Au commencement était l’écriture

En revenant d’une session de travail chez l’une de nos nouvelles clientes, j’ai été frappé par un constat assez récurrent. Ce duo est constitué de deux frères, très motivés mais aux performances scolaires dissemblables. Je leur ai fait une dictée pour évaluer les axes d’amélioration que nous aurions à leur apporter et au regard de l’écriture de chacun des frères, j’étais en mesure de dire lequel des deux était meilleur en français.


Le bon élève écrit bien. En général. Au vu de mon expérience de tuteur scolaire, j’ai toujours fait cette remarque. Les enfants qui ont une écriture soignée, lisible sont en général, plus éveillés lors des sessions de travail et ont de bonnes notes.

A contrario, les enfants qui ont des écritures illisibles, sans harmonie ni logique, sont très souvent à l’image de leur graphisme. Il n’y ‘a certainement pas de règle à en tirer. Mais, nous pensons qu’il existe de fortes corrélations entre l’écriture et la réussite scolaire des écoliers.

L’écriture est un système de représentation graphique d’une langue, au moyen de signes inscrits ou dessinés sur un support, et qui permet l’échange d’informations sans le support de la voix

Initier en maternelle et peaufiner aux cours élémentaires, l’écriture nous semble être l’un des éléments cruciaux à développer pendant toute la durée de l’école primaire. La maîtrise du geste écrit est un pré-requis fondamental à préserver, voire à poursuivre en option pour des élèves en fin de primaire qui auraient des difficultés persistantes d’écriture.

Un élève qui prend le temps de bien former les lettres, de respecter les écarts, les interlignes, de reproduire fidèlement ce qu’il voit est un élève qui aura moins de difficulté dans le futur dans ses prises de notes, et surtout dans l’apprentissage et la mémorisation de ses cours.

C’est une évidence qui devrait être rappelée aux parents. S’il prend soin de bien écrire, il prendra soin de ses affaires et il aura plaisir à se replonger dans ses écrits pour apprendre.


Les écritures illisibles permettent de masquer les lacunes, les fautes d’attention, les omissions, et les baisses de motivation.

D’ailleurs, il est bien connu que lorsqu’on fatigue, on écrit moins bien. Les enfants qui écrivent bien prennent soin de leurs cahiers. Ils comprennent plus facilement l’importance de leurs apprentissages et sont très appliqués dans leur travail.

Les styles peu soignés ne donnent pas envie aux enfants de se replonger dans leurs écrits. Il est assez clair pour nous que certains ne savent plus ce qu’ils ont noté. Même lorsqu’ils révisent leurs cours pour des devoirs de classe, ils ont de mauvaises notes. Cela tient sûrement au fait qu’ils ont du mal à se relire, et à avoir plaisir à se lire.

Car, il faut se mettre dans les meilleures conditions pour mémoriser des notions et des dates. A ces âges, il leur est demandé principalement de répéter, de restituer fidèlement ce qu’un enseignant leur a appris à l’école. Si la prise de notes a été bien faite, l’enfant n’aura plus qu’à se concentrer sur sa mémorisation.

Dans le cas contraire, il n’est pas sûr des informations récoltées, il n’est pas sûr de ses écrits, il n’est pas sûr de lui. Il multipliera des erreurs et s’enfoncera dans le manque de confiance en soi qui caractérise si bien les élèves en difficulté scolaire.


Si vos enfants écrivent mal, ne laissez pas s’installer cette situation d’inconfort. Rachetez-leur des cahiers de graphisme pour enfants, faites-leur faire des dictées, des conjugaisons écrites, et des listes de courses, des recopiages de textes ou de chansons pour vous. Ils se rendront rapidement compte que vous n’arrivez pas à les relire et vous pourrez facilement leur demander d’améliorer leur graphisme.

Qu’ils apprennent à écrire pour d’autres; leurs instituteurs, leurs camarades, leurs petits-frères (ils auront besoin de leurs notes plus tard), leurs parents.

Faites-leur comprendre qu’ils seront toujours moins bien notés malgré leurs efforts. Il est assez pénible, voire énervant, pour tout correcteur d’avoir à supporter des écritures disgracieuses. De toute façon, ces textes sont présumés être de vrais nids à fautes. Les instituteurs sont moins magnanimes dans leurs évaluations.

Offrez-leur une ardoise. La disparition programmée de cet outil pédagogique très pratique, est une cause de ce délitement scriptural.

Avant, l’on allait à l’école avec son ardoise et son cartable. Aujourd’hui, on s’y rend encore avec un cartable. Certains militent pour qu’on s’y rende demain sans cartable; avec un PC.

L’avenir nous dira si c’est un progrès qui bénéficie aux écoliers et à leur apprentissage de l’organisation, du goût de l’effort et de l’écriture.

L’initiation aux activités culturelles ou ludiques comme le dessin ou la musique peut aider efficacement à améliorer leur graphisme, leur application et donc leur attention.


Par contre, s’ils arrivent facilement à se relire, à se comprendre et sont bons élèves malgré leur écriture disharmonieuse, laissez couler. Ils ont trouvé leur équilibre dans leur travail et il peut être contre-productif de vouloir modifier un élément de cet ensemble assez complexe, fut-il simplement « mécanique » comme l’écriture.

Pour paraphraser le célèbre adage, on ne change pas un élève qui gagne.

 

 

Osez le bon sens !

YDM

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