Corporatisme contre autoentrepreneuriat : 1 – 0

L’auto-entrepreneuriat a été créé pour faciliter la création d’entreprise sur Internet en luttant contre le travail clandestin.

L’auto-entrepreneur est un régime français destiné à faciliter la création d’une activité entrepreneuriale.

Ce dispositif a été créé dans le cadre de la loi de modernisation de l’économie (LME), promulguée le 4 août 2008. Il a rencontré assez vite un net succès.

Source : wiki
L’argument principal utilisé par les corporations (artisans principalement) est celui de la concurrence déloyale. Les autoentrepreneurs ne collectent pas la TVA, ce qui engendre une baisse automatique sur leurs factures de 19.6%. Ainsi les artisans seraient désavantagés et tous les clients se précipiteraient vers autoentrepreneurs pour bénéficier des meilleurs tarifs.

 

 

Simplement, ces chers artisans ne font jamais leur autocritique. L’on ne dénombre plus les émissions où des particuliers dénoncent les malfaçons, escroqueries, surfacturations de leurs collègues et se plaignent de la qualité des services proposés (non-respect des délais de livraison, indisponibilités excessives, services de réclamations défaillants…). Les clients sont fatigués d’être pris pour des saucisses, de se faire allumer avec des tarifs prohibitifs pour de menus services (déplacement d’un plombier, 150-180€). L’État ne pouvait pas rester les bras croisés. Novelli, ex-militant du GUD devenu ministre (comme quoi, tous les chemins mènent à Bercy), a mis en place cette alternative dont le succès ne s’est jamais démenti. Les clients ont la sensation de payer le juste prix : bénéfice d’un système concurrentiel. Les prix baissent, les marges deviennent raisonnables et la qualité du service proposé fait la différence entre compétiteurs.

 

Limiter les protections sectorielles, supprimer les barrières corporatistes. Les situations socio-économiques évoluent et un État se doit de les intégrer dans sa réflexion pour optimiser le développement économique. La crise économique fait des ravages dans la société : chômage massif, croissance disparue et enterrée, hausse des impôts, troubles sociaux… Dans ce type de situation, un pays doit simplifier les règles. Le statut d’autoentrepreneur concourt à lutter contre ce chômage et a créé des emplois. L’on ne peut continuer à protéger indéfiniment des corporations qui ne se reforment guère et vivent tranquillement sur des rentes. En période de crise, l’économie de la rente est contre-productive. La France a-t-elle besoin de notaires ou les avocats sont-ils capables de s’occuper de ces tâches juridico-administratives ? Comment justifie-t-on encore les numerus clausus dans des secteurs comme les taxis en ces périodes de vaches maigres ? A-t-on besoin d’être diplômé pour être prof de football, tennis ou je ne sais quel sport ?

 

Et enfin, si une entreprise établie, reconnue, craint la concurrence d’autoentrepreneurs, de simples ouvriers, employés, étudiants ou retraités, qu’est-ce que cela suppose de son expertise ? De la sophistication de son travail ? Après tout, il existe plusieurs profils de clients à qui l’on propose des services en adéquation avec leurs revenus. Si une personne prodigue des prestations minimales met en péril une entreprise expérimentée, garante d’une certaine qualité de service, de technicité, alors quelle est la plus-value de cette entreprise ? Et comment arrive-t-elle a justifier ses marges ? La concurrence stimule. Les entreprises qui ne proposent rien de plus qui justifie leurs tarifs sont condamnées à disparaître. Si le client final ne fait aucune différence entre votre travail et celui d’un AE, pourquoi viendra-t-il payer plus cher votre prestation ? Au lieu de chialer et de demander à l’État de les protéger du danger venant d’amateurs, d’apprentis, ou même d’individus pros, ces entreprises feraient mieux d’améliorer leurs prestations afin que le client puisse se faire clairement une idée des deux organisations. S’il a besoin d’un service de base, il fera appel au maçon AE. S’il a besoin d’un service élaboré, il fera appel automatiquement à vous. Et il mettra le prix car il sait qu’en passant par un AE, il n’a aucune chance d’avoir un travail de la même facture.

 

 

Pour l’instant, le gouvernement socialiste a décidé de baisser la tête et de céder au lobbying des corporations en révisant le statut d’autoentrepreneur. Qu’en ressortira-t-il ? Certainement rien de bien constructif pour une concurrence saine et équilibrée. Les corporations continueront de vivre de leurs rentes, de protéger leurs beefsteaks avec la bénédiction des hommes politiques rétrogrades et peu courageux.

 

Le statut d’autoentrepreneur est une soupape de respiration pour de milliers de personnes qui y trouvent un espace d’innovation, d’enrichissement, d’expérimentation, de création. La plupart des AE ne gagnent pas d’argent mais sont piqués par le virus. 30% sont étudiants. C’est cet état d’esprit dont un pays comme la France doit se nourrir. Malheureusement, papa-maman-le réseau-la pleurniche aura raison de cette initiative fructueuse.

 

 

 

Osez le bon sens !

YDM

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