Entrepreneuriat social

Que dire ? Après le green business, social network, voici venu l’entrepreneuriat social.

Nous avons été confrontés à cette nouvelle appellation marketing lors du premier atelier d’exception de RSE Challenge, invité par notre partenaire associatif de l’université de Paris 13.

Nous y avions rencontré de jeunes étudiants de grandes écoles qui n’avaient que ce terme dans la bouche.

Et devant leur enthousiasme social, nous avons décidé d’en savoir un tout petit peu plus.


Entrepreneuriat social

Selon la définition couramment admise, les entrepreneurs sociaux sont des individus qui portent des solutions innovantes à des problèmes pressants de la société. Ils identifient des approches innovantes pour résoudre des problèmes qui apparaissaient souvent comme insolubles. Les entrepreneurs ont ou développent la capacité à apporter des solutions concrètes, et à concilier l’approche économique avec des objectifs sociaux. Cependant, cette capacité n’annule pas nécessairement la tension commune entre objectifs sociaux et économiques. Au sens large, l’entrepreneuriat social désigne toute initiative privée dont la finalité sociale (réponse à un besoin social) est supérieure ou égale à la finalité économique (lucrativité). La réflexion sur l’apport des entrepreneurs sociaux est cependant plus récente en France que dans d’autres pays, notamment les pays anglo-saxons.

Trop vague, trop général, trop internet, pas assez fouillé. Étant donné notre incapacité à trouver une définition assez simple de cette nouvelle lubie, nous avons cherché et trouvé une intervention assez instructive sur le sujet.

Laissons la parole à un éminent professeur d’Essec, Thierry Sibieude, entre autres, directeur de l’institut de l’innovation et de l’entrepreneuriat social.


Ce que nous en retirons

D’après ce spécialiste, il s’agit vraiment de « toute initiative entrepreneuriale dont la finalité sociale ou environnementale est supérieure ou égale à la finalité économique« .

Belle définition. L’évidence nous a donc sauté aux yeux :

Entrepreneuriat social = green business +/- social network business + fair trade


Vous y retrouvez les mêmes acteurs des différents mouvements passés et célébrés sauf qu’à partir de maintenant, ils ne veulent plus gagner trop d’argent. Comme Warren Buffett qui a fait une crise d’argentite aux USA, Maurice Levy naturellement, a suivi en France, les trend-setters français ont et vont imposer la tendance. C’est joli, le marketing !

Même Areva ou Total peuvent se réclamer de l’entrepreneuriat social. La finalité sociale d’avoir de l’électricité et du carburant dans tous les foyers est bien supérieure à la finalité économique. Total ne fait qu’un bénéfice de 12 milliards d’euros.

Comparé ce profit au PNB de la France imputable à l’utilisation de leurs produits et l’on mesure l’étendu de l’impact social et même environnemental de ces deux firmes.

Pour information, jusqu’à preuve du contraire, le nucléaire pollue moins que le charbon et les pets de vaches sont plus polluants que les rejets de nos véhicules.

Tout ceci pour dire que toute entreprise peut se définir comme une entreprise sociale. Ou entrepreneur social.

Bref, toute entreprise désireuse de faire de l‘entrepreneur social washing pourra vraisemblablement le faire sans souffrir d’aucune réprobation justement, sociale.

Elles créent de l’emploi, paient des impôts, fabriquent des produits qui servent à la population et se soucient de l’environnement (produits semi-écolos c’est-à-dire qui polluent mais pas trop, ou moins que d’autres; compensation carbone; développement technique; dématérialisation…).


Toutes les entreprises se soucient de l’utilité sociale de leurs produits et services. Allez prouver le contraire. S’engouffrer dans ce nouveau délire marketing est donc à la portée du premier consultant en mercatique venu. Pour les incultes, mercatique est la version française de marketing. Pas très in. Préférez l’autre.


Bien évidemment, les associations loi 1901 sont des entrepreneurs sociaux.

Qui dit bénévole, dit zéro salaire ! C’est bien pratique de demander aux salariés de s’engager et de travailler pour le bien de la communauté et de leur besoin d’estime. Encore faut-il qu’ils aient déjà bien comblé les précédents besoins. A 1400€ de moyenne des salaires en France, nous en doutons fortement.

Mais ce n’est pas si grave : à défaut de gagner plus, soyez gentils ! Vous vous sentirez mieux !

Si l’on creuse bien, pour les plus « entrepreneuriat social incompatibles« , il est possible que le fait que vos employés aident des vieilles ou des écoliers à traverser la chaussée à leur pause de midi pendant qu’ils vont se restaurer, soit considéré comme un acte d’entrepreneuriat social.

Plus sérieusement, la seule chose de positive avec ce nouveau concept est qu’il est dit en français. Entrepreneuriat social ! A la différence du Care, Green Business, Social network et autres anglicismes de rigueur. Cela nous le rend plus sympathique.


Ils sont toujours assez fascinants, tous ces gens qui veulent sauver le monde, parcourir des kilomètres pour apporter la lumière et le bien-être, et qui oublient toujours de commencer par le faire chez eux, dans leurs quartiers, avec leurs voisins.

Cela nous rappelle le journaliste qui va benoîtement coucher chez des masaï et autres contrées exotiques alors qu’il ferait mieux de traîner sa caméra en banlieue parisienne, aux Tarterêts par exemple.


Ce qu’en pense Charles

Quand on vous loue un anglicisme ou un joli nom anglais pour vous vendre une création marketing, méfiance !

Quand on vous dit en plus que c’est vers cela où les entreprises à la pointe de la tendance se dirigent, c’est suspect !

Quand on vous rajoute quelques grands noms de sociétés concept-victim, si possible américaines, c’est évident !

Quand on vous affirme enfin que vous correspondez au profil, c’est plié !


Vous êtes victime d’une attaque massive et planifiée d’un phénomène marketing d’actualité autoproclamé et téléguidé.


Charles, mon cher geek d’ami, dira en des termes plus simples, bullshit marketing.

Florian, l’autre fou du clavier qui roule actuellement avec sa boîte à outils, rigolera de bon cœur, et votre humble serviteur rédigera un article.


C’est bizarre ! Plus j’y pense, plus je me dis que ClaireYvesAndré est un entrepreneur social.

C’est con, les gars ! On aurait pu en être les porte-drapeaux ! J’aurais pu organiser un hold-up ! Vous abusez, les mecs !

Osez le bon sens !


YDM

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