Dalits, les intouchables noirs indiens

Dans l’antiquité, l’Inde était un centre africain en plein coeur de l’Asie. Au cours du troisième millénaire avant J.-C., des hommes et des femmes noires industrieux avaient édifié la puissante civilisation de la Vallée de l’Indus, établissant un pouvoir noir qui allait prospérer durant plus de mille ans sur une aire plus vaste que Sumer et l’Egypte pharaonique réunies.

Ces Noirs généralement dépeints comme des Dravidiens ont fini par être repoussés dans les régions centrales et méridionales de la péninsule Induienne par des tribus Indo-Européennes. En 800 av. J.-C., ces peuples nomades aryens avaient conquis la majeure partie de l’Inde septentrionale et en avaient rebaptisé les territoires, « Aryavarta » (le pays Aryen). Dans tout l’Aryavarta fut instauré un ordre social rigide et segmenté en castes où la masse des Noirs vaincus (les Sûdras) fut confinée dans une caste inférieure contrainte de servir les castes supérieures. Au fil du temps, ce système de castes d’une brutalité extrême est devenu la base de la religion aujourd’hui pratiquée en Inde, à savoir : l' »Hindouisme ».

Cependant, les plus grnades victimes de l’Hindousime sont les « Intouchables ». Ils sont à la fois les descendants des unions malheureuses entre Aryens et Sûdras, et des populations indigènes noires qui s’étaient réfugiées dans l’arrière-pays indien pour tenter de se soustraire à la sphère d’influence aryenne, mais celle-ci finira malgré tout par les gagner.

La pensée religieuse hindoue justifie l’intouchabilité comme l’extension ultime et logique du karma et de la renaissance. Pour les Hindous, les individus naissent intouchables du fait d’une accumulation de péchés dans des vies antérieures. Les textes hindous décrivent les Intouchables comme des être viles et répugnants. Pour des Hindous des autres castes, tout contact physique avec un Intouchable était considéré comme une souillure. Les Intouchables vivaient généralement dans de pitoyables petits campements en bordure des communautés hindoues. Il est arrivé à plusieurs reprises dans l’histoire indienne qu’il leur soit interdit de pénétrer dans les communautés hindoues à tout autre moment qu’à la nuit tombée. En effet, l’ombre m^me des Intouchables était considérée comme de nature à souiller et il leur fallait battre du tambour ou faire du bruit pour signaler leur arrivée. ils devaient s’attacher des balais dans le dos afin d’effacer toute trce de leur passage, des coupes leur étaient fixées autour du cou afin de recueillir toute salive susceptible de s’échapper de leurs lèvres pour contaminer les routes et les rues. Leurs repas étaient pris sur les morts, et ils avaient interdiction d’apprendre à lire et à écrire ou d’écouter les textes hindous. Le libre accès aux puits publics et aux puits d’eau leur était dénié. Ils ne pouvaient ni user d’ornements, ni pénétrer dans les temples hindous. Ils avaient pour principales tâches, le ramassage des ordures et le nettoyage des rues, l’exécution publique des criminels, l’enlèvement des dépouilles animales et humaines, et le nettoyage des sols de crémations, bref toutes les activités considérées comme impures par les Hindous de castes. Dans leur vie quotidienne, les Intouchables ne connaissaient que déchéance, privation et humiliation.

Runoko fnac livreFondamentalement, le statut des Intouchables de l’Inde a peu évolué depuis les temps les plus anciens. Le taux moyen d’alphabétisation parmi les Intouchables n’est par exemple que de 15%. Parmi les femmes intouchables, ce taux est inférieur à 7%. Dans les villes, ils sont regroupés dans des taudis sordides  tandis que dans les campagnes, où vivent la majorité d’entre eux, ils sont exploités comme travailleurs agricoles sans terres et sont soumis à l’intimidation et la terreur. Les chiffres officiels font cas de 10000 crimes violents perpétrés par des Hindous de castes contre des Intouchables. Cependant, des membres d’associations indiennes des droits de l’homme rapportent qu’un grand nombre d’atrocités dont sont victimes les Intouchables, comme les coups, les viols, les brûlures et les assassinats, ne sont jamais répertoriés. Même lorsque les actes d’accusation sont dûment remplis, la justice se prononce rarement en faveur des Intouchables.

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Histoire millénaire des Africains en Asie

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