton on est du bon côté mais ce qu’on voit, on ne peut le nier
J’ai grandi au milieu de ceux que le système a oubliés [-1]
On vit sur le même sol mais les fins de mois n’ont pas le même parfum
Et chaque année monte un peu plus la rumeur des crève-la-faim [2]

Le système a décidé qu’y avait pas de place pour tout le monde
Tonton, t’as entendu les cris dehors, c’est bien notre futur qui gronde [2]
Le système s’est retourné contre l’homme, perdu dans ses ambitions
L’égalité est en travaux et y’a beaucoup trop de déviations [1.5]

Eh Tonton… On va faire comment ?
Dis-moi Tonton, on va faire comment ? [1]
Est-ce que les hommes ont voulu ça, est-ce qu’ils maîtrisent leur rôle
Ou est-ce que la machine s’est emballée et qu’on a perdu le contrôle [1.5]

Est-ce qu’y a encore quelqu’un quelque part qui décide de quelque chose
Ou est-ce qu’on est tous pieds et poings liés en attendant que tout explose [2]
Difficile de me rassurer Tonton, je te rappelle au passage
Que l’homme descend bel et bien du singe pas du sage [1.5]

Et c’est bien l’homme qui regarde mourir la moitié de ses frères
Qui arrache les derniers arbres et qui pourrit l’atmosphère [1.5]
Y’a de plus en plus de cases sombres et de pièges sur l’échiquier
L’avenir n’a plus beaucoup de sens dans ce monde de banquiers [1.5]

C’est les marchés qui nous gouvernent, mais ces tous ces chiffres sont irréels
On est dirigé par des graphiques, c’est de la branlette à grande échelle [1.5]

Eh Tonton, on va faire comment, tu peux me dire ?
Comme il faut que tout soit rentable, on privatisera l’air qu’on respire [1.75]
C’est une route sans issue, c’est ce qu’aujourd’hui, tout nous démontre
On va tout droit vers la défaite dans cette course contre la honte [1.75]

Entre le fromage et le dessert, tout là-haut dans leur diner
Est-ce que les grands de ce monde ont entendu le cri des indignés [1.75]
Dans le viseur de la souffrance, y’a de plus en plus de cibles
Pour l’avenir, pour les enfants, essayons de ne pas rester insensibles [1.75]

Ma petite gueule d’amour, mon Polo, mon ami Châtaigne
On va rien lâcher, on va aimer regarder derrière pour rien oublier, ni les yeux bleus ni les regards noirs
On perdra rien, peut-être bien un peu, mais ce qu’il y a devant, c’est si grand

T’as bien le temps d’avoir le chagrin éternel
S’ils veulent pas le reconstruire le nouveau monde, on se mettra au boulot
Il faudra de l’utopie et du courage
Faudra remettre les pendules à l’heure,
leur dire qu’on a pas le même tic tac, que nous, il est plutôt du côté du coeur [1.5]

Fini le compte à rebours du vide, du rien dedans
Ma gueule d’amour, mon petit pote d’azur il est des jours où je ne peux rien faire pour toi
Les conneries je les ai faites, et c’est un chagrin qui s’efface pas
Faut pas manquer beaucoup pour plus être le héros, faut pas beaucoup

Je t’jure petit frère, faut freiner à temps
Va falloir chanter l’amour, encore plus fort
Y’aura des révolutions qu’on voudra pas,
et d’autres qui prennent leur temps, pourtant c’est urgent [1.5]

Où est la banque ?
Il faut que je mette une bombe, une bombe désodorante, [1.25]
une bombe désodorante pour les mauvaises odeurs du fric qui déborde
Pas de place pour les gentils, pour les paumés de la vie
Chez ces gens-là, on aime pas, on compte [1.25]

P’tit frère, putain, on va le reconstruire ce monde
Pour ça, Tonton, faut lui tendre la main
Tonton, il peut rien faire si t’y crois pas
Alors faudra se regarder, se découvrir, jamais se quitter

On va rien lâcher
On va rester groupé [-1]
Y’a les frères, les cousines, les cousins, y a les petits de la voisines,
y’a les gamins perdus qui deviennent des caïds de rien,
des allumés qui s’enflamment pour faire les malins [1.5]
Y’a la mamie qui peut pas les aider, qu’a rien appris dans les livres, mais qui sait tout de la vie

À force de ne plus croire en rien, c’est la vie qui désespère
Faut aimer pour être aimé
Faut donner pour recevoir
Viens vers la lumière, p’tit frère [1.5]

Ta vie c’est comme du gruyère, mais personne te le dis que tu as une belle âme

On va aimer regarder derrière pour rien oublier

 

 

Source : paroles-musique

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    34.5/76 pts  soit     6.8/15

–  Profondeur                          0.5/4 pts
–  Punchlines/Styles             0.5/3 pts
–  Langage                         0.25/1 pts
–  Flow                                             0.25/1 pt
–  Mélodie                                       0.25/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total  8.55/25  soit   6.84/20

 

 

 

 

 

 

 

12-  Tant Que Les Gens Font L’Amour

Au temps jadis fils, il fallait pour faire la cour
Sortir sa plus belle plume et tenter quelques mots d’amour [2]
Transmettre la lettre si possible loin des regards
Ajouter du parfum sur le papier pour les ringards [1.75]

Aujourd’hui ça va plus vite, c’est la drague en digital
Le smartphone pour pécho est devenu quasi vital [2]
Textos et Facebook sont les alliés de Cupidon
Sans eux t’es célibataire, t’es rien, t’es un bidon [2]

