Alain Degois : "Seule la culture peut sauver la banlieue"

Je tenais à vous montrer les propos tenus par ce clown afin que vous mesuriez à quel point la bêtise empêche la sortie du marasme social que vivent nos banlieues.

La première partie de l’interview n’est qu’une suite de banalités, qui illumine le manque de clairvoyance et de connaissance fine de la réalité. L’immaturité des pseudo-élites autoproclamés de banlieues est profonde.

Par Catherine Fournier le
Le climat d’islamophobie dénoncé par certains en fait-il partie?

Le discours actuel d’une certaine droite décomplexée constitue une violence verbale, mal vécue. Mais la question de la place du religieux dans la République doit être posée, à Trappes comme ailleurs. Moi, je suis un profond républicain, laïque et athée. Il y a une loi qui dit qu’on n’a pas le droit de se cacher le visage, il faut la respecter. D’autant que le port du voile intégral est une négation de la femme qui m’insupporte.

Après, il n’y a pas que des musulmans à Trappes, loin de là. La ville compte une importante communauté portugaise et plus de 90 nationalités différentes. Mais les gens modérés ne parlent pas aux médias, parce qu’ils en ont assez d’être stigmatisés.

Si l’urbanisme ne suffit pas, que préconisez-vous pour Trappes ?

La même chose qu’en 2005 : au lieu d’envoyer des CRS, il faut envoyer des brigades d’artistes ici et créer un pôle d’investigation culturelle. Seule la culture peut sauver la banlieue. Au lieu d’investir dans les stades de foot, on aurait pu mettre un peu d’argent dans des bibliothèques.

L’économie et l’emploi ne sont-ils pas prioritaires ?

Cela fait vingt ans qu’on ne nous parle que de cela. Mais voyez, un Jamel Debbouze est bankable, plus que rentable. On peut créer une économie à partir des talents dans les banlieues. Mais les pouvoirs publics rechignent à investir. Le maire de la ville n’est jamais venu dans nos locaux, il habite juste en face. J’ai été fait Chevalier des arts et des lettres par la ministre de la Culture, mais ma compagnie n’est pas reconnue par le ministère. Il faut aller chercher les financements dans le privé.

Pourtant, il y en a des pépites à Trappes. Des artistes comme Sophia Aram ou Omar Sy marquent culturellement le pays. Et voilà, en une ou deux nuits, tout ce boulot est fichu. J’ai mal à ma ville.

Source : FranceTVinfo

 

 

Que nous dit ce bouffon ?

1- Je suis républicain, laïc et athée.

Je traduis : je suis de votre camp, les gars. Ce n’est pas parce que je vis grâce à ces gens que je me soumets à leurs codes.
Mais personne ne renie la loi, Papy. Les musulmans ne soutiennent pas que la femme voilée ne devait pas écoper de son amende, Papy. Et n’appellent aucunement à la violence. Nous sommes tous républicains, Papy. Pour la laïcité, elle incombe à l’État, pas aux citoyens. Ne te sens pas obligé de la revendiquer. Pareil pour ton athéisme. A moins que ton théâtre ne soit subventionné par l’État… Est-il subventionné par l’État, Papy ? Dépends-tu depuis 20 ans de la pitance publique, Papy ? Si oui, je peux comprendre tes rappels génuflexifs. Ne surtout pas apparaître comme quelqu’un qui mord la main qui le nourrit.

Dans ce climat de détestation ouverte de l’Islam et des musulmans (et la gauche relaye aussi ce discours islamophobe, autant que la droite, mon cher ! Jurisprudence Mitterand, tu devrais le savoir, Papy), ne pas choisir son camp, c’est implicitement choisir le mauvais. Papy n’est pas dupe. Il rassure ses employeurs.

 

 

2-  Envoyer une brigade d’artistes, créer un pôle d’investigation culturelle…

Faut vraiment être atteint, et de gauche, pour sortir une telle ânerie sans souffrir aucun ridicule.
Le mec de rajouter derrière, confiant, sentencieux : seule la culture peut sauver la banlieue.

 

 

3- La journaliste sans doute ahurie par tant de conneries débitées, lui tend une perche : Papi, nous sort son pathétique argumentaire
– ça fait 20 ans qu’on nous le rappelle (faux, l’on a abandonné les banlieues aux associations et autres larmoyances plaintives, largement financées par les impôts des français pour un résultat catastrophique.)

Des noirs et des arabes qui cherchent un emploi; j’en vois beaucoup. Des chinois qui recherchent un emploi, je n’en ai jamais vu. Cogite un peu, Papy.

L’économie est la seule solution efficace pour sauver la banlieue. Pas le théâtre, la culture et son cortège de d’assistés qui y engraissent tranquillement sur le dos de la communauté.

Jamel Debbouze est bankable, rentable. Exemple de réussite de Papy : Jamel Debbouze. Pour 1 Jamel, combien d’échecs de trappistes ? Rions ! Et la réussite de ces trappistes n’est-elle pas simplement le fait d’un réseau local bien introduit dans le showbiz ?

– Créer une économie financée par les pouvoirs publics. Décidément. Assistés jusqu’au bout, tel serait le destin du banlieusard.

– Le maire de la ville n’est pas venu dans nos locaux (et il a bien fait); on m’a refilé un colifichet mais aucune thune ;: on ne veut pas reconnaître ma troupe (en reconnaissant son truc-là, on sera contraint de lui filer quelques cacahouètes en plus, avec vos impôts, bien sûr !). Je suis obligé de taffer, d’aller démarcher des mécènes… Regardez comme je souffre… Donnez, donnez, donnez… Sophie Aram, Omar Sy vous le rendront; culturellement. 

En une ou deux nuits, mon boulot est foutu. Il a sérieusement cru que son assos culturelle sauverait Trappes. C’est fou ! 20 ans et il a suffi d’une nuit pour désagréger ce que tu as construit. Pose-toi la bonne question, Papy ! Quelle est la valeur de ce que j’ai construit ?

 

Toute la banlieue devrait se mettre à l’impro (rappelons que les jeunes qui tiennent les murs n’ont pas attendus ni Jamel ni Papy pour avoir des rigolos dans leurs bandes. Des jeunes à l’humour cage d’escalier, style Jamel, il y en a autant qu’il y’a d’immeubles en banlieue.), au théâtre.

A 40% des jeunes au chômage en banlieue et probablement à Trappes, faites une formation de comédiens comme Tsamère, ne perdez pas votre temps à avoir un vrai boulot de boulanger, plombier, livreur, maçon… Non, faites du théâtre avec Papy et vous aussi, vous réussirez; comme qui déjà ?

 

J’ai mal à ma ville.

Papy, et si tu allais créer une entreprise, une vraie, pour y employer ces trappistes avant de nous les briser avec tes fadaises. Tu as fini par comprendre au bout de 20 ans que les stades de foot ne sauveraient pas la cité (tu n’as pas mentionné Anelka, c’est un bon début), mais tu as du mal à capter que tes humoristes à 2 balles ne la sauveront pas non plus. Rendez-vous dans 20 ans.

 

 

Osez le bon sens !

YDM

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