Charles Bukowski : Les jours s'en vont comme …

Henry Charles Bukowski (né Heinrich Karl Bukowski) est un écrivain américain d’origine allemande, auteur de romans et de poésie, né le 16 août 1920 à Andernach en Allemagne, mort le 9 mars 1994 à Los Angeles en Californie, aux États-Unis. Il est connu sous ses pseudonymes divers : Hank, Buk, Henry Chinaski, ce dernier étant celui de son alter ego dans ses nombreux romans autobiographiques. Il est l’auteur, en prose comme en poésie, d’une œuvre considérable.

Source : wikipedia

 

 

Je mets à disposition dans notre chaîne de lecture, notre exemplaire de ce recueil de poésies de Charles Bukowski, écrivain américain apparemment très réputé et très apprécié.

Je me suis astreint à lire ses poèmes et il faut bien l’avouer, cela a été une grande traversée du Ténéré en chaussons. Vu qu’on m’en a toujours dit du bien, je mets ce manque d’intérêt sur le compte de la traduction ou sur mon absence d’attrait pour la très grande culture américaine.  

Oui, on va dire ça comme ça : je n’ai pas été touché par la grâce de Buk.

 

Émeute

voilà la raison de l’émeute : nous avions tout le temps des fayots
et un gardien a empoigné un garçon noir qui venait de jeter sa gamelle par terre
et quelqu’un a touché un bouton
et tout le monde a empoigné tout le monde ;
j’ai frappé mon meilleur ami derrière l’oreille
quelqu’un m’a balancé du café à la gueule
(bah ! après tout, il était imbuvable)
et je suis sorti dans la cour
et j’ai entendu des tirs de fusils
et tous les taulards semblaient avoir un couteau sauf moi,
et je ne pouvais que prier et courir
mais je n’avais pas de dieu et j’avais engraissé à force de jouer
au poker avec mon codétenu et de lui rafler tous ses pennies,
et la voix du gardien a retenti au milieu de la taule,
et plus tard j’ai entendu dire, dans la confusion,
qu’un cuistot avait violé un marin,
et j’ai perdu ma crème à raser ,, un paquet de clopes
et un exemplaire du  »New Yorker » :
en plus 3 hommes ont été tués,
une demi-douzaine poignardés,
et 35 mis au trou,
toutes les autorisations de promenade ont été suspendues
les matons étaient aussi agités que des bookmakers de L.A.,
la radio de la prison était éteinte,
tout était vraiment calme,
les visiteurs ont été renvoyés chez eux,
mais le lendemain matin
nous avons reçu notre courrier
une lettre de Saint Louis :
cher Charles, je suis désolée de te savoir en prison, mais tu ne peux pas enfreindre la loi.
et il y avait un œillet séché,
un parfum, une esquisse du dehors,
des baisers et des petites culottes,
des rires et de la bière,
et ce soir-là au dîner
ils nous ont resservi
des fayots.

Page 51-52

Osez le bon sens !

YDM

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