Déni des cultures ou culture des poncifs ? par Hélène Y. Meynaud

Relayé sur www.laurent Mucchielli

A propos de l’ouvrage d’Hugues Lagrange, Le Déni des Cultures, Editions du Seuil, septembre 2010. 349 pages.

Article publié dans la revue Travailler, 2012, n°27, p. 157-166.

Présenté comme un acte de bravoure par son auteur, le livre d’Hugues Lagrange, Le Déni des Cultures1, dirait enfin la vérité quant à la surreprésentation dans la délinquance des jeunes issus de l’immigration sahélienne en France. L’ouvrage a suscité une polémique médiatique et scientifique avant même son arrivée en librairie. Il crée un choc, convoquant l’auteur dans le débat public sur l’immigration. Le propos de l’auteur qui intéresse les journalistes2, indispose nombre de chercheur.e.s3, et sera largement relayé par la blogosphère de droite, est l’affirmation selon laquelle « il y a un surcroît d’inconduites chez les jeunes noirs » et que « les adolescents éduqués dans les familles du Sahel sont trois à quatre fois plus souvent impliqués comme auteurs de délits que les adolescents éduqués dans les familles autochtones ». Toujours selon lui, ceci serait dû, à des facteurs culturels, d’autant que, ajoute-t-il, les écarts dans la délinquance sont similaires à ceux observés dans le domaine scolaire.

Cette proposition d’Hugues Lagrange ne représente pourtant qu’une partie mineure de sa démonstration. En effet, le livre, découpé en douze chapitres, survole un nombre considérable de phénomènes : de la culture de la pauvreté aux Etats-Unis, aux structures de la famille, à la politique urbaine, etc. Hugues Lagrange s’appuie sur un long travail d’enquête dans trois localisations de la Région Parisienne, réalisé à l’aide de nombreux entretiens et d’un traitement statistique, et sur une synthèse de ses dix ans de recherches sur la socialisation des adolescents des quartiers pauvres. Il reconstitue les données micro-locales des IRIS4.

Une lecture attentive amène toutefois un nombre infini de remarques, qu’il serait impossible d’aborder toutes ici. La plus importante est sans doute celle de l’analyse essentialiste des comportements des personnes d’origine sahélienne, et cette assignation qui attribue à la pauvreté et à la délinquance des causes culturelles. En effet, plutôt que d’exhumer courageusement des vérités, et de dépasser les ‘dénis de réalité’5 des collègues (de gauche), l’auteur ne fait, hélas, que réactualiser d’anciens poncifs et vieilles théories, étayés par une littérature souvent ancienne et très datée6. Il rejette résolument les acquis des recherches récentes sur l’immigration7, en particulier celles concernant la délinquance et la prison aux Etats-Unis. Par exemple, Angela Davis8 et Loïc Waquant9 ne sont même pas discutés, alors qu’ils ont démontré qu’il y a une sur-condamnation structurelle des ‘Noirs’. L’auteur déplore plusieurs fois l’absence de statistiques par origine géographique, et pourtant en cite à l’appui de ses propos. Les concepts de minorité visible, autochtone, diversité, natifs, franco-français, néoféminisme sont utilisés sans réflexion critique eu égard à leur connotation politique. L’auteur a des recours rapides à plusieurs disciplines, comme la psychologie, sans toujours en détailler les subtilités. Le style comporte quelques mots inutilement précieux, voire pédants. Nous allons nous concentrer sur trois éléments de sa démonstration : l’analyse des chiffres de la délinquance, celle du nombre de mariages mixtes aux Etats-Unis, et la question du travail des femmes venant du Sahel, puis réfléchir aux enjeux essentiels du champ d’analyse de l’immigration.

Les chiffres pris au mot : la surdélinquance ?

