Comment motiver nos enfants ? Par Brigitte Prot

Ceci est un résumé d’une conférence donnée par Brigitte Prot, portant sur la motivation des enfants le 14 Octobre 2010, à Institution Sainte Geneviève à Asnières.

Brigitte PROT, aujourd’hui psychopédadogue, est un ancien professeur de français qui s’interroge sur le changement progressif d’attitude mais également d’expression de certains de ses élèves.

les difficultés d’expression (repérer dans une phrase la cause, la conséquence et le but d’où un problème de construction des phrases).

les difficultés liées au temps : une maîtrise très moyenne dans l’utilisation des temps (passé, présent et futur) avec des conséquences lorsque l’on doit élaborer un raisonnement (hypothèses, conséquences, conclusions).

Elle se pose la question suivante : comment aider un élève à réaliser son potentiel ?

Elle a donc conçu un outil qui est un bilan afin d’aider à repérer les freins à la motivation.

Elle pose comme présupposer que la réussite de son action pour remotiver un élève réside impérativement dans une articulation cohérente entre les acteurs, à savoir : l’enfant, les parents et les éducateurs.

Cette cohérence est le gage de la réussite.

Brigitte PROT indique que la responsabilité des adultes est de 50%, ce qui veut dire que l’adulte doit concéder une place certaine à son enfant ou à son élève.

En l’espace de deux ans, sont apparues de nouvelles situations. Elle cite :

– le mot travail est un mot qui est devenu tabou. Quel est le sens du mot travail pour l’enfant ? elle se rend compte que l’enfant préfère dire qu’il s’éduque ou qu’il s’entraine.

mémoriser, il vaut mieux utiliser l’expression « est-ce que tu as retenu ? » « Pourquoi est-ce que je te demande les trois dates de la biographie de Victor Hugo alors que tu peux les trouver facilement sur internet ? Parce qu’il vaut mieux avoir les choses dans la tête comme cela on devient un être humain et que l’on est moins manipulable ».

Quel comportement pour l’adulte ?

Faire confiance à ses compétences de parents ou d’enseignement

Prendre de la distance, repérer ce qui se passe pour l’enfant et dédramatiser

3 attitudes : sécuriser, valoriser et stimuler

Un adulte est une personne qui tient sa promesse.

Ex : un élève attend la sanction pour s’arrêter de faire des bêtises et si la sanction ne vient pas, l’élève continue et en plus il est démotivé. 2 L’adulte doit donc exprimer de vrais oui et de vrais non et indiquer ce qui est non négociable.

Attention à la solitude des enfants.

 

 

Quand il s’agit une fratrie, il faut indiquer des horaires clairs de travail et essayer de les faire travailler ensemble.

Il faut faire vivre l’expérience du tutorat à double sens à l’enfant : qu’il aide et qu’il se fasse aider.

 

 

Brigitte PROT a identifié 22 freins à la motivation dont les principaux sont :

1- la frustration

L’habitude d’avoir tout et tout de suite empêche l’enfant de connaître la frustration. Il faut que l’enfant expérimente l’attente et le manque.

Ex : Si tu as encore envie de ce jouet dans 2 jours, je te l’achèterai. C’est l’opposé de la pulsion et du plaisir immédiat. L’attente procurera de la joie. Quand on commence un apprentissage, il faut montrer les objectifs.

2- Consommer n’est pas apprendre

Il faut travailler en famille sur cette notion, il faut expliquer en famille que l’on doit apprendre Ex : il y a une différence entre se faire une tasse de café ou mettre de l’argent dans le distributeur pour avoir une tasse de café.

3- Insécurité

Si l’enfant se sent insécurisé, il peut s’empêcher de réussir. Ex : la rentrée au collège ou partir loin de la maison C’est important d’avoir un projet même à 18 ans.

4- Se reconnaître

Pour se motiver, s’investir dans son travail, l’élève a besoin de se reconnaître unique et en devenir c’est-à-dire capable de :

-progresser

-construire un projet

-atteindre ses objectifs (accessibles et lisibles avec des moyens clairement définis)

Attention aux problèmes de rivalités entre les frères et sœurs et les cousins.