TKT j’te kiffe, t’es trop LOL MDR
Abréviations, fautes d’orthographe ont vrillé la langue de Molière [1.5]
Et il suffit d’mettre 3 petits points derrière les mots « à bientôt »
Et l’autre comprend tout d’suite que tu veux jouer recto-verso [2]

Ça manque un peu d’recherche et d’un brin de poésie
Mais c’est plus efficace, merci à la technologie [1.5]
Car si tout va plus vite et qu’on se rencontre sans détour
On ne peut que se réjouir, tant que les gens font l’amour [1]

Céline voulait Mehdi mais Mehdi voulait Jennifer
Séverine voulait Teddy mais Teddy préférait son frère
Son frère lui, ne désirait que les cougars athlétiques
Aux lèvres gonflées, figées, la chirurgie est statique [1.5]

Cathy a encore trompé son mari la semaine dernière
Il n’a rien vu en séminaire avec ses deux jeunes secrétaires [2]
Ils étaient contents de se retrouver après leurs petites affaires
C’est l’adultère salutaire quand père et mère savent se taire [1.75]

Patrice aime bien les petites jeunes qui aiment bien les petits vieux
Alice aime jouer avec les hommes qui aiment bien ses petits jeux [2]
Marie aime les galipettes avec plusieurs amis
Et Annie aime les sucettes, les sucette à l’anis [2]

Ça manque un peu d’sentiments et d’un brin de passion
Mais ne soyons pas moralistes, acceptons toutes les attractions [2]
Car tant que les gens se font plus de bien que de mal en retour [1]

Le jour de son mariage, Laurent avait bu trop de whisky
Il se rappelait qu’il était marié mais ne savait plus contre qui [1.5]
Steeve et Fabienne ont tout quitté pour s’aimer toute leur vie
Et ils vécurent peureux et eurent beaucoup d’ennuis [1.5]

La vanne, le jeu de mot, et la petite dose de cynisme
Accompagne bien les situations qui manquent un peu d’héroïsme [2]
Les belles histoires existent mais je les chanterai un autre jour
Elles peuvent bien attendre leur tour, tant que les gens font l’amour [1]

 

 

Source : paroles-musique

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    32/39 pts  soit     12.30/15

–  Profondeur                          1/4 pts
–  Punchlines/Styles             1/3 pts
–  Langage                         0.25/1 pts
–  Flow                                             0.5/1 pt
–  Mélodie                                       0/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total  15.05/25  soit  12.04/20

 

 

 

 

 

13-  Dans Les Vagues

Chacun mène sa barque comme il veut, comme il peut
Avec plus ou moins de succès quand il vente, quand il pleut [2]
Car la vie est arbitraire, il y a des traversées amères
Qu’on ose me dire le contraire, on vogue pas tous sur les mêmes mers [1.75]

C’est juste un texte et quelques notes pour ces enfants pris dans les vagues
Coincés sur leur lit d’hôpital face à un avenir qui zigzague [1.5]
Entre symptômes douloureux, traitements lourds, effets secondaires
L’inquiétude que l’on gagne, l’innocence que l’on perd [2]

J’ai vu des tempêtes s’abattre sur des enfants de 10 ans
Quand le diagnostic tombe, c’est l’injustice au présent [1.5]
T’as beau descendre la grand-voile, y’a trop de courant et trop tôt
Qu’on ose me dire le contraire, on est pas tous dans le même bateau [1.5]

J’ai grandi dans les vagues
Je me suis heurtée contre les parois
D’un bateau qui divague [1]
Je me suis heurtée contre les pourquoi [1.5]

Guettant l’éclaircie quand le vent s’entête
J’ai grandi dans les drames
Souriant à la vie entre deux tempêtes [2]

J’ai vu ces enfants au mental de guerrier plein d’honneur
Traverser les années au milieu d’une mer de peur [1.5]
Affrontant les tornades, la tête haute dans les orages
Tenant la barre, capitaine d’un bateau nommé courage [1.75]

Ils font face à la pression et ils résistent comme personne
Comment vous dire et sur quel ton tous ces enfants m’impressionnent [2]
J’ai vu leur force, leur dignité quand leur destin fronce les sourcils
Après tout ça, entendre se plaindre monsieur Tout-le-monde m’est difficile [1.5]

Quand la croisière de l’enfance pleine de candeur loin des colères
Devient un voyage harassant au fond d’une cale dans une galère [1.5]
On devrait juste avoir le droit de rester enfant dans le fond des yeux
Mais on est vite moins jeune dès que le temps est pluvieux [1.5]

J’ai connu les pics de douleur
Les grandes chambres à l’absence de couleur [2]
Les progrès, les rechutes, les débuts d’guérison
L’espoir à contre-jour et le manque d’horizon [2]

Contre vents et marées
J’ai gagné le droit de vieillir
Et celui d’espérer [-1]
Une mer plus calme pour voir l’avenir [2]

 

 

Source : paroles-musique

 

 

Evaluation YDM,

 

–  Rimes    28.5/39 pts  soit     10.96/15

–  Profondeur                          0.5/4 pts
–  Punchlines/Styles             0.5/3 pts
–  Langage                         0.25/1 pts
–  Flow                                             0.75/1 pt
–  Mélodie                                       0/0.5 pt
–  Inventivité                 0/0.5 pt

Sous-total  12.96/25  soit  10.36/20

 

 

 

 

 

 

Pour conclure,

 

la-pochette-du-nouvel-album-de-grand-corps

Évaluation textuelle de cet album – Funambule – est de  soit   11.60/20 (150.85/13) 

 

Il peut donc être qualifié d’album textuellement satisfaisant

 

 

 

 

 

 

Osez le bon sens !

YDM

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