A vos cinémas, prêts, matez ! 12 Years a slave

« J’ai lu ce livre et j’ai été totalement sidéré. J’étais assez énervé contre moi-même de ne pas avoir eu connaissance de ce bouquin plus tôt. Je vis à AmsterdamAnne Frank est un héros national, et pour moi ce livre était similaire au Journal d’Anne Frank, mais écrit 97 ans plus tôt – un récit de première main sur l’esclavage. Je me suis alors personnellement passionné pour adapter ce livre en film. »

— Steve McQueen, NPR

 

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Selon The New Yorker, 12 Years a Slave est « de loin le meilleur film jamais réalisé sur l’esclavage en Amérique. »

 

 

 

 

 

Richard Corliss, du Time Magazine, écrit que « le film de McQueen est plus proche de son sujet que d’autres films-exposés sur l’esclavage des années 1970 comme Mandingo ou Goodbye, Uncle Tom. Seulement McQueen n’est pas un sensationnaliste à bas prix, mais un artiste impitoyable», et en faisant un parallèle avec l’Allemagne nazie, le journaliste ajoute que le film montre que le racisme, sans parler de son inhumanité barbare, est d’une inefficacité délirante.

« Il semble que les Nazis aient perdu la guerre d’une part parce que le massacre des juifs nécessitait trop de personnel et d’autre part parce qu’ils n’ont pas su exploiter le génie des scientifiques juifs pour construire des armes plus maniables. Les esclavagistes du film diluent l’énergie de leurs esclaves en les fouettant comme s’il s’agissait de quelque sport sadique, ou, comme le fait Epps, en les réveillant au milieu de la nuit pour les faire danser pour le plaisir cruel de sa femme. »

Sur le site HitFix, le film affiche le score de « A- » et la critique mentionne le « drame puissant porté par la réalisation audacieuse de McQueen et l’interprétation subtile de Chiwetel Ejiofor », et salue également les performances de Fassbender et Nyong’o, « la révélation du film » dont le jeu lui permettra sûrement de décrocher un ticket pour les Oscars en mars 201464. Paul MacInnes du Guardian, avec cinq étoiles sur cinq, écrit « douloureux, viscéral et implacable, 12 Years n’est pas seulement un grand film, c’est un film nécessaire. » Un critique de Spill.com compare le film à la mini-série Roots, ajoutant qu’à côté de 12 Years a Slave, « Roots, c’est Les Bisounours ».

 

Dans Entertainment Weekly, le journaliste salue un « monument de cruauté et de transcendance » et loue la prestation d’Ejiofor : « 12 Years a Slave nous fait voir le plus grand péché de l’Amérique avec les yeux grands ouverts. C’est parfois difficilement supportable mais ce film possède une telle humanité et une telle grâce qu’à chaque fois, vous vous dites que vous regardez quelque-chose d’essentiel. C’est aussi l’incroyable performance de Chiwetel Ejiofor qui apporte de la cohérence au film, et qui nous permet de le regarder sans ciller. Il interprète Solomon avec une telle force intérieure et une telle puissance, sans que jamais il n’atténue le cauchemar silencieux qu’était le quotidien de l’esclave».

 

Peter Travers accorde dans Rolling Stone quatre étoiles au film et, après l’avoir nommé meilleur film de l’année 2013, ajoute qu’il est difficile de le mettre de côté dans un coin de sa tête et l’y oublier : « ce que nous avons-là est un classique cinglant, brillant et franc ».

 

The New York Times insiste sur le fait que « le génie de 12 Years a Slave tient dans son insistance sur la banalité du mal et sur la terreur qui s’insinue au plus profond des âmes de ces corps enchaînés, au prix terrible et durable de leur liberté. »

 

Sur Slant Magazine, un critique remarque que « en utilisant la composition visuelle qui fait sa signature ainsi qu’une ambiance sonore assourdissante, Steve McQueen fait le portrait, avec un réalisme déchirant, de l’expérience de Northup et de la relation compliquée entre un esclave et son maître. »

 

 

The Village Voice, bien que saluant l’interprétation d’Ejiofor, écrit que le film « reste à distance de tout sentiment sauvage qui pourrait être dangereux. Même lorsqu’il dépeint la cruauté inhumaine des esclavagistes, comme c’est souvent le cas, il ne se départit pas de sa pureté esthétique. » Le film n’est cependant pas exempt de critiques négatives.

 

 

Un critique de Slate critique le scénario lui-même en expliquant que 12 Years a Slave est construit comme une simple histoire d’un homme qui tente de rejoindre sa famille, stimulant inutilement l’empathie du spectateur pour le protagoniste. « Peut-être que l’on a besoin d’une histoire à l’échelle individuelle pour comprendre le sujet ; mais quoi qu’il en soit, cela a un effet déformant sur la réalité. On se sent plus proche d’un héros unique que de millions de victimes ; si l’on est forcé de s’imaginer réduit en esclavage, on veut s’imaginer dans le rôle de Northup, un homme spécial qui s’échappe miraculeusement du système qui a failli l’écraser », concept résumé sous l’appellation « the hero problem ».

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Dans une tribune publiée sur The Guardian, l’écrivain canadien noir Orville Lloyd Douglas explique qu’il n’ira pas voir le film : « je suis convaincu que ces films sur l’histoire des Noirs sont créés pour un public de blancs libéraux pour provoquer chez eux la culpabilité blanche. Quelle que soit votre race, ce genre de films a peu de chance de vous apprendre quoi que ce soit que vous ne sachiez déjà.

 

 

 

Source : wiki

 

Ce qui est certain, c’est que ce film nous changera de Case départ. Et il me semble que la prestation de Fassbender devrait davantage être mise en lumière, au vu du trailer du film. C’est lui aussi qui porte ce film.  En tout cas, c’est le seul film qui mérite qu’on brave le froid pour le voir, cette semaine.

 

 

Osez le bon sens !

YDM

2 Comments on "A vos cinémas, prêts, matez ! 12 Years a slave"

  1. Ça va peut-être paraître étrange ce que je vais dire mais je n’ai pau envie d’aller voir ce film au cinéma dans une salle remplie de blancs, surtout en France où tu sais que l’esclavage n’ai même pas considéré comme crime contre l’ humanité, où tu sais que l’argument favori de beaucoup est de dire que « oui mais les noirs se vendaient déjà entre eux avant l’arrivée des blancs…oui mais c les noirs qui se sont vendus eux-mêmes aux blancs «  », où tu sais que les joueurs de foot noirs se font régulièrement jeter des bananes et des cris de singe, dans l’indifférence générale, mais où un seul mot sur un juif c’est affaire d’état, où tu sais que même les ministres noires se font insulter racialement, dans la quasi indifférence, mais qu’on fait chier un touriste pour un sketch sur les juifs… Et j’en passe…!

    Dois-je rappeler que les salles étaient mortes de rire devant « Case départ » ?

    En attendant, aux EU y’a Amistad, La couleur pourpre, 12 years a slave… en France on a…Case départ…

    • Je ne peux pas te donner tort là-dessus. En effet, on a case départ ! Simplement, comme il parait que c’est assez réaliste, je crois que cela pourrait servir d’électrochocs pour quelques uns et surtout, que cela mettra un peu de chair sur des paroles. Un peu comme la passion du Christ. Mais ton point de vue est aussi juste.

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