Savoir lire en famille les notes pour voir la situation réelle de l’enfant.

Ex : un 8/20 peut vouloir dire que l’élève a progressé car avant il avait 4/20 ou bien qu’il a baissé car avant il avait 12/20.

Attention à ne pas enfermer un enfant dans un cliché comme par exemple :

– le maladroit,

– le dyslexique,

– le QI 236 etc…

Voir l’enfant tel qu’il est.

Un enfant a besoin d’être reconnu comme tel par les adultes proches. Il faut porter sur l’enfant un regard constructif sur sa personne et sur ses résultats.

Voir toujours en premier ce qui va bien.

Importance de l’écoute des enfants.

 

1-Pourquoi apprendre à travailler ?

Quel est le but, le projet, les objectifs et les étapes à respecter ? Quel est le SENS ?

Ex : moi, je ne lirai pas des auteurs morts.

C’est à toi l’adulte de me montrer que c’est intéressant.

Les raisons d’apprendre sont liées à la question du Qui suis-je ?

 

Il faut de la confiance en soi, de la conscience de soi et de l’estime de soi.

Il faut pour sa propre réussite connaître ses points d’appui et ses besoins.

 

Tout travail doit s’arrêter dès la première larme ou les premiers cris !

Essayer de comprendre pourquoi l’adulte ou l’enfant sont dans cette situation de cris ou de larmes.

Ex : quand j’étais jeune, ma mère me disait que mon orthographe…

Il faut que l’adulte réagisse à la phrase écran.

Ex : « Je suis nul. » car si l’on ne réagit pas, l’enfant va le penser vraiment.

 

 

Valider même les mauvaises notes

Même si l’enfant n’a que 4/20, il faut valider ces 4 points car c’est à partir de ces 4 points qu’il va chercher ses points d’appui.

Comment apprendre une leçon ?

-Savoir que cela prend du temps.

-Savoir lire l’heure sur des aiguilles car finalement avec les montres digitales, l’enfant souvent perd la notion du temps. Il semble donc impératif de mettre dans la trousse de l’enfant une montre avec des aiguilles !

-Avoir un rituel du travail avec la montre à aiguille pour mettre le cerveau en projet.

-Savoir se concentrer : avec la lecture des consignes, du vocabulaire, s’habituer à se concentrer en peu de temps.

 

Attention au jonglage, souvent les enfants font plusieurs choses à la fois.

L’enfant a aussi besoin d’un encadrement avec des axes lisibles :

-sur sa personne : travail, résultat et comportement.

-sur le passé, présent et futur scolaires

-que la barre ne soit ni trop haute, ni trop basse.

Il faut que l’information soit claire.

L’importance de ne pas porter des casseroles toute sa vie

ex : « pour un redoublant… ».

 

Quelle attitude devons-nous avoir en tant qu’adulte pour être lisible ?

Dire JE, et s’affirmer dans son autorité (oui-non) ce qui est le contraire d’une attitude laxiste.

Comme je rêve d’un enfant meilleur que moi, je sur-investis son travail.

Le but est de stimuler, valoriser et sécuriser son enfant (contraire de dévaloriser et sur-valoriser).

L’enfant doit faire 50% et l’adulte doit faire 50%

ce qui donne 100 % de réalisation du potentiel de l’enfant.

Pour l’estime de soi : la valeur que l’enfant va s’accorder va dépendre de ce qu’il va expérimenter dans sa vie. Si j’ai un enfant lent, que dois-je faire ?

 

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Aucun enfant n’est lent, Brigitte PROT a identifié 15 points qui peuvent être un frein à sa lenteur. Il faut faire un bilan pour repérer le besoin réel de l’enfant.

Ex : tables de multiplications pas bien sues, manque de confiance en lui qui l’empêche d’être sûr alors qu’il a trouvé la bonne réponse et alors il continue à chercher d’autres solutions etc…

Adresse de son cabinet pour des consultations :

Madame Brigitte Prot

2 rue Jean-François Gerbillon

75006

motiv@brigitte-prot.fr

01 43 26 90 04

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