Les explications de la surdélinquance constatée dans ses chiffres sont, pour Hugues Lagrange, largement d’ordre culturel : très larges fratries, position dominante de pères trop autoritaires, mais fragilisés socialement, incapacité des mères à aider l’enfant à réussir sa scolarité ; polygamie10 du père avec des coépouses jeunes, habitat défavorisé dans des quartiers ghettoïsés, absence d’élites sociales, fuite des classes moyennes nouvelles, nombreux éléments qui renforcent les inégalités. Regardons ce qu’en disent d’autres auteurs.

Bruno Aubusson de Carvalay11 avait démontré dès 1985 qu’à infraction égale, le groupe des ‘sans profession’ était le seul qui suscitât une probabilité forte d’emprisonnement ferme. Comment ne pas penser aux 43% des jeunes des ZUS (zones urbaines sensibles) au chômage en 2010 ?

Deux sociologues, Monique Dagnaud et Sébastien Roché, ont étudié à Grenoble, la suractivité délictuelle importante des mineurs d’origine étrangère, en particulier du Maghreb, à partir de dossiers jugés entre 1985 et 2000. Ils concluaient eux aussi que ces jeunes cumulaient nombre de handicaps socio-économiques : difficulté de trouver un emploi, ghettoïsation de l’habitat, pauvreté, alcoolisme d’un parent, grandes fratries, échec scolaire, immigration, récente, etc. Cependant dans ce cas, les conclusions des auteurs étaient bien différentes : aucun lien avec la culture n’était avancé. Mais ils affirmaient déjà que ces faits n’étaient jamais débattus dans l’espace public12.

Plusieurs chercheurs ont continué à travailler ces questions, en particulier avec l’étude des bandes13. Scrutant attentivement les pratiques des policier.e.s, Fabien Jobard et Sophie Névanen, au terme d’une recherche sur les discriminations pénales et civiles selon l’origine, à partir d’un ensemble de prévenus pour infractions à agent de la force publique – le délit le plus grave-, établissent que si couleur du jugement il y a, ce n’est pas dû aux décisions des juges, « aveugles à la couleur, qui ne rendent leurs décisions que sur des critères techniques »14 mais aux stades préalables du contact avec les policiers -et du constat formel qui s’en suit- et avec le parquet. Il notent que « pour un même type d’infractions, un peu plus d’un dixième des prévenus du groupe ‘Européens’ sont frappés d’emprisonnement ferme, quand un quart des autres le sont, si bien que le risque de se voir condamné à la prison ferme est presque deux fois supérieur chez les prévenus des groupes ‘Maghrébins’ et ‘Noirs’ que chez les prévenus du groupe européens »15. Quelles explications donner à ces différences de traitement, comprenons bien : à faute égale ? Bien souvent, la décision du policier de se porter partie civile est facteur explicatif : si « 33,1% des prévenus du groupe ‘Européens’ voient des policiers se porter partie civile, c’est le cas pour 50,8% des prévenus du groupe ‘Maghrébins’ et 45,6% de ceux du groupe ’Noirs’ »16. Les chercheurs notent pareillement une différenciation des peines prononcées selon les groupes. Dans une autre enquête, Indira Goris, Fabien Jobard et René Levy17 démontrent que « les personnes perçues comme minorité visible, en particulier celles portant des vêtements associés à différentes ‘cultures jeunes’ françaises, ont été contrôlées de manière disproportionnée ». Didier Fassin citera l’avis du gradé d’un équipage de la BAC : « Y nous aime pas, les bâtards. Nous on les aime pas non plus. Moi je suis franc, je ne me cache pas » 18.

Hugues Lagrange écarte les travaux de Jobard, Levy et Névanen en considérant qu’ils ne sont pas « un obstacle dirimant »19 pour ses analyses. Les critères de différentiation qui l’intéressent renvoient à l’origine culturelle « et ne recoupent pas la couleur de la peau et ne se résument pas à l’écart des inconduites entre autochtones et ’minorités visibles’ »20. Sur ses propres constats statistiques, il conclut que « les variables diversement corrélées, tant à l’échelle individuelle que sur les zones considérées, suggèrent des dysfonctionnements d’une portée générale »21.

