Comment résoudre le problème de Diversité dans les Sciences ?

Tamara Battle a toujours été intéressée par les maths et les sciences, et était bonne sur ces matières. Donc, quand elle est entrée à Borough du Collège de la communauté de Manhattan en 1992, elle a tellement bien réussi ses tests qu’elle s’est retrouvé dans l’unité de calculs physiques. Les premiers jours de classes, elle a réalisé deux choses : elle était la seule fille noire dans la classe, et elle n’avait aucune idée de ce dont parlait le professeur.

« C’est comme si, ‘ok, tout le monde sait ce qu’est un vecteur, n’est-ce pas ? » Battle se souvient. « J’ai regardé autour de moi, loin de mon quartier, et j’ai réalisé, ‘Wow, ceci va être un challenge. »

Ce n’est pas que Battle n’avait pas les qualités pour y arriver. C’est juste qu’elle n’avait jamais fait de calculs mathématiques. Elle n’avait jamais rencontré un scientifique ou un professeur de sciences qui lui ressemblait. Au lieu de l’encourager à poursuivre dans les maths et la technologie, le conseiller d’orientation de Battle l’a informée qu’elle ne réussirait pas à obtenir son Bac à Brooklyn High school.

Même 20 ans plus tard, la situation de Battle est unique. Une nouvelle étude du centre de données de Georgia Tech montre que parmi les 30000 bacheliers qui ont passé l’examen Advanced Placement Computer Science (test de compétences informatiques avancées) en 2013, les étudiants hispaniques et les afro-américains comptent pour seulement 8 et 3 pour cent de ceux qui ont passé les tests, respectivement. Ce manque d’engagement précoce dans les matières du STEM (Science, Technologies, Ingénierie et Mathématiques) a un effet domino : en 2011, par exemple, les minorités sous-representées ont eu 9,736, ou 12.5 %, de tous les diplômes d’ingénieurs, même s’ils étaient près de 30% de la population. Logiquement, ces chiffres montrent qui sont ceux qui vont avoir les meilleurs salaires, les emplois les plus demandés dans le future.

Pour Barbara Ericson, directrice du collège d’informatique de Georgia Tech et celle qui a analysé les données, les examens AP sont  “the canaries in the coalmine,” comme « des canaris dans une mine de charbon », la meilleure façon de détecter quels sont les étudiants engagés dans les matières STEM. « Les étudiants qui passent ces tests sont ceux qui obtiennent leurs diplômes dans ces champs » a dit Ericson. Etudiants : femme, noire, hispanique, et indien d’Amérique, sont largement sous-représentés dans tous ces terrains.

La diversité dans les terrains du STEM est un problème national, mais cela varie par région : dans les Etats comme le Texas, la Californie, New York, et le Maryland, les statistiques ne sont pas aussi lamentables que dans le Mississippi et le Nouveau-Mexique, où aucun étudiant afro-américain n’a passé le test AP de sciences informatiques. En fait, dans le Mississippi, seul un étudiant a passé le test. Aucun étudiant dans le Wyoming.

 

Qui suis-je, une petite fille noire de Brooklyn, pour penser que je peux faire des recherches à la NASA ? 

 

« Les études informatiques dans certains Etats ont presque disparueset ce n’est pas bon car c’est l’un des domaines les plus en croissance. » a dit Ericson, notant que le Mississippi a 40 personnes qui ont passé le test en 2001. Les sciences informatiques « sont une compétence fondamentale pour tout champ STEM. De nos jours, vous ne pouvez pas schématiser le génome humain sans informatique. »

Donna Edwards, une avocate du Congrès pour la diversité dans les champs STEM, dit que cela provient du financement de l’école primaire et secondaire,  du secteur privé comme de la fondation nationale des sciences. Ce financement, revient à la législation – comme l’amendement Edwards ajoutée au COMPETES Reauthorization Act de 2010, qui a priorisé les minorités sous-représentées et les professeurs dans les écoles en grand besoin de fonds et de bourses. « Nous avons besoin des gouverneurs et des législateurs des Etats pour pousser cela, sinon nous allons avoir un problème, » elle déclare.

Edwards met en lumière aussi le STEM Opportunities Act de 2013, qui est actuellement étudié au parlement. La loi, entre autres, peut apporter plus de ressources aux historiques universités noires et aux institutions aidant les minorités dans leurs recherches de fonds. « Ce financement pourrait vraiment faire pencher la balance, » a dit Edwards. « Ces places aident la part de la population la plus croissante ».

