Blanc lave plus blanc que Domenech

Déchaînement médiatique sur des footballeurs, cause de honte nationale, de disgrâce internationale. En réalité, sortie de Paris, personne n’en a rien à cirer et la plupart des observateurs avertis se demandent combien de temps mettra la Pologne pour passer du miracle économique soudain au mirage économique certain: comme la Grèce en son temps, quand elle organisait les J.O. en 2004… Et qu’il pleuvait des euros dans les caïques.

Mais la glaire médiatique est visqueuse, purulente et collante. On a l’information qu’on mérite. Nasri aurait insulté des journalistes : quel crime de lèse-majesté ! Insulter des journalistes ! Les gens ne respectent plus rien. M’vila n’a pas salué Lolo, Ben Arfa a clashé Le prési. Bref, des joueurs, mauvais, auraient aussi de la merde dans leurs godasses et empuantiraient les vestiaires des bleus. La critique est déchaînée, et le doux peuple, très médiatique cela dit, crie vengeance à tue-tête :

Rendez-nous vos primes ! Rendez-nous notre pognon, sales bourgeois illégitimes qui ne mouillent pas le maillot.

<< Honte à vous ! >> crient des gens irréprochables

Nous ne reviendrons pas sur les singeries des hommes politiques incapables de retirer les poutres qu’ils ont dans les yeux mais toujours prompts à évacuer leurs insuffisances sur des faits divers et des « ridiculités ». Est-il besoin de rappeler le doigt d’honneur du député de la république Emmanuelli ?

Le poisson pourrit toujours par la tête

Qu’est-ce qui fait plus honte aux français : le twittergate élyséen, la corruption marseillaise, la quenelle de 120 de Cameron, ou des états d’âme de pieds qui tapent dans une balle ?

Nasri a insulté le journalisme. La pleurnicherie corporative s’est mise en branle pendant une semaine pour chialer sur les épaules des politiques, prendre en témoins les français. Résultat : Nasri serait un vilain garnement qui ne respecte pas les institutions et qui ose réagir à des articles qui le démolissent.

Le jour où vous vous ferez insulter dans un canard et que vous viendrez lécher les pieds de ceux qui vous vilipendent, ne soyez pas gênés d’être traités de couillons.

Il y’a tellement de choses plus importantes que le football, même pour un footballeur, qu’il paraît sain que ces robots dressés depuis le berceau à plaire au public, aient autre chose dans leurs crânes que leurs soldes bancaires. Les footballeurs sont des têtes-à-claques. C’est normal ! Quand on a des millions en banque à 20 ans, des femmes accrochées à votre short et des encensements en veux-tu, en voilà, il ne faut pas s’étonner de leurs attitudes. Si vous associez à cela une enfance passée dans des batteries de performances et de compétitions, vous arrivez à avoir des dérapages comportementaux. On ne va pas feindre d’être surpris.

D’ailleurs, personne n’attend des footballeurs qu’ils soient des exemples d’éthique. Que les politiques le soient déjà et on aura fait un immense pas.

Nasri a insulté un journaliste, Balotelli aussi, Cantona aussi et il a même poussé le vice jusqu’à filer un yoko geri à un supporter qui l’injuriait. Aujourd’hui, il fait des pubs, il est aimé de tous, il est acteur, comédien et s’occupe des sans-abris. Zidane l’atout charme, l’intouchable, qui survole toutes les critiques, s’est exprimé sur Materazzi et a bien fait (il a défendu l’honneur de sa sœur et c’est tout à son honneur).

Quand on monte sur le ring, on donne les coups et on en reçoit; on ne va pas chialer dans les jupons de papa (oui, regardez autour de vous) politique :

Papa, Papa, Nasri m’a tapé !!!!

Pathétique

Et pour l’éternel prêche sur l’exemple pour les gamins, il faudrait que l’on nous explique de qui sont issus ces « anges » et comment ils en sont arrivés à être aussi charmants.

Le cas Evra : la victime expiatoire idéale

Evra que l’on conspue fréquemment, avait eu la bonne attitude à Knysna de monter au front pour ses camarades. C’est respectable et être un capitaine, c’est se mouiller pour les autres. Il y’a eu un vote du groupe, il a relayé les intentions du groupe. Il a fait son boulot de capitaine. On défend ses camarades et non ses supérieurs.

