Comment Gwyneth Paltrow est-elle devenue un modèle de féminité en Occident ?

Comment en sommes-nous arriver à ça ?

Qu’est-ce qui peut pousser cette pauvre actrice américaine dont personne ne se rappelle les films dans lesquels elle a tournés (juste les amants célèbres sous lesquels elle a tournés), à croire qu’exposer une silhouette aussi peu attractive à 40 piges peut être un gage de succès et de reconnaissance auprès du grand public ?

Voir cette énième blonde, mère de famille en plus, contrainte de jouer les nymphettes pour exister, montrer qu’elle vaut encore quelques figurations à Hollywood, interpelle sur la société. Comment la laideur, la platitude, l’anti-féminité sont-elles devenues des modèles pour les femmes du monde entier ?  

 

 

J’ai toujours été effaré par l’aspect physique des mannequins, ces planches à retenir des vêtements créés par des homosexuels aux goûts douteux. Les standards étaient établis: plus l’on voit ses os, plus la femme est considérée comme belle. Tous ces blancs qui perdaient la raison face à la silhouette de Kate Moss, la brindille c’est ainsi qu’on la surnomme ou encore Vanessa Paradis

Ils disaient tous en chœur, pantelants : elles sont jeunes, belles, talentueuses. Selon moi, deux qualificatifs étaient de trop dans ces déclarations. Mais que pouvez-vous faire quand la déraison devient massive, collective ? Force était de constater que nous étions peu nombreux à résister à cette déferlante de maigreur et à braver la désirabilité sociale en nous dirigeant vers des femmes, des vraies, toutes en chair, ordinaires. Nous passions pour des tocards.

Certains ont d’ailleurs poussé le dévouement très loin jusqu’à remorquer des femmes tellement énormes, osons, vilaines, obèses, moches. Un muscle qui ne travaille pas s’atrophie, dirait mon pote Antoine. La règle des trois T a fait des dégâts dans nos lignes. Mais, je nous comprends.

L’Occident a transformé des fins gourmets en gloutons, la pauvreté en consommateurs de premier prix, la chasse aux papiers et la misère sexuelle en vautours; des hommes contraints de se taper celles qui n’ont pas le choix, délaissées par l’autochtone, exigeant. Oui frangin, un muscle qui ne taffe pas s’atrophie. Mes négros ne se sont pas faits prier. Je vous rassure, en périodes de disette, même les lions se font charognards, les intransigeants crèvent de faim. S’adapter ou mourir. Devrait filer des visas aux intrépides sans-papiers pour le travail psychologique positif et boosteur qu’il effectue auprès des femmes grosses de France. Allegro fortissimo, mobilisez-vous pour vos chères béquilles !

D’ailleurs, j’en soupçonne certaines d’être devenues négrophiles par contrainte sexuelle; c’était ça ou le Baby Rabbit Dorcel à vie – François le français étant obnubilé par les rachitiques sylphides venues de l’Est. Résultat, les rues se tapissent de couples improbables. Heureusement que les queues n’ont pas d’œil… Mais bon, c’est de l’amour, n’est-ce pas ?

La société a cédé face à ce diktat de la maigreur. Elle fait des jaloux, dit l’accroche. Gwyneth (autre prénom ridicule des américains) aurait été élue plus belle femme du monde en 2013 par le magazine People. On croit rêver. Comment en est-on arriver là ?

C’est d’autant plus incompréhensible qu’en Occident, les modèles de beautés ont toujours été charnues, voluptueuses, femmes.

Dans les siècles précédents, être grosse était un signe de puissance sociale, et les femmes fortes étaient l’exemple à suivre pour toutes les femmes.

 

Femme du 15ème en Occident

femme 15èsiècle

 

Femme du 16ème

 

femme 16ème siècle

 

Femme du 17ème

femme 17ème siècle

 

Femme du 18ème

femme 18ème siècle

 

Mannequin 1920

mannequin 1920

 

Mannequins 1930

mannequin 1940 1

 

Mannequin 1940

mannequin 1940

 

Mannequin 1950

mannequin 1950 1

 

Mannequin 1960

mannequin 1960 2

 

Mannequin 1970

mannequin 1970

 

Mannequin 1980

mannequin 1980

 

Mannequin 1990

mannequin 1990

 

Mannequin 2000

mannequin 2000

 

L’on peut constater qu’une inflexion se fait dans les années 60-70, et qu’on n’a eu de cesse d’évoluer vers l’informe.