Les chiffres utilisés par Hugues Lagrange, et leur exploitation, sont cependant sujets à caution. Laurent Muchielli s’ « interroge sur la validité de certains de ses calculs et (j’)entrevoi(t)s clairement derrière toute son argumentation un aveuglement ou une sorte d’obsession initiale pour les ‘Noirs’ »22. Laurent Muchielli fait état de biais dans « l’arrière boutique méthodologique », et remet en cause le calcul du nombre de familles polygames.

Une étude d’Eric Debarbieux et Georges Fotinos va dans le même sens, celui d’une discrimination structurelle, en révélant qu’« un élève d’un établissement Ambition Réussite -qui accueille un public défavorisé- risque trois fois plus d’être exclu temporairement et deux à trois fois plus de l’être définitivement qu’un élève d’une école classique, à faute égale »23. Les chercheurs notent que « plus les données sociales sont lourdes, plus les chefs d’établissement perçoivent un niveau de violence plus élevé, et le recours à l’exclusion est fréquent » 24. La condamnation par le Tribunal de Bobigny, en janvier 2011, des sept policiers, ayant accusé collectivement, à tort, une personne d’avoir blessé l’un d’entre eux, peut inquiéter, ajoutant de facto une probabilité d’erreur dans les statistiques. Or, selon Marc Louboutin25, cette pratique n’est pas si rare ; il donne d’ailleurs dans son livre d’autres exemples de fausses imputations de délits, verbatims à l’appui. Il y aurait donc, selon cet auteur, une dérive notoire dans l’exercice du métier de policier.e, qui influencerait les statistiques policières produites26.

L’intermariage ou la difficile interprétation des chiffres

Pour expliquer la ligne de démarcation entre ‘Blancs’ et ‘Noirs’ aux Etats-Unis, Hugues Lagrange prend également au mot une autre statistique, ‘fait sidérant’ d’après lui, selon laquelle il y a quasi absence d’intermariage. Il donne le chiffre27 en 2006, de 0,67% d’intermariage et ajoute que, au hasard, l’appariement devrait être de 11%. Les données états-uniennes établies par les chercheur.e.s montrent que la réalité est beaucoup plus complexe, et que ce chiffre est sous-estimé. En effet, le recensement de 2000, permettant de se présenter comme appartenant à plusieurs races, a fait apparaître 7 millions d’individus dans ce cas, soit 2,4% de la population déclarée, vraisemblablement issus de mariages mixtes. Le nombre d’états-uniens ‘multiraciaux’ serait ainsi largement sous évalué28. Plusieurs raisons à cela. Roland G. Fryer Jr.29 indique qu’il y a eu une large sous-déclaration des mariages interraciaux étant donné les tabous en jeu.

Aux Etats-Unis, le principe légal de l’hypodescendance fait primer, dans la catégorisation d’un individu, la composante la moins socialement valorisée. Si son arbre généalogique signale un seul ancêtre ‘Noir’, il sera classé forcément comme ‘Noir’ selon la règle de la seule goutte : one drop rule. Un mariage interracial est comptabilisé entre un.e ‘Blanc.he’ (sans une goutte) et un.e ‘Noir.e’. En 2007 les mariages interraciaux représentent 1% des mariages de ‘Blancs’, 5% de ceux des ‘Noirs’ et 14% de ceux des Asiatiques30.

La persistance de rapports sociaux racistes est forte. Il ne suffit pas toutefois d’invoquer la sous-déclaration de ces mariages pour mesurer la portée et la pesanteur d’une telle ségrégation. Les mariages interraciaux ont en effet été longtemps interdits. En 1958, Mildred Dolores Loving et son mari -les bien nommés- avaient été condamnés à la prison à vie et bannis de Virginie pour avoir contrevenu aux lois de l’Etat interdisant les « croisements » interraciaux »31. Il faudra attendre l’année 1967 pour que la Cour suprême des Etats-Unis considère comme anticonstitutionnelle cette loi contre le mariage et la cohabitation de personnes de différentes « races » (antimiscegenation laws). 16 Etats ne supprimèrent cette interdiction qu’après 1967 (Fryer, 2007), le dernier étant l’Alabama en l’an 2000.

