Big Mamy

Elle avait la grâce de tous ceux qui savent
Qui ont déjà vu, subi et survécu, l’humilité
Elle était si brave
Et nous ne l’aimions pas autant qu’elle le méritait

Avant d’être ma grand-mère
Big Mamy a été ma grammaire
Celle qui m’a appris à être
Quand le monde m’a appris à avoir

Devenir un énième vernis de savoir
Étalé  sur un gratte-ciel de paraître
Elle me demandait de faire mes devoirs
Si je ne voulais pas finir comme mon maître

Elle me le disait sans cesse
En pidgin ou en bamiléké
Fiston, tu as de grandes habiletés
Mais souris quand on t’adresse

C’était la première à me reprendre
La meilleure pour me défendre
Mais qu’est-ce qu’elle rapportait
Et nous, on se faisait refaire le portrait

Grâce à elle, mon enfance me plait
Mes souvenirs se pavent de ses traits
Et se ponctuent par de beaux fous rires
C’était bien… Et c’est encore si plaisant de l’écrire

Je suis toujours aussi con
J’ai choisi de vivre en moribond
D’honorer ton nom et de dire oui
A tes tendres leçons de survie

Tu comprendras plus tard
Plus tard, c’est aujourd’hui
Et je mesure mon retard
Big Mamy, j’ai admis

Enfin au bout de 30 ans
Ce que ma vie doit au temps
Je n’ai pas changé, pour le moment
Je n’ai fait que marcher à côté de tes pas, maman

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