Ne jamais sous-estimer le rôle de la publicité qui façonne les pensées, les projections, les mentalités. Les industriels étant tout sauf des couillons, investir autant sur ces événements, n’est pas un acte de désintéressement et d’amour de la culture (ils ont d’ailleurs réussi le tour de force de nous vendre des tailleurs au talent équivoque comme des créateurs, des artistes, des génies, de la mode. La mode étant par essence éphémère, et un artiste, un créateur qui dure dans le temps, le bullshit, le bruit entretenu par les médias et une élite décadente alimentent ce mythe pour justifier un marché aux marges démentielles, aux privilèges indus et à l’utilité sociale nulle. Un styliste n’est rien d’autre qu’un tailleur ou un cordonnier qui se croit intéressant. Vérifiez, doit bien avoir une breloque sur le torse de chaque directeur artistique des maisons de haute couture. Vendeurs d’une certaine idée de la patrie. Morts pour le jumpsuit.)

 

Le marché est, qu’on le veuille ou non, à la base des grands changements socio-politiques.

L’Afrique du Sud sort de l’Apartheid parce que les racistes, les afrikaners, en ont marre de perdre des parts de marché à cause du boycott international. La France finance la démocratie, n’est-ce pas ?, à Tripoli pour les beaux rendements pétroliers du sous-sol lybien. L’Amérique l’exporte manu militari en Irak pour la même raison. La Birmanie libère Suy Kyi  parce que les généraux ont jugé qu’il était temps pour eux de faire quelques menus concessions au grand capital afin d’éviter la déferlante guerrière et démocratique des USA, l’isolement commençant à devenir contre-productif pour leurs intérêts et ceux des world companies qui pillent leur sous-sol.

Le marché pilote ces mouvements sociaux et il n’y a pas de raison qu’il ne fasse pas pareil pour l’habillement (et par extension, l’alimentation). Au cas où vous ne le saurez pas, les modes sont connues deux à trois ans à l’avance. La couleur des bikinis de l’été prochain avait déjà été définie il y’a deux ans et en ce moment, ils préparent tous les campagnes de 2015. Vos génies ne sont que des représentants de commerce éxubérants payés pour piloter les cohortes de femmes de, de cocottes qui ne savent plus quoi faire pour dépenser les sous gagnés par leurs maris.

Marché de l’art, marché de l’habillement : marchés de dupes, marchés de putes. Bullshit par excellence.

 

 

En dehors de l’influence majeure du marché, les causes sont multiples mais quelques éléments secondaires me paraissent importants à souligner dans ce processus.

 

L’omniprésence d’homosexuels dans la mode.

Comment peut-on laisser des hommes qui détestent la femme, la féminité définir les standards de la l’habillement et s’étonner qu’ils plébiscitent des modèles qui tranchent avec la réalité ? Il ne fallait pas s’attendre à des miracles. C’est comme si l’on demandait à un végétalien de composer les menus de tous les McDo et KFC au monde. Aujourd’hui, on en arrive à des aberrations où l’on a des mannequins dont personne n’est capable de déterminer s’ils ou elles sont hommes ou femmes. La capitulation des femmes (combien de femmes sont stylistes haute couture aujourd’hui ? Sont-elles moins douées pour créer pour d’autres femmes ? Ou est-ce similaire au marché des produits capillaires pour noirs vendus par des blancs ?) dans cet univers et la prépondérance de ces personnages, au minimum que je qualifierais de  troubles ont été les terreaux de cette infamie culturelle.

 

 

Des relents d’orientation pédophilique chez les hommes ?

Je me pose sérieusement la question car l’on constate que la pédophilie a été longtemps tolérée jusqu’aux années 90. L’excellent livre de Pierre Verdrager, l’enfant interdit, nous apporte des informations très précises sur la manière dont la pédophilie est devenue abjecte récemment.

