Alors qu'ils sauvaient le monde, je baisais

Alors qu’ils se branlaient sur leur pumpjack
J’ai craché
Et quand ils m’ont traité de bon black
J’ai craqué

Une allumette sur la control list
Ils ont vu monter l‘Arabian light
Pour une fois, ils ont vu un brut lumineux
Ils ont trouvé les arabes bitumineux

Sacré feu d’artifices
Sur les derricks de l’Amérique
Comme d’hab, ils ont cru que c’était Caribbean nights
Qu’ils étaient encore dans le derrière de l’Afrique

Aujourd’hui, des bounty se disent auteurs à risque
Font grimper ma cote d’horreur et s’autorisent
Des longueurs sur mon verbe à la Malcom X
Ces putains de pédés de fils de p**** me traitent de terroriste

Se jettent des fleurs et des philtres
Se couvrent de titres qui en jettent
Comme leur train de vie de vedette
Poncez-les ou dénoncez-les, vous avez la liste

J’ai Schindler
Ou Koné, encore juste
Pour un ascenseur au nom de bronzés
Je ne suis pas réalisateur comme Spielberg

Mais je crois qu’il est toujours facile
De gratter un Oscar avec Auschwitz
Brillant est le bullshit de Philip Morris
Pour continuer de plaire aux cancéreux

Certains ont parcouru mon œuvre
Tourné les pages et vu le talent
Avant de tourner de l’œil
Ils ont renié leurs parents

Qui me hait me suce
Ils auraient voulu vivre ma vie
Ils s’émeuvent et m’en veulent, je la vis
J’espère qu’ils auront au moins vécu la leur

Je suis tristement honoré
Depuis le berceau, je fais du hors-pistes
Par nature, le mal, je connais
Je maîtrise les codes de l’horreur

Je suis le bruit et l’odeur
Le bruit de l’odeur, et bien d’autres choses à la fois
Je suis le fruit de vos peurs
Et tout ce qui fait mal à la droite

En tout cas, j’espère être à la hauteur
Je suis là, en vrai et je vous emmerde
Si vous avez le sens du vent
Venez, je vous emmène

Très jeune, j’ai su que la haine
Avait 10/10e des deux yeux
Je l’ai choisie, faute de mieux
Moi, je voulais baiser

Elles m’ont dit qu’il était trop tôt
M’ont parlé d’amour
Et à la fin de leurs mamours
Moi, je voulais peser

Changer de monde
Ils m’ont dit qu’ils voulaient manger à satiété
Qu’ils avaient besoin de blé
A la vue de mon blaze

Ils ont su qu’il était trop tard
Que j’étais trop balèze
Pour entrer dans le chenil
Ils m’ont dit que j’étais perdu pour la société

Que j’étais sinistre, je l’ai entendu trop souvent
Je te vois bien derrière un ballon, en ailier volant
Ou en fruit étrange sur un arbre, sous un nœud-coulant
Dire que j’ai vu leurs mères crier famine au juste prix

Quiconque qui compte m’attendre masqué derrière un bosquet
Attendra encore longtemps parce qu’on
A coulé une dalle en béton
Autour de la mosquée

J’ai laissé baver les crapauds
Ils ont nettoyé mes Timberland gratos
Il est temps pour ces batraciens de quitter le marigot
Il est saint pour les pharisiens d’éprouver ma libido

J’ai vu des soi-disant Satriani se branler d’ennui devant leur Flying V
Chez Woodbrass, le talent n’était pas vendu avec l’envie
Alors ils l’ont mis à la cave, ensuite
Sur Leboncoin et Vivastreet

J’en vois encore qui salivent
Quand je doigte ma basse Ergodyne
C’est la pavane par Lemmy sous acide
C’est splendide, on dirait Rocco dans Juliette

Homme sensible s’abstenir
Pardon pour le traumatisme
En 2000, j’ai pénétré le millénaire
Alors que la France s’adorait et s’adonnait à l’onanisme

Du blackblancbeurisme, il a juté des boobacismes
Des atémis de rimes, des ateliers de kiai
En 2010, sur le tatami
J’entends des concertos de aie !