Et pour information, depuis cet évènement, il est capitaine de Manchester United. Entre le jugement d’éternels préposés aux commentaires et celui de Sir Ferguson, désolé mais l’évidence s’impose. Evra a fait le boulot, a pris pour ses camarades et est resté digne dans cette avalanche de reproches qui lui ont été adressés. Voir aujourd’hui qu’il est traité comme un malpropre alors que pour le coup, il n’est qu’un joueur lambda, assigné au banc et qu’il n’a jamais moufté, est profondément injuste. Justice doit lui être rendue.

« Le président » : le président de qui ?

M’vila, Menez et Ben Arfa seraient malpolis. Le respect des aînés est important et personne ne peut cautionner des attitudes négatives. Mais, bizarrement, Domenech n’avait pas la stature, le coffre, l’ampleur, la puissance, l’aura, pour dompter ces jeunes footeux. Blanc, lui l’avait. Le président. Connu par tous, aimé de tous, reconnu partout. Et pourtant, sa situation est comparable à celle de Domenech.

La seule question qui mérite tout cet emballement est : Laurent Blanc a-t-il le niveau pour entraîner une grande équipe ?

Le tout n’est pas d’être un footballeur pour savoir gérer des footballeurs. Son passage à Bordeaux est tout de même assez contrasté, et le bilan en équipe de France est plus que contrasté, pour ne pas dire nul.

Le style de jeu ou l’identité de jeu n’est pas différent de celui de Domenech, le banni. La gestion des égo est comparable à celle de Domenech, le soldat le plus connu de la DTN. Les résultats ne sont pas fameux.

Des matches gagnés avec des équipes de fonds de classement et quand vient la vraie compet, quart de finale, c’est l’objectif. L‘équipe de France a pour objectif d’atteindre les quarts de finale. Cela ne semble choquer personne.

L’objectif est atteint. On paie. Cela s’appelle un contrat. C’est toujours gênant de rappeler des évidences à des types qui sont censés être des pointures. Un contrat, ça se respecte. La chialerie sur l’éthique et tutti quanti n’a pas lieu d’être. Pourquoi ne l’a-t-on pas entendu avec la débâcle en Serbie des si respectueux courageux travailleurs dociles et experts handballeurs ?

Si vous voulez une équipe de France pour des gens qui se comportent bien, n’ont aucun caractère et représentent l’image rêvée de la France, vous envoyez une sélection de joueurs de ligue 1, de nationale ou de CFA. Si vous voulez une équipe qui gagne, vous sélectionnez les meilleurs. C’est simple ! Il faut juste définir les priorités et assumer.


En tant que sélectionneur de l’équipe et donc responsable, c’est à lui d’assumer, de monter au front pour ses joueurs et non d’être en retrait et de laisser à la vindicte médiatique, deux ou trois éléments qui auraient fauté. Son aura aurait dû rayonner sur ses ouailles et visiblement, il n’a pas fait mieux que Domenech, le cv vierge.

Aujourd’hui, ce sont les instances supérieures qui doivent le venger, le protéger, sanctionner Ben Arfa et M’vila pour lui avoir mal parlés. Le pauvre ! Nous qui pensions que ce qui se passe dans les vestiaires doit rester dans les vestiaires ! Quel message pour l’avenir ! Incapable de se défendre, « le président » sera défendu par ses dirigeants.

Laurent Blanc est responsable de ses troupes, il devrait être devant, protégé les éléments qui sont dans la tourmente et affirmer son statut de président. Or, c’est le contraire, il ne parle pas, il est tout propre sur lui et ne fait aucun rideau, aucun barrage devant les tirs des journalistes. Que feraient Mourhino, Sir Ferguson, Wenger, Pep Guardiola ?

Répondre à cette question, c’est implicitement reconnaître qu’il a sans doute le palmarès de joueur, le cv d’entraîneur, l’amour de ses amis journalistes et coéquipiers, le respect du public et de ses dirigeants, mais sûrement pas le niveau pour tenir une équipe de foot. Laurent Blanc est un mec bien, un type qu’on respecte, un bon père de famille. Pour le reste, il n’est pas meilleur entraîneur que « la pseudo lavette » Domenech. Bien au contraire.

La seule chose de bien qu’il aura faite pendant cette coupe d’Europe est de ne pas emmener Yohan Gourcuff dans sa promenade. Car, il est à peu près certain qu’ils n’auraient même pas passé le quart de finale.

On n’attend pas d’un compétiteur qu’il aime. On attend de lui qu’il gagne.

Osez le bon sens !

YDM

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