L’on remarquera que les mannequins sont de plus en plus des adolescentes venues de Sibérie (des sortes de planches de skis, blanches comme la mort, c’est bien le cas de le dire. Modèle de la femme européenne ?) et d’Asie (avec les conséquences que l’on connaît: dépigmentation de la peau, anorexie, débridage des yeux, …).
La condamnation générale de la pédophilie (fin 80) coïncide avec la montée en puissance de ces mannequins, chanteuses, actrices filiformes, agents de communication de l’époque, de l’air du temps, aux visages poupins, aux allures enfantines. Plus l’on condamne les pédophiles, plus minces et gamines sont les mannequins. Les sociétés de marketing, les agences de tendances ont-elles compris qu’il fallait jouer sur la fibre pédophilique de certains hommes, et le souvenir d’un temps béni pour leurs clientes d’un âge certain, où les derniers se bousculaient au portillon ?

 

 

 

La frustration de la petite bite

Les blocs opératoires sont pleins, les petites bites sont condamnées au missionnaire. Il fallait trouver des alternatives pour vendre, leur rendre leur vie sexuelle plus tumultueuse. C’est tout de même la majorité des hommes. Des Rocco Siffredi, Holmes ou Steele ne courent pas les slips.

Comment procéder sans faire trop de vagues ?

L’on ne peut rien contre la génétique. User de stratégies de contournement. Les opérations sont risquées et très peu d’hommes sont assez inconscients pour vouloir hypothéquer leurs bijoux de famille sur une table d’opérations pour quelques centimètres.

A ce propos, il est normal voire prudent qu’il ait peu de couples noires-jaunes dans la vie. Au-delà du racisme ambiant (des deux côtés, je vous rassure), les deux phénotypes ne sont clairement pas compatibles. Imaginer un peu un Chen avec une soeurette en forme, aux makandi ma’ bonheurs agressifs ! ça ne colle pas. Il n’est pas outillé pour, le frangin. On peut le comprendre. Et l’opposé ressemblerait à un détournement de mineur par une brute épaisse.

Par conséquent, la solution trouvée a été de faire maigrir les femmes, à tout prix, imposer par la publicité, les prescripteurs de mode et de tendances que sont la haute couture, le mannequinat, le showbiz, une allure extrafine à toutes ces dames, sujettes de tous nos désirs. Pour créer de la frustration. Car il ne s’agit que de cela. Créer et entretenir la frustration du consommateur pour le pousser à dépenser encore et toujours. Le faire fantasmer sur des actrices aux formats exceptionnels et pousser bobonne à essayer de ressembler au modèle pour satisfaire Jean-Mi.

Dans les années 70, aux meilleures heures du porno, en avoir une menue, n’était pas un problème. Être moche non plus. Être rondelette, potelée, encore moins. La pornographie était réellement une activité récréative, festive, délirante dénuée de toute idéologie de la performance, de rentabilité. On s’amusait. Il existait peu de métissage dans les films, les noirs étant plutôt insolites dans la société, des objets de curiosité, d’exotisme comme dirait l’autre, dans ces productions (persistance de clichés racistes tout de même, faut pas charrier non plus !). Les scènes étaient moins codifiées, les acteurs étaient moins bodybuildés, plus ordinaires, Jean-Mi, le voisin d’en face. La petite bite pouvait s’identifier, s’assumer.

Dans les années 80, la censure est passée par là et a stoppé illico le développement de ce porno disons rural. Aux USA, les ligues de vertus et les féministes fanatiques ont su mobiliser leurs troupes pour marginaliser les films pour adultes : Larry Flint en a eu les jambes coupées.

Prudes mais aussi commerçants Outre-Atlantique, le commerce a laissé place à … une industrie. Et non au vide comme l’aurait souhaité la morale. La performance, la rentabilité sont devenues les normes. Le VHS, les journaux et les chaînes spécialisées ont permis à quelques personnages brumeux et à la mafia, d’ériger des fortunes sur le dos des hardeuses, usines de fantasmes interchangeables, kleenex. Les actrices se sont standardisées, les acteurs aussi, les scénarios ont aminci, le gonzo a pu tranquillement préparé son envol.

