[Courrier International] La prison, un business juteux

Les gestionnaires de prisons privées américaines ne connaissent pas la crise. Même si la criminalité diminue, des lois répressives et des « clauses d’occupation » assurent le remplissage de leurs établissements, souvent aux dépens du contribuable.

 

 

Le secteur des prisons privées vit des années fastes. La Corrections Corporation of America (CCA), géant américain des prisons privées, a vu depuis vingt ans son chiffre d’affaires croître de plus de 500 %. Et CCA entend se développer bien davantage. L’année dernière, la société a proposé à quarante-huit gouverneurs de leur racheter et de gérer leurs prisons [financées par les Etats]. L’argumentaire de CCA auprès des gouverneurs était particulièrement choquant car il comprenait une « clause d’occupation » prévoyant que l’Etat maintienne à tout moment les prisons remplies à 90 %, indépendamment de la hausse ou de la baisse de la criminalité.

Il s’avère que de telles clauses d’occupation sont monnaie courante dans le secteur des prisons privées. Un nouveau rapport de In the Public Interest [ITPI, association antiprivatisation] a épluché 62 contrats passés avec des prisons privées de tout le pays, à l’échelon local et au niveau de l’Etat. ITPI a découvert que 41 de ces contrats comprenaient des impératifs d’occupation obligeant les autorités locales ou les Etats à assurer un taux de remplissage des prisons situé entre 80 % et 100 %. En d’autres termes, l’Etat doit assurer l’occupation de ces places, que le crime augmente ou diminue.

 

 

 

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