Autoriser les détenus à avoir des téléphones portables ?

Privation de liberté rimerait-elle avec privation de plaisirs quotidiens ?

Je ne peux que soutenir  la proposition de Jean Paul Delarue de faciliter l’accès aux portables aux détenus incarcérés. Cette obsession de rendre la vie des prisonniers impossible est clairement contre-productive et ne pousse pas ces personnes à se réintégrer dans la société une fois leur libération acquise. Il est de bon ton de jouer les commandos, sans cœur et de ne rien concéder à ces populations. Je crois comme pour le shit, qu’il serait temps de regarder la réalité en face et de prendre des décisions courageuses pour le bien-être général de la société.

 

La dictature de l’émotion ne permet aucune réflexion et ce n’est pas chez les politiques que l’on trouvera le moindre signe de courage.
Être privé de libertés ne veut pas dire être privé de menus plaisirs de la vie. La personne qui commet un crime est enfermée. C’est normal, la société doit se protéger de ses agissements. De là à l’enfermer émotionnellement en évitant qu’elle communique avec ses proches, qu’elle échange avec l’extérieur, c’est une double peine qui ne bénéficie pas en dernier ressort à la société. L’individu, au fil des temps, voit ses relations se détériorer ou simplement disparaître. Il se retrouve seul, sans personne à l’extérieur pour le soutenir. Il est davantage frustré et développe un ressentiment assez naturel envers la société et ceux qui lui imposent cette quarantaine. Il se laisse vivre et s’imprègne totalement des us et coutumes de la prison. Sans perspectives de rebond à l’extérieur, il s’exclut progressivement de la société. Et une fois libéré, sans repères, aigri et isolé, il récidive ou il rejoint les marges de la société. Sa vie est à jamais détruite et c’est la société qui doit le prendre en charge, d’une manière ou d’une autre.

 

Donner la possibilité à tout détenu d’avoir un téléphone portable pour communiquer avec les siens, c’est maintenir un lien solide entre lui et la société. Soutenu, en contact régulier avec les siens, ses enfants, il sera davantage motivé à se tenir correct et surtout, à accepter le tribut que lui fait payer la société pour son acte délictueux ou criminel.

Les gardiens de prison pourront se consacrer à d’autres tâches plus importantes et surtout voir diminuer de manière significative, les tensions dont ils sont les premières victimes en général. Un détenu apaisé fait un gardien en sécurité. Et pour ceux qui croient que le portable permettrait d’organiser des évasions; c’est sans doute possible mais très marginal.

Pour 60000 prisonniers en France, combien de tentatives d’évasions l’année dernière ? Je n’ai pas les données statistiques mais je crois qu’elles sont insignifiantes.
D’abord, parce que les prisons sont des coffres-forts bien gardés, qu’une majorité de détenus se tiennent à carreau, purgent leurs peines et s’en vont; qu’une part importante des peines de prison est « supportable » par les détenus qui n’ont aucun intérêt à s’évader.
Dans les prisons centrales où de grosses peines croupissent, il faudrait évidemment scanner leurs contacts téléphoniques et jouer sur d’autres mesures comme des changements fréquents de prisons et des allégements de peines pour minimiser ces actions.

 

 

Perpétuité réelle ou peine de mort ?
Une fois de plus, se pose la question des peines de perpétuité. Je crois qu’elles sont plus cruelles que la peine de mort; en tout cas, en ce qui concerne la perpétuité réelle.
L’hypocrisie doit être levée et les populations doivent connaître et assumer les jugements qui sont rendus en leur nom.

Si la perpétuité doit être prononcée pour certains crimes odieux, alors il est capital qu’elle soit réelle.

Si ce n’est pas le cas, alors il est aussi important que la durée d’incarcération soit humaine. Je pense que 15 ans de prison maximum est une peine qui permettrait au prisonnier de s’amender, d’envisager une autre vie après la prison, de se refaire et surtout, de ne pas peser sur la société. Si l’on pense que cela est inacceptable pour le crime commis, alors, il faut réinstaurer la peine de mort. Car une vie en prison est une mort lancinante et bien plus cruelle, et que chacun doit assumer ses actes. Ou l’on pourrait instituer pour ces peines risquées de mort, la condamnation à mort volontaire. Le détenu aurait à choisir s’il veut passer le restant de ses jours en prison sans aucune possibilité de sortie (perpétuité réelle) ou s’il veut qu’on abrège ses souffrances dans des délais assez précis pour lui laisser le temps de la réflexion (10 ans après le jugement, il confirmerait sa demande et 5 ans plus tard, il la reconfirmerait et la peine pourra être exécutée).

 

 

De grosses cojones et un petit cerveau !

De toute façon, il est de l’intérêt de la société dans son ensemble d’avoir des détenus dans les meilleures dispositions mentales et physiques pour pouvoir assurer le vivre-ensemble. Être enfermé est une punition beaucoup trop lourde pour que l’on continue de s’acharner à leur pourrir la vie. Davantage de facilités pour les prisonniers, un portable, des visites conjugales plus régulières, des sorties exceptionnelles pour décès, mariage, naissance, anniversaires…, la possibilité accrue pour tout détenu de travailler à l’extérieur pendant son incarcération avec un prélèvement d’une taxe sur sa rémunération, la possibilité de continuer à gérer son entreprise ou son travail pour ceux qui ont des condamnations légères et sans lien avec leurs activités professionnelles,… Toutes ces mesures permettraient de diminuer les suicides, les récidives, les tensions dans les prisons, les actes de violences envers les matons et amélioreraient leurs réinsertions.

Il n’est pas interdit d’avoir des grosses cojones et d’être intelligent. C’est bien joli de jouer les inflexibles mais la réalité montre que ces attitudes sont peu efficaces à long terme. La prison ne doit pas devenir un centre de loisirs, c’est sûr. Mais, être en prison ne doit pas non plus se réduire à vivre continuellement dans le déplaisir, l’aigreur et la violence. Certains ont peut-être besoin de nourrir les fauves pour justifier leurs emplois et leurs petitesses. Mais qu’est-ce que la société a à gagner d’un prisonnier au bord de l’explosion ?

 

 

 

Osez le bon sens !

YDM

 

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