Alexandra Lange et Marcelino le démon

Marcelino. Il s’appelait Marcelino. Petit Marcel. Gitan. Violent. Violeur. Manipulateur. Proxénète. Alcoolique. Pédophile. Père incestueux. Homosexuel refoulé. C’était le mari d’Alexandra Lange. Femme. Manipulée. Battue. Vendue. Avilie. Mère dépossédée de ses enfants. A bout. Le décor est planté.

C’est une histoire banale, Alexandra Lange et Marcelino le démon. Alexandra femme et Marcelino homme. Tout ceci aurait pu rester faits divers, si nous n’avions eu depuis quelques jours, de manière insistante, la mine réjouie de celle qui a terrassé son bourreau. Un jugement de loi a été rendu. Personne ne le contestera. D’ailleurs, qui peut le contester, aujourd’hui sans passer pour un néo-taliban endurci par plomb durci ? La violence ne peut être tolérée dans le couple.

Néanmoins, l’on ne m’enlèvera pas de l’esprit qu’il est anormal de danser sur le corps d’un homme de manière aussi consensuelle, fût-il le pire des salauds, sans que cela n’augure d’une nouvelle mentalité de mise au ban et de lapidation publique des hommes. Aucun membre de la famille du bourreau n’a osé (les a-t-on contactés ?) dire un mot gentil pour le défunt. Le ministère public a passé sa mort en pertes et profits pour la société.

Il est mort comme il a vécu, il a eu ce qu’il mérite. Qui va le plaindre ?

Marcelino n’était pas un ange; c’est très probable. Mais Marcelino n’était pas qu’un monstre. Et c’est le portrait qu’on nous livre de ce « sale » type. Ce monstre qu’on nous livre assez opportunément pour nous faire accepter, qu’un homme soit tué pour une gifle et que l’auteure de ce crime soit relâchée et surtout sanctifiée par le public. Sans doute a-t-elle agi en légitime défense. Et au vu de leur passé commun, il aurait été stupide qu’elle reste en prison. Soit ! Mais, est-il normal de s’extasier ainsi sur la mort de Marcelin ? Elle passe sur tous les plateaux, elle a sorti un livre entre-temps (tout autre personne serait taxée d’opportuniste), et elle se fait applaudir par ce public, si émue de son combat et de son acte; courageux. Le bien a triomphé du mal. Jubilons !

Marcelino a bâillonné sa jeunesse en lui faisant 4 enfants. Cette dernière l’a rencontré à 17 ans. Elle a vécu avec lui pendant 12 ans. Pendant 12 ans, elle a vécu avec ce monstre de Marcelino. Pendant 12 ans. 12 ans. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12. 12 ans. Elle a subi sans moufeter. Sans se tirer. Sans le dénoncer. Sans écouter ses proches et son ex-femme qui l’avait avertis. Sans rien faire d’autre que subir. Et le 18 juin 2009, en danger de mort pour une énième fois, pour une gifle il me semble ; elle a frappé et visé juste. Marcelino le démon est mort. Alexandra Lange est aujourd’hui canonisable.

Espérons que les prochaines Alexandra Lange quitteront leur foyer de tortures bien avant de porter l’estocade finale aux prochains Marcelino le démon. Car, je vous fais le pari que la chasse à l’homme, violent, est bel et bien ouverte et je crains que des Marcelino violents, violeurs, manipulateurs, proxénètes, alcooliques, pédérastes, pédophiles, incestueux, et gitans, ne courent pas les rues. J’espère que la justice regardera à deux fois, dans chaque nouveau cas à venir, avant de statufier les Alexandra Lange. Il devient très dangereux d’être un homme dans cette société. Dans le cas de l’euthanasie par exemple, la justice condamne et libère aussitôt : car toute vie a un prix. Car, il est des signaux néfastes qu’il ne faut point allumer si l’on ne veut pas en subir les dérives. Un sursis aurait été indiqué. Une vie est une vie. Même celle de Marcelino, l’homme-monstre. Ou ne l’est pas. Et alors, réhabilitons la peine de mort. Puisqu’il y’a des bons morts et des mauvais morts, de bonnes victimes et de mauvaises victimes, il devrait y avoir de bons condamnés (à vie) et des mauvais condamnés (à mort).

Et je doute, très sincèrement que Marcelino Lange eût été acquitté pour s’être défendu et avoir poignardé après une énième altercation, Alexandra le démon.

Chers amis, désormais vous êtes l’ennemi. Le vent a définitivement tourné. Devant toutes les violences insidieuses, mentales, silencieuses de certaines de nos chères amies, il ne sert à rien de se rendre au commissariat pour dire que vous êtes un homme battu : vous aurez tout juste l’air ridicule en retournant chez vous. Je ne peux que vous exhorter à prendre vos cliques après leurs claques et de vous tirer au loin, si vous ne voulez pas vous retrouver entre quatre planches; mauvaise victime, bourreau puni, salie, honnie de tous et de toutes. Comme Christophe, Mohamed, Thierry, Albert… Vous pourriez être le prochain Marcelino. Croyez-le ou non, vous êtes avertis.

Osez le bon sens !

YDM

Be the first to comment on "Alexandra Lange et Marcelino le démon"

Leave a comment