Selon le Public Use Microdata Sample (PUMS), le taux total de couples interraciaux aux Etats- Unis est passé de 0,7% en 1970 à 5,4% en 2000. Les taux maximaux étant atteints chez les Indiens Américains (56,7%) et les citoyens à ‘race multiple’ (56%). Il y a là une nette progression. Ce taux est quatre fois plus important pour les moins de 30 ans que pour les 60 et plus.

Le travail des femmes comme antidote à la délinquance

Si Hugues Lagrange plaide pour une politique d’intégration forte, « d’empowerment des femmes32 », sa représentation de leur travail est surannée. Il a des réticences, dit-il, à aborder le sujet du travail des mères sachant la grande proportion de mères au foyer. Selon lui, elles ne sont pas néoféministes. Il raconte qu’il n’aurait sans doute pas remarqué l’importance que revêt l’activité des femmes pour la socialisation des adolescents si ces derniers ne lui en avaient pas parlé d’eux-mêmes. A son grand étonnement, « plusieurs ont affirmé avec fierté que leur mère travaillait », ils n’avaient « aucune gêne à dire ‘ma mère est femme de ménage dans un hôtel’, ou ‘elle fait des bureaux à Paris’33 ».

Mais selon Hugues Lagrange : « Ces mères ne sont pas, pour la plupart, capables d’aider leurs enfants, même à l’école élémentaire », et ce en raison de la plus grande fragmentation des étapes éducatives dans les familles africaines, et l’absence d’habitude de jouer à des jeux de construction et d’imagination, comme les duplo ou les lego34.

Pour tous les citoyens et citoyennes avec ou sans origine, la centralité du travail n’est plus à démontrer, l’émancipation qu’il procure, même au prix de la subordination, est un moment important de la constitution du sujet dans son rapport aux autres35.

Pour défendre l’insertion dans le travail des femmes du Sahel et leur dignité, les actions des associations comme RESF (Réseau éducation sans frontière) et Femmes Egalité ainsi que les mouvements des grèves des « sans-papières » ont été cruciaux. On n’en retrouve pas écho dans ce livre. Et ses appels à la diversité à mettre en place sont parfaitement vains36, car c’est une notion qui est utilisée en vitrine des entreprises, mais très rarement en arrière cour.

Selon moi, le problème posé par ce livre est qu’il contient des assertions, qui bien que discutables et discutées, acquièrent pour nombre d’observateurs un effet d’évidence au détour d’une enquête particulière, remettant en cause « vingt ans de difficile explication sociologique37 », par exemple quand l’auteur affirme à plusieurs reprises que « les lois pénales (…) se moulent sur l’inflexion autoritaire de l’opinion publique38 », ce qui laisse rêveuse. A contrario de ces thèses, on peut affirmer que la mise au pas des classes populaires, reléguées dans des quartiers déliquescents, payés en salaires misérables dans des conditions indécentes de sous-traitance, privés de papiers de séjour et ainsi maintenues dans la peur, suppose une répression permanente par les forces de l’ordre et un contrôle policier quotidien (qui pour des raisons que d’aucuns élucident, laissent par ailleurs passer entre leurs mailles la grande délinquance). On constate, dans bien des pays, que les derniers arrivants sont les plus mal lotis, les moins payés, ceux qui vivent dans les lieux les plus dégradés (cf. l’habitat des habitants du Sahel, des Roms, et des arrivants d’Asie Centrale dans certaines ‘jungles’ de Normandie) et que cette situation est structurelle, volontaire39 et organisée politiquement.

Analyser, même avec beaucoup d’application et de références, la culture de ces derniers ne peut résumer la situation de destruction des services publics, de dépouillement de l’école, de mise en échec et mise à mal permanente du modèle républicain, en particulier dans les quartiers de relégation.