 
Ces programmes universitaires existent dans des échelles plus réduites, et semblent fonctionner. Dans le Mississippi, notoirement connu pour être dernier dans les tests nationaux, il y a le Louis Stokes Mississippi Alliance pour la Participation des Minorités, un consortium de 8 collèges à travers l’Etat qui se consacre à recruter des étudiants des minorités pour les disciplines du STEM. Financé par le National Science Foundation, le programme alloue des bourses pour près de 300 étudiants issus des minorités de l’Etat, prometteurs qui sont recommandés par le corps professoral ou, dans certains cas, recrutés au collège. Ce programme aide aussi les étudiants à suivre les conférences, poursuivre leurs études supérieures, chercher un emploi et des stages.

Dr. Andre Heath, coordinateur du site LSMAMP de l’université du Sud Mississippi a dit que le programme fait beaucoup de rattrapage. Plusieurs étudiants se retrouvent mal préparés, comme Tamara Battle au BMCC quelques années avant.

« Les étudiants qui viennent ici ont besoin d’une sorte de remise à niveau » a dit Health.

Il y a peu de financements dans l’État avant l’université – donc Heath et les étudiants du LSMAMP essayent de combler le fossé en visitant les collèges et les lycées.

Chris Bolden, 22 ans, est venu au LSMAMP de Natchez, où il a été élévé par une mère célibataire qui gagnait juste le salaire minimum. « J’ai plus ou moins deviné que je ne pourrais pas aller à l’université » il a dit. Mais cela semblait possible une fois que j’ai entendu parler du programme au USM via un étudiant afro-américain appelé LaShonda, qui nous a rendu visite à son ancien lycée. Il a fini par avoir une bourse entière en étudiant la microbiologie et souhaite devenir professeur. Lui et les autres étudiants LSMAMP font la tournée des écoles dans les environs de Jackson et Hattiesburg, pour encourager les ados de faire la même chose qu’eux.

« Tout ce que je savais avant, c’est que j’aimais les maths. Je ne savais même pas que le monde du STEM existait. »

« Une fois, j’ai demandé à un garçon ce qu’il voulait devenir quand il grandirait; il m’a dit ‘je veux travailler chez Burger King » a dit un autre étudiant LSMAMP, Taylor Nunnery, de sa visite dans un collège.
« Cela m’a touché. Il ne connaissait rien d’autre parce que sa mère y travaillait. » Il est important pour Nunnery d’être devant ces jeunes élèves, physiquement pour leur montrer qu’il y a autre chose là dehors.

« Ces gosses ont besoin de voir des gens comme Chris et Taylor, des gens qui réussissent et qui ne sont pas des athlètes ou des acteurs » a dit Heath.

Pour Battle, voir un scientifique noir pour la première fois, a fait toute la différence. Elle a fini par se faire transférer du BMCC à l’historique Medgar Evers Collège, et participer à la version de l’école de Louis Stokes Alliance. A une conférence sponsorisée par le programme, elle a rencontré un ingénieur afro-américain de la NASA. « Je lui ai dit « c’est fou. Qui suis-je moi, une petite fille noire de Brooklyn, pour penser que je peux faire des recherches à la NASA ?’ et il a répondu, ‘Je suis un homme noir qui a grandi dans une ferme dans l’Ohio. Pourquoi pas ?' » Un petit instant comme celui là, a dit Battle, « a redéfini mes pensées ».

Battle a fini par devenir major de sa promo dans les sciences environnementales et est devenue une des diplômés du STEM Fellows au K-12 Education de l’Université d’Howard, qui lui ont financé ses propres recherches et lui ont donné une opportunitéde travailler avec les écoles, primaires, collèges et lycées. De nos jours, elle aide à manager ce programme comme une assistante en sciences à la National Science Foundation, son opportunité pour « donner en retour ». Le niveau K-12, elle dit, est « de loin » le plus important.

« Tout ce que je savais avant c’est que j’aimais les maths, » Battle a dit. « Je ne savais même pas que le monde du STEM existait, et personne ne me l’a dit. Nous avons besoin de nous assurer que les petites filles afro-américaines sachent que ce monde existe. »

 

 

Nona Willis Aronowitz, NBC News Digital

Traduction d’article de NBC.

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