Le landerneau s’écharpe encore sur le romantisme
Les lions aussi adorent le coucher de soleil
ça marque la fin du sommeil
Et le début de la ripaille

Je n’ai pas le Punchline d’Or pour être honnête
Je suis juste un senseï, un grand nègre
Une référence, comme Dunga, je casse
Et de l’extérieur, je fais des passes au Xavimètre

N’en déplaise à ceux qui prennent
Leur départ à la ligne d’arrivée
Je venais de si loin, sans aucune sirène
Ils ne se sont toujours pas faits à l’idée

De perdre leurs titres à cause d’un nègre à bout
Le talent en fusion sème la répulsion
Dans les esprits, j’avoue
Je désactive Kaspersky quand j’écris

Ils ont tous des traces de ski dans leurs slips
Lorsqu’ils me découvrent
C’est le déluge assuré quand ils me relisent
Leurs sphincters ont du mal à tenir le coup

Je comprends les commentaires des jaloux
Lorsqu’ils craquent
Il faut bien qu’ils croquent
A défaut de se servir d’un cric

Ils savent se servir de leurs loquets
C’est dingue de se refroidir devant un brasero
Le canevas est le même à chaque apéro
Salut frérot, adieu négro, merci Alain Finkielkraut

Par conséquent, vous n’entendrez pas de cocorico
Nous sommes à l’aube d’une nouvelle époque
La basse-cour refusait de m’annoncer alors j’ai égorgé le coq
Les poules veillent en caquetant leurs meilleurs sarkocorridos

Moi, je débarque et de suite, ils me prennent de nouveau pour JC
Sucer ou se suicider, tel était le dilemme, ils ont sucé
Nous n’avons pas les mêmes cursus, c’est sûr
Nous n’aurons pas les mêmes succès

J’ai retenu peu de choses de la culture, je la bourre
Je n’avais rien de mieux que ma que** du**
En héritage, je n’ai pas subi un nom
Je n’aurai pas à le traîner dans la boue

Comme d’autres
Je n’ai pas à me mettre dans la roue
D’un grand homme ou d’un grand monstre
Moi, je suis personne et j’en viendrai à bout

J’avais à peine dix-neuf piges
De la dynamite entre les jambes
Je savais que je fonderai une dynastie
Que les mères répandraient ma légende

Je ne suis pas Alexandre
Mais je suis dans la dynamique
Et vu ce qui reste du mythe
Je suis fier d’affamer l’Afrique avec ma bi**

Le mariage
C’est la vie ancrée à une bitte d’amarrage
Moi, je préfère croiser au large
Comme un pirate somalien en sursis

Loin du rivage, je poursuis
Tous types de navires
Même des morutiers
Aucune envie de venir dans Ruquier

Je veux bien venir dans l’histoire
Si elle écarte mieux les cuisses
Un recto dans les annales, anormal
Comme un scout sans couteau suisse

Depuis qu’on a vu des corbeaux
Avec des chèques en blanc à Thiaroye
Je fais confiance aux actes pas aux paroles
J’ai vu le dernier steak du maire de Bordeaux

Qui l’eût cru ?
Certainement pas les bordelais
Qui l’ont dans le c**
Comme ces tirailleurs sénégalais

Qui l’eurent dans le c**
Quand leurs frères d’armes se régalaient
Et nettoyaient leurs prépuces
Avec leurs pensions de guerre

Amer, lion en rage donc Camer
C’est dans ma nature d’écrire des choses atroces
Je suis pourchassé pour ma plume
Menacé d’extinction, comme l’albatros

Il est clair pour ces ordures
Que je ne croulerai pas sous les distinctions
Mais sous les procédures et les procès qui durent
Moi, je me protège les burnes

Et je baise, en attendant le sicario
Qui me donnera l’extrême onction
J’ai déjà lu le scénario
Je tiendrai mon rôle, comme tout bon nègre

Je sais sourire à la caméra
J’ai un gros bangala, un accent de là-bas
Du coup, ces rats pédants me trouvèrent épatant
Ils ne voulaient pas voir le talent

Ils ont vu la lame du massicot
Ils m’ont trouvé effrayant
Alors ils se sont enfuis
Ont couru à pas lents

Comme des asticots
Aujourd’hui, ils me citent en râlant
Et encore, le pire est à venir, disent-ils
Demain, ils me réciteront, en arabe

Moi, j’enquille
Le verbe haut, fort et mauvais
La conscience tranquille
Ma semence déjaunit leurs prémolaires

L’époque m’abhorre
Car je la pine avec dégoût
Je ne crains plus la mort
Depuis je l’ai mise sous écoute

J’ai pris la tire qui va avec la thune
La pute qui va avec la tire
J’ai pris la thune, et demain
Si Dieu m’invite au jardin d’Éden

Je prendrais de la penthrite
Je plains cette vie de merde
Mais il faut bien la vivre
Peu importe le bord

En bandit, indic ou flic
ça crève de vivre en mort
J’ai envie de vivre un petit peu
C’est sans doute ça la vie, mourir à petit feu

Pour tous ces chiens qui me suivent
Museau scotché à la chaussée
J’ai plus d’un tour dans mon sac, j’ai deux cirques
Et trois siècles d’avance entre nous comme fossé

En attendant la fin du concert
Prêtez vos pampers aux allemands
Crevez sagement du cancer
Et passez-moi le volant du panzer

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