Les moches, les gros, les petites bites, ont disparu des écrans. Rocco est devenu une super-star, quelques actrices sont devenues des vedettes. Le porno s’est concentré autour de quelques majors du cul, la mondialisation a fonctionné à plein régime avec son système de standardisation des codes, des goûts (aujourd’hui, la sodomie est à la mode, la fellation est un exercice banal, demain ce sera quoi ? Le SM, le ficelage ?). Les complexes se sont affermis. Les complexés se sont revélés. Le noir à grosse bite et la blonde à forte poitrine ont gagné leurs galons de porte-fantasmes.

Le marché de la frustration était à l’œuvre pour le plus grand malheur des femmes. Les grosses ont été incitées à faire des régimes (jackpot !) et à jeter leurs dévolus sur des sex-toys pour combler les carences sexuelles de Jean-Mi (jackpot !). Les petites bites, désormais marquées de près, ont été priées de trouver des modèles conformes à leur millimétrage. ça tombait bien, l’on avait quelques têtes de gondoles en stock pour les aguicher et les pousser à exiger de bobonne qu’elle mette des porte-jarretelles et des guêpières (jackpot !). Le culte du maigre était enclenché. Ainsi, c’est démocratiser cette vision cauchemardesque, apocalyptique de femmes freluquettes mais modèles de sensualité, de désir (pour qui l’on sait). Ce qui est contraire à la réalité des couples et surtout à la réalité historique partout dans le monde où femme était synonyme de rondeur, opulence, fertilité, passions, gourmandise, puissance.

Comme le Sida qui détruit les défenses immunitaires et laisse l’organisme à la portée du premier microbe venu, le consumérisme a détruit le socle des valeurs familiales ou l’a réduit à sa plus simple expression, et a laissé le marché gouverner nos esprits.

Grâce à la pub, à la télévision, on érotise tous les produits, la femme est un support indispensable à écouler des bagnoles, des ordinateurs, des médocs. Susciter l’envie, entretenir la frustration. Les budgets de communication sont colossaux, les industriels bien entourés et stratèges. Aller au plus simple : un nichon à côté d’un téléphone et les ventes décollent.

Nos pulsions nous étranglent. Hypocrisie de l’époque; tout est cul mais, il faut faire semblant de l’encadrer, de maîtriser. La morale s’adapte. Des ados forniquent sous le toit de leurs parents : ce n’est pas grave tant qu’ils sont en couple, à la maison, qu’ils miment leurs parents. Je ne suis pas un exemple de vertu mais je crois qu’on dérive irrémédiablement vers l’infamie. On se compromet un peu, on se marie aussi vite qu’on divorce. Maintenir les apparences, sourire, maigrir pour être accepté. On codifie sa débauche, l’hypocrisie règne, tout le monde est content. Conditionnement social au profit d’un marché abrutissant. S’aplanir pour séduire. Les mecs font des abdos pour lever des meufs (les riches font des euros, c’est plus efficace !) Qui l’eut cru ? Kate Moss est la référence : un tas d’os monté sur une petite cervelle, modèle du modernisme, de l’air du temps, de l’Occident. Tout est dit.

 

 

Pourquoi les africains ne cèdent pas à cette imbécilité ?

 

Et pendant ce temps, nous résistons, fièrement. Pourquoi les africains ne se laissent pas déstabiliser par cette quête imbécile de la maigreur séductrice ? A mon humble avis, parce qu’en moyenne, nous avons les moyens de nos prétentions. Alors qu’une petite bite a besoin de femmes de magazines (gazelles trafiquées) pour assumer sa virilité. Dans ce champ très intimiste, l’on ne peut se mentir longtemps. vous aurez beau acheter des 4*4 ou des berlines allemandes, les limites naturelles sont immuables. Alors, le marché vous prescrit de descendre de catégorie ou de tourner macoumé.

Nous sommes instamment priés de nous convertir à la mode de la maigresse. Mais cette propagande n’a aucune prise sur ceux qui s’acceptent, sur ceux qui aiment la femme pour ce qu’elle est, femme, volupté, grâce, chaleur, pas pour ce que Karl Lagerfeld projette. Pas de fesses, pas d’intérêt ! A Yopougon, la messe est dite.

 

 

Osez le bon sens !

YDM

1 Comment on "Comment Gwyneth Paltrow est-elle devenue un modèle de féminité en Occident ?"

  1. tout est dit et bien dit.

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