Le mot « culture » est certes plus politiquement correct que ceux de ‘race’ ou d’’ethnie’, mais parce qu’utilisé comme séparateur de comportement, il peut aboutir à des classifications tout autant contestables.

Hélène Y. Meynaud

Chercheure au laboratoire CRESPPA,

Equipe Genre, Travail et Mobilités, 59, rue Pouchet, 75017 Paris

Juge des Prud’hommes

hymeynaud@free.fr

1 Hugues Lagrange, Le Déni des Cultures, Editions du Seuil, septembre 2010, 349 pages.

2 Par exemple : Luc Bronner, Un chercheur lance le débat sur l’impact de l’immigration dans les quartiers ghettoïsés, Le Monde, 14 septembre 2010, p. 12.

3 Cf. les prises de position de Laurent Muchielli, Didier et Eric Fassin, Véronique Le Goaziou, Solène Lardoux, Philippe Poutignat et Jocelyne Streiff-Senart, Véronique de Rudder, Maryse Tripier, Michel Wieviorka qui comptent parmi les spécialistes les plus importants de ce champ de recherche.

4 Ilots de 5000 habitants, regroupés pour l’information statistique.

5 Expression relevée sur le site d’un blog de droite extrême.

6 Cf. Nicolas Duvoux, Repenser la culture de la pauvreté, La Vie des Idées, 5 octobre 2010 (http://www.laviedesidées.fr) et Zeev Sternhell, De la nation citoyenne à la nation culturelle. Anti-Lumières de tous les pays…, Le Monde Diplomatique, Décembre 2010, p. 3.

7 Un nombre très important d’infractions à la loi des personnes non détentrices de nationalité française concerne le droit de séjour. Cf. Laurent Muchielli. L’invention de la violence. Des peurs, des chiffres, des faits. Editions Fayard, 2011.

8 “Are Prison Obsolete”, Open Media Book, 2003 et Hélène Yvonne Meynaud. « De l’esclavage au travail forcé dans les prisons : l’apport d’Angela Davis. » Revue Travailler, n°16, pp.207-217, 2006, Paris.

9 Les prisons de la misère, Editions Raison d’agir, 1999 et Punir les pauvres. Le nouveau gouvernement de l’insécurité sociale. Edition Agone, 2004.

10 Les enfants des familles polygames ont pourtant des destins qui dépendent plus étroitement de leur appartenance de classe que de leur origine géographique, prenons pour exemple l’avenir radieux des enfants de François Mitterrand ou de Jacob Zuma, très différents de celui des enfants vivant ans les quartiers de relégation dont il est question dans ce livre..des Roms, et des arrivants d’Asie Centrale dans certaines ‘jungles’ de Normandie) et que cette situation est structurelle, volontaire39 et organisée politiquement. Analyser, même avec beaucoup d’application et de références, la culture de ces derniers ne peut résumer la situation de destruction des services publics, de dépouillement de l’école, de mise en échec et mise à mal permanente du modèle républicain, en particulier dans les quartiers de relégation. Le mot « culture » est certes plus politiquement correct que ceux de ‘race’ ou d’’ethnie’, mais parce qu’utilisé comme séparateur de comportement, il peut aboutir à des classifications tout autant contestables.

11 Filières Pénales, CESDIP, 1987.

12 Nathalie Guibert. Selon une étude menée en Isère, deux tiers des mineurs délinquants sont d’origine étrangère. Le Monde, 16 avril 2004.

13 Cf. Marwan Mohammed et Laurent Muchielli (dir.) Les bandes de jeunes- Des « blousons noirs » à nos jours. Editions La Découverte, coll. « Recherches », 2007

14 « La Couleur du jugement. Discrimination dans les décisions judiciaires en matière d’infractions à agents de la force publique (1965-2005) ». Revue Française de Sociologie, 48-2 : 243-272, 2007.

