Cicérone

 

 

 

 

 

 

 

Hier, j’ai perdu mes yeux
Dans ton balconnet
Négresse de tous mes vœux,
Je me suis cantonné

A saluer ta belle sculpture
Au lieu de voir dans tes rondeurs,
L’étendue de ta désinvolture
Face à l’image façonnée du bonheur

Aujourd’hui, tes sublimes lignes
Irradient mes douces rêveries
C’est sans aucun doute le signe
Que le nègre sature de ses causeries

Que le plus beau des textes
S’écrirait entre nos deux sexes
Que tu es l’unique et seule raison
Pour laquelle je veuille perdre mes illusions

Une femme aussi bonne
Ne peut-être conne
Comme tous ceux dont ton allure arraisonne
Je suis aveugle, ta beauté harponne

Mes plus profondes volontés
Éloigne-toi, belle ingénue
Épargne mes humeurs éhontées
De nègre sans retenue

Laisse-moi une chance de m’écrire, de te fuir
Car, à poursuivre ta tortueuse cambrure
Je risque de commettre des ratures
D’oublier ma flamme sous tes voussures

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