15 Idem p. 253

16 Idem p. 253

17 Police et minorités visibles : les contrôles d’identité à Paris. Edité par Open Society Institute, 2009.

18 Didier Fassin, La force de l’ordre. Une anthropologie de la police des quartiers, Seuil, 2011, p.154.

19 Hugues Lagrange, p. 126.

20 Hugues Lagrange, p. 127.

21 Hugues Lagrange, p. 128.

22 Grand entretien avec Laurent Muchielli. Le savant, l’expert et le politique : la production de connaissances sur les délinquances. Savoir/agir, dossier sur Justice en réforme, justice en luttes. Editions du Croquant, n°14 : 44, décembre 2010.

23 Cité par Véronique Soulé, dans Libération du 22 novembre 2010, « Les défavorisés doublement punis ».

24 Page 30. Violence et climat scolaire dans les établissements du second degré en France. Une enquête quantitative auprès des personnels de direction des lycées et collèges. Observatoire International de la violence à l’école.

25 Marc Louboutin, Flic, c’est pas du cinoche. Editions du Moment, 2010.

26 Une pression statistique pèse sur les policiers, qui doivent se conformer à la culture de la performance, et produire des chiffres croissants de délits élucidés d’emblée, les IRAS (infractions révélées par l’action des services). Parmi ces derniers, les plus faciles sont les interpellations dans la rue, en particulier d’individus en situation irrégulière (ILE infractions à la législation sur les étrangers). En 2007, les infractions au droit du séjour représentent 27% des infractions constatées élucidées.

27 Hugues Lagrange, note 3, p. 23, sans références.

28 Sharon M. Lee et Barry Edmonston, New marriages, new families : U.S. racial and Hispanic Intermarriage. Population Bulletin, juin 2005, vol. 60, n°2, p. 3.

29 Roland G. Fryer Jr. « Guess Who’s Been Coming to Dinner? Trends in Interracial Marriage over the 20th Century”. Journal of Economic Perspective, vol. 21, printemps 2007, p.71-90.

30 Les populations considérées n’ont pas la même taille : en 2000, le recensement indique une population comportant 75% de ‘Blancs’, 12% de ‘Noirs’, 13% d’ « Hispaniques » et 4%,d’ « Asiatiques ». Cela infléchit la réflexion sur les mariages mixtes : selon Fryers, en 2007, 0,85% des hommes blancs sont mariés à des femmes noires, 6% des hommes noirs sont mariés à une femme blanche et 7% des hommes asiatiques sont mariés à des femmes blanches. Le taux maximal de mélanges est atteint par les 25% de femmes asiatiques mariées à des hommes blancs. Il note que si, au milieu de XXème siècle, les intermariages concernaient ‘les moins éduqués’, au début du XXIe, cela caractérise les plus éduqués. Selon Lee et Edmonston, 7,2 % des couples pluri parentaux sont intermariés.

31 Sylvain Cypel, Le Monde, 13 mai 2008.

32 Hugues Lagrange, op.cit. p. 25.

33 Hugues Lagrange, pp. 301 et 302.

34 Dans leur enfance, de grandes écrivaines africaines comme Aminata Traoré, ou Mariama Ba n’ont pas bénéficié de tels jeux qui n’existaient pas encore, et pourtant quels talents…

35 Voir à ce sujet Danièle Kergoat, Adelina Miranda, Nouria Ouali (coord.). Migrantes et Mobilisées, dossier des Cahiers du Genre, n°53, décembre 2011.

36 Chapitre 6 : « La diversité : une fausse bonne idée ». in Hélène Y. Meynaud. La part de l’étranger : travail et racisme. Editions Le Bord de l’Eau, 2010.

37 Laurent Muchielli, 2010, op.cit. p. 46.

38 Hugues Lagrange, p. 37.

39 Selon Francine Blanche, secrétaire confédérale de la CGT en charge des discriminations : « La précarisation et la déréglementation sont organisés par les pouvoirs publics nationaux et européens. Un responsable de l’URSSAF me confiera avec cynisme que les sans-papiers permettent à la France de ‘rester compétitive dans les industries de main d’oeuvre’ ». L’Humanité, 3 mars 2011.

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